‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologieChapitre 5 sur 159 · CHAPITRE I. — CAPJL1.ARITÉ. W · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — CAPJL1.ARITÉ. W

Surfaces de différentes formes. — Ce qui précède nous montre assez clairement que les solides et les liquides ne peuvent pas se toucher sans que la surface mobile du liquide éprouve, près du contact , une déformation plus ou moins marquée.

Les inflexions de la courbure dépendent de la forme des corps. 11 y a toujours ascension d’un liquide quand il mouille la surface, et dépression quand il ne la mouille pas. C’est ainsi qu’une aiguille à coudre bien lavée à l’alcool se trouve mouillée par l’eau et enfonce lorsqu’on la pose légèrement sur la surface de ce liquide, tandis qu’elle surnage si elle est un peu graissée de manière à produire autour d’elle une dépression. Les insectes qui marchent ou plutôt qui glissent sur la surface des eaux seraient bientôt submergés, si un enduit particulier n’empêchait pas qu’ils fussent mouillés par ce liquide ( Fig. 8).

307. Attractions et répulsions qui résultent de la capillarité. Les corps qui sont plongés dans les liquides ou qui flottent à leurs surfaces piésentent des phénomènes d’attraction et de répulsion assez remarquables pour qu’il nous se.mble nécessaire d’en citer quelques exemples.

Deux balles de liège posées sur l’eau et mouillées par ce liquide n’exercent aucune action l’une sur l’autre lorsqu’elles sont h une distance un peu grande; mais dès qu’on les approche à une distance capillaire , c’est-à dire à une distance assez petite pour que les surfaces du liquide soulevé autour d’elles se touchent ou se croisent , il y a alors une attraction très vive ( Fig. 20 ).

Deux balles qui ne se mouillent pas, comme des balles de cire ou de liège enfumées, flottantes sur l’eau, ou des balles de fer sur le mercure, exercent aussi une attraction dans les mômes circonstances ( Fig. 21 ).

EnGn deux balles dont l’une se mouille taudis que l’autre ne se mouille pas se repoussent toujours lorsqu’elles arri- \ent à lu distatæe capillaire {Fig. 22),

Les lames verticales présentent des phénomènes analogues {Fig. 15, 16 et 17).

On avait pensé d’abord que ces mouvemens résultaient d’une action directe de la matière ; mais il est bien évident qu’ils dépendent des courbures des surfaces, puisque les mêmes corps qui se fuient ou qui s’attirent sur l’eau n’exercent aucune action à distance égale dans le vide, ou même dans l’air, ou dans d’autres milieux qui les enveloppent de toutes paris.

308. Adhésion des liquides contre les surfaces solides. Lorsqu’un disque solide est posé sur la surface d’un liquide, on ne peut plus le soulever horizontalement comme s’il était libre dans l’air, mais il faut faire un effort un peu plus considérable. Pour mesurer cet effort, on se sert d’une balance : d’un côté on met le disque horizontal , de l’autre on met des contrepoids, et quand l’équilibre est établi, on approche une surface liquide jusqu’à l’instant où elle touche ta surface inférieure du disque ; alors on ajoute peu à peu et sans secousse des poids du côté opposé , et l’on note combien il a fallu en ajouter pour rompre l’adhésion. Ce procédé a été imaginé par Taylor, et les résultats qu’en ont obtenus Cigna, Guyton, et beaucoup d’autres physiciens, ont donné naissance à de longues discussions. Nous nous contenterons de rapporter ici les résultats de M. Gay-Lussac.

Pour détacher un disque de verre de 118"’‘",368 de diamètre , il a fallu différons poids suivant la nature des liquides, comme on le voit dans le tableau suivant :

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