CHAP. V. — LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
lumière électrique , telles que réclair, les langues de feu qui paraissent au soinmet des mâts des vaisseaux ou sur les flèches des tours élevées, et une foule d'autres météores qui étaient, pour les anciens, un sujet d'eflroi et de superstition.
228. Lvmlére éleetrlqne dans le vide, àmum les vapews et êmmm les ^s raréfiés. — Un tube de 2 mètres de longueur, dans lequel on a lait le vide , étant mis par Tune de ses extîémités en communication avec une machine ordinaire et par Taiitre en communication avec le sol , on aperçoit tout son intérieur éclairé d'une vive lumière. L'électricité, ne trouvant plus qu'une faible résistance dans l'air qui reste, se dissipe au large dans toute la capacité du tube , et s'écoule en marquant partout âon passage par des traits de feu. Quand les communications sont bien établies , la lumière paraît fixe et uniforme , inais si , à r extérieur du tube, on approche un corps conducteur, elle se porte vers lui, et en même temps elle prend plus d'éclat. Il arrive presque toujours qu'un tube qui a servi à ces expériences donne encore des espèces d'éclairs longtemps après avoir été séparé de la machine.
Pour observer les diverses apparences de la lumière électrique suirant les différents degrés de raréfaction de l'air, on emploie l'appareil qui est représenté (Pl. 16, Fie. 26), c'est un vase de verre de forme ellipsoïde que Ton appelait autrefois \ œuf philo* sophique : à l'une de ses extrémités, il porte un tube à robinet, et à l'autre une tige à bouton passant dans une boîte à cuir. Quand le vide est fait aussi parfaitement qu'il soit possible , l'ékctricité passe librement en remplissant de lumière toute la capacité du vase ;, quand on laisse rentrer un peu d'air, la lumière devient moins diffuse; elle se resserre et forme entre les deux boutons b et b' des arcs de couleur pourpre ; une quantité d'air un peu plus grande donne encore moins de diffusion à la lumière, et ainsi de suite jusqu'au moment où le fluide ne peut plus s'écouler qu'en jaillissant d'«n bouton à l'autre sous forme d'étincelles.
G>mme avec les meilleures machines nous ne pouvons faire le ▼ide qu'à 1 ou 2 millimètres, il reste encore, dans les expériences piéoédentes, une quantité d'air qui peut avoir une grande influence et sur la formation de la lumière dt sur sa coiJeur. Le ▼idc barométrique étant le plus parfait que nous puissions obteoir, il est curieux de voir si le passage de l'électricité au travers
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4es vapeurs si l'ares du mercure produirait encore des phénomènes lumineux. Dès l'an 1660, Picard avait remarqué qu'un baromètre devient lumineux lorsqu'on l'agite daiis les ténèhres^ plus tard , on a constaté que ce phénomène est dû. à Vélectiicité qui se développe par le frottement du mercure contre les parob intérieures du tube ; enfin Cavendish imagina de faire un double baromètre^ de manière que T électricité donnée à Tune des cuvettes fut obligée de traverser le vide pour aller sortir par Tautre cuvette et s'écouler dans le sol ( Fig. 28 ). Dans ce vide, plus parfait que les précédents , la matière électrique offire encore les mêmes phénomènes : elle remplit de lumière tout l'espace qu'elle traverse , et l'on reconnaît que des tenaoos même très-faibles sont suffisantes pour la faire passer du sommet de la première colonne au sommet de la seconde.
Les couleurs de la lumière électrique sont très-changeantes , et les cliangements qu'elle présente sont dépendants de la fcNrœ de l'étincelle et de la pression du gaz qu^elle traverse ; cq)endant, pour la même force et la même pression, il y a des gaz et des vapeurs qui semblent donner de préférence les teintes rougeâtres, tandis que d* autres donnent les teintes jaunes , bleues ou violacées^
229. Causes de la Ivmlère éleetrlqne* — Quelques auteurs ont pensé que le fluide électrique , en s' ouvrant de force un passage au travers des corps, les comprimait au point de ks J rendre lumin.eux ; ainsi , daprès cette hypothèse, les vapeurs de j mercure dans le vide barométrique seraient elles-mêmes comprimées et refoulées avec tant de violence qu'elles dégageruest de la chaleur et de la lumière. Il ii*y a point de faits positi& poiu- démontrer la fausseté de cette opinion, ni même soabsufH&ance.
Cependant il y a une autre supposition qui est aujourdlMi j plus généralement admise , et qui nous semble plus vraise0- | blable ; elle parait avoir été faite pour la première fois ]Mr Bifc- ■ ter, et elle a été depuis développée par nn grand nombre de -. savants , surtout par MM. Davy , OErsted et Berzélius. Elk consiste à regarder tous les atomes de la. matière pondcraU* comme les éléments entre lesquels s'accomplissent toutes h» décompositions et toutes les recompositions électriques. I^ atomes posséderaient primitivement Tun des fluides : les uns»