‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie. [With] Planches (volume 2)Chapitre 211 sur 240 · CHAP. V. — AURORES BORÉALES · texte numérisé non relu

CHAP. V. — AURORES BORÉALES

ainsi à son point de dtfpait, sans que Ton puisse dire si ce sont les rayons qui éprouvent alors un mouvement de translation 4 peu près horizontal, ou si cette lueur plus yvfe se transporte d'un rayon à Tautre de proche en proche, sans que ceux-ci éprouvent de déplacement,

« L arc ofifre aussi un mouvement alt^natif dans le sens horizontal, figurant les ondulations ou les plis d'un ruban ou d'un drapeau agité par le vent, comme on le voit dans la figure 12. Pai*fois uu de ses pieds, et même tous deux, abandonnent Thorizon ; alors les plis deviennent plus nombreux, mieux prononcés ; Tare n'eât plus qu'une longue bande de rayons qui se contourne, se sépare en plusieurs parties, formant des courbes gracieuses, qid se referment presque sur .elles-mêmes, et offrent, n'importe dans quelle partie de la voûte céleste, ce que Ton a probablement nonmié jusqu'ici des couronnes boréales. Alors l'éclat des rayons varie subiteipent d'intensité, dépasse celui des étoiles de première grandeur ; ces rayons dardent avec rapidité, les courbes se forment et se déroulent comme les plis et replis d'un serpent; puis les rayons se colorent ; la base est rouge, le milieu vert, le reste conserve sa teinte lumineuse jaune clair. Ces couleurs ont toujours, sans exception, conservé ces positions respectives ; elles sont d'une admirable transparence : le rouge approche de la teinte sang clair, le vert de celle d'une émeraude pâle. L'édat diminue, les couleurs disparaissent, tout s'éteint subitement ou s^affaibUt peu à peu. Des fragments d'arc reparaissent : l'arc se reforme lui-même, continue son mouvement a^scensionnel et approche du zénith : les rayons, par l'effet de la perspective, deviennent de plus en plus courts; on peut juger de l'épaisseur de l'arc .qui offre, parfois alors, une large zone de rayons parais lèles; puis le sommet de l'arc atteint le zénith magnétique, point désigné par la pointe sud de l'aiguille d'inclinaison. Alors les rayons sont vus par leurs pieds : s'ils se colorent en ce moment, ils montrent une large bande rouge à travers laquelle on distingue les nuances vertes qui l^ur sont supérieures; et, s'ils subissent ce mouvement de translation horizontale dont nous avons parlé plus haut, les pieds forment une longue zone sinueuse et ondulante, tandis que, dans tous ces changements continuels, les rayons n'éprouvent jamais d'oscillation dans le sens de leur axe, et conservent toujours leur parallélisme.

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« Penckot rintenraUe de tanps qw Tient d^étre déâit, de nouveaux arcs se sont présentés à l'horizon, couHnaiça&t d'ne nanière diffuse, ou aTec les rayons tout formés et très-TÎfs. Os se succèdent en passant à peu près par les mêmes phases, et se maintiennent à distance les uns des autres; on en a compté ainsi jusqu'à neuf, appuyés sur les terres, et rappelant, par leur disposition, ces toiles cintrées qui vont d*une coulisse à Vautre et figurent le ciel de nos scènes théâtrales. Parfois les intervalles diminuent; plusieurs de ces arcs se serrent Tun contre Fautre : c^est une large zone de rayons parallèles qui traversent le dd et ▼ont disparaître vers le sud, s'aflàihbssant rapidement après leur passage au zénith. Mais paifeis aussi, lorsque cette zone occi^ le haut du ciel, s'étendant de Test k Touest, la masse des rajoas qui ont déjà dépassé le zénith magnétique parait tout & coop ▼enir du sud, et forme ayec ceux du nord la Téritable coannme boréale, dont tous les rayons conTergent vers le zénith. Ainsi, cette apparence de couronne ne Tient, sans doute, que d'an simple effet de per^>ectiTe , et robserrâtear placé dans cet instant à une certaine distance au nord ou au sud, n'aperoefiait qu'un arc.

