HAP. I. — AIHANTATION DE L'ACIER
ment de quelques précautions pour la rendre apparente autant qu'elle doit Têtre. En effet, que Ton mette l'acier en conUict avec Faimant , et que Ton maintienne ce contact pendant un quart d'heure ou une demi-heure , on observe alors un phénomène remarquable. Ce corps, qui semblait au premier instant si insensible au magnétisme , devient magnétique avec le temps ; il prend de la force de plus en plus , et à la fm il est attiré aussi puissamment que le fer. On peut même , par un auti'e moyen, suppléer au temps qui paraît nécessaire pour développer sa force ; ce moyen consiste à exercer plusieurs touches , c'est-à-dire plusieurs frictions dans le même sens sur toute la longueur du morceau d'acier, soit en le faisant passer sur Taimant , soit en faisant passer Taimant sur lui (Fie. 26). Par exemple, en traitant de la sorte les petits cylindres dont nous parlions tout à Theure, et sur lesquels Faimant n'avait pas de prise , on les voit , après quelques frictions, s'attacher à sa surface, s'attacher l'un à l'autre , et former enfin une chaîne magnétique qui se prolonge comme celle des cylindres de fer. Le premier caractère de l'acier trempé est donc d'exiger , pour devenir magnétique , ou un contact prolongé avec un aimant , ou des frictions répétées. Un second caractère , très-digne de remarque , c'est qu'après ces opérations il conserve /7our toujours le- magnétisme qu'il a pris. Pour preuve de cette vérité , il suffit de rouler dans la limaille l'acier qui a été touché par un aimant : on y reconnaît alors une ligne moyenne et deux pôles , et en un mot , toutes les propriétés qui distinguent les aimants. Qu'on l'essaye encore après un jour ou un mois , ou même après des années , on verra qu'il n'a rien perdu de sa force ; enfin , que l'on mette en présence, pom: les faire agir l'un sur Fauti*e , les pôles de même nom de ces aimants artificiel» j ou leurs pôles de noms contraires, on verra que les premiers se repoussent , et que les autres s^attirent exactement comme le font les pôles des aimants naturels.
Du premier caractère que présente l'acier , c'est-à-dire de la lenteur avec laquelle il cède à Faction des aimants , on conclut cpi'il y a dans sa substance une force , ou plutôt une sorte de résistance qui s'oppose à la séparation immédiate de ses fluides magnétiques, et cette force, on l'appelle force coercitive. Du second caractère qu'il présente, c'est-à-dire de la faculté avec laquelle il conserve le magnétisme qu'il a pu recevoir , on cou-
3M iras m. — MAGnÊTISIIE ST fiLECTRKITfi.
dnt qa^ j a nusi dam sa substance une force ou une malanoe qni s'i^ipose à la rénnion des deux fluides séparés ; car lea ioîdar CDatraires s'attirent et tendent sans cesse à se recompMer ou t se neutraliser , et , s'il rCj avait pas une force qni s'y oppbaftt , les deux fluides se recomposeraient en effet , et Taciep ictonberait à l'état naturel dès qu'il serait séparé de l'umant qni exerce sur lui son action décomposante. Cette résiataocse à la recomposition des fluides s'appelle encore fmre ctmvUiii», comne la résistance à leur séparation. On n'est pas sfir toutefois que la force coercilive qui s'oppose à la séparation des flmdéa soit identique avec la force coertntiTè qm s'oppose à leur rénnion.
L'acier est pent-^tre de tous les corps de la nature relui qui peut passer par les arrangements moléculaires les plus Tari» , sens- qu'il y ait des différences sensibles dans sa composition cliimique. Pardiffërents degrés de trempe ou de recuit, on peut en effisl dooear au même- morceau d'ader les propriétés les ^m différentes , les plus opposées ; on peut en feîre des ressorts parfeitemenc élaicîqoes , des tiges malléables comme du 1er, des Bmcs , des hinÎTis , on d'aiitrps instnimpntB q\iî sont fragilw comme du verre ; atix différents états rorrespondent des fmrM i ooercitives différentes, et la trempe la plnsroide, c'cst-à-difP , celle qui rend l'adpr dur et cessant, est en général celle quihi donue la force coercitiTi' la plus grande.
