‹ Elémens des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 31 sur 55 · CORPS INERTES. COMPOSÉS. SELS · texte numérisé non relu

CORPS INERTES. COMPOSÉS. SELS

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Nous en avons déjà parlé en traitant du fer (i55). Le sulfate de cuivre , appelé encore vitriol bleu , ou vitriol de Chypre , cristallise en parallélipipèdes , ou prismes à angles obliques (PL IV, fig. 6) ; quelquefois en octaèdres ou dodécaèdres (même PL , fig. 5 ). Le sulfate de zinc ou vitnol blanc , est âcre , styptique; il cristallise en prismes à quatre pans, terminés par des pyramides à quatre faces, ou en tétraèdres, à bases allongées (PL IV, fig. 7 ). On l’emploie en médecine comme astringent, dans les collyres, ou pour les ophthalmies chroniques; on s’en servoit autrefois comme émétique.

On a long-temps appelé èorao; ou chrysocolle , l’union de la soude, en excès avec l’acide du bore (ii3). C’est un sous-borate de soude qui verdit le sirop de violettes. Il provient des eaux de certains lacs des Indes, de la Perse et de la Chine. On l’envoie dans nos pays sous le nom de tinckal : on le purifie pour le livrer au commerce. Dans cet état, c’est un sel blanc , effleuri à sa surface , cristallisé en prismes hexaèdres aplatis , terminés par trois faces principales. Il présente cette particularité que , quand on le fait chauffer, il se fond comme l’alun, se boursoufle, se dessèche; puis il se fond de nouveau en une espèce de fritte vitreuse. Il est employé à cause de cela comme flux (82), lorsqu’on désire revivifier quelques oxides de métaux; quand le métal est fondu, il le préserve de l’oxidation. Il sert principalement pour faire couler plus facilement les émaux colorés destinés à la peinture de la porcelaine , et surtout pour souder le fer, le cuivre , l’argent et l’or.

L’eau de la mer, celle de quelques fontaines et de plusieurs lacs qu’on nomme salés , tiennent en dissolution un sel qu’on trouve aussi à l’état solide, dans l’intérieur de la terre; c’est \e sel marin y ou sel de cuisine y qu’on a nommé encore mu-

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riate de soude. Il est regardé aujourd’hui par les chimistes comme un chlorure de sodium^ quand il est solide, et comme un hydro-chlorate^ lorsqu’il est fondu dans l’eau. Tout le monde connoît sa saveur : il cristallise en cubes (Pl. iii, fig. 7). Exposé au feu, il décrépite fortement, quand il contient de

l’eau : il se fond à une chaleur rouge , puis alors il se volatilise, au moins en partie , quand il ne se décompose pas. Le plus blanc est le plus pur; quand il est gris, sa couleur est due à la terre et aux impuretés qu’il 'contient. On nomme sel gemme celui qu’on trouve en grandes masses dans la terre. Il en existe des mines considérables de plus de deux cents lieues de long et de quarante de large, surtout en Pologne. On vient d’en découvrir une en France près de Vie, non loin de Lunéville, dans le département de la Meurthe. Il paroît , d’après les sondages, que la masse occupe un espace d’environ trente lieues carrées; que, dans quelques endroits, le banc de sel est à cinquante mètres de profondeur au plus, et qu’il a plus de soixante mètres d’épaisseur. Il y a des masses de sel colorées en blanc, en rouge, en vert, en jaune et en violet. On se sert du sel marin pour saler, assaisonner et conserver les viandes; pour déterminer la fonte de la partie siliceuse des poteries communes, à cause de la soude qu’il contient, pour

en retirer l’acide muriatique (181), et le chlore qui en est

le radical. (124)

Les PIERRES diffèrent des sels avec lesquels elles ont le plus grand rapport de composition, en ce qu’elles sont insipides et insolubles pour la plupart , et parce qu’ayant pour base des terres , celles-ci sont le plus souvent en excès. Aussi ces bases ont-elles servi en même temps , et à la nomenclature, et à l’arrangement ou à la distribution méthodique de ces minéraux, tandis que les sels, comme nous l’avons dit (i83), ont reçu leurs noms composés du radical qui sert d’initial,

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et de la base qui devient la terminaison. Les principaux genres de pierres dont nous indiquerons quelques traits de l’histoire, seront, parmi les calcaires, les carbonatées (194)? les sulfatées (igS), les phosphatées (196), les fluatées (197); 2°. des pierres provenant de la strontiane et de la baryte (198), sulfatées et carbonatées; 3®. des pierres argileuses ou alumineuses (199); 4®« des pierres siliceuses (200); 5®. enfin des pierres magnésiennes. (2o3)

iq4.

