CHAP. X. — ÉTABLISSEMENT DES CIRCUITS
Nous ayons vu (278) comment se forment les courants dérivés, et comment, d'après les lois fondamentales qui résultent de mes expériences, on peut déterminer leur intensité; or, s'il arrive que le sol ne conduise pas mieux que le premier fil, la longueur du circuit qu'il représente est égale à la longueur de ce fil, et l'interposition du second fil doublant la conductibilité, l'intensité se partagera en deux parties égales entre lui et le sol ; mais s'il arrive que le sol conduise, par exemple, cent fois mieux que le premier fil^ la longueur du circuit qu'il représente n'est plus qu'un centième de la longueur totale du circuit, et la dérivation qui se fait alors entre deux points qui se trouvent électriquement û rapprochés ne peut plus prendre qu'une intensité très-faible et comme insensible. C'est d'ailleurs ce qui se détermine rigoureusement par les formules générales que nous avons discutées (278), et dans lesquelles il suffit de substituer les données de l'expérience. On voit donc que l'intervention du second fil dépend de la conductibilité du sol, et qu'elle en dépend d'une manière précise et mathématique.
Maintenant concevons que l'on se serve de ce second fil comme du premier, c'est-à-dire qu'il soit en communication avec une deuxième pile et un deuxième électro-aimant, et voyons quand ces deux systèmes télégraphiques différents pourront ou ne pourront pas fonctionner ensemble sans se nuire. Chacun' de ces fils faisant à F égard de 1* autre l'office de courant dérivé, chaque pile fera mouvoir les deux électro-aimants : si ces courants dérivi's ont une intensité sensible, c'est-à-dire si le sol est trop mauvais conducteur, alors le jeu distinct et simultané des deux systèmes serait impossible ; au contraire, il sera très-possible et se fera sans aucune confosion, si le sol est assez bon conducteur pour que les courants dérivés n'aient pas d'intensité sensible. Tout se réduit donc à reconnaître d'avance la conductibilité du sol, et c'est choive facile au moyen des boussoles qui m'ont servi à établir les lois de l'intensité et qui sont décrites (284). Il pourrait bien se rencontrer des sols moins bons conducteurs que le sol de Paris à Rouen ; et Ton peut dire a priori que cela -arrivera dans les pays de montagne, et surtout pour les points qui seront éloignés des grands bassins hydrographiques; mais entre Paris et Lyon, par exemple, la communication paraît devoir être très-bonne, parce qu'elle aurait lieu par la mer Méditerranée ,
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rOcéaii et la Manche i il eu «st de même entre Paris et Saint* Pétersbourg, où elle se rerait par la Seine , la Baltùjue et la Newa.
CIcenlia w>ate«rmlas. — En Allemagne on a. pr«ferê W étc\ûis soutetraiiia, les fils sont enteiri^s soiis le sol. Ca mode siorait préwtité d'insufmQnliibk'â difficiiltrs si l'on u'avail eu comme substances isolantes qtic du verce, du soufre, de la rvsine, ou mi^me de la soie, de la laine et du cotou ; les premières soU cassantes et les moindres mouTcmeiils du sol nuraiont déterminé des ruptures, les autres sont permé»l)les à rhtimidité et deviennent conductrices; le caoutchouc lui-même auruit présenté (1ë grands iaconvéuicnis. Heureusement lu gutta-percha, qui a àé importée en Europe dans ces dernières années, est "veDue à point donner une solution du problème; c'est une substance parlaitemcnt isolante, împermiîable à l'Iiumidite, résistante , ilcxible, élastique, se ramolissant à une clialeur de 80*, jouis&ant alors de la propriété de s'attacher au métal, de bire corjis avec lui et de se travailler comme de la cire. Le fil de cuivre on de 1er, d'cQTtron 3^ ou 4 nûllimèties de diamètre, qui doit composer le circuit électxùpMy est donc enveloppé d'tme couche de gutt»perdia d'enviraa 3 ntillimèLi-es d'épaisseur, formant ainsi avec le mvt«l un cylindre ilexîhle »ro9 comme un fil de caret. IJoe bift enterrés aouii le lol, ces fils ne sont pas cependant à l'ubri de toute espèce d'aûàd«nt; muis M. Siemens a ijnaginé une sene do moyens ingénistix pour dt^ouvrir le point où il j a rupture du fil ou de son cnvelojipe.