« La zone totale du rayon étant mcmis épaisse dans le sens nord et sud que dans le sens est et ouest, puisqu'elle s'appoe soorent sur les terres, la couronne a une forme dhptique. Tbis cela n'a pas toujours lieu : on Ta tu circulaire, les rayons inégaux ne s'étendant pas à plus de 8* à 12* dn zénith, tandis que d'autres fins ils Tont jusqu'à l'horizon.

« Si l'on pense qu*alors tous ces raymis dardent arec tîvidté, Tariant continuellement et subitement dans leur loDgaeiir et dans leur édat , que de beUes teintes rouges et Tcnss les colorent par interralles, que les mouTements ondulatcnres oot fien, que les courants lumineux se succèdent, et enfin que la ToAte céleste tout entière offine une immense et magnifique coupole étinoelante , dominant un sol courert de neige qui, hàr^nèat^ sert de cadre âdomssant à une met calme et noire cooime na lac d'asphake, on n'aura encore qu^une idée tres^inçarfate de Tadmirable spectacle tpii s'offire à l'obserrateor et qu'il fimt i«- Bonoer à décrire»

« Lacowonnene dure que qudques mÎBirtes; die aekïïmt quelquefob instantanément, sans aucim arc préaUiie. Il y ^ *

CHàP. T. — AUROftES BORÉALES. 795

rarement plus de deux dans la même nuit, et bien des anrœ-es n'en ont montré aucune trace.

K La ooorcmne s'affaiblit, tout le i^nomène est au sud du xénith, fonnant des arcs {dus pâles et qui disparaissent généralement avant d'avoir atteint ThcMizon sud. Le plus ordinairement, tout ceci a Eeu dans la première moitié de la nuit, après quoi Taurore parait avoir perdu de son intensité; des faisceaux de rayons, des bandes, des fragments d'arcs paraissent et disparaissent par intervalles ; puis les rayons deviennent de plus en phis difius, ce scmt des lueurs vagues et faibles qui finissent par ciocuper toat le del groiqpées comme de petits cumulus, et daignées sous le nom de plaques aurorales. Leur lumière lactée éprouve souvent des changements très-vifs dans son intensité, semblables à des mouvements de dilatation et de contraction, qui se prc^agent du centre à la circonférence, et réciproquement, rappelant ceux de ces animaux marins nommés méduses, La lueur crépusculaire arrive peu à peu, et le phénomène faiblissant graduellement cesse d'être visible.

« D'autres fois, les rayons paraissent encore avec le commencement du jour, même lorsqu'on peut lire sans difficulté le texte d'un imprimé; puis ils disparaissent tout à coup : ou bien, à mesure que le crépuscule augmente, ils deviennent vagues, prennent une couleur blanchâtre, et finissent par se confondre avec les cirrho-stratus, de telle sorte qu'il devient impossible de les distinguer de cette espèce de nuage. »

Telle est l'apparence A,e l'aurore boréale quand elle se montre dans sa plus grande magnificence : mais, soit que l'état du ciel ou les circonstances atmosphériques ne soient pas toujours favorables, soit que les conditions elles-mêmes qui déterminent le phénomène ne soient pas toujours satisfaites en même temps, il arrive très-rarement que l'on puisse observer une aurore boréale complète, même dans les régions septentrionales. Tantôt la couronne ne se forme que d'une manière vague et incertaine; tantôt l'arc est incomplet ou multiple dans quelques points; tantôt enfin l'on aperçoit des nuages qui interceptent la lumière, qui se colorent sur leurs bords ou dans leur épaisseur, et qui altèrent, par mille accidents plus ou moins remarquables, la forme régulière de l'aurore boréale. Alors, on distingue encore vers le nord une lumière extraordinaire, mais le phénomène est

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confiis et mal défini. On conçoit qu'il puisse offirir mille apparences plus ou moins étonnantes.

Nous n'avons parlé que de Taurore boréale de Hiémispbère boréal; mais Von a observé un phénomène tout à £ut semblable dans Thémisphère austral, et il n'y a aucun doute que vers le pôle sud de la terre il ne se produise aussi des aurores boréales, ou, si Ton veut, des aurores australes. Cependant, les aurores du pôle austral ont été seulement aperçues par les navigateurs, elles n'ont pas été observées, mesurées et décrites comme les aurores boréales, et c'est par induction que Ton admet qu'elles doivent avoir les mêmes rapports avec le magnétisme terrestre.

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