CHAPITRE PREMIER
Cainllarité.
303. Lorsqu’on trempe dans un liquide l’extrémité d’un tube de verre , on voit que la colonne qui pénètre dans ce tube ne s’arrête presque jamais au niveau extérieur. Dans l’eau, par exemple, elle s’élève au-dessus {Fig. 1), et dans le mercure, au contraire, elle s’abaisse au-dessous {Fig. 2). Ces phénomènes d’ascension ou de dépression sont appelés phénomènes capillaires, et la force qui les produit est l’action capillaire, l'attraction capillaire, ou simplement la capillarité; celte force n’agit pas seulement pour élever ou déprimer les petites colonnes liquides dans l’intérieur des tubes, elle s’exerce sans cesse au contact des liquides avec les solides , au contact des liquides entre eux ou des solides entre eux, et en général au contact de toutes les parcelles les plus ténues de la matière pondérable.
304. Les longueurs des colonnes souletées ou déprimées sont en raison inverse des diamètres des tubes.
Il est facile de reconnaître par l’expérience qu’en général les différences de niveau sont d’autant plus grandes que les diamètres des tubes sont plus fins. C’est ce qui est représenté dans les quatre tubes k siphon de la fig. 3. Les deux premiers contiennent de l’eau et l’élévation est double dans le deuxième, dont le diamètre est moitié moindre; les deux derniers contiennent du mercure et la dépression est pareillement double dans le quatrième dont le diamètre est moitié de celui du troisième. Cependant, ’pour établir celle loi fondamentale sur des expériences précises, il faut a\oir recours
4 LIVRE 5V. — ACTiOXS ÎIOLf.{.LLA.IRF,S.
à d’aiUres moyeiis d’observation. Voici l’appareil très exact dont M. Gay-Lussaca lait usage.
a {Fig. 6) est une large éprouvette Oxée sur un pied à vis calantes, afin que son Lord supérieur 6 puisse être rendu horizontal. Le liquide qu’elle contient s’élève jusqu’en c ; le tube capillaire d est monté sur une plaque e qui se pose sur le bord de l’éprouvette; au moyen d'une coulisse verticale, le tube peut monter ou descendre. A côté de l’éprouvette, à quelques pouces de distance, est une règle verticale f, sur laquelle se meut une lunette ÿ, d’abord à frottement , et ensuite au moyen d’une vis de rappel pour les petits raouveinens. Pour mesurer la hauteur de la colonne , on fait d’abord mouvoir la lunette jusqu’à ce que son fil micrométrique horizontal semble raser le sommet s; ensuite, écartant la plaque e vers les bords de l’éprouvette , on place à côté d’elle la pièce h, et, après l’avoir ajustée, on tourne la tige à vis le jusqu’à l’instant où elle effleure la surface du liquide; ensuite on enlève un peu de liquide avec une pipette, on note le point de départ de la limette, et on la fait descendre jusqu’à ce que la pointe de la tige tombe sous le fil ; l’étendue de sa course est la hauteur du liquide au dessus du niveau.
Le tableau suivant contient la moyenne des résultats auxquels M. Gay-Lussac a été conduit.