CHAP. I. — DIRECTION DE LA PESANTEUR
un déhige. Or il arrive, non pas fortuitement, mais par une raison que nous verrons plus loin en hydrostatique, il arrive que la direction de la pesanteur est perpendiculaire à la surface des eaux tranquilles ; donc , si la pesanteur changeait , la mer changerait, et c'est par la seulement qu'on peut juger de la iixité de sa direction.
Au lieu de dire que la pesanteur est perpendiculaire à la sur- (xe des eaux tranquilles, on dit quelquefois qu'elle est perpendiculaire à la surface de la terre ; et voici aloi-s ce qu'on entend par la surface de la terre. Ce n'est pas, comme on le suppose bien, la surface apparente avec ses montagnes et ses vallées, mais c'est une surface idéale que l'on conçoit de la manière suivante : supposons que l'océan Atlantique, la mer du Sud et tontes les mers qui communiquent entre elles , soient tranquilles pour un moment , leur immense plage formera une portion de surface à peu près sphérique, dont le contour sera déterminé par les sinuosités de$ rivages. Imaginons maintenant que. les diverses parties de cette surface se prolongent en conservant leur couibure et en pénéu^ant sous les terres, et qu'elles se rejoignent de toutes parts au-dessous des continents ; elles formeront alors un globe complet parfaitement uni , n'ayant ni montagnes ni vaDées. C'est cette surface, réelle en partie, et en paitie idéale, qu'on appelle surface de la terre ^ surface de niveau^ surface horizontale ^ car toutes ces expressions sont synonymes. Quand on dît que l'Observatoire de Paris est à 65 mèti*es audessus de la surface de la mer, c'est comme si on disait que cette surface prolongée passe sous le premier étage de TObservatoire, à une profondeur verticale de 65 mètres. Au contraire, il y a des plaines en Hollande qui sont au-dessous de la mer, c'està-dire que la surface prolongée passe siu- la tête des habitants. La surface de la terre , telle que nous venons de la définir, pourrait, avec le temps, s'élever ou s'abaisser, s'éloigner ou se rapprocher du centre ; mais si , par quelque cause intérieure ou extérieure, elle pouvait perdre sa forme, à l'instant la terre diangerait son mouvement diurne, elle sortirait de l'orbite qu'eUe parcourt depuis tant de siècles, et serait peut-être poussée dans quelque autre coin de l'univers. C'est ainsi que de la stabîKté de la 3ui*fa€e. des eaux dépend la stabiUté de la terre et du monde.
ïï LIVRE PBEHIER. — PESAMEUR.
La surface d'un lac, soit dans les plaines, soit dans les montagne», est aussi une surface de niveau, c'est-à-dire que, si de «es rivages on abaissait des perpendiculaires sur la surface que nous venons de déGnir, elles y détei-mineraient une portion de surface qui serait semblable à celle du lac, et dont tous les points en seraient à la même distance. Il en est de même pour les surfaces des eaux tranquilles, soit au fond des puits, «oit dans des vases de grandes flimensions : toutes ces surfaces sont horizontales, et toutes perpendiculaires à la direction de la pesan^ur.
n résulte de ces vérités fondamentales, que toutes les directions de la pesanteur concourent vers le centre de la terre , car toutes les peipendiculaires à une surface rigoureusement sp1)érique concourent à son centre. Ainsi, abpdx (Pl. I, Fig. 29) représentant la section de la terre qui serait faite par le méridien .de Paris, et nx étant Taxe de rotation, il arrive, par 1rs distances en latitude, que Paris se trouve en/>, son horizon suivant/(A, et son fil à plomb suivant /^r; que Dunkerque est en d i une distance de 2' 11' 56",. la ligne horizontale de Dunkerque «n dhï , et son fil à plomb suivant de ; enfin , que Barcelone est «nia?* 28' 39" plus au midi, l'horizontale de Barcelone en M* et son fil à plomb en hc.
Un observateur qui serait ^ssez loin de la terre pour voir en même temps le fil à plomb de Paris et celui de Barcelone , verrait qu'en effet ils sont inclinés l'un à l'autre de 7' 28' 29", et pourrait en conclure qu'ils concourent vers le centre de la terre.