‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie. [With] Planches (volume 2)Chapitre 217 sur 240 · CHAP. IL — CRISTALLISATIONS · texte numérisé non relu

CHAP. IL — CRISTALLISATIONS

sesûHent les jem de lumière les plus runes et les plus intéressants, par exemple, les iodures de mercure et de plomb, le suocînate de cuivre et d'ammoaîaque, l'oxalate de duome et de potasse, etc., etc.

S 4. Tissus végétaux.

Les direrses parties des plantes sont essentiellement formées d'un amas de cellules ou d'utricules à parob membraneuses distinctes (FiG. 13); ces parois prennent de l'épaisseur tantôt par le dépôt de couches concentriques uniformes (Fig. 11), tantôt par un dépôt local (Fig. 9, 10). Certaines cellules ont aussi à Tintérieur un noyau (nucleus^ c/toblaste) qui, pendant l'accroissement du végétal, subit des transformations très-variables.

Les plus grands végétaux ne présentent à Tœil qu'un petit nombre de parties distinctes, comme les radicelles, les radnes, le bois, l'écorce, les feuilles, les fleurs, les fruits; il a fallu le secours du microscope pour faire l'anatomie de ces diverses parties qui nous firappent d'abord, parce que leurs éléments constitutifs n'ont que des dimensions excessivement pedtes et aus^ parce que la série des transformations par lesquelles elles se développent progressivement s'accomplit dans des organes qu'il ne nous a pas été donné de saisir à la vue simple.

Ainsi les cellules microscopiques du tissu cellulaire sont en quelque sorte le foyer où s'élaborent les principales modifications que doit recevoir la plante pendant son accroissement. Ces cellules (Fig. 13) d'abord égales et uniformes s'allongent et s'épaississent à l'intérieur poinr former la fibre ligneuse, comme on le voit (Fig. 11) dans la coupe transversale du bois; elles s'allongent d'tme autre manière par la destruction des cloisons intermédiaires pour former le tissu vasculaire ; leurs parois se garnissent tantôt de fibres tournées en hélice pour former les trachées (Fig. 9), tantôt de points ou de stries pour produire les fausses trachées (Fig. 10), les vaisseaux ponctués, rayés, etc.

C'est aussi dans Fintérieur des cellules que se formenjt d'abord les grains de chlorophylle, de matières colorantes, de résine , les gouttelettes d'huile, etc., et surtout les grains de fécule dont il importe de dire ici quelques mots.

La fécule (Fig. 12) présente de nombreuses variétés de forme et de grandeur, suivant l'âge des cellules >et des grains, et suî-

Tant la nature de la plante qui l'a produite. Les grains de (ëcole du blé et du maïs sont en général arrondis et d'un petit diamètte qui dépasse rarement -^ de millimètre ; il y a plus de variété dans les grains de fécule de pomme de terre, qui ont ordinairement la forme représentée (Fig. 12) et dont quelquesuns presque triples des autres atteignent quelquefois, mais rarement, Y73 de millimètre dans leur plus grande dimension.

S 5. Epiphytes.

Les moisissures, si connues de tout le monde, qui se développent sur les substances végétales ou animales ne sont que des espèces particulières dVpiphytes, On doit à Dutrochet cette observation importante que T albumine ne peut pas éprouver la fermentation acide sans qu^il se développe en même temps une moisissure plus ou moins abondante.

On ne peut pas affirmer que toute fermentation, que toute altération des tissus végétaux ou animaux est accompagnée d'ua développement d'épiphy tes ; mais les observations modernes ont fait connaître que ce phénomène se produit dans un grand nombre de cas ; c'est ce que nous allons montrer par quelquesuns des exemples les plus frappants.

Levure de bière, mère da irlnalgre* — La levure de bière n'est autre chose qu'un cryptogame (Fig. 16) qui se développe avec une étonnante rapidité pendant la fermentation alcoolique du liquide destiné à faire la bière, et qui devient apte, à son tour, à déterminer la fermentation dans la plupart des substances fermentescibles. Ce cryptogame se compose de cellules ovales dont la multiplication se fait par des bourgeons qui poussent sur les cotés.

La mère du vinaigre, qui est un produit de la fermentation acétique, est tout à fait analogue au ferment de la bière, elle détermine pareillement une prompte fermentation acétique dans le vin qui est mis en contact avec elle à une température convenable.

Maladie des pommes de terre. — Dans les pommes de terre malades, les feuilles, les tigeSj et plus tard le tubercule luimême (Fig. 14), se couvrent d'un cryptogame {botr/tis infestant ^ Montagne); alors, les cellules qui contiennent la fécule

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sont firappëes d'une espèce de gangrène; quand on lés observe au microscope on y remarque (Fig. 13y b) une très^fine pous* sière noirâtre ; les grains de fécule diminuent de nombre et finissent par disparaître.

