CHAP. VU. -* ÉQUILIBRE SES CORPS FLOTTANTS
qui n'ait qu^une seule fin. Cet organe est la vessie natatoire. Il a diverses formes dans les différentes espèces, mais il est toujours placé pour aUëger les parties supérieures et pour laisser plus de poids aux parties inférieures. De cette manière, le centre de gravité du corps est plus bas que le centre de pression, et la condition de stabilité se trouve remplie. D'après les observations curieuses de M. Biot, le gaz de la vessie natatoire n'est pas de Faii* atmosphérique : il est de Tazote -presque pur dans Jes individus qui vivent près de la suiface , et il ^e compose de près de 0,9 d'oxygène et de 0,1 d'azote dans ceux qui vivent à des profondeurs dîe 1000 à 1200 mètres. A 8 ou 9000 mètres de profondeur, ces gaz seraient aussi denses que Teau, et les mies natatoires deviendraient inutiles pour l'équilibre.
D paraît que les poissons se servent aussi de leur vessie natatoire pour exécuter des mouvements de haut en bas ou de bas en haut, qu'ils n'exécuteraient que difficilement au moyen de leurs nageoires. U suffit pour cela qu'U puissent la ressen*er ou la gonAâ à volonté : dans le premier cas , leur poids restant le mÊme e!tleur volume devenant moindre, ils sont plus denses ^ueTeaD, et ils tombent; au contraire, dans le second cas, ils montent conmie du liège.
Cependant ce phénomène n'est pas aussi simple qu'on l'imaçne au premier instant. Un poisson au milieu de l'eau ne peut pas se gonfler comme un mammifère qui retient son haleine ; il ne trouve pas de i'air à prendre ou à rejeter ; c'est avec la même quantité de gaz qu'il doit opérer ces mouvements. 11 faut donc que, par une action volontaire, le gaz soit sans cesse plus comprimé qu'il ne le serait par le fluide environnant, et qu'un peu plus ou un peu moins d'énergie dans cette action comprimante loi donne successivement un moindre ou un plus. grand volume.
Cet effet est rendu sensible par l'appareil de la figure 16, qui s'appeUe un ludion. Le ludion / monte ou descend , suivant que Ton soulève ou que l'on presse la membrane «6, qui ferme le vase , parce que l'air qu'il contient reçoit la pression du liquide environnant, au moyen d'une petite ouverture i/\ quand on presse la membrane ab, tout le liquide du vase se comprime im peu plus, il entre dans le ludion, et réduit le volume de l'air; au contraire, quand on soulève la membrane, le Uquide est moins comprimé *, la £orce expansive de l'air du ludion refoule
le liquide, le fiiit sortir en partie par l'ouTeituFe f ; l'air prend
plus de volume, et le ludion monte pah» qu'il devient plus
Dans les poissons que l'on pêdie à une profondeur de nulle mètres, le gaz de la vessie natatoire est sous une pression d'eau équivaleute à cent atmosphères; arrivé à la surface, il tend à prendre un volume cent fois plus grand : aussi obserret-on que tout l'effoit musculaire ne suffit plus pour le retenir; il s'échappe en refoulant tous les organes voisins, et surtout la membrane de l'estomac, qui est alors tellement tendue et dilatée, qu'elle vient former au dehors de la gueule une espèce de ballon fort singulier. On peut juger par là que les régions de la mer ont leurs peuples différents, non-seulement suivant les climats, mais encore suivant les profondeurs.
88. CttKdlttraa d'éqvlllbve des «arpa ■•(!«■(■. — H J » ■ deux conditions d'équiUbrc pour les corps Bottants comme pour . les corps plongés, et ces conditions sont les mêmes : seulement, la condiUon de stabilité est différente. Un vaisseau, par exemple, qui pèse un million de kilogrammes , n'est en équilibre que quand il déplace mille mètres cubes d'eau, qui pèsent comme lui un million de kilogrammes, et quand son centre de gravité et le centre de pression de l'eau se trouvent dans la même verticale. Mais, pour la stabilité, il n'est point nécessaire que le centre de gravité se trouve au-dessous du centre de pression ; il suffit seulement qu'il se trouve au-dessous d'un autre pcùnt que l'on appelle le métacentre et dont la détermination appa^