CHAPITRE 111. — VIBRATIONS DES CORPS SOLIDES
vibralions des parois , il en nisulte par conséquent des dilatations cl des contractions moléculaires considérables , qui déterminent des solutions de continuité plus ou moins apparentes. Mais ces phénomènes curieux n’ont pas été soumis à une analyse assez rigoureuse ni assez complète, pour qu’il nous soit possible de résumer ici les résultats des observations (Ann. de Phys, et de Chim., t. 56).
338. Vibrations des corps dont une seule dimension est petite par rapport aux deux autres. Plaques, membranes^ cloches, etc. — Pour faire vibrer les plaques, on peut employer la pince de la figure 103 , après l’avoir fixée très solidement sur un établi ; la plaque p est saisie entre le cylindre a et la vis b. qui se terminent l’un et l’autre par un morceau conique de liège ou de peau de buftle; lorsqu’elle est assez fortement pressée, on l’ébranle avec un archet, et l’on en lire des sons purs, dont il est facile de prendre l’unisson sur un piano.
En procédant de la sorte, on constate d’abord ce premier résultat général que, quelle que soit la substance de la plaque, bois, terre cuite, verre, métal, etc. ; quelle que soit sa forme, carrée, triangulaire, ronde, elliptique, etc., on peut toujours en obtenir des sons extrêmement variés, montant du gra\'e à l’aigu pardes nuances plus ou moins rapprochées. On constate pareillement ce second résultat que , pour chacun des sons qu’elle rend, la plaque se partage en parties vibrantes et en lignes de repos ou lignes nodales offrant un arrangement particulier, avec celte circonstance remarquable qu’à mesure que le son s’élève, l’étendue des parties vibrantes devient plus petite, et par conséquent les lignes nodales plus multipliées.
Pour démontrer ce point essentiel , on saupoudre la surface supérieure de la plaque avec du sable sec et fin: alors, au premier son qui est produit, le sable entre en mouvement, il saule et retombe plusieurs fois en une seconde, et, toujours repoussé par les parties vibrantes, il va s’accumuler sur les parties imnaobiles et marque ainsi la trace des lignes
nodales. M. Savait a imaginé un moyen bien ipgénieux de relever d’une manière jÆifaitement correcte ces Cgures qu’il serait souvent impossible de copier au crayon, tant elles sont complexes et bizarres ; pour cela, au lieu de sable, il emploie des pains de tournesol, pulvérisés avec de la gomme, puis réduits en pâte, séchés, pulvérisés de nouveau et passés au tamis, afin d’avoir des grains égaux et de grosseur convenable. Lorsque celte poudre colorée et hygrométrique a tracé sur une plaque les lignes nodales correspondantes à un son connu, il suffit d’appliquer sur la plaque une feuille de papier légèrement humcclée avec de l’eau gommée, et d’exercer ensuile une pression suffisante pour imprimer sur le papier la figure que portait la plaque. C’est ainsi que M. Savart est parv^enu en même temps à noter plusieurs centaines de sons produits par une même plaque, et à recueillir, pour les comparer entre elles, toutes les figures correspondantes à ces sons.
Plaques carrées. — La figure 102 représente, parexemple, 70 figures , produites par une même plaque carrée; ces figures sont arrangées dans un ordre méthodique dont nous allons indiquer la clef. Le chiffre qui est à gauche du trait, au dessus de chaque figure, marque le nombre des lignes nodales horizontales, et celui qui est à droile'le nombre des lignes nodales verticales; les lignes réelles, comme on peut le voir, ne sont pas continues, elles sont plus ou moins contournées , mais elles peuvent toujours se ramener aux directions horizontales et verticales. Nous devons remarquer encore que les diagonales sont prises pour des lignes verticales, dont elles s’approchent en se décomposant. Les chiffres qui sont en tête de chaque série indiquent la différence entre le nombre des lignes horizontales et le nombre des lignes verticales; ainsi le chiffre 3, qui est en tête de la cinquième série, annonce que dans toute cette série les lignes nodales verticales excèdent de 3 les lignes nodales horizontales. M. Savart fait remarquer encore que, quand le nombre de