■mladle de la vi^iie. — Dans les vignes malades, les feuiUes, les ceps, et surtout les grains se couvrent d*un cryptogame analogue, oidium tuckeri (Fig. 15); la peau qui enveloppe le grain cesse de vivre et de se développer^ tandis que le pépin, continuant à grossir, fait bientôt éclater son enveloppe, les liquides disparaissent, la grappe entière noircit, se raccornit et se réduit presque à rien.

llasemrfibie , tel|^e. — ^Dans Ja maladie des vers à soie, connue sous le nom de muscardine, on remarque, comme incrusté dans le tissu même de la peau du ver, un champignon bien caractérisé {botrjrtis bursiana^ b). Dans la plique polonaise on trouve un mycoderme; dans la teigne le porrigo façosa {Fig. 17); les plaques d'aspect pseudo-membraneux du muguet ne présentent que des éléments appartenant à un champignon et quelques lamelles épithéliales.

Les végétaux parasites se composent de filaments simples ou ramifiés, droits ou sinueux, renfermant souvent des cellules grandes ou petites. Tous se multiplient en proportion énorme par des spores en forme de petits grains transparents et arrondis (Fig. 14, c), dont les bords sont nets et bien marqués ; leur plus grande dimension n'atteint presque jamais ^ de millimètre. Ces spores ce développent dans des tubes (Fig. 15, 146); comme ils résistent aux influences extérieures , souvent même à une température supérieure à 100^, et à Faction des acides les plus éner- ^ques, ils peuvent être longtemps charriés par les gaz et les liquides, jusqu'à ce qu'ib trouvent un sol convenable à leur vé^ gétation.

S 6. Tnfusoires^

Sous le nom d'infusoires on comprend une immense quantité d'animalcules ou de petits animaux invisibles à Tœil nu , dont les classifications ne sont ni moins nombreuses, ni moins variées que celles du monde visible ; quant aux individus qui composent chaque genre ou chaque espèce, on peut dire qu'ils sont innombrables; car ils semblent être multipliés en raison inverse de leurs

dimen&ions. Les premières obs^nratkMis sur ee point leaaoïitmt à peu près à la découverte du microscc^ : on s* aperçut bientôt que les infusions de certaines plantes contenaient des aninmlcules infiniment petits , de formes très-différentes, ayant la force et l'agilité des poissons , de là le nom général soqs lequel on désigne encore aujourd'hui cette multitude infinie d'êtres nrants et imperceptibles qui peuf^nt les eaux tranquilles de toutes les mares, de tous les lacs et de toutes les mers.

Nous citerons seulement, comme exemple, les monades (FiG. 19, a)\ les vibrions (Fie. 19, b)\ les colpodes ÇFic. 19, f] et les vorticelles.

Un bocal ouvert et exposé à la lumière rempli d'une eau stagnante, avec quelques végétations locales, ne tardera pas à domcr une muldtude d'exemples de l'abondance et de la variété de ces êtres microscopiques. Une seule goutte de ce Hquide, étalée sur une lame de verre et placée sur le porte-objet , fera voir en on instant Tagilité des monades, les rajndes contractions des vibrions, des colpodes, des vorticelles, etc., etc. ; c est uneoiponsation merveilleuse où Ton s'étonne déplus en jdus de voir tant de force unie à tant de firagilité. Tous ces mouvements s'accomplissent par des mécanismes admirables qui di£Cèrent à tous égards de ce que nous voyons dans les reptiles et les poissons.

Les rotiferes (Fig. 18) se distinguent doublement parmi ces êtres extraordinaires ; ils semblent porter en avant deox roaes dentées qui se meuvent avec une prodi^iéiHe vitesse, exciiut dans le liquide un tourbillon auqnd ne résistent paslesmoiMulet qui viennent ^ passer dans le vmsinage. Cette apparence de roues ou d'bâices^ qui seraient mobiles sur un axe, ne peut |MS être une réalité, elle est produite ^en effet par des cils fixés à deux lobes antérieurs et que le rotifère anime d'un mouvemwit «h nique excessivement rapide; de plus c'est un appareil qu'il replie au besoin ; alors il se retire sur lui-même, quitte sa forme de fuseau allongé et prend celle d'im ^obule atrondL C'est là sa première propriété distinctive. La seconde est peuK-étreesooit plus étonnante; le rotifère mis à sec ressendole à un grain de poussière microscqpiqoe; il peut cester ainsi pendant fort ]oo%' ten^; nciais plongé de nouveau dans le liquide, il reprend toute sa foice et toute son acticm mécanique. De très-haÛles obaer»

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yateurs afiSnuent ^'ils lui ont £ût subir plusieurs fois et à de longs intervalles^ ces aUematÎTes de mort sans destruction et de Tie nouveUe.

