‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie. [With] PlanchesChapitre 114 sur 232 · HAP. I. -- FLUIDE MAGNÉTIQUE · texte numérisé non relu

HAP. I. -- FLUIDE MAGNÉTIQUE

C*est par ces raisons, et par d'autres encore, résultant de TenseBible des phénomènes , que Ton est conduit à regarder le mapétisme <x>mme un fluide d'une espèce particulière, répandu dans la masse pesante de Toxyde de fer qui constitue l'aimant. Et, puisque nous avons reconnu qu'il y a deux forces magnétifstes opposées, nous devons conclure aussi qu'il y a deux fluides contraires , l'un qui prédomine dans l'un des pôles , et l'autre |in prédomine dans Tautre pôle. Dans tous les aimants, les pôles de même nom auront le même fluide prédominant , et , conmie 38 se repoussent, nous en conclurons que chaque fluide se re^ pousse lui'-même : les pôles de noms contraires auront des fluides diilërents, et, conune ils s'attirent, nous en conclurons que l'un des fluides attire l'autre. Ainsi , nous sommes conduits à ce résultat définitif, qu'il existe deux fluides magnétiques, dont cliacnn se repousse et attire l'autre.

Ces fliddes doivent pareillement exister dans le fer , car , s'ils sont distincts de la matière pondérable , on peut présumer que l'action qui s'exerce sur le fer ne s'eierce pas sur les molécules matérielles du fer , mais bien sur les fluides magnétiques contenus dms les intervalles de ces molécules. Nous avons llonc quelque raison de chercher le fluide magnétique dans le fer, et de tenter les expériences qui peuvent nous faire découvrir son mode d'existence.

177. So«s l'iMHaernee de l'aimant , le fer devient lul-mèine wm aiauint» — Pour démontrer cette propriété du fer, on peut iisposer l'expérience conmie elle est indiquée dans la figure 8 : Test un cylindre de fer soutenu par un aimant ab ; à son extré- ■ité inférieure , on présente de la limaille , qui s'y attache en bnne de houppe, et qui reste suspendue aussi longtemps que le xdt cylindre est lui-même suspendu à l'aimant ; mais , si on .*en détache, à l'instant toute la Umaille tombe, et l'on n'observe plus aucune force attractive. Ce n'est pas la force de l'aimant im agit à distance sur la limaille et la maintient suspendue , car R le petit cyUndre n'était pas de fer , le phénomène ne se pro- Aobait pas ; et l'on peut encore bien mieux s'en convaincre , en dhiervant : 1** que les filets de Uniaille diminuent de longueur, à partir de Textrémité du petit cylindre ; 2® qu'il y a un point ^w$ fat partie supérieure où ils ne peuvent plus s' attacher, ce qui forme la ligne moyenne; 3® qu'au-dessus de ce point ils

s'attachent de nouveau, en se dirigeant en sens contraire. Ainsi, \c petit cylindre est bien yéritablement un aimant, puisqu'il attire la limaille, et qu'il a une ligne moyenne et deux pôles: seulement, sa ligne moyenne n'est pas au mUieu.

Au lieu d*ofÂrir de la limaille au c^Hndre suspendu, on lui donne un auti-e cylindre pareil, et il le peut porter (Fig. 9); à celui-ci on en donne un troisième qu^il porte pareillement; à oelui-ci un quatrième , et Ton forme ainsi une sorte de chiiine magnétique dont l'aimant est comme le principe et le premier anneau ; si bien que le premier anneau manquant, toute la chaîne tombe et se brise, les autres anneaux n'ayant plus d'action pour se lier Y un à Tàutre.

On peut démontrer la même chose en mettant le petit cylindre de fer dans le prolongement du barreau, sur une feuille de ppicr blanc (Fig. 4). La limaille que Ton projette sur son contour s^y arrange régulièrement , et laisse voir en mm' une ligne moyenne qui sépare les deux actions contraires dont le cylindre de fer est maintenant animé , et , dès l'instant que Ton retire le barreau , la liinaille n'a plus aucune tendance ni à s'arranger ni à conserver son arrangement primitif ; ce qui prouve assez que le fer perd ses jïropriétés dès qu'il n'est plus sous l'influence de Taimant. En modifiant cette expérience, on peut prouver que ce n'est pas seulement au contact que le fer reçoit de l'aimant la propriété magnétique, mais qu'il la reçoit à distance, comme on le voit dans la figure ô.

