‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie (volume 5)Chapitre 44 sur 79 · DES VENTS · texte numérisé non relu

DES VENTS

553. Ou a beaucoup écrit sur les vents 5 on a même fait beaucoup d’observations sur leur direction , sur leurs cliangemens périodicpies ou irréguliers : et cependant nous 11’aurons ici que très-peu de chose à en dire. C’est un sujet si vaste et si compliqué qu’il a été impossible jusqu’à présent de déduire quelque loi générale de l’ensemble des observations connues. Il faudrait compulser tous les registres météorologiques, examiner pour un même instant l’état des vents sur tous les points du globe et discuter les cliangemens simultanés qui surviennent dans les instans successifs ; cette tâche immense sort des bornes d’un ouvrage élémentaire 5 si elle avait été remplie nous en pourrions profiter pour résumer en peu de paroles les faits généraux auxquels elle doit nécessairement conduire.

On a cru remarquer que dans certains lieux les vents se succèdent dans un ordre déterminé 5 mais ces observations , beaucoup plus simples en elles-mêmes puisqu’elles sont plus restreintes , présentent encore trop d’incertitudes pour qu’il nous soit permis de les discuter ici.

Nous nous bornerons à quelques remarques sur la direction des vents et sur les causes générales que l’on peut leur assigner.

Les vents peuvent se propager par impulsion et par aspiration. Nous désignerons ainsi deux modes opposés qui doivent être soigneusement distingués. Le vent se propage par impulsion quand le souffle a lieu dans un sens et la marche progressive dans le même sens 5 c’est ce qui arrive au vent qui sort d’un soufflet dans lequel l’air est comprimé-, le vent se propage par aspiration quand le souffle a lieu dans un sens et la marche progressive en sens contraire ; c’est ce qui arrive au vent qui entre dans un soufflet où l’air est raréfié $ le souffle a lieu vers la buse où la mar-

LIVBE NEUVIEME.

elle progressive du courant a lieu en sens contraire; car les points les plus éloignés sont ceux qui reçoivent les derniers l'impression.

Ce dernier mode n’est pas aussi rare qu’on le pense; nous en verrons la preuve dans l’article suivant en parlant des ouragans; et "W argentin l’avait aussi remarqué sur les vents , dans le nord de l’Europe : quand le vent passe à l’ouest, dit-il , il se fait sentir à Moscou plutôt qu’à Abo , quoique cette dernière ville soit de près de quatre cents lieues plus occidentale que Moscou ; et il ne parvient en Suède qu’après avoir préalablement soufflé en Finlande.

Entre toutes les causes que l’on assigne aux vents, l’une des plus puissantes est sans aucun doute la prompte condensation des vapeurs dans le sein de l’atmosphère. O11 voit quelquefois tomber un pouce d’eau en une heure sur une grande étendue de pays, particulièrement dans les régions équatoriales. Or supposons seulement que cette étendue soit de dix lieues de côté ou de cent lieues carrées: si la vapeur, qui est nécessaire pour produire un pouce sur cent lieues carrées , était dans l’air à l’état élastique et seulement à 10“ de température, elle occuperait un espace cent mille foispius grand qu’à l’état liquide, c’està-dire qu’elle occuperait un espace de cent lieues carrées sur 100000 pouces ou presque 10000 pieds de hauteur. Telles seraienldonc les dimensions du vide qui résulteraitde celte condensation. A la vérité la vapeur n’est pas à l’état élastique : elle est a l’état vésiculaire ; mais par cela seul qu’elle reste suspendue dans l’atmosphère elle a probablement une densité moindre qu’à l’état liquide, et sa condensation en gouttes de pluie produit encore un vide immense qui ne peut se remplir sans exciter une grande secousse atmosphérique.

Page 1