CHAP. Y. — ÉGALITÉ DE PRESSION
du tout, le résultat est le même : il faut de toute nécessité qu'il s'anéantisse ou qu'il porte les 100 kilogrammes. La couche supérieure X, qui touche au piston ou qui le soutient, en supporte donc tout le poids, et, pi'essée comme elle est, elle tomberait oecessairemeut si elle n'était pas soutenue par la couche j, qui est au-dessous d'elle ; elle presse sur cette couche autant qu'elle est eUe-meme pressée par le piston. De même, la couche y presse sur la suivante z^ et ainsi de suite , la pi^ession se communiquant de proche en proche jusqu'au fond du vase, qui est lui-même pressé comme si le piston reposait immédiatement sur lui. Puiscpie c'est toute la surface du fond qui porte cette pression de lOO kilogrammes, il est visible que la moitié de la surface ne porte pour sa part que 50 kilogrammes , et que la centième partie de sa surface ne porte que la centième partie de la pression totale, c'est-à-dire un seul kilogramme. Ainsi :
1* La pression se trannnet de haut en bas sur les surfaces horizontales, sans rien perdre de sa force ;
V Elle est égale en chaque point ;
3* EUe est proportionnelle à l'étendue de la surface que l'on considère.
5ar les £àces latérales le même phénomène a lieu : car, si en un point quelconque on faisait une ouverture , le liquide jaillirait, et, si l'on découpait une partie de la surface, elle serait poussée dehors ; enfin , si la portion que Ton découpe était égale à toute la largeur du piston , il ne faudrait pas moins de 100 kilo^mmes pour la tenir en place ; et , si elle n'avait qu'une étendue cent fois moindre, il ne fendrait qu'un effort d'un kilogramme. & le piston lui-même était percé d'un trou, le liquide jaillirait de bas en haut , ce qui prouve que sa paroi est ellemême pressée comme le sont toutes les autres. Ainsi, les liquides transmettent, dans tous les sens et également, les pressions qu'on exerce à leur surface.
Après avoir compris ce principe pour des liquides sans pesanteur, il est facile de voir qu'il s'applique sans réserve aux liquides pesants, mais qu'alors il y a des pressions qui s'exercent siu^ chaque molécule et qui résultent de la pesanteur qui leur est propre.
â7. He Pf^vlllbre des liquide* peMinto. — Il y a deux conditions pour l'équilibre des liquides : il faut , premièrement , que
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les molécules supérieures et libres forment une surface perpendiculaire à la force qui les sollicite ; et, secondement, qu'une molécule quelconque de la masse éprouve dans tous les sens des pressions égales et contraires.
Prenlère eondiUoa d'é«alllbr«. — Supposons que la surface ne soit pas perpendiculaire à la force qui sollicite les molécules liquides , qu'elle soit , par exemple , dans la direction ahcde, tandis que la force est dirigée suivant les verticales vv (Fie. 2) : alors, une petite couche horizontale, telle que bd, serait pressée de tout le poids des molécules qui sont au>dessus d'elle; cette presùon, comme nous venons de le voir, se transmettrait latéralement , et la molécule b, poussée par cette pression latérale, serait poussée dehors , puisqu'il n'y a rien qui la retienne ; elle sortirait donc ; une autre viendrait , qui prendrait sa place , et qui serait poussée à son tour , et ainsi de suite , jusqu'à ce que la courbure bcd .se fïtt affabsée et fîîlt devenue tout à fait horizontale, n en arriverait de même de toute portion de liquide qui serait au-dessus d'un autre point quelconque de la surface , et l'équilibre ne peut avoir lieu que quand les molécules libres ne peuvent plus tomber, c'est-à-dire quand elles sont toutes rangées sur une même surface perpendiculaire à la force.
En appliquant ce principe à la surface de la mer, supposée parfaitement calme, il nous sera facile de prendre une idée de sa courbure et des causes qui la déterminent. Si toutes les directions de la pesanteur concouraient exactement au centre de la terre, et si cette force était la seule qui soUicitàt les molécules