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comme la neige toutes les fuis qu’on l’agite pour y mêler le dépôt. C’est au moyen de cette propriété qu’il a cté permis de comparer directement les neiges rouges des diÜ’érentes contrées.
MM. Wollaston, Pi. Brown, deCandolle, Thénard, Pcscliier et Francis Baiier ont soumis à diverses épreuves celte substance colorante pour eu déterminer la nature. Wollaston a reconnu le premier qu’elle est composée de petits globules sphériques , dont les diamètres assez variables sont compris entre x et 2 centièmes de millimètres; ces globules ont une enveloppe transparente et se trouvent divisés à l’intérieur en 7 ou 8 cellules remplies d’une espèce d’huile rouge insoluble dans l’eau. MM. R. Brown et de Candollc , après avoir vérifié l’existence de ces globules, ont supposé qu’ils étaient de petites plantes appartenant à la famille des algues. MM. Thénard et Peschier ont aussi reconnu, par l’analyse chimique, que le dépôt des eaux de neige rouge est de nature végétale.
Enfin , M. Francis Baiier a publié sur ce sujet plusieurs mémoires qui semblent résoudre la question d’unemanière complète. Ses premières observations sont aussi anciennes que cellesde Wollaston, dontil n’avaitpas eu connaissance. M. Baiier a reconnu aussi l’existence des globules sphériques et leur sépai’ation en plusieurs compartimens ; il a démontré qu’ils sont tout-à-fait les mômes dans les neiges de laNouvelle-Shelland et dans celles de la baie de Baffin ; et il a constaté que ces globules sont de petit? champignons du genre uredo , formant une espèce particulière qu’il appelle uredo nivalis , parce que leur sol naturel est la neige. M. Baüer a été conduit à cette dernière conséquence par une expérience ingénieuse : ayant exposé à l’air de la matière colorarfte des neiges, suspendue dans l’eau de fusion , il s’aperçut d’abord que les globules microscopiques se multipliaient visiblement; mais les individus nouveau-nés restaient transparens ; il y avait donc dans
l’eau une végétation, mais une végétation incomplète, qui n’arrivait pas à maturité. En substituant de la neigea l’eau, pendant les mois d’hiver, on vit cette végétation se développer avec plus de succès : car le nombre des globules rouges fut à peu près doublé en assez peu de temps , malgré de fréquentes interruptions de froid et de neige.
Ces résultats semblent décisifs , et ils sont à la fois si curieux et si faciles à vérifier, que les observateurs qui sont en position de le faire n’en laisseront pas sans doute échapper l’occasion.
670. Neiges des glaces flottantes. Les navigateurs qui ont visité les régions polaires ont observé souvent des neiges rouges sur les glaces flottantes. On aurait pu présumer que cette coloration avait la même origine que celle des neiges continentales ; mais le capitaine Scoresby ayant observé au microscope quelques sédimens de ces neiges flottantes , croit avoir remarqué des mouvemens sensibles et même assez rapides dans les petits corpuscules qui forment la matière colorante. Il y aurait ainsi deux espèces de neige rouge et deux espèces de corps organisés capables de prospérer dans ce sol ingrat , qui semble si peu fait pour la vie organique. Cependant, malgré toute la confiance que doit inspirer le nom de M. Scoresby , ses animaculcs , tels qu’il les a décrits , ont de si grandes analogies avec les globules de Yuredo nwalis , qu’il me semblerait nécessaire de vérifier ces résultats avant de les adopter comme décisifs.
Chutes de poussières et de substances molles ,■ sèches ou
humides.
671. Nous rapporterons sous ce titre toutes les indications qui ont été recueillies sur les pluies extraordinaires appelées pluies de sang , pluies de cendres , pluies de manne , etc., et sur les diverses substances météoriques, molles ou pulvérulentes , qui tombent de l’atmosphère.
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Pour donner une idée des circonstances qui accompagnent quelquefois ces météores , nous choisirons comme exemple la pluie rouge qui est tombée le i4 mars i8i3 dans le royaume de Naples et dans les deux Calabres. M. Sementini a rendu compte de ce phénomène de la manière suivante.
« Le l/fdemars i8i3 , par un vent d’est qui soufflait depuis deux jours, les habitans de Gérace aperçurent une nuée dense s’avancer de la mer sur le continent. A deux heures après midi, le vent se calma : mais la nuée couvrait déjà les montagnes voisines et commençait à intercepter la lumière du soleil; sa couleur, d’abord d’un rouge pâle, devint eusuite d'un rouge de feu. La ville fut alors plongée dans des ténèbres si épaisses que vers les quatre heures on fut obligé d’allumer des chandelles dans l’intérieur des maisons. Le peuple , effrayé et par l’obscurité et par la couleur de la nuée, courut en foule dans la cathédrale faire des prières publiques. L’obscurité alla toujours en augmentant, et tout le ciel parut de la couleur du fer rouge : le tonnerre commença à gronder, et la mer, quoique éloignée de six milles delà ville, augmentait l’épouvante par scs mugissemens. Alors commencèrent à tomber de grosses gouttes de pluie rougeâtres que quelques-uns regardaient comme des gouttes de sang, et d’autres comme des gouttes de feu. Enfin , aux approches de la nuit, l’air commença à s’éclaircir, la foudre et le tonnerre cessèrent, et le peuple rentra dans sa tranquillité ordinaire.
« Sans commotion populaire et avec quelques différences en plus ou en moins , le même phénomène d’une pluie de poussière rouge eut lieu non -seulement dans les deux Calabres , mais encore dans l’extrémité opposée des Abruzzes.
