‹ Elémens des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 33 sur 55 · CORPS INERTES. COMP. PIERRES MAGNÉSIENNES · texte numérisé non relu

CORPS INERTES. COMP. PIERRES MAGNÉSIENNES

1°. la serpentine ou les pierres ollaires , dont on fait des marmites, des poêlons, des fourneaux qui supportent très bien Taction du feu; X écume de mer dont on fait les fourneaux ou têtes des pipes en Natolie; elles sont recherchées en Grèce, en Russie et en Allemagne, a®. La stéatite , dont les Chinois font des pagodes et des magots; sa couleur varie du blanc sale au vert et au rose. 3°. La macle , qu’on trouve naturellement cristallisée en prismes dont la coupe transversale offre la figure d’une croix noire, ce 'qui la fait nommer encore pierre de croix. On attribuoit autrefois , par préjugé, beaucoup de propriétés à cette pierre, qu’on portoit comme amulette* 4°. Le talc , qui est une pierre dont la couleur varie, s’offrant sous l’apparence nacrée qu’elle communique à tous les corps sur lesquels on la frotte; elle est extrêmement grasse sous le doigt et très facilement divisible ; réduite en poudre très fine , ,on l’emploie pour préparer certains fards blancs ou roses, qui servent à la toilette des dames, en le colorant avec le carmin ou avec la fécule colorante rose que l’on retire du

carthame. Cette pierre est la base de certains crayons dits de pastels. La craie de Briançon est une sorte de talc blanc , très tendre; les tailleurs d’habits l’emploient pour tracer sur le drap les lignes qui indiquent la coupe; on s’en sert aussi pour

enlever les taches de graisse sur la laine et sur la soie; réduite en poudre , elle facilite le glissement , et c’est pour cela que les fabricans de bottes en font usage lorsqu’ils font essayer ces sortes de chaussures. On l’emploie aussi pour donner un brillant nacré à certains papiers de tenture.

Le mica, la dèrnière des pierres magnésiennes que nous allons indiquer, est remarquable par la propriété dont elle jouit de pouvoir éti*e divisée en feuillets ou lames excessivement minces et élastiques, dont la surface imite souvent l’éclat des métaux. Tantôt i! est en grandes feuilles minces,,

CORPS INERTES, composés, ROCHES.

transparentes, qu’on peut employer comme vitraux; c’est ce qu’on nomme le verre ou le talc de Moscovie , qui sert dans ce pays, et qu’on emploie aussi dans la marine, parce qu’il n’est pas sujet à se briser par la détonation de la poudre à canon. Celui qui se trouve mêlé avec le sable, et qu’on en extrait par les lavages, varie pour la couleur : quand il est jaune on le nomme poudre d'or, quand il est blanc poudre d’argent, quand il est noir poudre de deuil , et c’est sous ces noms que le débitent les papetiers pour absorber l’encre qui ne sèche pas assez rapidement sur le papier écrit, poudre qui a le grand avantage de ne pas rayer les meubles de bois polis, les cuirs des bureaux et le marbre, comme les sables ordinaires.

Les mélanges de terres, soit entre elles , soit avec les pierres et les substances métalliques, portent le nom de roches. On peut les ranger d’après l’ordre des terres qui sont en plus grande quantité dans leur masse. Quoique, dans le langage ordinaire , le nom de roches indique de la dureté , plusieurs des minéraux qui se trouvent rapportés ici sont mous, et forment des masses qui n’ont pas .beaucoup de solidité, surtout lorsqu’on les observe au moment où elles sont extraites de la terre. Parmi les roches calcaires sont placés les marnes et les tufs (206). On rapporte aux roches alumineuses les argiles (207), les ocres (209), les schistes (210) , les cornéennes (211). Parmi les siliceuses sont les roches feldspathiques (212), enfin les tripolis, les laves, les verres volcaniques, les ponees, etc. (2i3)

