‹ Elémens des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 36 sur 55 · CORPS INERTES, COMPOSÉS, FOSSILES · texte numérisé non relu

CORPS INERTES, COMPOSÉS, FOSSILES

communs dans la nature, La plupart se rencontrent dans les terrains d’alluvion, c’est-à-dire dont les couches paroissent avoir été déposées par un liquide. Ceux qui ont appartenu à des espèces qui avoient leurs os à l’intérieur, n’y ont laissé, pour la plupart, que leur squelette. Tels sont, en particulier, les mammifères et les oiseaux ; mais tantôt leurs os sont épars et brisés, tantôt, au contraire , on reconnoît que toute la charpente étoit dans une meme place, et que les dérangemens tiennent à des causes que l’on peut apprécier. Les reptiles et les poissons ont souvent laissé leur empreinte totale, et reconnoissable surtout pour celles qui ont été formées par des espèces dont le corps avoit extérieurement beaucoup de solidité. La plupart des espèces d’animaux vertébrés fossiles ont appartenu à des êtres tout-à-fait différens ou de ceux qui existent aujourd’hui , ou au moins de ceux qui habitent maintenant dans le même climat.

Parmi les fossiles animaux, ce sont les coquilles qui sont en plus grand nombre; mais la plupart sont aussi des empreintes de corps dont on ne connoît plus les véritables analogues. Telles sont les ammonites , ou cornes d’ammon, qui paroissent avoir été des coquilles à cloisons , comme les nautiles ; les or~ thocérntites , les hélemnites , qui ont fait partie, ou qui sont les empreintes d’animaux tout-à-fait inconnus dans l’état vivant. Il en est de même des encrinites , des trilobites , dont quelques analogues ont seulement été observés dans les mers des Indes et du Sud. C’est surtout parmi les mollusques et les zoophytes marins que l’on observe le plus de fossiles, dans les parties les plus profondes de la terre, comme dans des couches fort élevées des montagnes. Ce sont des témoins muets, mais irréfragables , des grandes révolutions que notre globe a éprouvées; et on peut faire à ce sujet la même observation que pour les végétaux : c’est que les analogues des animaux fos-

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siles sont souvent aujourd’hui vivans dans des mers dont la température moyenne est tout-à-fait différente; de sorte qu’on observe communément en Europe des débris de quelques animaux qui ne se rencontrent que dans les mers de la zone torride. Au reste, la présence des fossiles dans les couches de la terre dénote que le terrain est de formation secondaire , telles que les glaises schisteuses, les argiles, les ardoises, les craies, les marnes, les marbres, les sables, les grès, et jamais dans les masses quartzeuses et granitiques , ou feldspalhiques.

Nous avons annoncé (79) qu’en terminant i’histoire des minéraux, nous parlerions d’une manière générale de la situation relative des diverses couches qui forment les terrains ou les masses distinctes de la terre. Cette partie de la science de notre globe, qui porte en général le nom de géologie , est appelée en particulier la géognosie , ou connoissance de la disposition intérieure ou de la structure du globe; tandis que la géographie fait connoître l’extérieur de la terre, sa forme générale et ses rapports avec les astres, les saillies et les enfoncemens de sa surface, comme les montagnes, les plateaux, les mers, les fleuves, les rivières, ef tous les phénomènes principaux qui ont lieu constamment dans les différentes régions.

Ce sont les travaux des hommes, entrepris principalement pour l’exploitation des mines, qui ont fait connoître ce qu’on pourroit appeler l’anatomie de la terre. On a reconnu que sa structure intérieure étoit à peu près la meme dans toutes les régions ; qu’elle paroissoit formée de grandes masses composées à peu près des memes minéraux associés entre eux dans un ordre presque toujours constant. Ces grandes masses ont reçu des géologistes le nom de terrains , et ils en ont distingué de quatre sortes principales auxquelles ils ont donné des noms différons, savoir : 1°. les terrains primitifs ou primor--

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diaux qui sont formés de roches homogènes, ou sans mélange de fragmens d’autres roches, et privés de débris de corps organisés , ou de fossiles ; 2”. les terrains secondaires , qu’on a encore nommés intermédiaires ou de transition, dans la masse desquels on distingue des fragmens d’autres roches, soit anguleux, soit arrondis, réunis ou agrégés, et quelquefois des fossiles, mais dont les analogues sont tout-à-fait perdus; 3®. les autres terrains sont plus superficiels; tantôt ils doivent leur origine à l’action de l’eau qui les a déplacés, divisés , mêlés et portés ailleurs ; ce qui les a fait nommer terrains de transport ou éé allumions; 4". enfin, tantôt ils ont été soumis évidemment à l’action des feux souterrains , qui a modifié diversement leur structure, en y mêlant des fragmens d’autres minéraux, soit d’une manière intime dans une sorte de fusion, soit en enveloppant dans une pâte molle ou liquide des fragmens de roches ou des cristaux de nature diverse; ce qui leur a valu le nom de terrains produits ou engendrés par le feu , pyro^ènes aw volcaniques Les observateurs ont cru devoir

