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peut pas sortir sans frotter les lèvres de la glotte et sans tes mettre en vibration; ces lèvres, dit-on, vibrent alors, comme la languette d’une anclie; elles vibrent toutes deux, ce qui donne au son plus d’intensité : ensuite l’épiglotte, le pharynx, le voile du palais, les fosses nasales, la langue, les dents, l’ouverture de la bouche et la disposition des lèvres, donnent au son , ainsi formé, un accent et un timbre particuliers, comme le tuyau d'écoulement de l’anclie donne, suivant sa forme, un timbre particulier au son qui résulte des vibrations de la languette. Le son restant le même, quant à l’intensité et au ton, pourra recevoir des modifications sans nombre, dans l’accent et le timbre, parce que toutes les pièces dontjious venons de parler peuvent elles-mêmes être modifiées, par la volonté, d’une infinité de manières. Un seul son une fois expliqué, toutes les nuances des sons que la voix humaine peut produire s’expliquent aisément; car un petit mouvement de la rosette change la longueur delà languette, et fait rendre à l’anche ordinaire un son plus grave ou plus aigu; il suffit donc de donner aux lèvres de la glotte un peu plus ou un peu moins de tension, pour que la voix parcoure successivement plusieurs octaves ascendantes ou descendantes; et même, ajoute-t-on, nous avons pour cela deux moyens, car nous pouvons non seulement changer la tension des lèvres de la glotte, mais nous pouvons encore changer leur longueur, puisque l’ouverture de la glotte est tellement faite qu’il suffitd’un acte de la volonté pour l’agrandir ou pour la fermer presque complètement.
Ces considérations ingénieuses semblent fortifiées par quelques expériences directes. M. Magendie a mis le larynx à découvert sur des chiens vivans, et il a vu les lèvres de la glotte entrer en vibration dès que ces animaux poussaient des cris; il a pu constater aussi, dans les mêmes expériences, que les lèvres de la glotte serapprochent pour les sons aigus, et qu’elles restent au contraire plus ou moins éloignées poui les sons graves. Plusieurs observateurs ont fait des expé-
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riences analogues sur des larynx d’animaux récemment privés de la vie : en soufflant avec un fort soufflet dans la trachée-artère, ils ont obtenu des sons plus ou moins analogues à ceux que pouvaient rendre ces animaux.
Pour assimiler le son de la voix aux sons des réclames , on regarde les ventricules du larynx comme une espèce de tambour rempli d’air, et les deux glottes comme deux ouvertures correspondantes pratiquées dans les deux bases de ce tambour; ainsi les ventricules et les deux glottes forment un véritable réclame. L’air, poussé par les poumons dans la trachée, sort avec plus ou moins de vitesse par le larynx; il entraîne dans son mouvement une partie de l’air des ventricules,- et bientôt la pression étant devenue trop faible, l’air extérieur se précipite dans les cavités des ventricules; puis il esi de nouveau entraîné au dehors, etc., exactement comme dans les réclames. Ces alternatives produisent un son plus ou moins aigu, suivant la rapidité avec laquelle elles se succèdent. Dans cette hypothèse , comme dans la précédente, l’accent et le timbre dépendent des vibrations des lèvres de la glotte, et de toutes les parties qui peuvent prendre diverses formes ou divers mouvemens, depuis l’arrière-bouche jusqu’aux lèvres.
Les sons différons seront produits soit par diverses formes que les cavités des ventricules peuvent prendre, soit par diverses dimensions des ouvertures de la glotte, soit enfin par divers degrés de tension dans les lèvres de la glotte et dans toutes les parties du larynx et de l’arrière— bouche. M. Savart a fait plusieurs expériences qui semblent fortifier cette hypothèse. (.4?in. de Phys, et de Chim. , t. xxx, p. 64.)
Ces deux opinions paraissent sans doute plus différentes qu elles ne le sont en effet; mais, quoique liées par des rapports intimes, elles ne peuvent pas encore dans leur ensemble donner une explication complète du phénomène de la voix. On doit les considérer comme des aperçus heureux qui pourront un jour conduire â la vérité.