La chaux carbonatée est l’espèce de pierre la plus remarquable et celle que l’on trouve en plus grande quantité sur la terre. On la reconnoît à la facilité que l’on a d’en séparer l’acide carbonique par l’action de tout acide ou d’une forte chaleur, et d’en faire, dans ce dernier cas, de la chaux pure. On la trouve dans la nature, tantôt cristallisée, plus ou moins transparente et régulière, comme le spath d'Islande , qui jôuit de la double réfraction , et qui a la forme d’un rhomboïde à sommet obtus (voyez PL iii, fig, i) ; tantôt informe ou en masses; tels sont les marbres qu’on distingue en saccharoïdes ou salins, qui sont homogènes dans leur structure et employés de préférence par les sculpteurs ; en brèches qui semblent formées de morceaux anguleux ou non arrondis, réunis par une sorte de pâte ou de gangue, dont la couleur, et toujours la texture, sont différentes; en veinés , en coquilliers ou lumachelles , etc. : tels sont encore la pierre à bâtir, \es stalactites, \ albâtre oriental qui est rarement blanc, mais d’un jaune de miel plus ou moins foncé par zônes, et qui reçoit un beau poli; la craie, le blanc d’Espagne, le tuf, etc. Ce sel pierreux se trouve principalement à la surface de la terre ; il paroît être , dars beaucoup de circonstances, le produit de la décomposition d’un grand nombre d’animaux. On le trouve tout formé dans les coquilles des mollusques et dans le test des crustacés. On em-

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ploie cette matière comme pierre à bâtir ; on en retire de la chaux en faisant rougir jusqu’au blanc les pierres qui la contiennent , et qui sont encore humides ; on en fait des vases, des statues, des crayons, des peintures communes à la détrempe.

On nomme chaux sulfatée, la pierre ou le sel terreux, qui est le produit de la combinaison d’un peu d’acide sulfurique avec beaucoup de chaux. Le gypse , la sélénite ou pierre à plâtre, est de cette nature. On la trouve pure et cristallisée; elle est alors en prismes à quatre pans , dont la base est un carré allongé et obliquangîe i^voyez Pl. iii, fig. 4 ) ; mais ordinairement elle est combinée avec la chaux carbonatéc, et en masse terreuse. Cette matière, privée de son eau de cristallisation par l’action duTeu , réduite en poussière et mouillée ensuite, redevient solide, ainsi que l’eau qu’on y a mêlée. C’est ainsi que l’on coule les statues en plâtre , et que l’on s’en sert comme d’un mortier. Quand on mêle à l’eau des matières gommeuses ou gélatineuses colorées , on obtient des platines àe diverses teintes, et plus solides , qu’on appelle stucs , surtout quand on y introduit quelques morceaux de marbre qu’on polit ensuite sur place. On nomme albâtre gypseux ou aïbastrite la chaux sulfatée compacte, avec laquelle on faisoit , sur le tour, des vases et des poteries sans anses ; de là le nom qui signifie difficile à saisir.

La chaux phosphatée vient ensuite : on la trouve presque pure dans les os des animaux , lorsqu’on les a fait brûler à un très grand feu ; mais elle se rencontre aussi , soit dans certains cristaux qu’on a nommés apatites et chrysolithes , qui ont la forme de prismes hexaèdres réguliers , Pl> iii , fig. 2 , soit en masse terreuse, comme dans l’Estramadure , en Espagne. On reconnoît la chaux phosphatée en ce qu’elle ne fait pas effer-

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vescence avec les acides, et que ses fragmens deviennent lumineux ou phosphorescens lorsqu’ils sont fortement chauffés. C’est principalement des os et de l’urine des animaux qu’on retire l’acide phosphorique , et par suite le phosphore (122), à l’aide d’autres acides , de la chaleur et du charbon.

