‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie. [With] PlanchesChapitre 4 sur 232 · CHAP. 1. — DE L'ESPACE · texte numérisé non relu

CHAP. 1. — DE L'ESPACE

2. Be VWSmwmem. •— Nous roïiccvons très-facilement les longueurs et les distances : une longueur d'un pas ou de dix pas est une chose qui nous est familière, et nous concevons ave<; la même facilité la distance qui nous sépare d\m point éloijjné de Tliorizon, ou même celle qui nous sépare du soleil ou des étoiles. Nous comprenons tous de la même manière* les étendues en superficie, comme la surface d'un grand lac ou la surface de lu mer, et les étendues en volume, comme un mètre cube de marbre ou de pierre, le volume d'une maison ou c*ehii (l'une montagne. CiOncevons donc un mètre cube de marbre qui soit suspendu au milieu d'une masse d'eau ; nous savons qu'il peut être déplacé, l't qu'à l'instant l'eau vient remplir la plaiîe qu'il oc*cupait : mais imaginons que l'eau n'y vienne pas, qu'elle soit arrêtw de quelcpie manière; ou plutôt concevons que le cube de marbre puisse j^tre anéanti, qu'il ne reste de lui que ses six faces, et qu'elles >oicnt capables de retenir Teau exactement des six cotés différents. Ce volume où il n'y aurait plus de marl)re, et où il n'y aurait point d'eau, ni aucime autre chose, c'est de V espace y c'est l'espacf qti'occupait le mètre cube de marbre et que nous pouvons concevoir privé de toute matière. Quelques métaphysiciens l'appellent Y espace pur^ et les physiciens Tappellent Vespace vide. Nous en avons limité l'étendue pour en avoir une idé^e pi us juste; mais ce que nous disons d'un mètre cube pourrait se dire d'un volume beaucoiq> plus grand. Nous pouvons concevoir qu'une montagne s'anéantisse, depuis son sommet jusrprà sa base, et notre esprit conserverait encore l'idée du volume ou de l'espace qu'elle occupait. Il en serait de même de tout le globe de la tot?; et il ne faut pas plus d'effort pour concevoir le volume <p'9 occupe que pour concevoir le volume occupé par une bille ^e billard ou par un boulet de canon.

Au-dessus de nos têtes est l'atmosphère, et au-dessus de Tatnawphère est le vide du ciel. Notre esprit peut s'élever aussi dans <ts régions : il peut se fatiguer à les parcourir dans tous les sens; iliwicontre, au milieu de ces espaces, des corps comme la terre, des astres sur lesquels il se repose; mais quelle distance les sépare, quel abîme est au delà ^ Cette voftte du ciel n'est qu'une apparence; elle n'a rien de solide, et fftt-cllc solide comme du &mant, notre esprit ne s'y arrête pas; il en pénètre la profondeur; il poursiÂt l'espace au delà de cette voftte et au delà des

étoiles ; il conçoit que toute limite e&t impossible ; il embrasse l'immensité et conçoit quelque chose de plus grand. Ainsi l'espace est indéfini pour nos concepûons, et, par conséquent, infini dans la realité.

Une portion limitée de l'espace est dans notre langage ce qii<nous appelons Yétendue; mais il peut arriver que l'on dise l'espace d'un mètre cube, au lieu de dice l'étendue d'un mètre cube. Il n'en résulte aucune confusion pour les discussions physiques.

3. Da TenpB. — On dît communément que l'homme, à l'aspect des phénomènes naturels, prend l'idée de succession et celle du temps. Ainsi, dit-on, le printemps succède k l'hiver et le jour à la nuit ; voilà l'idée de succession : l'eau qui coule succède à l'eau qui s'est écoulée, le flux de la mer succède au reflux; voilà l'image du temps. Mais il n'est besoin ni de phénomènes extérieurs, ni d'aucune action produite sur nos sens, pour que nous ayons présentement l'idée du temps : nous pensons et .nous avons la conscience de nos pensées; nous pensons succes- •ivement, et nous avons l'idée de succession et de continuité. Sans doute, ce phénomène intérieiu" ne nous pennet de compte)' ni les heures, ni les jours, ni les années; mais avoir l'idée du temps et avoir le moyen de le mesurer sont deux choses différentes. Tous les mouvements extérieurs pourraient être suspendus, les aures pourraient cesser de tourner, les nuages pourraient être immobiles, l'eau cesser de couler; et cependaut au mîUeii decCTrnosumv.TsH,

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