Les marnes sont des mélanges d’argile et de chaux carbonatée pour la plupart, comme le prouve l’analyse; elles varient beaucoup pour les couleurs , la finesse des grains ou des molécules intégrantes. Les marnes argileuses servent surtoijt a faire des poteries et des< faïences. Les j^etites masses ou ta-

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blettes que l’on vend à Paris sous le nom de pierre à détacher, est une marne de couleur grise, marbrée de brunâtre, qui se trouve à Montmartre entre les lits de gypse , disposée par bancs comme feuilletés. Les marnes calcaires sont souvent exploitées pour être employées par les cultivateurs qui la répandent dans les terres trop compactes, afin de les rendre plus perméables à l’eau et faciliter ainsi la végétation. Les tufs sont des masses de chaux carbonatée, impure et poreuse, qui contient de l’alumine et beaucoup d’autres matières. Ils forment des dépôts considérables. Quand on tire les tufs de la terre, ils sont humides, pesans et mous; mais à l’air ils se dessèchent, deviennent légers et très durs; ils servent aux constructions. Il est des tufs qui sont évidemment le résultat de concrétions produites par des infiltrations.

U argile est un mélange naturel de silice et d’alumine dont les proportions respectives varient beaucoup , ainsi que la couleur. Les masses argileuses séchées répandent une odeur particulière lorsqu’on les humecte; elles forment avec l’eau une pâte qui, desséchée lentement et exposée à un feu violent, ’ devient très dure, et perd la propriété de se délayer dans l’eau, comme elle l’avoit auparavant. L’argile un peu sèche a tant d’affinité pour l’eau , qu’elle, happe fortement à la langue. Lorsqu’elle est humide et qu’elle contient peu de sable , elle se polit sous le doigt, se laisse couper par tranches très minces; on la façonne sur le tour, on la moule ; aussi fait-elle la base de toutes les poteries.

On distingue beaucoup d’espèces d’argiles, telles que les glaises à potier, ou figulines , les argiles plastiques de diverses couleurs, les terres a foulon, les terres à pipe , les pierres à détacher, les kaolins. C’est avec les argiles communes qu’on fait la brique, les tuiles, les carreaux, les fourneaux; toutes

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les poteries rouges et ordinaires, ainsi que la vaisselle blanche, comme la faïence. C’est avec une sorte d’argile très blanche , composée de silice et d’alumine à peu près en égale proportion, absolument infusible au feu, et dite pour cela même apyre , qu’on fait la porcelaine. On garnit de glaise les fonds des bassins et des citernes , et de toutes les fosses où l’on veut retenir l’eau et la conserver. On emploie la terre à foulon pour enlever aux fils des étoffes de laine la graisse ou l’huile dont on les avoit enduits afin de les travailler plus facilement.

Les ocres sont encore des argiles dans lesquelles il entre une forte proportion de silice, et qui sont colorées fortement par le fer. On les distingue par les couleurs : la sanguine, dont on fait des crayons ; on l’exploite principalement en Bohême et dans diverses contrées de l’Allemagne. Ce sont les crayons rouges naturels ; mais on en fait d’artificiels qui sont plus recherchés et meilleurs pour le dessin : il entre alors dans leur composition la substance même de la sanguine purifiée par des lavages, un peu d’eau gommée et savonneuse qui leur donne plus de liant et de moelleux. Le hol d’ Arménie , la terre sigillée de Lenïnos sont des ocres rouges. U ocre jaune , qui devient rouge lorsqu’on le chauffe fortement, et qu’on nomme alors calciné , sert beaucoup en peinture , surtout broyé avec l’huile siccative; c’est avec cet ocre ainsi rougi par l’action du* feu qu’on met en couleur les carreaux de nos appartemens. Il en est de même de la terre de Sienne , qui prend par l’action du feu une teinte d’acajou, et qu’oû dit alors brûlée.

Les schistes sont des argiles qui se débitent par lames , et qu’on nomme à cause de cela feuilletées. Réduites en poussière elles ne font pas une pâte, avec l’eau. Telles sont les ardoises qui se trouvent dans la terre en grandes masses dont les feuilles sout constamment inclinées à l’horizon. On s’en- sert

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