CHAPITRE VII
De la Voix et de l'Ouie.
356. De la voix humaine. — L’organe de la voix est com-* posé de plusieurs parties dont la forme et l’arrangeraent ne peuvent être étudiés d’une manière complète que par des observations anatomiques. Nous devons donc nous borner à faire comprendre d’une manière générale la disposition des diverses pièces qui concourent plus directement à la production de la voix.
On sait que la trachée-artère est une espèce de tube qui se termine, d’une part, à l’arrière-bouche, et de l’autre aux poumons. Sa principale fonction est de donner passage à l’air , soit dans ïinspiration , soit dans Vexpiration. Ce tube est à peu près cylindrique et composé d’anneaux fermes et cartilagineux, séparés par des anneaux membraneux flexibles. À son extrémité’ inférieure, il se divise en deux tubes plus petits qui se portent l’un à droite et l’autre à gauche ; on les appelle les bronches; chaque bronche , à son tour, donne naissance à plusieurs divisions et subdivisions qui vont, dans tous les sens , se ramifier dans le tissu du poumon ; à son extrémité supérieure, il se termine par le larynx, qui paraît être essentiellement l’organe de la voix.
Le larynx est composé de quatre cartilages : le cricoide, le thyroïde et les deux aryténoïdes. Ces cartilages, de formes très différentes , sont articulés entre eux et liés à l’anneau supérieur de la trachée-artère. Plusieurs muscles sont dispo- . sés pour donner un mouvement à leur ensemble ou pour leur imprimer des mouvemens relatils. C’est l’arrangement de ces muscles, et surtout des derniers, qui donne à l’organe sa
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forme inlôrieure : ilss’allachenl d’abord à droite et à gauche contre les parois intérieures du tube qui forme le prolongement de la trachée-artère, et diminuent de plus en plus son diimèlre transversal, tellement qu’à la fin il ne reste plus qu’une fente qui se dirige d’arrière en avant, sans être horizontale, mais en s’élevant assez rapidement; cette fente est ce que l’on nomme la glotte : elle a 8 ou 10 lignes de longueur; ses bords sont appelés les lèvres de la glotte ; leur distance est très petite en avant, mais en arrière elle est quelquefois de 2 ou 3 lignes : au reste , cette distance est très variable; il paraît que les lèvres de la glotte peuvent se presser au point de ne laisser en arrière qu’une très petite ouverture. Au-dessus des lèvres de la glotte, sont deux cavités, l’une à droite et l’autre à gauche, qui s’étendent latéralement à la profondeur de 8 à 9 lignes et quelquefois de 12 lignes; elles ont 5 à G lignes de hauteur ; on les appelle ventricules. Les parois supérieures des ventricules se rapprochent de manière à former en quelque sorte une seconde glotte à 5 ou 6 lignes de hauteur, au dessus de la première. Enfin, il y a au-dessus du larynx une membrane ou plutôt un cartilage que l’on appelle épiglotte, il est fixé antérieurement par un de scs bords et peut s’abaisser sur la glotte.
Cette description sommaire du larynx nous permettra de comprendre les principes sur lesquels on s’appuie pour expliquer la formation de la voix.
Sans entrer ici dans le détail historique de toutes les explications plus ou moins vagues qui ont été données, nous nous contenterons de rapporter deux opinions entre lesquelles les physiciens semblent encore partagés. Les uns considèrent 1 organe de la voix comme un instrument analogue aux instrumens à anche; les autres le considèrent comme un instrument analogue aux réclames.
Pour assimiler le son de la voix au son d'une anche, on suppose que, pendant Vexpiration, l’air poussé dans la trachée-artère, et pressé dans le passage étroit du larynx, ne