‹ Elémens des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 35 sur 55 · J 32 CORPS INERTES. COMPOSÉS. FOSSILES · texte numérisé non relu

J 32 CORPS INERTES. COMPOSÉS. FOSSILES

en masses informes; on en fait des crayons; on en enduit le fer pour le préserver de la rouille ; on en frotte le bois pour le faire mieux glisser sur les essieux et dans les engrenages; il entre dans la composition des creusets des fondeurs.

Les lignites sont des bois fossiles ou des débris de végétaux non bitumineux dans lesquels on reconnoît souvent le tissu organique. Le jayetou le Jais, dont on fait des petits bijoux de deuil, est un lignite noir qui reçoit un beau poli. La terre de Cologne , qu’on emploie dans la peinture, et qu’on brûle dans le pays, est un lignite terreux. La tourbe, qui est un composé de débris de végétaux, est employée comme combustible; celle dite pyriteuse ou terre-houille , que l’on brûle en plein air, fournit des cendres rougeâtres que l’on verse sur les prairies ; on peut en tirer aussi du sulfate de fer.

La houille ou charbon de terre présente diverses variétés : souvent elle est en masse qui se casse par fragmens, en carrés allongés et réguliers. La houille contient plus ou moins de bitume. Elle se trouve souvent déposée dans la terre par couches d’épaisseur très inégale, mais avec une sorte de régularité, comme on le voit Pl. v, fig. 3 , 4 et 5. Les bancs de houille forment ainsi des filons très souvent dérangés , que l’on exploite par différens procédés. On se sert de la houille pour alimenter le feu des foyers et des fourneaux de forges; on la distille et on la carbonise. Le charbon de houille se nomme coak ou coke. Oiv^etire de la houille, par la distillation, du gaz hydrogène carboné qui sert à l’éclairage ; on en obtient aussi des bitumes , du noir de fumée.

Tous les autres fossiles dont il nous reste à parler, ne sont pas combustibles. On les distingue en produits des végétaux , et en ceux qui ont fait partie des animaux dont ils portent

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des empreintes très reconnoissables. La plupart des fossiles végétaux sont changés en une matière siliceuse. C’est ainsi qu’on observe des troncs d’arbres de diverses familles, dans lesquels le tissu du bois, quoique changé en agate ou en silex, est cependant fort reconnoissable. On retrouve des morceaux qui ont tout-à-fait la forme des noyaux de fruits et des semences de plusieurs végétaux j les feuilles meme ont laissé des empreintes très distinctes, soit sur le silex, soit dans les schistes et les houilles; ce qu’il y a de très remarquable, c’est que la plupart de ces empreintes de feuilles semblent appartenir à des familles de plantes tout-à-fait différentes de celles qui se trouvent croître naturellement dans le climat où est le gissement du minéral. C’est ainsi qu’à Paris, dans les marnes argileuses de Montmartre , on a observé des morceaux de bois de palmier siliceux, très reconnoissables à leur structure, et qui, dans leur cassure transversale , étoient encore poreux et tubulés. Il faut distinguer les pétrifications d’avec les concrétions , qui sont aussi des substances pierreuses et meme mé-

talliques , formées dans certains vides dont ils ont pris la forme en relief, et dans lesquelles on a cru trouver des analogies de formes avec des miches, des roseaux, des têtes de chats, des oreilles ou d’autres parties d’animaux. Il y a aussi des incrustations produites par certaines eaux chargées de molécules pierreuses, qui les déposent sur tous les corps qu’on y plonge. On voit souvent , dans les cabinets des amateurs , des nids d’oiseaux avec leur mère emplumée et ses petits, des fruits de châtaigniers avec leurs feuilles ; quelquefois même on obtient ainsi des albâtres moulés en relief, dans des creux pratiqués sur des plaques de soufre qui ont pris l’empreinte d’autres moules en relief ; tels sont ceux des bains de Saint-Philippe en Toscane.

Les animaux ou parties d’animaux fossiles sont aussi très

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