»Cette poussière a une couleur d’un jaune de cannelle et une saveur terreuse peu marquée ; elle est onctueuse au
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loucher, tant est grande sa ténuité, quoiqu’on y découvre à la loupe de petits corps durs ressemblant au pyroxène , mais qui sont étrangers à la poussière , et qui s’y sont accidentellement mêlés lorsqu’on l’a recueillie sur le terrain. La chaleur la brunit, puis la rend tout-à-fait noire, et enfin la rougit si elle devient plus intense. Après l’action de la chaleur, elle laisse apercevoir, même à l’œil nu, une multitude de petites lames brillantes qui sont du mica jaune : elle ne fait plus alors effervescence avec les acides, et a perdu environ un dixième de son poids. Sa pesanteur spécifique, lorsqu’elle a été privée de corps durs, est de 2,07 ; elle est composée de :
Silice . 33,o
Alumine . i5,5
Chaux . Ji,5
Chrome . 1,0
Fer . i4,5
Acide carbonique. . . 9,0
» La perte est due à une substance résineuse de couleur jaunâtre, que l’on obtient en traitant la poudre par l’ai— cohol et en faisant évaporer à siccité : le poids du résîdu correspondait à très-peu près à la perte éprouvée dansl analyse. Cette matière résineuse donne à la poudre la propriété de déllagrer avec le nitre. ( Giorn . di Fisica , etc., decade seconda. I. 28.) »
M. Clilani a dressé un tableau complet de tous les météores de cette espèce qui ont été observés en divers lieux ; nous le rapporterons ici tel qu’il a été publié dans X Annuaire du bureau des longitudes pour 1826.
« L’an 472 de notre ère (suivant la chronologie deCalvisius, Playfair, etc. ), le 5 ou 6 novembre. Grande chute
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de poussière noire (probablement aux environs de Constantinople) 5 le ciel semblait brûler. Procope et Marcellin l’ont attribué au Vésuve. Menœa , Molog. Grccc. , Zo~ naras , Cedrenus , Theophanes.
65 2. A Constantinople. Pluie de poussière rouge. Théo plianes , Cedrenus , Mathieu Erithr.
^43. Un météore et poussière dans différons endroits. Theophanes.
.... Au milieu du neuvième siècle. Poussière rouge et matière semblable au sang coagulé. Continuât, du Georg. Monachus , Kazwini , El-Mazen.
869. Pluie rouge pendant trois jours, aux environs de Brixen. Hadrianus Barlandus. (Peut-être ce phénomène est-il le même que le précédent. )
929. A Bagdad, rougeur du ciel, et chute de sable rouge. Qualremèrc.
ro5 6. En Arménie, neige rouge. Matlh. Erctz.
1 1 10. En Arménie , dans la province de \aspouragan , en hiver, durant une nuit obscure, chute d’un corps enllammé dans le lac de Vau. L’eau devint de couleur de sang, et la terre était fendue dans différens endroits. Matlh. Eretz. ( Notices et extraits de la Bibl. , T. IX. )
1222 ou 1219. Pluie rouge aux environs de Viterbo. Bibliolli. llaliana , T. XIX.
i4i6. Pluie rouge en Bohême. Spangenherg.
?.... Dans le même siècle, à Lucerne, chute d’une pierre et d’une masse semblable à du sang coagulé , avec apparition d’un dragon igné (ou météore de feu). Cjsat.
i5oi. Pluie de sang dans différens endroits, suivant quelques chroniques.
i543. Pluie rouge en Wcstphalie. Suni. Comment arii.
1 548 , 6 novembre ( probablement en Thuringe). Chute d’un globe de feu, avec beaucoup de bruit : on trouva ensuite sur le sol une substance rougeâtre, semblable au sang coagulé. Spangenherg.
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i55j. En Poméranie. Grandes plaques d’une substance semblable au sang coagulé. Mari . Zeiler , T. II, epist.
i56o. Jour de la Pentecôte * pluie rouge à Emden et à Louvain, etc. Fromond.
i56o, 2 4 décembre. A Lillebonne, météore de feu et pluie rouge. Natalis Cornes.
? i582, 5 juillet. A Rockhausen, non loin d’Erfort, chute d’une grande quantité d’une substance fibreuse, semblable à des crins humains, à la suite d’une tempête horrible, analogue à celles qu’amènent les tremblemens de terre. Michel Bapst.
i586, 3 décembre. A Vcrde (en Hanovre), chute de beaucoup de madère rouge et noirâtre, avec éclairs et tonnerre ( météore de feu et détonation). Cette matière brûlait les planches sur lesquelles elle tombait. Manuscrit cle Salomon , sénateur à Brême.
1591. A Orléans, à la Madeleine, pluie de sang. Lemaire (Ln. ).
1618, en août. Chute de pierres, météore de feu et pluie de sang, en Stirie. De Ilammer.
1623, 12 août, à Strasbourg. Pluie rouge. Elias Ilabreclit , dans un mémoire imprimé à Strasbourg , en 1623. /
163 7, 6 décembre. Chute de beaucoup de poussière noire dans le golfe de Yolo et en Syrie. Phil. Transact. , T. I, pag. 377.
1638. Pluie rouge à Tournay.
i643, en janvier. Pluie de sang à Vachingen et à Weinsberg, suivant une chronique manuscrite de la ville de Heilbroun.
i645, a3 ou 24 janvier. A Bois-le-Duc.
1640, 6 octobre. Pluie rouge à Bruxelles. Kronland et Wendelinus.
^ 1662 , en mai. Masse visqueuse, à la suite d’un météore