En employant l’acide sulfurique affoibli par l’eau, versé sur une pierre nommée long-temps spath-fluor, on y a découvert la chaux unie à un acide qu’on peut en dégager sous forme d’un gaz appelé fluorique ou hfdrn-phtorique. Le corps brûlé qui compose cet acide n’est pas encore connu, parce qu’on n’a pu l’isoler en raison de ce qu’il attaque tous les vases. Il peut s’unir à l’eau, et alors c’est un liquide blanc qui rougit la couleur du tournesol. Son odeur est piquante , ainsi que sa saveur qui est même corrosive, ce qui l’a fait appeler phtore , nom qui signifie rongeur. Lorsqu’il est appliqué sur les matières animales, même vivantes, il les corrode et les désorganise rapidement. Cet acide jouit de la singulière propriété de ronger ou de corroder le verre en dissolvant la silice, comme l’eau-fo^ détruit le cuivre , de sorte qu’on s’en est servi pour graver sur le verre. Des lames de glaces polies , puis vernies, sur lesquelles on avoit fait des dessins avec une pointe, ont donné ensuite des gravures sur le papier. La chaux fluatée cristallise régulièrement en un solide qui a huit faces régulières, ou deux pyramides quadrangulaires adossées base à base, Pl. III, fig. 3. Elle forme de très belles masses colorées en bleu, en violet, en vert, disposées par couches en zig-zag très tranchées; elle reçoit un beau poli; malheureusement cette pierre est tendre, elle se raie facilement, elle offre beaucoup de glasures, elle est sujette à présenter de gros morceaux de calcédoine, de pyrites ou de galène qui s’opposent au poli qu’on voudroit lui donner; cependant on la travaille fort bien en Angleterre pour en faire des bijoux ,

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des vases évidés dont quelques uns ont près d’un pied "de diamètre.

La baryte sulfatée est une pierre très pesante; lorsqu’elle est cristallisée , on la nomme spath pesant, spath de Bohême. Ses cristaux sont dés prismes à quatre faces sur des bases en rhombe, Planche iii, fîg. 5. On ne les emploie pas dans les arts. La pierre dite de Bologne, qui apartient à ce genre ^ est phosphorescente quand elle a été exposée long- temps à la lumière. On trouve aussi dans la nature la baryte à l’état de carbonate. La strontiane est à peu près dans le même cas que la baryte; on la rencontre quelquefois cristallisée. Aux environs de Paris, à Montmartre, la strontiane sulfatée est en masse informe; celle qui est carbonatée nous vient d’Angleterre , ou bien elle est fournie par la chimie.

Les pierres qui sont essentiellement formées par l’alumine, et qu’on dit argileuses, sont des corindons; c’est sous ce nom qu’on range le rubis, le saphir. Le rubis spinelle des lapidaires est d’un rouge ponceau; le violâtre ou rosé est le rubis balais ; V escarboucle est rouge avec un reflet laiteux. On nomme aigues-marines les corindons d’un bleu verdâtre , et péridots ceux qui sont d’un vert jaune. Le saphir proprement dit est pâle ou sans couleur; il y en a aussi d’uh bleu moins foncé; le violet est dit améthyste orientale : ce sont des télési'es ; l’une d’elles , qui a l’apparence de l’opale , est dite girasol^ elle est d’un blanc laiteux chatoyant. La plupart de ces pierres, nommées gemmes orientales, proviennent en .effet de l’Inde, de Ceylan et du Bengale. Le spath adamantin et l’éméril sont les minéraux les plus durs après le diamant ; tels sont encore les grenats et la tourmaline. Uéméril vient de la Grèce, et en particulier de l’île de Naxos; on en tire aussi de Saxe. Il paroît qu’il contient un peu de ferj,