On assure ijue les anguillules (Fig. 19 , fif) et les tardigrades partagent avec lui cette pirc^riété singulière.

Une belle découverte d*un très-baut degré d'intérêt , que Ton doit à M. Ebrenberg, a fait connaître qu'une foule d'infusoireSy malgré leur organisation en apparence si (réle et si destructible^ ont pu passer à l'état fossile et se conserver d'une manière reconnaissable dans plusieurs couches géologiques d'époques et de formations différentes. Après tant de siècles, tant de catastrophes et de bouleversements qui ont broyé les mastodontes et toutes les organisations gigantesques de ces temps primiti&y on ne pouvait guère s'attendre à retrouver dans ces petits squelettes imperceptibles des infusoires, d'innombrables et très-fidèles témoins de ces grandes révolutions du globe. Gr4oe à œtte découverte la science des êtres (»ganisés et la ccmnaissance des origines «géologiques entrent en possession d'un élément nouveau qui pourra lever bien des doutes et substituer la Write à bien des hypothèses.

Ce sont surtout les mHnbreuses e^ces d^infiisoires à cara* pace siliceuse ou calcaire qui se sontmerveilleusement conservées et qui abondent dans certaines formations, par exemple dai» les schistes à polir et dans la craie; la figure 20 représente le gaillo^ nella distans ^ qui constitue la presque totalité de la masse du tripoU de Bilin, en Bohème ; la figure 22 représente les navicules qui se trouvent dans la farine Ibssile de Franzensbad.

Quelques espèces cependant, quoique très-bien caractérisées, sont phis diflBdles à dasaer; on ne saittrc^ si elles appartiennent au règne végétal ou au règne animal; telles sont les bacdlariées €tt diatomées (Fig. 21).

S 7. Parasites.

Parmi les parasites nous citerons seulement la mite du firomage et Tacarus de la gale.

La mite du firomage est Tun des objets microscopiques les plus connus et les plus fiàciles à observer; ses dimensions sont assez. grandes pour que l'on puisse l'apercevoir à la vue single; mai^

le microscope est nécessaire poin^ étudier sa stnicttrre orgamqae, ses mouTements et la force singulière dont elle est douée.

L'acarus de la gale est représenté (Fig. 23), d'après les des* sins de M. Bourguignon, qui a fait les observations les plus intéressantes sur ce sujet. Cet animalcule se fixe sur la peau de ITiomme à l'aide de ventouses situées à l'extrémité de ses pattes ; il y creuse un sillon oblique et prolongé pour déposer des œufs qui se développent ensuite très-rapidement; de là le progrès quel- (juefois prodigieux de la maladie dont il est la cause.

5 8. Liquides et tissus organiques.

Saag* — La circulation du sang est Tune des phis belles observations microscopiques et des jJus instructives; elle se montre sans doute d^une manière beaucoup plus frappante avec le microscope solaire ; mais, en dioisissant bien les grossissements et le mode d'éclairage, on peut Tétudier plus soigneusement peutêtre avec le microscope ordinaire, soit dans fat langue , 4a patte ou le poumon de la grenouille, soit dans la queue du têtard, dans le poumon de la salamandre ou dans l'aile de la diauve-» souris. Cette expérience est représentée dans la figure 24 où Ton a choisi les dernières ramifications àetà artères et des veines.

. Si le sang était un liquide homogène , Texpérience précédente ne pourrait, en aucune &çcm, en montrer le mouvement; le sérum pur semblerait inmiobile malgré la vitesse : mais les globule» nombreux qu*il entraîne, accusent. son passage et marquent sa direction. Il est facile de reconnaisse que les globules, partie intégrante du sang , ne sont pas tous identiquement sanblables ; il y en a de plus gros et de plus petits , de plus colorés et de plus transparents; c'est surtout près des anses ou des étranglements qu'offrent parfois les capillaires où ils se meuvent, que l'on peut apprécier ces différences : là ils se pressent, ils se heurtent, iîs s'arrêtent un instant, et il devient possible de les comparer les uns aux autres.

* Cette comparaison cependant peut se faire d'une manièrf plus méthodique : il suffit pour cela de mettre sur le porte-objet une goutte de sang entre deux lames de verre. Alors, avec un grossissement de 200 ou 300 diamètres, on distingue les glol^ules avec une telle netteté qu'il est facile d'en étudier la forme

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