‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologieChapitre 10 sur 159 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

structure des Corps.

J12. On peut étudier la structure des corps sous deux points de vue :

1° En considérant seulement leurs formes extérieures pour en déduire quelques lois générales sur leur formation , ou plutôt sur tes différens modes suivant lesquels leur volume a dû prendre des accroissemens successifs et toujours réguliers ; 2® en observant les propriétés physiques , souvent très diverses , que nous présente une même substance pour en déduire quelques données sur rarraugemenl intérieur de ses molécules.

L étude des formes régulières et variées que prennent les minéraux constitue à elle seule une science importante que Ion appelle cTistallographie i mais comme il nous serait impossible, sans nous écarter de notre plan , de donner les premières notions de cette science, nous renverrons le lecteur au Traité de Haüy , au Traité plus récent et plus complet de M. Beudant, et aux beaux Mémoires que M. Mitscherlich a publiés sur ce sujet dans les Annales de Chimie, depuis 1824.

Ainsi , nous nous bornerons à examiner les propriétés physiques des corps, et les indications qu’elles peuvent nous donner sur l’arrangement moléculaire ; il n’y a sur ce point aucune théorie , ou pour mieux dire, aucqn fait complètement expliqué; nous serons donc réduits à présenter une simple énumération des phénomènes , en nous efforçant do rapprocher ceux qui paraissent dépendre des mêmes causes.

313. Les fluides , en général , soit è l’état gazeux , soit à 1 état liquide , nous offrent dans toutes leurs parties une mo-

bilité si grande qu’elle semble exclure loul.e idée d’arrangement déterminé. Dans une masse d’eau , par exemple, il ne faut qu’une très petite force pour que la molécule qui est au centre se déplace et vienne à la superfleie, ou pour qu’une molécule superOcielle s’enfonce au contraire , et sillonne toute la masse , suivant une route plus ou moins sinueuse. Un léger mouvement , un changement de température presque insensible , sont toujours des causes suffisantes pour produire ces dépîaeemens et pour bouleverser toutes les positions relatives des molécules. Ce phénomène, que nous pouvons observer en petit dans des vases transparens où flottent des poussières visibles , est un phénomène général qui se répète plus en grand dans toutes les masses fluides que nous offre la nature. Ainsi, dans le lac le plus tranquille en apparence, il y a tant de causes sans cesse changeantes qui sollicitent les molécules liquides, que l’on peut bien assurer aussi qu’elles sont à tout moment déplacées; de même, dans l’atmosphère pendant le calme le plus absolu, on peut être bien assuré que les molécules n’ont point de repos; et si la masse d’air paraît immobile dans son ensemble, elle n’en est pas moins agitée de mille manières dans toutes ses parties. Cette circu-! lation perpétuelle des fluides semble indiquer une parfaite! homogénéité de structure ; cependant, dans l'ignorance où nous sommes sur les derniers élémens de la matière, nous ne pouvons rien affirmer sur l'état d’agrégation des molécules elles-mêmes : il est possible , par exemple , qu’une molécule d'eau , qui est si mobile par rapport aux molécules qui l’environnent , soit un composé de plusieurs molécules élémentaires , assemblées par des forces permanentes , et retenues à distance dans des positions parfaitement fixes; car la fivilé dans la slruclure des moiécules secondaires n’empêcherail pas leur mobilité relative. Mais pour ne pas se faire une faussf idéed^ l étal d’agrégation des liquides et des gaz, il ne faiu admettre in'plicilemcnl ni qu’ils sont composés de molécule!

; implei ou isolées , roulant ou glissant l'une sur l’aiilre avc(

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