CHAPITRE V. — VISION ET INSTRUMENS
408. Microscope solaire. — Cet instrument dont les effets peuvent être comptés parmi les plus curiei^x et les plus instructifs de l’optique, se compose d’un système de verres pour éclairer l’objet et d’un système de lentilles d’un court foyer pour en donner une image réelle. La figure 233 représente, sur une échelle du quart de grandeur, le microscope solaire de Chevalier, qui est le plus parfait.
Le miroir m réfléchit la lumière solaire, et dirige dans lè tube t, parallèlement à son axe, un faisceau qui en doit remplir toute l’étendue; la lentille éclairante ir imprime ù la lumière de ce faisceau un premier degré de convergence ; le focus f qui la reçoit ensuite la fait converger davantage, et de telle sorte qu’elle aille faire son foyer à très peu près sur l’objet qui est en expérience. Pour remplir celte condition^ il est nécessaire que le focus soit mobile, et on le fait mouvoir en effet au moyen d’une crémaillère qui règne le long de sa monture et d’un pignon dont le boulon b est au dehors du tube.
L’ajustement de l’objet est un point important: lorsqu’on veut observer par exemple les corps très petits contenus dand les liquides, comme les globules du sang ou les animalcules de différentes espèces, ou les molécules cristallines que déposent les dissolutions en s’évaporant, etc. , il suffit d’étaler une goutte du liquide sur une lame de verre à faces parallèles , et de porter celle lame sous la lumière du focus en tournant le liquide de son côté. Dans plusieurs autres circonstances l’objet doit être simplement placé entre deux lames de verre , et il y a des cas enfin où il faut l’enfermer dans Une boîte à faces de verre remplie de liquide : c’esi ce qui arrive quand on veut observer la circulation du sang dans la queue des têtards ou dans les extrémités de quelques poissons, et aussi quand on veut observer la circulation des globules du chara. Tous ces objets, disposés comme nous venons de le dire, peuvent être ajustés au microscope d’une manière commode au moyen du mécanisme qui est Repré-
i2W LIVRE VI. —OPTlQOfc.
senté figure 233 : p et p' sont des lames carrées de cuivre, unies aux quaire coins yar de pcliles liges de même métal ; sur chaque lige est un ressort en spire qui pousse la troisième plaque q contre la plaque p’ 5 c’est entre q et p' que se glissent les lames ou les assemblages de lames qui portent l’objet. Ce système de plaques d jil encore tourner autour du tube pour qu’il soit possible de donner à l’objet toutes les positions sans le déranger et même sans perdre de vue son image.
L’objet ainsi ajusté et convenablement éclairé par le focus, il est facile d’en obtenir l’image amplifiée : pour cela, on fait mouvoir la lenti'ile achromatique l, qui est véritablement la lentille objective; celle lentille se déplace au moyen d’une crémaillère adaptée à sa monture et d’un pignon dont le boulon est en b' ; on l’approche et on l’éloigne de l'objet jusqu’à ce qu’on obtienne enfin une image nette et brillante sur un grand tableau de toile blanche ou de papier placé à la distance de 10, 1 5, ou 20 pieds. Puisque l’image est réelle, il en résulte que l’objet se trouve au-delà du foyer de la lentille et il sera facile, d’après nos formules sur les lentilles, de déterminer avec précision la position de l’objet, lorsqu’on connaîtra la distance focale principale de la lentille et la dislat.ce du tableau ; il sera facile aussi d’en déduire le grossissement : mais, si l’on veut observer le grossissement d'une manière directe, il faudra prendre pour objet un micro mètre en verre portant des divisions de grandeurs connues, et mesurer l’étendue que ces divi.^ions occupent sur le tableau. (
La lanterne magique repose sur les mêmes principes : seulement les objets grotesques que l’on y fait voir d’ordinaire ' sont peints sur verre et coloriés; ils ont de grandes dimensions et sont éclairés par la lumière d’une lampe qui permet seulement de les grossir quinze ou vingt fois.
409 Mêgaseope. — Cet instrument est destiné à donner des copies réduites ou amplifiées, d’une gravure, d’un la-t bicau ou d’un bas-relief, qui n’a pas une trop grande éten- j