‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie. [With] Planches (volume 2)Chapitre 203 sur 240 · CHAP. IV. — DES PARATONNERRES. TC · texte numérisé non relu

CHAP. IV. — DES PARATONNERRES. TC

}je conducteur est une barre de fer carrée de 15 à 20 millimètres de côté, qui se fixe au collier - //' au moyen du boulon nn\ et qui descend ensuite jusqu'au sol; les diverses pièces qui le composent sont assemblées comme, on le voit dans la.fi- <(ure 27. Quelquefois, au lieu d*une barre de fer, on emploie un râble en fil de fer ou de cuivre d'une longueur convenable, et alors il s'ajuste au collier,, comme on le voit (Fig. 28).

Cour que le poids du conducteur ne porte aucun dommage à la couverture, on le fixe sur des pattes de 3 en 3 mètres de distance, et à peu près à 15 centimètres d'élévation; arrivé à la c'orniche, on le courbe convenablement pour qu'il en prenne le contour sans la toucher (Fig. 29), puis on l'applique contre le mur; on peut l'y fixer avec des crampons de distance en distance, et on l'amène jusqu'au sol. C'est alors qu'il faut redoubler de soins et de précautions, car c'est de la perfection de^ la conductibilité que l'on va établir entre le conducteur et le sol, que dépend toute l'efficacité du paratonnerre.

Si l'on a à sa disposition un puits qui ne tarisse pas, ou si avec une tarière on peut faire un trou jusqu'à la profondeur où l'eau est pemianente, il suffira d'y faire arriver le conducteur, en le divisant en plusieurs branches ou racines. Pour multiplier le contact, on mènera le conducteur au puits ou au trou par des^ tranchées creusées dans la terre, que l'on remplira ensuite avec*de la braise de boulanger. On aura àe cette manière le double avantage de préserver le fer de la rouille et de le mettre déjà en contact avec cette braise qui est un très-bon conducteur.

Lorsque l'iïn n'aura pas d'eau, il faudra chercher au moins un lieu humide et y menet le conducteur par une longue tranchée, dans laquelle il sera bien enveloppé de braise. On pourra même alors, pour plus de sécurité, former des tranchées perpendiculaires à la première et plus ou moins longues, dans lesquelles on fera passer des ramifications du conducteur.

S'il est facile de comprendre que la foudre ne peut pas tomber sur un^ paratonnerre construit d'après ces principes, il n'e«t pas moins facile de comprendre qu'elle ne peut pas non plus tomber autour de lui jusqu'à une certaine distance. Le fluide qui sort en abondance par la pointe du paratonnerre^ se répand ^ans l'air environnant, et, emporté par la force d'attraction que lî, 49

le nuage orageux exerce sur lui, il arrive au puage lui-même et neutralise en partie T électricité contraire dont il est chargé. Ainsi, dès qu'un nuage orageux se trouve assez près du paratonnerre poiu* agir par influence sur lui et sur les corps conducteurs qui en sont voisins, sa puissance est à l'instant dlmiauée par Tarrivéc du fluide contraire, qui sort en plus ou moins grande abondance de l'extrémité de la tige. Ensuite, à mesure qu'il approche, sa puiisance décomposante devient plus énergique, mais en même temps il reçoit de la tige une plus grande quantité d'électricité contraire.

Le pariitonnerre est donc une arme qui devient plus efficace à mesure que le danger devient plus pressant. Son efficacité n'est pas cependant sans condition : par exemple, si le paratonnerre était dominé par des corps voisins plus élevés que lui, le nuage orageux exercerait sur ces corps une action plus grande que sur le paratonnerre, et l'explosion pourriait s'ensuivre; si la tige du paratonnerre était environnée A^ corps très-bons conducteurs, de charpentes en fer, ou de couvertures métalliques d'une grande étendue, cfes corps conducteurs , quoique placés plus bas que la tige, éprouveraient néanmoins une grande décomposition dans leurs électricités naturelles, et par cela même ils pourraient' être firappés de la foudre.

Le seul remède qui se présente pour les protéger consiste à les mettre en bonne conununication avec la conduite du paratou- -nerre, car, au moyen de cette communication , les deux fluides contraires pourront s'écouler à mesure qu'ils seront décomposés : celui qui est repoussé s'écoulera dans le sol par la conduite ellemftme; celui qui es^ attiré gagnera le sommet de la tige, et pourra s'écouler librement vers le nuage par^^l'extrémité de la {k>inte.

Cette théorie si simple condamne comme dangereuse TinTcntioU de quelques praticienS| qui se sont imaginé que, sur les édifices à charpente métallique, il fallait soigneusement iscJer de cette charpente et la tige et toute la conduite du paratonnerre. Reitireiisement, les moyens qu'ils emploient pour obtenir cet isolemetit sont trop imparfaits pour atteindre^leur but; et, s'ils n arrivent pas hi faite une diose dangereuse, ils font au moins une chose inutite. la théoiie veut que l'on fesse précisément le contraire, c'est-à-dire que Ton mette en communication avec le

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paratonnerre tous les bons conducteurs d*une grande étendue qull doit protéger. Avec ces précautions, Texpérience a démontré qu'une tige de 9 à 10 mètres protège tout ce qui est autour d'elle dans un cercle de 20 mètres de rayon ; ainsi, le cercle protégé a un rayon à peu près double de la longueur de la tige.

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