CHAPITRE VI
Électricité développée pjir la pression et par la chakar.
S34. Nous avons vu que deux surfaces quelcoïKjucs s'élec- Kent par le frottement, Tune prenant Iç fluide vitré et Tautre I résineux ; nous avons vu pareillement que la tension de l'éleoiâté qui se développe dans ces circonstances dépend de la iture des corps, de Tétat de leur surface, et de leur tempérane. Mais cette cause mécanique n^est pas la seule qui puisse fiooin|X)6er ou séparer les fluides : sous certaines conditions, les liangements de pression et de température peuvent aussi dévepper de T électricité.
233. Béveleppement de l*électricité par pressloa. — On pose Q ditque de métal sur un taffetas gommé.; on le relève ensuite a moyen d'un manche isolant, après Tavoir un peu pressé, et Mi trouve de T électricité résineuse sur ce disque, et de la vitrée r le taffetas. Cette expérience que Ton doit à Libes, n^offre is un caractère décisif :' Tadhérence qui s'établit entre la surce du métal et la surface viscpieuse du vernis produit un effet les analc^e au frottement. Mais Uaùy est parvenu à dévepper de l'électricité dans un grand nombre de corps à surfaces Mi et polies, et dans de telles circonstances que le phénomène t Hen certainement dû à la pression et non pas au frottement, ir exemple, un firagment de spath calcaire, à faces parallèles, pressé pendant un instant entre les doigts, acquiert une très-sensible d* électricité vitrée; il en est de même de la paie, de la chaux fluatée, du mica, de Tarragonite, du quartz, de plusieurs autres substances : toutefois l'espèce d'électricité l'cUes prennent dépend de la nature du corps qui les presse. Haùy décx>uvert en même temps une propriété très-curieuse des crism électriques par pression : c'est la faculté qu'ils ont de oonnrer leur électricité pendant plusiem^s heures, et quelquefois baae pendant plusieurs jours. La chaux carbonatée est, sous oe
M.t '14TU m. — HAGNÉTISHE ET ÊLEGTHlClTi.
Ttfiport, la Mibstance la plus remarquable : elle possède une telle fitreê eonservalrice, qu'aprèa avoir élé pressée un instant, elle donne encore, au bout de onze jours, des signes électriques nrniiit)fc| {Jnn. de Chim. et de Phys., t. V). C'est sur wtte propn^'Ç^ <P>e repose la construction de l'aiguille électrique de Ha^, Teprésentée (Pi.. 16, Fie. 36); elle ressemble à l'aiguifle (H'dinBire, avec cette seule différence, qu'à l'une des eiiréiphéa, au Uea d'un petit globule de métal, se trouve adaptée une petite lune de chaux carbonatée ce', que l'on électrise en la 9 les doigts; cet électroscope, conservant très-bioi '[bve^ est un des plus simples et des plus Gominoda pour ooAipMrer approximarivement les teoMons électriques Jn difffrentB eoips qu'on lui présente. Ainsi, la faculté de développer de l'éleeiridté par une pres^on donnée, celle de prendre td ou td flnîde, et celte de le conserver plus ou moins longtemps, sont entant de caractères qui peuvent servir à distinguer et i daMer W cristaux.
93A.-»tta «tofltriQlMB prodnltM psc la «bklear. — U tOQT^ maline a la popriété d'attirer et de repousser les corps légen: dana les Indes, et surtout à Ceylan, où cette pierre est trvs^oiiH mime, on a'amuie de cette propriété depuis bien des sièdes, i peu pris coimne au temps de Platon les Grecs s'amusaient ia attnctÛKi» de l'aimant. Un phénomène ausù curieux ne poovMl édupper 4l l'attention des voyageurs ou même des commar^aM. lie» HoUandaî* firent mnnaïtre les tourtnalin^ en Fnm^ *^ depuis une centaine c)'aiiru'( s, k-s pioprieii-s élidilqnes doutcUtâ
CHAP. VI. — ÉLECTRICITÉ PAR LA CHALEUR. 5i3
[uahle entre le fluide électrique des tourmalines et le fluide magnétique des aimants.
II était nécessaii*e d'énoncer ces deux lois générales de la dislibution des fluides dans les tourmalines, pour comprendre les x>nditioiis du développement de Télectricité et les singularités p'elles présentent.
3* Pour cliaque tourmaline, il y a deux limites de températare entre lescjucUes sont compris tous les phénomènes électriques; au-dessus de la limite supérieure et au-dessous de la limite inférieiire, la tourmaline se comporte comme les autres corps, et ne manifeste plus iï électricité polaire. Ces limites paraissent être soiirent 10» et 160'; elles sont en général peu diiTérentes pour ies toiurmalines de même dimei>sion, mais. elles varient avec la longueur.
4^ Entre ces limites, quand on cliaufTe une tourmaline régulièrement, c'est-îi-dire, de manière qu'elle éprouve à peu près les mêmes accroissements de chaleur sur tous les points de sa surface, ses pôles électriques commencent à paraître, le vitré a im Wt, le résineux à l'autre, et ils restent ainsi durant tout le temps que la température change et s^ élève,
5^ Une tourmaline ayant ses pôles par échaufTement, si on la refroidit régulièrement, ses pôles disparaissent un instant pour reparaître ensuite ; mais, en changeant déposition, le vitré prenant la place du résineux et t^ice versa ^ et ces pôles, par refroi^ iutetnent^ inverses des premiers, se maintiennent pendant tout le temps que la température change et s^ abaisse.
6* La vertu polaire semble dépendre du changement de température, de telle sorte qu'à une température donnée, une tourmaline peut se présenter dans trois états difTérents, savoir : à Tétat naturel, si elle a été maintenue longtemps à celte température; avec ses pôles par échauflement, si elle y arrive en s' échauffant; arec ses pôles par refroidissement, si elle y arrive en se refi'oi- (fiasant.
7* Haiiy a quelquefois remarqué un renversement des pôles fendant l'élévation de température, et un renversement contraire pendant le refroidissement : ce phénomène, qui ne se produit pas tojours, pourrait dépendre d'une différence de température cn- ^ les couches de la surface et les couches centrales. B* Une tourmaline, chauffée ou refroidie par une de ses ex- I. 33
trcmilés sculcmenl, paraît, pendant quelques Instants, ne poss^
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C seule elccuidté dans toute sa lo
igueurj mais, cumnie
on Toii toujours les deux électricités se développer en même uraj» dansions les autres phénoniènes électriques, quels <{u'ils soient, il est naturel de supposer que dans ce cas, exceptionnel en apparence, les deux fluides s'y trouvent encore, inégalement ^sdv bues dans la longueur ou dans l'épaisseur de la tourmaline, ei par conséquent inégalement perceptibles.
Pour vérifier toutes ces lois de l' électricité de la tounnalioe, quelques observateurs, comme Priestley, la faisaient cliaufiTer M refroidir pendant qu'elle était suspendue à «n fil, et Haiij h posiùt SOT un petit appareil représenté (Pi, , 16, FiG. 34).
n existe un grand nombre de cristaux qui offrent des propriétés électriques analogues à celles de la tourmaline.