357. De la voix des oiseaux. — Chez les oiseaux, l’organe de la voix n’est pas à l’arrière-bouche, mais il se trouve au contraire à l’extrémité inférieure de la trachée, là où elle se bifurque pour donner naissance aux bronches. M. Cuvier a fait voir, en effet, qu’un canard qui vient d'avoir la tête tranchée pousse encore pendant quelques inslans des cris très forts et très bien articulés; et la même expérience peut | être faite sur la plupart des oiseaux. L’observation anatomique confirme ce résultat,' car, en suivant l’organisation de la trachée, on trouve qu’à son extrémité supérieure elle se termine par un simple rétrécissement, ou par une espèce de glotte qui n’offre aucune des dispositions nécessaires à la production des sons ; tandis qu’à son extrémité inférieure elle présente un appareil très complexe et merveilleusement ajusté pour produire une longue série de sons graves et aigus: i mais, comme il nous serait impossible d’en donner une idée i sans entrer dans les détails anatomiques qui nous écarte- i raient trop de noire plan, et comme, d’une autre part, il se , présente encore de grandes difficultés dans les théories qui j ont été proposées Jusqu’à présent pour expliquer tous les phénomènes qui résultent de celle organisation, nous nous contenterons de renvoyer aux ouvrages qui ont été publiés sur ce sujet et particulièrement aux mémoires de M. Savart. ' (.4nn. de Phxjs. et de Chim.^ t.xxxii.)
358. De l’organe de Vouie. — La seule partie extérieure de cet organe est le pavillon a {(ig. 98 ) , dont les replis et les contours ne sont, comme on sait, que l’épanouissemenl du conduit auditif b. Ce conduit, après s’être enfoncé à une petite profondeur, est terminé obliquement par une membrane mince , mobile et élastique c que l’on appelle la membrane du tympan. Derrière cette membrane est la caisse du\ tympan; c’est une cavité osseuse, tapissée de diverses mera-l branes et remplie d’air; elle est fermée de toutes parts, ex-i ceplé en un point où aboutit la trompe d’Eustache qui parti de l’arrièfe bouche; par ce moyen l’air peut se renouveler etj
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se raellre sans cesse en équilibre avec la pression almosphé rique. On dislingue encore dans la caisse du tympan deux ouvertures fermées par des membranes, savoir; la fenêtre ovale en hautr, et plus bas la fenêtre ronde. Enfin, dans l’intérieur même de cette caisse est suspendue la chaîne des osselets , qui se compose de quatre petits os irréguliers, que l’on appelle par analogie de forme le marteau, Y enclume, le lenticulaire et Vêtrier m, e, l, t (fig. 101 ). Le marteau est attaché longitudinalement sur la membrane du tympan {fig. 98 et 100) ; il forme une espèce de rayon solide, qui vient de la circonférence au centre. A son autre extrémité il se lie à l’enclume, l’enclume au lenticulaire, et le lenticulaire à 1 étrier, qui va s’attacher sur la membrane de la fenêtre ovale {fig. 98) : plusieurs muscles agissent sur cette chaîne pour la tendre ou la relâcher et, par conséquent, pour tendre et relâcher en même temps la membrane du tympan et celle de la fenêtre ovale. La membrane de la fenêtre ronde sépare la caisse du tympan d un conduit osseux s , contourné en spirale, qui se nomme le limaçon; l’autre extrémité de ce conduit s ouvre dans une cavité qui s’appelle le vestibule. Le vestibule est séparé de la caisse du tympan par la membrane de la fenêtre ovale ; enfin il communique avec trois canaux osseux, que l’on nomme canaux semi-circulaires, et qui sont remplis d une matière grisâtre dont l’usage est inconnu.
Le vestibule et les spires du limaçon sont remplis par le liquide de Cotunni, dans lequel viennent flotter les derniers filets du nerf acoustique n.
D après cette disposition de l’organe on peut remarquer d abord que, si la trompe d’Eustache n’établissait pas une communication libre entre l’air de l’arrière-bouche et celui de la caisse du tympan, il y aurait des inégalités de pression qui donneraient â la membrane du tympan des tensions différentes : cette circonstance est en général accompagnée de bourdonnemens plus ou moins incommodes.
En supposant que la membrane du tympan ait une tension
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Comment ces vibrations sont-elles transmises au nerf acoustique? quels rôles jouent dans cette transmission la chaîne des osselets , le limaçon et les canaux semi-circulaires? Ces questions restent sans solution ainsi que beaucoup d’autres que l’on peut se proposer sur ce sujet.
On sait cependant que la membrane du tympan peut être enlevée et même que la chaîne des osselets peut être rompue sans que l’organe cesse de remplir ses fonctions ; on sait pareillement d’après les expériences de M. Savart, conGrmées par celles de M. Muller , que la chaîne des osselets peut servir à modérer l’effet des sons trop déchirants , ou en général à faire varier la sensibilité de l’organe en faisant varier la tension de la membrane du tympan : car , si l’on écoute un son avec un cornet acoustique muni d’une membrane m ( fig. 97), on constate qu’il sufhl de changer la tension de celte membrane pour augmenter ou diminuer la vivacité de la sensation C’est là sans doute une fonction importante de la chaîne des osselets , mais elle ne suffit pas pour justifier complètement sa forme; il est probable qu’elle a encore d autres usages.
Liv. VI. — oiniyuE. notions générales.