‹ Elémens des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 29 sur 55 · CORPS INERTES. ALCALIS · texte numérisé non relu

CORPS INERTES. ALCALIS

Nous plaçons à la suite des alcalis une base salifiable qui n’est pas un corps brûlé , mais le résultat de la combinaison des deux gazs hydrogène et azote : c’est X ammoniaque. On a nommé ainsi ce gaz parce qu’on l’a obtenu par la décomposition du sel ammoniac, à l’aide de la chaux rive, ou privée d’acide carbonique. Or, comme ce sel , susceptible d’être volatilisé par le feu, est composé d’un acide radical et d’une base , la chaux s’emparant du racjical qu’elle fixe, le gaz s’échappe de l’appareil. Il a toutes les propriétés physiques des gazs; mais il s’unit à l’eau qui , alors, prend aussi les caractères des alcalis; aussi l’a-t-on nommé alcali volatil , esprit de sel ammoniac. Il tend continuellement à s’échapper de l’eau, lorsqu’il est exposé à l’air libre; il porte alors une odeur acre, piquante, excitante, qui agit sur les yeux en même temps , et qui le caractérise. Ce gaz s’unit à presque tous les acides , et les neutralise en formant avec eux des sels qui sont pour la plupart solubles. On a décomposé ce gaz par l’analyse , au moyen de la chaleur et de fils métalliques chauffés fortement dans un tube de porcelaine, et on l’a reproduit par la synthèse, à l’aide de l’action électrique; on a reconnu par là qu’il étoit formé de trois parties d’hydrogène , et d’une seule d’azote en volume, mais condensées de près de moitié. L’ammoniaque gazeuse ne se rencontre pas isolée dans la nature; on l’extrait des sels qui la contiennent. L’ammoniaque est employée comme réactif dans les laboratoires de chimie; elle sert en médecine, soit pure , soit unie aux acides , en particulier au carbonique : c’est le sel volatil dit d’Angleterre; à l’acétique, c’est X esprit de Mindérerus ; quand l’ammoniaque est combinée avec l’acide hydrochlorique , c’est le sel ammoniac; enfin , quand elle est unie aux corps gras sous forme de savon , elle produit un caustique très actif qu’on met en usage pour produire promptement des vésicatoires.

CORPS INERTES, terres, alumine. uh

Parmi les oxides presque irréductibles , qu’on nomme TERRES, \ai silice est des plus remarquables. Son nom lui vient des silex ou cailloux, dans lesquels on l’a d’abord reconnue. Préparée par la chimie, ou tirée du cristal de roche pulvérisé, dans lequel elle est à peu près pure, elle se présente comme une poudre blanche, sèche, aride, insipide , inodore , rude an toucher, et si dure qu’elle raie et use tous les métaux. Elle n’est pas soluble dans l’eau , et très difficilement fusible au plus grand feu, à moins qu’elle ne soit unie à quelques substances, et particulièrement aux alcalis, avec lesquels, et en particulier avec la soude et la potasse, elle forme du verre et des cristaux artificiels.^ ou verres de cristal quand on y joint de l’oxide de plonab. Combinée avec l’aliiminc , elle devient, par l’action du feu, la base des meilleures poteries , et surtout de Ja porcelaine. Elle se trouve très abondamment dans la nature, coname nous le verrons par la suite. Elle constitue la plupart des pierres :lî;ès dures , comme les grès, les pierres meulières, les quartes, Iqs agates, etc, (200) . .

C’est dans les argiles et l’alun que se rencontre X alumine ; mais dans les premières , cette terre est combinée avec d’autres ; et dans le second , elle y est sous forme de sel , ou unie intimement avec un acide. Quand on l’obtient pure, c’est une poudre blanche, onctueuse, happant à la langue, faisant avec l’eau une pâte ductile, et donnant une odeur particulière ; insoluble dans l’eau, presque infusible au feu. L’alumine forme la base de quelques pierres précieuses (199), telles que le corindon, le saphir, le rubis; le plus ordinairement on la trouve mélangée avec la sdice. C’est ce qui existe dans les glaises, les argiles (207); elle devient ainsi la base des cimens, des mortiers, et de prescjue toutes les poteries, des carreaux, des

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