CORPS INERTES. COMPOSÉS. ROCHES
pour couvrir les bâtimens. Les meilleures n’absorbent pas l’eau. Quelques schistes sont d’un grain fin , tels sont les crayons gris avec lesquels on écrit sur les ardoises ; d’autres sont très durs à cause de la silice qu’ils contiennent j on les emploie comme pierres à aiguiser ou plutôt à repasser, tels sont la pierre à rasoir f qui est formée de deux couches, l’une noire et l’autre jaune; elle vient des environs de Namur, de Liège: c’est le schiste coticule des Ardennes ; la pierre à lancettes, qui est d’un gris verdâtre, et celle dite h Veau, , avec laquelle on donne un premier poli aux métaux. C’est encore à cet ordre des schistes que l’on ra'pporte la pierre noire dite graphique et Vampelite noire qui servent de crayons aux tailleurs de pierre , et la pierre nommée d’Italie , qui est un schiste argileux à grain très fin, moelleux, qui peut se tailler ‘en pointe déliée pour les dessins les plus délicats.
Les roches dites cornéennes sont encore des schistes plus durs qui ont une odeur argileuse lorsqu’on les humecte; le trapp est dans ce cas; cette roche constitue des montagnes entières dont la surface ést comme disposée en gradins ou en marches d’escalier. La pierre de touche ou la pierre de Lydie est une espèce de ce genre. Nous avons dit l’usage qu’en font les orfèvres pour juger par aperçu le titre de la pureté de l’or des bijoux (i8i) , parce qu’elle n’est pas attaquable par l’acide nitrique.
\j.e feldspath contient assez de silice pour être scintillant. Il présente constamment une cassure lamelleuse , et il se fond au ' chalumeau en formant un émail. Il cristallise en un parallélipipède à angles obliques, dont deux des côtés sont toujours ternes, et les autres brillans. Pl. iv, fig. 6. Ce minéral est très abondant dans la nature, et présente beaucoup de variétés. Ce sont des pierres très dures , malheureusement souvent fen-
' CORPS INERTES. COMPOSÉS, rocijes. 129
dillées. On recherche pour les couleurs Vadulaire, du nom latin qui indique le mont Saint-Gothard, appelée aussi pierre de lune , ou bien encore œil de poisson : c’est un feldspath transparent qui est d’un chatoyant argenté ; X aventurine naturelle , car on en fabrique d’artificielle, qui est de couleur variable, mais avec des paillettes brillantes; la pierre de Labrador, ou le spath étincelant, qui est irisé, et qui présente des reflets changeans des plus belles couleurs vertes , blanches, rouges, jaunes, grises, argentées; enfin le pétuntzé des Chinois, qu’on a retrouvé en France, et qui donne à la porcelaine de la solidité et un aspect vitreux. Les porphyres, granits, \q% gneiss , sont presque entièrement formés de feldspaths. C’est parmi ces derniers qu’on trouve le lî>*ulite, ou lapisdazuli , qui donne Xoutremer, dont on se sert en peinture.
Les tripolis contiennent considérablement de silice dans un
état de division extrême; ils semblent être le résultat de l’action du feu et de l’eau , et s’étre déposés par couches qui ont pris ensuite de la consistance. La plupart sont rougeâtres. Les plus fins sont appelés' ten-e pourrie par les artisans. On s’en sert pour polir les pierres et les métaux. Les laves produites par le feu des volcans, quand elles sont en masses homogènes, sont dites basaltes', elles varient pour la couleur, pour la finesse du grajn et l’aspect de la cassure qui est souvent poreuse ou cellulaire, et elles contiennent beaucoup de corps étrangers. On les appelle ordinairement laves compactes ; elles forment des masses entières de montagnes qu’on dit alors basaltiques. Celles de l’Auvergne sont dans ce cas , et une partie de celles des Cévennes. Quand les laves sont boursouflées, de manière que la partie compacte forme mo>|is de volume que l’espace compris par les vides , on les nomme des scories. Nous avons déjà parlé des basaltes en traitant des pierres siliceuses (202). Les verres volcaniques ont reçu le nom de roches obsidiennes.
i3o CORPS INERTES. COMPOSÉS. FOSSILES.
