‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie (volume 5)Chapitre 54 sur 79 · DE LA PLUIE, DE LA NEIGE, DU GRÉSIL ET DU VERGLAS · texte numérisé non relu

DE LA PLUIE, DE LA NEIGE, DU GRÉSIL ET DU VERGLAS

G67. La quantité de pluie qui tombe annuellement sur un même point de la terre est un élément météorologique dont la détermination est très-importante. Les instrumens qui servent à cet usage sont appelés udomètres ; quelques observateurs les nomment pluvimètres. La figure 36o représente l’udomètre ordinaire : c’est un cylindre en cuivre de 6 ou 8 pouces de diamètre -, il se compose d’un récipient ce' et d’un réservoir ss\ Le récipient porte un fond conique percé d’une ouverture a; il s’ajuste à mouvement de baïonnette sur le réservoir s s'. Au fond de celui-ci s’ouvre un tube coudé tt qui se relève le long de la paroi extérieure-, là il reçoit un tube de verre vv', qui est divisé en parties égales et qui sert à indiquer la hauteur du liquide intérieur. On mesure exactement la surface du récipient cc'; on jauge le réservoir s s' pour connaître la quantité de liquide qui correspond aux diverses divisions dit tube v v', et il est facile ensuite d’en déduire la yuan-

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tité de pluie, c’est-à-dire, Y épaisseur de la couche quelle aurait formée dans un vase à fond plat et horizontal.

L’udoinètre de l’Observatoire de Paris est représenté dans la figure 36o bis. Le récipient est en ce', le réservoir en ss\ l’eau tombe du récipient dans le réservoir au moyen du tube t 5 un peu au dessous du réservoir est une cuvette cylindrique, jaugée avec soin, et portant sur sa paroi intérieure des divisions qui indiquent en centimètres la hauteur du liquide. Le récipient a y 6 centimètres de diamètre et la cuvette centimètres , de telle sorte que sa surface est la dixième partie de celle du récipient. On emploie aussi de petits vases gradués pour mesurer les petites fractions. Cet appareil est exposé au milieu de la cour de l’Observatoire ; il est porté sur une petite charpente en cliène , formant une espèce d’armoire, dans laquelle sont enfermés le réservoir , la cuvette et les vases gradués.

Un appareil semblable est disposé au dessus de la terrasse de l’Observatoire ; son récipient est à 28 mètres audessus du récipient de la cour \ il est comme celui-ci parfaitement libre et découvert.

Voici le résultat des observations qui ont été faites depuis 18 1 y , au moyen de ces deux instruinens.

Tableau des quantités de pluie qui ont été recueillies à l’ Observatoire de Paris depuis 1817.

Moyenne

AnnccS.

Dans la cour.

- Sur la terrasse.

57 centimètres. 5 1 centimètres.

CO

Ainsi, pour ces treize années, la quantité moyenne de pluie qui tombe annuellement à Paris dans la cour de l’Observatoire est de 56 centimètres , tandis que la quantité moyenne qui tombe sur la terrasse est seulement de 5o centimètres.

Cette différence n’est pas l’effet du hasard, puisqu’elle a lieu chaque année dans le même sens et presque avec la même valeur. Il en résulte ce fait très remarquable , qu'à Paris, la quantité de pluie qui tombe à 28 mètres de hauteur n’est que les f à peu près de celle qui tombe sur le sol.

On présume que ce phénomène dépend en grande partie de la condensation que les gouttes de pluie froide déterminent dans la vapeur en traversant les couches inférieures de l’atmosphère, et peut-être aussi des brouillards, qui sont toujours plus denses à la surface du sol , et qui déposent une quantité d’eau notable,

DES VAPEURS DE l’aTAIOSPIIÈRE. - CIÏAP. III. 'jSj

Tableau des quantités moyennes de plaie qui ont etc recueillies en différais points du globe.

Cap-Français (Saint-Domingue).

La Grenade (Antilles) .

Tivoli (Saint-Domingue). . . .

Carfagnana .

Bombay .

Calcutta .

Kendal .

. 3o8 centimètres.

Gènes .

Charlestowu . .

Joyeuse .

Pise .

Milan. . .

Naples .

Douvres .

Viviers .

Lyon .

J.ii ver pool .

Manchester .

Venise .

Lille .

Utrecht .

La Rochelle . ; . .

Paris . . .

Marseille .

Pétersbourg .

Les observateurs ne doivent pas seulement s’appliquer à déterminer les quantités moyennes de pluies, mais encore à constater les moyennes mensuelles parce qu’elles ont une influence plus directe sur les récoltes.

Les pluies très-abondantes ne méritent pas moins d'aténtion: c’est dans les circonstances qui les accompagnent pie l’on peut chercher le§ véritables causes de la forma" II. ’ ÙQ

lion de la pluie, et peut-être aussi les principes de la constitution des nuages.

Nous citerons ici quelques faits remarquables sur ce sujet:

A Bombay , il est tombé en un seul jour ( le a4 juillet 1819 ) 6 pouces d’eau ou 16 centimètres. C’est presque le tiers de ce qui tombe à Paris dans le cours d’une année.

A Cayenne , le contre-amiral Roussin a vu tomber le i4 février, en dix heures de temps , plus de 10 pouces d’eau, ou 28 centimètres; c’est précisément la moitié de ce qui tombe à Paris pendant toute l’année,

A Gênes, par une averse qui était, à ce qu’il parait, occasionée par une trombe, il est tombé, le s5 octobre 1822 , jusqu’à 3o pouces d’eau ou 82 centimètres. C’est l’un des résultats les plus étonnans que l’on puisse citer en ce genre.

668. On ne sait que très-peu de chose sur la formation de la neige-, on 11e sait pas si les nuages qui la produisent sont composés de vapeurs vésiculaires ou de parcelles déjà glacées ; on ne sait pas si les flocons se forment directement, ou s’ils prennent leur accroissement en traversant les couches inférieures de l’air ; on n’a pas observé leur température, ni les circonstances qui déterminent leur forme et leur volume.

Les seules observations un peu complètes que l’on possède sur la neige , sont relatives aux diverses formes que peuvent affecter les flocons. Le capitaine Scoresby a eu l’occasion de faire, dans les régions polaires, une foule de recherches intéressantes sur ce sujet; son ouvrage contient une centaine de figures diverses , parmi lesquelles nous avons choisi celles qui paraissent les plus remarquables , elles sont représentées dans la planche i5, figures 5go

Kepler et beaucoup d’autres physiciens avaient déjà yecueilli des observations analogues.

lié grésil) que nous avons occasion d’obseryer dans nos

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climats, presque toutes les années, dans les mois de mars et d’avril, a sans doute une origine analogue à celle de la neige. C’est aussi de l’eau congelée, ou plutôt de petites aiguilles de glace pressées et entrelacées , formant une espèce dcpelotte assez compacte, et quelquefois enveloppée d’une couche de véritable glace transparente. On ne sait rien jusqu’à présent sur les causes qui déterminent ce phénomène.

Le verglas est une couche de glace unie , mince et transparente, qui couvre la terre et quelquefois les plantes , les arbres et tous les objets répandus sur le sol. Sa cause est connue; la condition nécessaire à sa production est que l’air soit assez chaud pour donner naissance à de la pluie, et que le sol soit assez froid pour congeler cette pluie à mesure quelle tombe. Ainsi le verglas 11’est que de la pluie qui se congèle en touchant le sol.

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