Ainsi le fer contient, comme l'aimant, les deux fluides magnétiques; mais, dans son état naturel, il les contient combinés^ c'est-à-dirc neutralisés l'un par l'autre. C'est pourquoi le fer n'agit pas magnétiquement sur le fer , car ce qui est attiré par l'un des fluides est repoussé par l'autre avec une force ^ale, et , l'action définitive est nulle. Au contraire, quand il est soumis i . l'action de l'aimant, ses deux fluides sont décomposés : l'un e9t , attiré, l'autre repoussé ; luie séparation s'opère entre eux : le premier afflue du coté de l'aimant ; l'autre afflue à l'extrémité op* posée de la masse de fer, et là il devient prédominant au poiit d'attirer la limaiUe qu'on lui présente. Aimanter, c'est donc séparer les deux fluides magnétiques; et désaimanter,. c'est k» réunir ou les recomposer. L'expérience suivante connue saus k nom àepartuloxe magnétique est très^propre à montrer ce dooUe

GHAP. l. — AIMANTATION DU FER. 39i

effet : un aimant horizontal ab (Fig. 10) porte vers son extrémité une masse de fer /"qui est à peu près la limite de ce qu'il peut porter ; au-dessus de ai, on présente un second aimant a! V de même force, mais dont les pôles sont tournés en sens contraire; cm rapproche graduellement du premier, et bientôt le fer /*se détache et tombe. Ainsi les deux aimants pris ensemble ne peufent pas porter ce que chacun d'eux porterait aisément, et l'on en conçoit la raison. Le second aimant détruit Feffetdu premier en décomposant en sens inverse les fluides de la masse de fer f^ tellement que, si ces deux aimants, ain» retournés, étaient incorporés Fun dans l'autre, ils se désaimanteraient mutuellement, et le fer /"conserverait son état naturel.

Cependant le phénomène de décomposition des fluides magnétiques pouvant se produire de plusieurs manières, nous devons chercher à reconnaître si ces fluides éprouvent réellement, dans la substance du fer, un mouvements de translation par lequel ils passent d'une extrémité à l'autre de sa masse , ou s'ils n'éprouvent qu'un déplacement moléculaire.

178. Le livide maf^étlqne ne pas«« pas de l'alBiaat aa fer» li Béate d*une moléeale de fer A la moléeale voisine* — Avec vn aimant, on peut aimanter dès morceaux de 'fer aussi longtemps et aussi souvent que l'on veut , sans qu'il perde rien de s» propriété attractive ; donc , par Tîette opération , l'aimant ne perd pas son fluide pour le donner au fer, puisqu'à la longue 3 finirait par s'épuiser. De plus , on peut remarquer qu'un moroean de fer qui devient aimant pendant tout le temps qu'il touche un véritable aimant , ne conserve , quand on l'en sépare, mcune trace de ses propriétés magnétiques : donc il ne lui a rien pris, puisqu'il n'a rien gardé. Enfin, et cette observation st encore plus décisive , le cylindre de fer qui touche l'aimant lyant une ligne moyenne et deux pôles, c'est une preuve qu'il [NMiède les deux fluides, et sans doute il n'en pourrait recevoir |lt'un seul de l'aimant^ si c'était l'aimant qui le lui donnât. Ainsi, b flmde magnétique n'est pas transmissible , c'est-à-dire qu'il D» passe pas d*un corps à un autre.

On pourrait penser que du moins il est dans le corps comme tels un vase fermé de toutes parts, et que, s'il ne peut se transnwttre au dehors , il peut se déplacer au dedans , et se porter taitSt dan» un point , tantôt dans l'autre, et s'y aecumuler

3»f LIVRE m. — UAGNËTISNE.^T ËLECTIIIGITË.

WLTant les forces qui )e sollicitent. Cependant nous allons voir qu'O n'en est pu ainû , car , si l'on met un Gl de fer en contact arec. un aimant, et que l'on en coupe l'extrémité pendant i|ue le» flindes Mmt décomposés, l'un : paraissant en haut et l'autre en bas , on ne retrouve pas la moindre trace de magnétisme dans la [wtie que l'on détache. Les apparences sont donc trompeuses j et il faut bien se garder de croire que le fluide magnétique poim se décomposer comme le fluide électrique , et qu'il puisse TOjager d'un bout à l'autre du fil qui le contient. Ce résultat semble un paradoxe inexplicable; mais, avec un peu d'attention, l'on peut concevoir, comme nous le démontrerons, que la décomposition magnétique a lieu dans chaque molécule séparément, que c'est dans cette petite étendue que le fluide peut se modroir, de telle sorte qu'il faudrait couper en deux une molécule elle-même pour pouvoir parvenir à isoler l'un de l'autre les deux fluides magnétiques. Voilà le principe -des considérations par lesquelles nous pourrons expliquer le phénomène dont il s'figit , ûnsi que le phénomène des aimants que l'on brise, et dont chaque moitié devient à l'instant un aimant ender,

178. L'Bfller pmb< tovles les praprlAtës ■aKgatftlfBM 4m al— ■«». — Ia limaille d'acier n'est guère moins attirable que la ImwilU de £er; elle s'attache aux aimants, et forpie aussi de petits filets où de petites houppes d'une longueur très-sensible. Les ffls. d'acier qui n'ont d'épaisseur que quelques fractions de millimètre sont encore assez comparables aux Gis de fer de

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