‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie. [With] PlanchesChapitre 35 sur 232 · CHAP. V. — ÉQUILIBRE DES LIQUIDES · texte numérisé non relu

CHAP. V. — ÉQUILIBRE DES LIQUIDES

Quand les molécules liquides sont sollicitées par quelque autre force que par la pesanteur terrestre , on conçoit que pour l'équilibre elles ne doivent plus former une siurface perpendiculaire à la pesanteur seulement, mais une surface perpendiculaire à la résultante de la pesanteur et de toutes les autres forces qui agissent avec elle. Ainsi, la force centrifoge, qui résulte du mouvement de rotation de la terre , se combinant sans cesse avec la pesanteur pour solliciter tous les corps, il faut que la siu:face des eaux s^arrange pour être perpendiculaire à la résultante de ces deux forces, et voilà pourquoi la surface de la mer est aplatie vers les pôles. Au pied des grandes montagnes, dont la masse est capable de dévier le fil à plomb , la surface des eaux est aussi déviée de sa forme régulière ; elle se soulève et s'incline sur la véritable verticale, pour se mettre perpendiculaire à la résultante des actions de la terre et de la montagne. De même encore, quand la lune et le soleil passent au-dessus ou audessous de rhorizon de la mer, la force attractive que leurs niasses exercent sur les eaux se combine avec la pesanteur pour produire ime résultante qui n'est plus verticale ; et c'est ainsi que la surface mobile de l'Océan , cherchant un équilibre qu'elle ne saurait trouver, à cause du mouvement de rotation de ces astres, se soulève et se déprime tour à tour, et accomplit enfin les oscillations périodiques du flux et du reflux.

D se présente dans la nature beaucoup d'autres phénomènes qui semblent n'avoir aucun rapport avec les marées , et qui dépendent cependant d'un principe analogue : on sait, par exemple, que dans un verre ordinaire la surface de l'eau n'est pas plane dans toute son étendue , mais qu'elle se relève près des bords, comme le représente la figure 3 : au contraire, la surfàce du mercure se déprime au contact des parois, et semble craindre de les toucher (Fig. 4). C'est que la pesanteur n'est pas alors la seule force qui agisse sur les liquides ; avec elle il y a deux autres forces : la force attractive que leiu's molécules propres exercent l'une sur l'autre , et la force attractive qu'elles exercent sur la matière du vase. C'est à la résultante de ces ^is forces que la surface liquide doit être perpendiculaire, et c'est surtout du rapport d'énergie qui existe entre les deux derniicpes que dépend l'inflexion qu'elle éprouve au-dessus ou au- ^^ssous de la ligne de niveau. Nous verrons sortir de ce prin-

cipe toute cette classe de phénomèDea qui sont connus sous le nom de phénomènes capillaires, et dont nous derona traiter dan» un des livreft suirants.

DcmxMk* c«Bdltl*H d'£«ailllbra. — — La deuxième condition d'équilibre est évidente d'elle-même, car les molécules qui sont dans l'intérieur de la masse liquide refirent les pressions de toutes les molécules qui sont placées au-dessus d'elles, et, en vertu du principe d'égalité de presûon, elles tendent à transmettre ces pressions dans tous les sens : or , si , dans deux directions opposées , les pressions que supporte une molécule n'étaient pas égales et contraires , cette molécule serait entraînée par la plus forte pression , et par conséquent la masse liquide ne serait pas en équilibre.

S8. PreMloBB, — Lorsque les masses liquides sont en équilibre , elles exercent sur elles-mêmes , et sur tous les corps solides qu'elles touchent, des pressions plus ou moins considérables, dont nous allons déteiminer la valeur, en examinant successivement les pressions de haut en bas et de bas en haut , qui sont exercées sur les sur&ces horizontales, puis les pressions exercées sur les surfaces obliques.

1° La pression de haut en bas qu'un liquide exerce sur le fond du vase qui le contient, est tout à fait indépendante de la forme du vase , et elle est toujours égale au poids d'une colonne de même liquide ayant pour base le fond du vase , et pour hauteur la hauteur du niveau,

La pnemière partie de cette proposition se démontre aisément

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