ranger les terrains primordiaux dans l’ordre suivant, d’après leur ancienneté présumée : les granits purs et ceux qui offrent des filons mélangés de porphyres, de gneiss, de micaschistes et de phyllades, c’est-à-dire de roches entremêlées de schistes plus ou moins purs. Mais alors ces terrains commencent à avoir la plus grande analogie avec ceux de seconde formation. Cependant presque constamment l’existence du mica ou du talc précède l’apparence des roches quartzeuses ou des calcaires primitifs.

La plupart des terrains primitifs forment des roches très dures , composées principalement de feldspath et de quartz le plus souvent cristallisés. Ils constituent les sommités les plus élevées du globe; on les retrouve aussi dans les plus grandes profondeurs de la terre. C’est à la série des terrains

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primordiaux que l’on rapporte les granits , les gneiss y ceux où le mica domine, ce qui les rend comme schisteux, et qu’on nomme micaschistes et phyllades. Viennent ensuite les porphyres y qui sont des roches cornéennes, composées d’une sorte de pâte ou de ciment coloré, dans lequel on voit des cristaux blancs ou d’une autre teinte; puis les roches quartzeuses mélangées tantôt de mica, de talc, de quartz pur et de jaspe; tantôt de serpentine et autres roches magnésiennes; enfin de ces calcaires primitifs qui fournissent les plus beaux marbres. C’est dans ces dernières couches que gissent la plupart des minerais, le soufre, le mercure, et beaucoup de métaux, tels que le plomb, l’or, l’argent, le cuivre, le graphite et les filons ou les couches de fer oligiste, et en grandes tables, dites spéculaires.

Les terrains de transition ou intermédiaires, comprennent encore des roches qui ont été transportées, déplacées comme par une force physique ; on distingue les masses qui les constituent d’après la matière qui s’y fait principalement remarquer; tels sont le mica, le talc, le quartz, la chaux. C’est dans ces terrains qu’on rencontre le gypse ou la chaux sulfatée primitive , et le sel gemme ou chlorure de soude. On y exploite aussi les couches ou les amas d’anthracite et les filons de houille. On y rencontre souvent quelques fossiles ou des empreintes de végétaux et animaux , surtout le calcaire coquillier, qui contient des ostracites, des ammonites, des béleinnites, des gryphites , beaucoup d’astroïtes. Ces circonstances démontrent, de la manière la plus évidente, les grandes catastrophes qu’ont dù éprouver ces terrains intermédiaires dont les bouleversemens , les renversemens en masses énormes ont eu lieu dans des directions très variées. Ces grands événemens qui ont ainsi changé la surface de notre globe sont, à la vérité, dans le plus grand nombre des cas, tout-à-fait inexpli-

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cables, parce que nous manquons des renseignemèns qui se- ♦

roient nécessaires sur la nature primitive des lieux. Ces débris de corps évidemment organisés qui composent la masse des houilles, ont certainement végété à la surface de la terre, puisque leurs analogues ne se rencontrent aujourd’hui que dans des climats et sur des sols tout-à-fait différens de ceux qui recouvrent maintenant leurs débris. Les restes des coquilles et des animaux marins, quoique déposés à des distances énormes des eaux dans lesquelles ils viyoient, iTont, en aucun point, leurs surfaces altérées. Voilà autant de témoignages irrécusables du changement brusque et subit de ces terrains de transition. Encore faut -il faire abstraction de la véritable origine de ces masses énormes de sels pierreux, et surtout des calcaires sulfatés dont on ne peut attribuer l’existence sous cette forme qu’à l’union accidentelle de l’acide du soufre étendu d’eau, qui s’est combiné avec la chaux pour lui donner cette composition nouvelle et transitoire.

Les terrains de transport et d’ali uvions sont principalement composés de glaises, de marnes ^ de sables, de grès, de calcaire , de craie , de tufs , de silex et de gypse. Les glaises et les marnes ainsi superposées , occupent bn général les régions inférieures de ces terrains; les sables, les grès viennent ensuite; puis les meulières, ensuite les calcaires dans lesquels se trouvent disséminés les silex en rognons ou en couches. On distingue ces chaux carbonatées en calcaires grossiers , c’est-à-dire à gros grains inégaux, formant des masses solides stratifiées; en siliceux et en calcaires //’ertw douce , c’est-à-dire dans lesquels on retrouve des coquilles entières ou en débris qui sont analogues à celles de nos mollusques d’étang ou de rivière. Le gypse forme des masses ou assises séparées par des lits de marne. Celui dont le grain est plus grossier appartient aux bases inférieures; c’est dans les couches moyennes

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