‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie (volume 4)Chapitre 7 sur 131 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

laquelle il se trouve. Ainsi, dans le mouvement curviligne , le mobile change à chaque instant de direction , et s’il parcourt un cercle entier, il a véritablement passé par toutes les directions possibles. Pour la lenteur et la rapidité du mouvement , on dit en mécanique , comme dans le langage ordinaire, qu’un mouvement est plus lent quand le mobile parcourt moins d’espace dans le même temps , et qu’il est plus rapide quand il parcourt un espace plus grand. Seulement il faut prendre garde que de deux mouvemens donnés, celui qui serait le plus lent, en ne considérant que les espaces parcourus pendant une seconde par exemple , pourrait être le plus rapide , si l’on considérait les espaces parcourus pendant une heure ou pendant un jour ; cor on conçoit qu’un même mouvement ment peut se ralentir avec le temps ou devenir plus rapide.

Le repos absolu et le mouvement absolu ne sont que des conceptions de notre esprit : dans l’arrangement du monde, il n’y a rien d’absolu pour nous; tout est relatif et conditionnel. Ainsi , toutes les choses qui nous paraissent les plus immobiles à la surface de la terre ne sont que dans un repos relatif. Les arbres sont en repos par rapport aux montagnes , et les montagnes sont en repos par rapport au sol et à la masse du globe; mais les arbres et les mon ’ tagnes sont emportés avec nous dans le vaste orbite de notre planète , et tous ensemble nous parcourons en une seconde dix fois plus d’espace que n’en parcourt dans le même temps un boulet qui sort du canon. Cependant , en parcourant aussi vite les espaces du ciel , nous ne pouvons pas juger de notre mouvement absolu , car il faudrait savoît si le soleil est immobile au centre du monde. Or, tout semble annoncer que le soleil emporte avec lui toutes les planètes, comme la terre emporte avec elle son atmosphère et ses nuages, ses arbres et ses montagnes. Le soleil lui- même n’est qu’une planète imperceptible , par

î4 NOTIONS PRÉLIMINAIRES.

rapport à un autre soleil autour duquel il tourne , et cet autre soleil est sans doute emporté lui-même dans l’espace, sans qu’on puisse assigner ni même imaginer un centre fixe autour duquel toutes ces révolutions s’accom-

7. De l’Inertie. — Il y a deux manières de concevoir les forces qui agissent sur la matière inorgauique. On peut supposer qu’elles ont une existence sépaiée, qu’elles sont hors de la matière, et qu’elles en sont indépendantes; ou bien on peut admettre qu’elles sont inhérentes à la matière ellemême, et qu’elles ne sont que des propriétés permanentes, qui lui ont été primitivement données. Ces deux suppositions reviennent au fond i» une seule et même chose; mais , quelle que soit l’idée qu’on puisse prendre de leur origine et de leur mode d’existence, il y a sur elles et sur la matière deux principes fondamentaux qui résultent de tous les phénomènes naturels qui se produisent à nos yeux , et qui se renouvellent ou se perpétuent depuis tant de siècles. Ces deux principes constituent ce qu’on appelle l 'inertie de la matière. Le premier est que, toutes les forces qui agissent sur la matière cessant d’agir à un instant donné, la matière conserve son état de repos ou de mouvement. Le second est que toutes les forces sont soumises à des lois d’une infaillible stabilité. Il résulte du premier principe qu’un atome de matière ne peut ni se donner du mouvement ni altérer celui qu’il aurait reçu; et si deux atomes de matière peuvent se donner du mouvement l’un h l’autre par leurs attractions , ou en général par leurs actions mutuelles , comme l’attraction de la terre donne du mouvement h une pierre qu’011 abandonne à elle-même , il résulte du second principe que ce mouvement se produit suivant une loi jfcterminée qui n’a éprouvé aucun changement depuis que le monde existe. Ainsi , tous les changemens que subit la matière, soit dans son état, soit dans son repos, soit dans son mouvement, nous devons les attribuer h des causes ou

plissent

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