CSAP. IV. — FIGURE DE LA TERRE
bassins des mers , on voit qu'il j a deux questions à se proposer sur la figure de la terre , savoir : quelle est la forme générale de la smiace solide des continents , et quelle est la forme de la surface des eaux. Pour celle-ci, il faut bien qu'elle soit renflée à Téquateur, car rien ne s'oppose à l'effet actuel de la force centrifage ; les eaux de l'Océan cèdent à son action , malgré les îles et les sûmosités des grandes côtes , à peu près connue elles feraient si elles avaient leur niveau élevé de plusieurs mille mètres au-dessus des sonunets des montagnes.
Quant à là forme générale de la surface solide des continents, il résuke aussi , des observations qui ont été faites , qu'elle est die-mème aplatie comme la surface des eaux , ou à peu près , c est-à-dire qu'elle offre la même courbure que si le globe entier de la terre, ayant été fluide autrefois, ne se fftt consolidé qu'après arcnr tourné sur lui-même, conmie il tourne aujourd'hui, et après a?oir reçu la forme qui résulte nécessairement de ce mouvement de rotation. Une preuve frappante de l'aplatissement de la surface continentale, c'est que les montagnes des régions polaires ne sont pas très-âevées au-dessus du niveau de la mer ; et cependant , si la surface de la terre était sphérique , tandis que la surface des eaux est aplatie, on voit qu'à l'équateur les montagnes devraient ttre moins hautes qu'au pôle de toute la valeur de l'aplatissement, c'est-à-dire d'environ 20 000 mètres; tandis qu'il paraît au contraire que les montagnes de l'équateur restent encore plus âevées que celles du pôle.
Pour prendre une idée des principes sur lesquels repose la mesure directe et géodésique de l'aplatissement de la terre , il suffit déconsidérer deux points éloignés et liés entre eux par une chaîne de triangles qui permette de mesurer exactement leur distance. Nous piendrons pour exemple Dunkerque et Formentera, qui se trouvent sur le méridien de Paris ; les verticales de ces deux p(Hnt5 font entre elles un angle de 12* 22' 14". Ces deux lignes concourent au centre de la terre exactement, ou un peu plus près, ou un peu plus loin. Si, de leur point de rencontre , on décrit un arc de cercle passant par Dunkerque et par Formentera, c'est cet arc qui sera de 12* 22' 14". Or, de la chaîne des triangles on déduit que la distance de ces deux points , comptée sur cet arc de cerde, ou à très-peu près, est, en mètres, de 1374438,72. Donc, i 12* 22' 14'' forment cette distance j un seul degré forme une I. 6
longueur ijui est très-facile à trouver : c'est cette longueur que l'on nomme un degré du méridien. Si la terre était sphériqne, tous le» degrés seraient égaux entre eux et. Taitdraient le même nombre de mètres, et réciproquement. Donc, au contraire, si l'on trouve que les degrés sont inégaux , oa conclura que la terre n'est pas sphérique. On voit (Fis. 17) que, si elle est elliptique et aplatie vers les pôles, les verticales de l'équateur, qui font entre elles un angle de 1', vont se rencontrer plus tôt que les verticales des pôles qui font le même angle; ainsi, l'arc de l', compris entre les premières, a une moindre longueur, comme appartenant à un cercle d'un plus petit rayon, que l'arc de 1*, compris entre les verticales des pôles ; d'où il suit que, vice versa, si on trouve les degrés de l'équateur plus petits que les degrés des pôles, (m pourra conclure, avec la plus grande certitude, le tait de l'aplatissement.
Or, des arcs , dont chacun avait plusieurs degrés d'étendue, ont été mesurés sur divers méridiens et à plusieurs latitudes : au Pérou, par Bouguer et Lia Condamine; dans l'Inde, par Lambton; au cap de Bonne-Espérance, par Lacaille; en Pensjivanîe, par Mason et Dixon; en Italie, par Lemaire et Boscowicb; eu France, par'Delamkre et Méchain ; en Espagne, sur les côtes de la Méditerranée, par Arago et Biot; en Angleterre, près de Greenvrich, par Boy, Delambre et Méchain; en Suède, parMelanderhielm. De l'ensemble de ces mesures, il résulte deux conséqueuces : premièrement, que la terre n'est pas sphéiique, puisque les degrés sont inégaux à diverses latitudes; et, secon-