CHAPITRE V. — VISION ET INSTRÜMENS
définitif est le produit des grossissemens qui résultent de chacun de ces verres ou de chacun de ces systèmes de verres. Si l’ohjeciif grossi I, par exempte, 5 fois en diamètre, et l’oculaire 10 fois, le grossissement sera 50 en diamètre, et par conséquent 2,500 fois en surface; il serait 1,000 fois en diamètre, et 1,000,000 de fois en surface, si les amplifications de l’objectif et de l’oculaire étaient respectivement 100 et 10, ou50 et 20, ou 40 et 25, etc.
En ne considérant que ces principes fondamentaux du microscope, il serait facile d’en calculer en même temps les dimensions et les effets. Supposons, par exemple, que l’objeciif ait 5 millimètres de distance focale principale, et l’oculaire 20 : l’objet étant placé ii 1/tO de millimètre au delà de la distance focale principale, son image réelle se formerait à 255 millimètres, et l’amplification de l’oculaire serait 40 ; pour un objet de 1/10 de millimètre de diamètre, l’image aurait donc 4 millimètres d’étendue. Ensuite, pour regarder cette image avec l’oculaire, il faudrait placer celui-ci à 18"'“, 62 au devant de l’image ( en supposant une vue moyenne de 10 pouces ou 270 millimètres), et l’on aurait encore un grossissement de 14,5; ce qui donnerait un grossissement définitif de 40 X 14,5, = 580 : dans cette hypothèse, l’instrument devrait avoir une longueur de 255 18,62 = 273““,62.
Avec le même objectif et le même oculaire on pourrait obtenir d’autres amplifications, moindres ou plus grandes, suivant que l’on placerait l’objet à des distances plus grandes ou moindres au devant de l’objectif; mais en même temps il faudrait pouvoir raccourcir ou allonger l’instrument, c’est-àdire diminuer ou augmenter la distance des deux verres, car le lieu de l’image réelle se rapprocherait ou s’éloignerait de l’objectif.
L’instrument dont nous venons d’indiquer la théorie est le microscope dioptrique dans toute sa simplicité, ou plutôt dans toute ‘son imperfection, et tel qu’il ^sortit des mains des
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premiers inventeurs, vers 1620; mais, depuis cette époque, on y a fait de nombreux changemens. M. Arnici, de Modène, est parvenu, par d’heureuses recherche.s, à lui donner enfin, il y a quelques année.s, un degré de perfection qui laissait peuà désirer; et M. Ch. Chevalier, profitant de ces recherches, en a varié avec succès la disposition pour l’approprier il tous les genres d’observation. Nous décrirons donc de préférence le microscope de M. Ch. Chevalier.
411. Le microscope composé est représenté dans la figure 236 au quart de grandeur naturelle. L’objectif est en b, l’oculaire en c; le faisceau de lumière par lequel on voit l’objet s’élève d’abord verticalement, mais, au moyen d’une réflexion totale sur l’hypoténuse du prisme r, ce faisceau est renvoyé horizontalement vers l’oculaire, ce qui permet à l’obs rvateur de prendre une position commode, soit pour varier ou prolonger ses expériences, soit pour dessiner les images qu’il aperçoit.
Voici, maintenant, la disposition des diverses pièces et leur mécanisme.
1® Objectif. L’objectif se compose d’une, deux ou trois lentilles achromatiques, dont les distances focales principales sont de 8 à 10 millimètres; elles portent les n®* 1, 2, 3; on peut employer la lentille n® 1 seule, ou les lentilles n® 1 et n® 2 avec l’attention de visser la première sur le tube, et la seconde sur la première; ou les lentilles n® 1, n® 2 et n® 3, avec l’attention de conserver encore leur ordre naturel en vissant le n® 3 sur le n® 2. Dans le premier cas, on a le moindre grossissement, et l’objet se trouve le plus loin possible de l’objectif ; dans le second cas, le grossissement est plus fort, et l’objet plus près ; enfin, dans le troisième cas, le grossissement est plus fort encore, et l’objet se trouve amené à une très petite ilistance de l’objectif.
2® Oculaire. Pour chacune des combinaisons de l’objectif, on peut adapter à l’instrument l’un des six oculaires qu’il porte sous les n®® 1, 2, 3, 4, 5 et 6. Les quatre premiers