Le fer prend iui-même un peu de force coercitive lonqu'il est battn, tordu ou écroui : mais, pour le distinewer, »oW
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il ne suffit plu» de la passer sur l'aimant pour lui donner tout le magnétisnie qu'die peut recevoir ; il faut recourir alors à des procédés pardcuHen que nous ferons connaître en détail dans le chapitre de V Aimantation.
Une aiguille de grande dimension s^appelle un barreau aimanté , ou simplement un barreau.
La réunicm de pluâeurs aiguilles ou de plusieurs lames aimantées ayant toutes les pôles de même nom tournés dans le même sens, forme un faisceau aimanté ou un faisceau magnétique (Fi6. 22, 27, 2g).
180. Bes 4iTerse« sabstaMees Biaipiétlqaes et dé lem forée Merrltfve. — ^"Puisque les fluides magnétiques ne sont pas tran»» missibles , puisqu'ils restpnt en quelque sorte inhérents aux molécules pondérables des corps dans lesquels ils se trouvent, il en résulte évidenunent que les corps simples magnétiqyes doivent conserver leurs propriétés d'une manière plus au moins apparente au milieu des diverses combinaisons dont ils peuvent faire partie. Ainsi, Ton peut s'attendre à retrouver dans toutes les substances ferrugineuses des traces de magnétisme d*autant plus sensibles que le fer j entrera en plus grande proportion ; c'est en eflfet ce qui arrive : cependant le peroxyde de fer, le persoUure de fer, et d'autres composés dans lesquels la proportion de fer est petite, ne sont plus magnétiques à la manière du fer, de Vacier et de Taimant , sans qu'il soit possible , quant à présent, d^assigner la cause précise de ce phénomène. Le nickel, le cobalt , le chrome et le manganèse sont les seuls corps simples qui jouissent, avec le fer, de la propriété d'être magnétiques, et cette propriété se trouve de même complètement 'dissimulée dans la plupart des composés chimiques dont ils font partie. Cependant, par des moyens que nous indiquerons dans VElec^ trth'magnétisme, on parvient à constater des effets magnétiques dans des coips simples ou composés qui avaient , jusqu'à présent, para insensibles à ce genre de forces; mais, pour cela, il faut des aimants d'une très-grande puissance.
181. Moyen de reconnaître si nne snbstanee est simplement mni^étiqne on si elle est nimmutée. — Un corps aimanté a nécessairement des pôles différents , car nous avons déjà dit qu'il est impossible d'isoler l'un des pôles d'un aimant , et par conséquent d'isoler l'un des fluides; les pôles de noms con-
troircfl ayant une ac^on contraire sur le même pâle d'une aiguille aimantée, il sufHra donc de présenter tous les points d'un corps au même pôle d'une aiguille pour reconnaître son état : à l'action est toujours nulle , le corps n'a point de magnétiame lenùble; si elle est toujours attractÏTe, le corps est sim^tement magnétique ; si elle est attractive pour quelque point et répnlaiTe pour d'autres, le corps est aimanté, il y a deux pâles et une ligne moyenne dont on peut trouTer la trace.
n arpve ipielquefois qu'un même corps présente plus de deux, pôles ; alors on dit qu'il a des points coitséquentj. Par exemple, i'aigwille représentée dans la figure 6 offre deux points conséquents : l'un en a', l'autre en b'. Pour en reconnaître la présence, il suffit de la faire agir sur une petite aiguille d'épreuve comme celle de la figure 25. Celle-ci étant horizontale, on approche l'autre aiguille verticalement , et on la fait monter ou descendre de manière que tous ses points passent successivemeat devant k même pôle de l'aiguille mobile. S'il n'y a pas de point conséquent, on n'observe qu'une attraction et une répulàon. S'il y a un point conséquent , on observe deux alternatives : par exemple } mié attraction d'abord, puis une répulâon, pu une autre altràtlion. S'il y a deux points conséquents, on ubseiTe trois alternatives , etc. ; car, dans un aimant qui présente des points conséquents , chaque pôle touche toujours à un pôle de nom contraire , et les alternatives d'attraction et de réjiulsioD se suivent régulièi'ement.
I.t's points consefiiicni^ peuvent enrnrc t'tre rendus visil>lc«
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