‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie. [With] PlanchesChapitre 152 sur 232 · CHAP. I. — EFFETS DE LA PILE · texte numérisé non relu

CHAP. I. — EFFETS DE LA PILE

rec une autre intensité dépend aiit do la permanence de son :tioii, tous les effets divers que produisent les bouteilles de ^de et les batteries, c'est-à-dire, des effets physiologiques^ SS effets physiques et des cff^ets chimiques. Les effets physiologiques de la pile à colonne sont très-remai'^ lables : lorsqu*ou prend de chaque main un cylindre métalpe un peu mouillé d'eau acidulée, et qu'après avoir touché la ise de la pile avec un <le ces cylindres , Ton vient avec l'autre ocher le sommet, ou même un point quelconque de la hauteur, I reçoit une commotion plus ou moins vive , et qui se répète ns cesse lorscpi'on maintient le contact.

Les effets physiques sont moins niar({ués : ainsi, lorsqu'on unit les pôles par un fil de fer ou de platine très-fni et trèsnirt, on s'aperçoit qu'il s'éclraufie, et qu'il n'ste chaud tant iie les communications sont éruhlies; mais il faut des éléments ii^es et eu assez grand nombre pour le faire rougir, et pour

maintenir rouge pendant ini peu longtemps.

Les effets chimiques se montrent avec assez d'intensité. Le remier et le plus remarquable de ces effets fut découvert au xnmencement de ce siècle (le 30 avril 1800) par AIAI. Garlisle

Nicfaolson. Ces deux physiciens, pour réjwter les expériences i Volta, avaient construit à la hâte une pile à colonne avec !S pièces de monnaie, des plaques de zinc et des rondelles de rtoo. Après quelr(ues essais, l'odeur particuUère de Tliydros^étant fait sentir, Nicholson eut riieureuse idée de faire le courant électrique dans un tube plein d'eau ^ par le oyen de deux fils de métal qui s'approchaient à une petite ■tance. Bientôt l'hydrogène parut en petites bulles tout autour 1 fil négatifs et le /?/ positif s'oxydait visiblement. Ainsi, les 9VX éléments de l'eau fui'cnt enfin séparés : car Cavendish nui bien pu composer de l'eau avec de l'oxygène et de Thyragéne, mais jusque-là tous les efforts avaient été impuissants ourla décomposer.

L'appareil qui nous sert maintenant pour la séparation des lànents de Teau est représenté (Fig. 10); il se compose d'un cne à pied dont le fond est traversé par deux fils de platine ^f qui ne doivent pas se toucher; les cloches o et A, renversées t pleines de liquide, couvrent chacun des fils. Aussitôt qu'on tdldit la communication avec les pôles de la pile, les buUes de

IfM ' 'Ln'BftlII. — HAGNËTISHE ET fiLECTUCITfi.

lu se id^gfcgent en abondance; l'oxygène pnr monte toujours dant-la 'doche qui couvre le fil positif, et l'hydrogène pur tmijoui4 drfM celle qui couvre le fil négatif. Il est évident que 1i^ dMril dodies doivent rammuniquer entre elles par le liquide intenftMuK', car le cournnt ne peut p»s traverser le verre.

L^eau distillée et parfaitement pure se décompose Icntemenl; maîft, dès qu'on y- met une goutte d'un acide quelconque, ou quelques atomes de sel, ou quelques parcelles d'une substanrr qui augmente sa conductibilité, les bulles de gaz se dégajiFnl Tiventent, et il ne faut que deux ou trois minutes pour aToir I centimètre cube d'oxygène dans la cloche positive, et 2 centimètres cubes d'hydroginc dnns la cloche négative.

Deux atoDies d'hydrogèue à l'un des pôles et un atome d'oiTgène i l'autre, voilà un phénomène bien surprenant et <]ma longtonps exercé la sagacité dos pliysicions; car dans les décompositions ordinaires, les éléments se désunissent et ne s'éloigitrnl I pas l'un de l'autre, tandis qu'ici il y a tout à la fois sépantÎM > et transport des éléments séparahles. On a fait des tentatÏTtt 4 sans iiomhrc pour saisir la molécule d'eau qui se décompoK^ I ou pour arrèttT eu clieniin les atomes gazeux avant qu'ils fuwenl I arrivés aux fils de métal d'où l'électricité passe dans le liquidai ' maïs rien n'a réussi. Par exemple, quand on met de Icau dsM < deux vases, que l'on fait plonger le fil positif dans l'un, le fil \ négatif dans l'autre, et qu'ensuite on étabfit la communicatioD \ entre les vases par un corps conducteur pour que la cJrailatioa J| électriqoe puisse s'établir, on observe des phénomém

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Grotthuss a donné, de ces phénomènes et de toutes les autres décompositions cliimiques que produit le courant, une explication qui a été admise par tous les physiciens, non-seulement parce qu'elle est ingénieuse, mais aussi parce qu'elle semble tout à fait conforme à la vérité. Ck)ncevons une file de molécules (l*eaii, 1,2,3, 4, etc. (Fie. 5), formant une esjK'ce de cliaîne droite ou courbe qui joint le fil positif /* au fil négatif/" : Télectricité positive de f agira par influence sur la molécule 1 , et lu tournera pour attirer Toxygcne qui est électro-ncgatif^ et pour repousser l'hydrogène qui est électro-positifs la molécule 1 agira de niénne sur la molécule 2, et ainsi de suite; à l'autre extrémité de la chaîne, la même disposition se produira, et, dès que la tension électrique sera assez foite, Toxygène de la molécule 1 , entraîné par l'attraction, sera comme arraché des molécules d'hydrogène auxquelles il est imi, et s*en viendra au pôle, tandis c|uc l'hydrogène, devenu libre, se portera sur Toxygène de la molécule 2 pour se combiner avec lui, donnant la liberté à Thydrogène de cette molécule, qui s'en ira à son tour prendre Toxygène de la molécule 3, et ainsi de suite. A Tautre pole^ des phénomè'nes analogues se produisent en sens inverse, et il y aura ainsi au même instant une foule de décompositions et de recompositions successives. Ce qui se passe dans une file de molécules se passe dans toutes les files qui joignent les deux pôles; et, de là, la multitude des atomes gazeux devenus libres, et rabondance des bulles distinctes qui se forment et qui se dégagent.

Ces mouvements vibratoires des d(»rniers éléments de la matière peuvent s'accomplir au milieu des masses solides comme au milieu des masses fluides ; et certainement, si comme tout semble l'indiquer, l'explication de Grotthuss est vraie pour la décomposition des liquides, elle ne peut manquer de Tétre pour Celle des soUdes et de tous les autres corps sur lesc{uels le courant électrique peut avoir quelque prise. 11 y a toujours à la fois décomposition et transport des éléments : l'oxygène, et ses analogues chimiques paraissent toujours au pôle positif tandis que Hiydrogène et ses analogues vont au pôle négatif C'est ce fait fondamental qui a conduit à rapporter toutes les combinaisons à des actions électriques opposées, l'un des éléments étant «7^c//oposiiif^ et l'autre électro^négatif

Une expérience curieuse, qui remonte aussi aux premiers temps

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