‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologieChapitre 6 sur 159 · CHAPITRE I. — C'.PILI,ARIÏÉ · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — C'.PILI,ARIÏÉ

Noms des substances.

Densité.

Température.

Poids nécessaire pour

détacher un disque dont lediam.=

Eau.

grammes

Alcool.

Id.

Id.

Essence

de térébenthine.

Un disque de môme diamèlre, de cuivre ou de quelque autre substance capable de mouiller les liquides, donne exactement te même résultat. Ainsi l’adhésion est, comme ta capillarité, indépendante de la nature des solides et dépendante seulement de la nature des fluides. Il est facile d’en concevoir la raison , car , en se soulevant , te disque emporte toujours une couche de liquide. L’effort des poids additionnels n’est donc pas appliqué à séparer les molécules du disque des molécules du liquide, mais bien à rompre la cohésion qui unit les molécules liquides entre elles. Les expériences dont il s’agit donnent donc une mesure de la cohésion du liquide ou de l’attraction qu’il exerce sur lui-même, et l’on voit que cette attraction, toujours très sensible, est variable dans les divers liquides.

Lorsque la surface du disque est de telle nature qu’elle n’est pas mouillée par le liquide, comme il arrive, par exemple, pour le mercure et le verre , alors le poids qu’on ajoute pour les séparer n’exprime plus la cohésion du liquide, mais aussi il est très variable , et M. Gay-Lussac a observé que pour séparer du mercure un disque de verre de 118“*", 366 de diamètre, on devait employer lanlêt 296 grammes, tantôt 158, suivant qu’on mettait un temps plus ou moins long à ajouter les poids. Cependant ces expériences font voir d’une

ii LmiE IV. — ACTIONS MOLÉCULAIRES.

manière frappante que , même dans le cas où un solide n’est pas mouillé par un liquide, il s’exerce encore entre les molécules du solide et celles du liquide une attraction plus ou moins forte. Cette conséquence paraît être sans exception; seulement la cohésion du liquide est alors toujours plus grande que l’attraction que le solide exerce sur lui.

309. Divers effets de la capillarité. — Huyghens observa en 1672 (Journal des savans, page 111) un fait qui parut alors fort étonnant. Un tube de 70 pouces de longueur et de quelques lignes de diamètre , ayant été bien nettoyé à l’alcool, puis rempli de mercure, purgé d’air et retourné avec précaution , toute la colonne resta suspendue dans le tube; il fallut plusieurs secousses légères pour qu’elle se détachât du sommet et prît sa hauteur ordinaire de 28 pouces dans l’intérieur du tube. C’est évidemment un phénomène d’adhésion ; il se reproduit toutes les fois que la surface intérieure du tube est bien nette et l’appareil bien purgé d’air.

Don Casbois fit, vers 1780, une remarque importante pour la construction des baromètres. Ayant fait bouillir le mercure pendant très long-temps dans un tube barométrique, il s’aperçut , après l’avoir retourné , que le sommet de la colonne formait un ménisque à peu près plan, et même plutôt concave que convexe. On voit par ce qui précède que cette forme de ménisque doit avoir une grande influence sur la hauteur des baromètres qui n’ont pas, comme celui de M. Gay-Lussac, l’avantage d’être corrigés d’avance de tous les effets de la capillarité. La cause de ce singulier phénomène a été long-temps inconnue, et l’on doit à M. Dulong une observation récente qui l’explique complètement. M. Duiong a reconnu, par des expériences directes, qu’en prolongeant l’ébullition du mercure à l’air, il se forme un oxide qui se dissout dans le liquide, et cette espèce de dissolution, assez peu différente du mercure par sa densité, en est très sensiblement différente par ses propriétés capillaires , puisqu’elle acquiert à la fin la propriété de mouiller le verre.

Page 1