C'est une sorte de verre produit par les volcans ; on en fait au Pérou et au Mexique des miroirs et des lames tranchantes. Les couteaux des naturels mexicains étoient faits le plus souvent avec cette matière. La pierre ponce est une masse spongieuse très légère qui paroît être aussi un produit volcanique ; son grain est très fin ^ mais assez dur pour polir l’acier et le verre; ordinairement sa texture est fibreuse et poreuse, ce qui la rend assez légère pour flotter sur l’eau ; elle paroît d’une couleur grisâtre soyeuse. La plus connue vient des îles de Lipari. Réduite en poudre et unie à la chaux, elle forme un excellent ciment connu sous le nom de pouzzolane blanche.
La dernière division des minéraux comprend les corps ou matières fossices, ou celles' qui proviennent des débris des végétaux et des animaux. On peut aussi les diviser en combustibles et en non combustibles. C’est parmi les premiers qu’on rangeroit les bitumes, le succin, l’anthracite et le graphite, le lignite, les houilles et les tourbes qui contiennent principalement du charbon. Les autres fossiles ont fait partie des corps organisés; on les nomme pétrifications , et leur étude particulière est appelée orjctographic : tels sont les os des animaux vertébrés suivant leurs classes, les tests des crustacés, les empreintes de poissons, de crustacés, d’insectes et autres animaux; enfin, les coquilles fossiles et les moules intérieurs. Il y a aussi des végétaux fossiles, tels que des troncs d’arbres, des tiges, des feuilles, des fruits entiers, des semences diverses. Dans ces pétrifications , qui ne sont souvent aussi que des empreintes, la chaux carbonatée, le silex, les pyrites, ont pris presque constamment la place des parties organisées dont elles ont rempli les cavités (220). Il faut encore distinguer des pétrifications les arborisations ou dendntes , qui représentent des dessins de petits arbres au de plantes à tiges et à
CORPS INERTES. COMPOSÉS, fossiles. i3i '
feuilles ramifiées. On les observe ordinairement dans les fissures de pierres, dans le quartz, dans les> agates.
Les bitumes sont des huiles fossiles, analogues à celles qu’on peut obtenir des végétaux soumis à une violente pression et à l’action du feu ; ils brûlent facilement et donnent beaucoup de fumée noire ; ils. sont plus ou moins liquides. On nomme naphte , ou huile de naphte, celle qui est d’un blanc jaunâtre, très odorante, beaucoup plus légère que l’eau. Ce qu’on nomme pétrole, ou huile des pierres, est noire; mais onia purifie par la distillation. On appelle pisasphalte , poix minérale, ou malthe , la partie la plus épaisse qui est une sorte àe goudron minéral; enfin \ asphalte, beaucoup plus dur, est le bitume solide, et le caoutchouc minéral, une variété qui est molle et moins colorée. °
Le succin ou X ambre jaune est une sorte de résine fossile , d’une couleur jaune, plus ou moins transparente et foncée ; elle peut recevoir et conserver un beau poli. C’est dans cette substance, que l’électricité s’est fait d’abord reconnoître par le frottement, On la trouve en morceaux épars, plus ou moins gros, principalement sur les bords de la Baltique. On fait avec le succin des bijoux et des petits ornemens; il entre dans la composition de certains vernis. Uni avec de l’huile et à l’aide du frott^ement, on Kapplique sur le bois en lui donnant un mou vement rapide, comme on peut le faire sur le tour.
U anthracite est un charbon minéral très noir, qui ne donne au feu , par le contact de l’air, que de l’acide carbonique. Le graphite, qu’on nomme ordinairement et improprement mine de plomb est d’un gris noir métallique; il laisse des traces
de la meme couleur sur presque tous les corps; il contient du charbon , et pas un dixième de fer. On le trouve dans la terre