‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie. [With] PlanchesChapitre 213 sur 232 · Efféta de la t^màme et de lélectrielté atteephérMi · texte numérisé non relu

Efféta de la t^màme et de lélectrielté atteephérMi

800 LIYKE m. — MAGNÉTISME ET ÉLECTRICITÉ.

Les fils télégraphiques, à raison de leur immense longueur,

de leur position élevée et des mauvais conducteurs qui se trouvent sur le sol et autour d'eux , doivent être particulièrement affectés par Télectricité atmosphérique; il n'est pas nécessaire qu'un nuage soit orageux pour que son action par influence se fasse sentir sur ces fils et y développe des courants plus ou moins intenses. C'est là en effet ce que Ton observe assez souvent; tantôt la marche des appareils éprouve des perturbations extraordinaires, tantôt ils se mettent d* eux-mêmes en mouvement sous la seule influence des nuages électriques.

Mais dans les temps d'orage ces phénomènes prennent uu autre caractère et une autre intensité : on peut en quelque sorte compter les éclairs qui paraissent sur la Hgne , par Tagitation subite et violente que les appareils en reçoivent ; et , si la foudre vient à éclater à quelque distance , il est rare que les aiguilles ne deviennent pas elles-mêmes étincelantcs par le contre-coup du choc électrique. Enfin, s'il arrive que les fils soient directement firappés , un courant , plus intense que tous ceux que nous pouvons produire, en traverse toute la longueur, se propage dans les fils plus fins des électro-aimants, qui, à raison de leur finesse même , s'en trouvent échauffés , fondus , et quelquefois volatilisés.

On a essayé de prévenir ces accidents , et l'un des appareils qui semblent le mieux réussir est celui que M. Breguet a éubli sur nos lignes télégraphiques ; il est représenté (Pl. 23 b, Fig. 16}; c'est un fil de fer ou d* acier d'environ un décimètre de longueur , plus fin que le fil de cuivre des électro- aimants et fixé dans un tube de verre t d'un très-petit diamètre intérieur. Ce fil de fer fait partie de la ligne ; il est établi dans la station , sous les yeux des employés. A raison de sa petite longueur, il ne réduit pas sensiblement l'intensité du courant ordinaire ; il est, par exemple, équivalent à 1 kilomètre du fil de la ligne; ainsi, sur une ligne de 100 kilomètres, il ne réduit Tintensité que d un centième ; mais, plus mauvais conducteur que le cuivre à section égale, il s'échauffe beaucoup plus ; il entre en fusion et se volatilise avant que le fil de Télectro-aimant soit échauffé d'une manière dommageable. Il arrive assez souvent que le tube Je verre est brisé et projeté, ou a même vu quelquefois les vb des armatures qui le portent arrachées et lancées au loin.

€HAP. X. — HORLOGERIE ËLECTRIQUE. 801

5 2. Horlogerie électrique»

34S. Use sevle liorlo|^c pevt, par le eovrast éleetriiive» faire Biarelier les aii^ailles d*aB i^rand nombre de cadraBs. —

Quelques mots suffiront pour faire comprendre cette application qui est déjà réalisée en France dans les embarcadères de plusieurs cliemins de fer. Le levier de Tarmature d'un électro-aimant agit d*une manière directe ou indirecte sur une roue de 720 dents qui porte T aiguille des minutes d^un cadran d'horloge et qui la fait tourner avec elle ; à chaque 5', le courant passe pendant un instant, l'armature est attirée, son levier pousse la roue et la fait avancer d'une dent, 12 dents font 1', les 720 dents font 1 heure ou un tour entier. Le cadran, l'aiguille, sa roue et Félectro-aimant , voilà donc tout le mécanisme de cette horloge d'une nouvelle espèce.

Mais comment le courant peut-il passer exactement à chaque 5* ? C'est précisément pour obtenir cet effet qu'il faut une pendule ou une horloge ordinaire ; on y adapte une roue supplémentaire qui fait un tour par minute et qui porte 1 2 dents ; un levier léger est disposé pour être soulevé par chaque dent à l'instant de son passage , et le mouvement qu'il en reçoit produit la fermeture du courant pendant ^ ou -^ de seconde. Ainsi l'aiguille du second cadran , du cadran électrique , reçoit avec la plus exacte fidélité ses 1 2 impulsions par minute et chemine dans un accord parfait avec l'aiguille de la pendule motrice. Le second cadran peut être aussi loin que Ton voudra; bien plus, rien n'empêche d'en disposer un grand nombre sur le même €X)urant , ou sur la même artère électrique , pourvu que ces dérivations diverses soient conformes aux principes que nous avons établis sur les courants dérivés. Un habile horloger, M. Paul Gamier, est l'un des premiers qui aient résolu cette belle question ; il est le seul à ma connaissance qui en ait fait de grandes applications avec un succès complet.

S 3, Vitesse de Vélectricité.

516. Les expériences que j'ai faites en 1837 et dont j^ai rapporté un exti*ait (291), (Pl. 21, Fig. 26), donnent une sorte de I. 51

SOf LIYBE lU. — MAGRËTISIIE ET ÉLEGTaiaTÉ.

limite inférieure de la prodigieuse vitesse avec laquelle Télectricité se propage dans un drcuit donné. L'expérience que j'ui citée dans ce passage prouve que dans 5-^ de seconde un courant se propage avec toute son intensité dans le circuit qui lui est offert ; d^autres expériences analogues m^ont démontré que cette propagation intégrale se fait encore dans -^^ et même dans j^ de seconde. La nature et Tétendoe des circuits 11e paraissent aucunement modifier ces résultats ; que le courant ait à traverser quelques centaines de mètres ou plusieurs milliers de mètres d un fil métallique , ou plusieurs mètres d^un très-mauvais conducteur, comme une fine colonne d'eau , Texpérience réussit également bien. On ne peut pas avoir a priori la certitude absolue que la vitesse de propagation est proportionnelle à la conductibilité du circuit; mais en admettant ce principe comme extrêmement probable, il en résulterait que , dans certains cas du moins, la vitesse de l'électricité est beaucoup plus grande que celle de la lumière, car en admettant seulement en nombres ronds que dans ^^ de seconde le courant parcourt une colonne d'eau d'un mètre , dans le même temps il parcourrait un fil de cuint de même section que Teau et de deux mille millions de mètres de longueur, ou de deux millions de kilomètres, ainsi sa vitesse serait environ dix mille fois plus grande que celle de la lumièfe.

On a fait des expériences sur ce point par d'autres procèdes: M. ^Vlleatstone a, par exemple, employé un appareil des plus ingt'iiîcux qui peut incontestablement servir à mesurer des intervalles de temps excessivement petits ; mais Tusage qu'il a feii de cet appareil pour déterminer la vitesse de Félectricité ne nu* paraît aucunement atteindre le but.

Plus récemment on a fait de nombreuses recherches sur ce sujet, soit aux Etats-Unis d'Amérique , soit en France où IVIRL Fiieau et Gouiiclle ont eu l'avantage d'opérer sur de longues ligne> télégraphiques, par des méthodes nouvelles et ingénieuses; mai> la question ne me semble pas résolue. Je regrette de n'avoir pas eu le loisir de vérifier avec MM. Fizeau et Gounelle dan< quelles limites peuvent être fondées les objections qui se sodi élevées dans mon esprit sur la parfaite exactitude des proctfd'* dont ils se sont servis.

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