‹ Elémens des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 19 sur 55 · DES CORPS INERTES. OXIGENE · texte numérisé non relu

DES CORPS INERTES. OXIGENE

Quand îe gaz oxigène s’unit avec des substances pour lesquelles il paroîfc avoir beaucoup d’affinité, il abandonne le calorique avec lequel il étoit combiné, et il passe à un état plus solide. Très souvent, au momerit de eette union, il se développe de la lumière, de la flamme, et il se dégage de la chaleur ; c’est ce qu’on nomme combustion. Par suite , les corps qui peuvent se combiner avec l’oxigène, sont dits combustibles; et quand ils y sont combinés, ce sont des corps brûlés ou oxigénés. L’oxigène est donc l’agent de la combustion,

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Certains corps, en se brûlant ou en se combinant avec beaucoup d’oxigène, perdent toutes leurs qualités et leurs propriétés pour en prendre d’autres, telles qu’une saveur aigre , la propriété de rougir certaines couleurs bleues végétales, de s’unir avec plusieurs matières pour lesquelles ils n’avoient auparavant aucune affinité : ceux-là se changent ainsi en acides (161); tel est îe soufre, qui forme l’acide sulfurique, improprement appelé huile de vitriol dans le commerce. (179) ,

D’autres corps, en se combinant avec l’oxigène, ou en se brûlant, ne prennent aucune de ces propriétés; on les appelle des oxides (171). Il s’en rencontre beaucoup dans la nature, soit à l’état pur, soit combinés avec quelques acides, et formant ce qu’on nomme des sels. Ainsi le minium est un oxide de plomb; la potasse, la chaux, l’eau et beaucoup d’autres corps, sont aussi des corps brûlés ou oxidés.

On a observé que l’oxigène, quoique combiné avec d’autres substances, n’y étoit pas altéré dans sa nature intime; qu’il pouvoit en être retiré à l’aide d’un autre corps, si on le lui présentoit dans des circonstances favorables , et qu’il paroissoit

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alors choisir ce dernier de préférence; de sorte que pour débrûler, réduire, désoxider ou désacidifier un corps, il falloit en brûler un autre, afin d’emprunter de l’oxigène, ou de l’enlever au premier corps qui avoit été brûlé , et c’est là une découverte qui a fait reconnoître beaucoup de corps simples qu’on ne soupçonnoit pas tels auparavant ; ils avoient , en effet, d’autres formes, d’autres qualités, d’autres propriétés, par cela seul qu’ils étoient brûlés. Tel est en particulier l’eau dont nous parlions tout à l’heure, et dans laquelle on a retrouvé une matière qu’on a reconnue être un gaz brûlé, ou combiné avec l’oxigène et réduit à l’état d’oxide.

L’oxigène ayant été reconnu comme le seul gaz propre à l’entretien de la vie dans les êtres , et en particulier à la respiration des animaux, qui périssent tous quand ils en sont privés , on l’a d’abord nommé air vital. Seul , il entretient la flamme et la combustion des corps qui , en se brûlant , combinent avec lui leurs élémens, changent son état et lui laissent développer la matière de la chaleur. Il .produit , par la manière dont il s’unit ou se sépare, un très grand nombre de phénomènes, tels que ceux de la chaleur et de la lumière artificielle ; mais de plus il change l’état des corps et leur donne les formes et les propriétés qui distinguent les oxides, les acides , les terres et quelques alcalis.

En présentant à l’eau, dans certaines circonstances, une substance extrêmement combustible, on décompose cette eau, on en sépare les élémens, et voici l’un de ces procédés : on fait chauffer de l’eau, de manière que, réduite en vapeur, elle puisse être dirigée dans un espace circonscrit où elle est forcée de passer sur des lames de fer très minces, rougies par l’action d’un feu violent ; aussitôt le fer se brûle , s’oxide , devient plus pesant, en prenant à l’eau un de ses élémens, en

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