OBSERVATIONS BAROMÉTRIQUES. — CHAP. IL
longueur leur parut de trente pieds environ; l’autre diamètre pouvait en avoir vingt. La trombe tournait dans sa marche de manière à présenter successivement chacune de ses faces à tous les points de l’horizon. Il sortait de temps en temps, de son centre, des globes de feu, et souvent aussi des globes dô vapeurs comme soufrées ; les uns et les autres rejetaient, dans divers sens, des branches que le météore avait entraînées de très-loin.
» Le bruit qu’il faisait dans sa marche rapide était semblable à celui d’une voiture pesante , courant au galop sur un chemin pavé. On entendait une explosion semblable à celle d’un fusil à chaque sortie d’un globe de feu ou de vapeur; le vent, qui était impétueux , joignait à ce bruit un sifflement terrible. Après avoir déchiré la terre et emporté tout ce qui lui résistait dans un certain point, la trombe s’élevait au dessus du sol , pour aller à une lieue et quelquefois à deux lieues de distance recommencer ses ravages. C’est ainsi qu’en quittant le mont Capelle, et suivant toujours la même direction , elle alla enlever différentes meules de foin et beaucoup d’arbres à Hernin-Saint- Julien, distant d’une lieue de la montagne. De ce village à Witerncstre, sur un intervalle clc trois lieues , la trombe ne fit aucun ravage marquant; on reconnut seulement sur la montagne qui sépare Hernin d’Etré-BJanche, un sillon delà largeur de trente pas, dans lequel le grain était détruit, dans une étendue de trente arpens de terre, placés au sommet.
» De là elle pénétra dans la vallée de Witernestre et Lambrc. Le premier de ces villages , composé de quarante habitations, n’en conserva que huit intactes. Trente-deux maisons, avec leurs granges , furent renversées, et une énorme quantité d’arbres abattus , déchirés et emportés à une grande distance. On remarqua à Witernestre que les pignons et les murs des maisons furent couchés d’une manière divergente de dedans en dehors.
» Le désastre ne fut pas moins considérable à Lambre. Plusieurs personnes distinguèrent parfaitement la marche tournoyante du météore , sa couleur d’un brun soufré et le centre de Lu ardent, d’où sortaient des éclats de vapeurs bitumineuses. Les arbresqui entouraient l’église furent cassés et déracinés; le muret le toit de la maison du curé enlevés, et dix- huit maisons , la plupart bâties en briques, sapées à leur fondation, avec le phénomène extraordinaire de l’écartement des murs renversés en dehors.
» Une circonstance heureuse, au milieu de ce grand désastre , c’est que personne n’a péri , pas même dans les deux derniers villages ; un seul individu de Witernestre a été grièvement blessé au bras par une poutrelle.
)> En quittant Lambre , la trombe se divisa; une partie se dissipa dans les airs ; l’autre, qui ne paraissait plus qu’un nuage, chassée par un vent impétueux, venant du nordouest, se porta sur Lillers, bourg à trois lieues de Lambre , où elle cassa et déracina près de deux cents arbres , dans la belle prairie de M. Desoulers : ensuite elle se dissipa cà son tour. A trois heures, le temps, était calme, le ciel presque entièrement découvert, et le tonnerre, qui n’avait cessé de se faire entendre de tous les points de l'horizon , finit en même temps que la trombe. La soirée et la nuit suivante furent très-belles. »
Sur une trombe qui a été observée dans les environs de Trêves , le a 7 juin 1829 ; décrite par M. le professeur Grossman.
« Vers deux heures de l’après-midi , une lieue au dessous de Trêves , à l’est-nord-est de Ruwer et de Pfalzel , à environ 20° au dessus de l’horizon , un phénomène se montra, qui frappa d’étonnement et mit pendant une demiheure dans une attente inquiète un grand nombre d’hommes qui étaient occupés au dehors.