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car il agit sur l’aimant. C’est une sorte de pierre très dure, d’un gris plus ou moins foncé ou bleuâtre , qu’on prépare pour les arts en la broyant dans l’eau ^et en la faisant déposer de manière à obtenir une poudre de divers degrés de finesse, dont on se sert, soit avec de l’huile, soit avec de l’eau, pour polir les pierres et les métaux , en particulier pour donner le fil cà l’acier dont on a fait des instrumens tranchans. Les grenats sont des pierres très dures qu’on trouve ordinairement cristallisées et formant des solides à douze faces, chacyne de figure romboïdale , PL iv, fig. 5, et dont la couleur la plus ordinaire est d’un rouge fort éclatant. Ces pierres, qui sont en général d’un petit volume , reçoivent cependant un beau poli ; on en fait des colliers et autres objets de luxe. La tourmaline contient presque autant de silice que d’alumine., Cette pierre présente cette particularité que les prismes allongés qu’elle forme paroissent transparens dans un sens , tandis qu’ils sont opaques si on les considère dans un autre sens qui est celui de l’axe du prisme; les tourmalines deviennent électriques quand elles sont chauffées.

Les pierres siliceuses sont scintillantes, c’est-à-dire qu’elles produisent des étincelles lorsqu’on les frappe avec le briquet. Nous ne parlerons ici que de celles qui sont employées dans les arts ou comme objets de luxe. On les appelle quelquefois pierres quartzeuses; leurs fragmens usent et rayent l’acier et le verre ; purs , ils ne se fondent pas seuls au chalumeau ; il y a beaucoup d’espèces de quartz; le plus connu sous ce nom est celui qu’on appelle hyalin ou cristal de roche. C’est la matière siliceuse la plus pure. Il est transparent', il cristallise ♦ sous là forme d’on prisme à six pans terminé par deux pyramides à six faces, souvent appliquées base à base; c’est alors un dodécaèdre bipyramidal , PI. iv, fig. i, sur un prisme hexaèdre, PL III, fig. 2. Le quartz est souvent coloré; on lui

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donne alors différens noms : lorsqu’il est violet on le nomme améthyste ; rose , c’est le riihîs de Silésie ; jaune, c’est Va fausse topaze on de Bohême; d’un bleu verdâtre, c’est V aigue-marine orientale ; quand il est chatoyant ou à reflets nacrés , on le nomme œil de chat. Il en est de noir, d’enfumé, etc. Le sable pur est une sorte de quartz en grains plus on moins grossiers. On s’en sert sous le nom de pierre vitrifiable pour faire le verre , en le fondant avec les alcalis. Lorsque les grains de sable sont réunis, ils forment diverses sortes de grès plus ou moins durs et diversement colorés , dont on conhoît plusieurs variétés. Le grès, sous cet état, contient souvent beaucoup de chaux carbonatée qui le fait participer à son mode de cristallisation en rhombes; on le nomme alors quartzifère. Ces cristaux se trouvent à Fontainebleau. On fait avec le grès , des pavés , des pierres d’appareil , des meules pour aiguiser les instrumens tranchans ; il en est qui sont tellement poreux, qu’ils sont flexibles ou qu’ils peuvent servir à filtrer l’eau.

Les silex ou cailloux sont des quartzs non transparens ou des mélanges diversement colorés, dont la cassure est comme écailleuse ou résineuse ; ils contiennent un peu d’alumine et ils ne cristallisent pas. On distingue, i°. les agates dont la pâte est très fine et dont la cassure est terne comme celle de la cire : quoique colorées, les agates sont transparentes et reçoivent un beau poli. On leur donne différens noms d’après les couleurs : celles d’un rouge foncé sont dites cornalines ; celles d’un jaune brun ou orangé, sardoines ; les vertes, héliotropes ou chrysoprases ; les blanches d’une teinte laiteuse ou bleuâtre, calcédoines ; et celles qui sont en même temps irisées sont dites opales , ou girasols quand elles donnent un reflet rougeâtre. Il y a des agates mousseuses, herborisées, œiüées, tachetées, ponctuées. On nomme onyx celles dont les teintes colorées sont

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