‹ Elémens des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 44 sur 55 · BOTANIQUE DE LINNÉ · texte numérisé non relu

BOTANIQUE DE LINNÉ

niune dans les jardins , et qu’on lui donne encore le nom de

héquette.

Après avoir ainsi donné une idée du système de Tournefort, qui est une sorte de méthode imparfaite, parce qu’à l’époque où cet auteur écrivoit, on ne connoissoit pas encore assez de plantes pour saisir leurs rapports, voir leur analogie, et former des coupes plus distinctes et pins nombreuses; nous allons essayer de faire connoîtrele système botanique de Linné.

Charles de Linné ou Ltnnæus, né en Suède en 1707, est le savant qui a vu et décrit le plus grand nombre d’objets d’histoire naturelle. Il a publié ses recherches et son système de botanique depuis l’année 1737 jusqu’en 1777. Cet auteur, pour établir son système , u’a eonsideré dans les plantes que les organes de la génération , mâles et femelles ; aussi appellet-on l’arrangement qu’il a inventé le système sexuel.

D’après cette manière d’étudier, on a fait vingt-quatre classes de toutes les plantes, suivant le nombre, l’insertion, la longueur respective , la réunion ou la séparation des étamines. C’est à la dernière classe , appelée cryptogamie , qu’appartiennent les plantes sur lesquelles on ne voit point de fleurs, comme les champignons , les fougères, les mousses, les varecs et beaucoup d’autres. On a observé des fleurs ou des organes de fructification bien distincts sur tous les autres végétaux.

Chez les uns , les fleurs contiennent en même temps les organes mâles et femelles, c’est-à-dire qu’il y a des étamines et des pistils réunis : on les nomme hermaphrodites ; les autres , au contraire, n’ont que des étamines ou des pistils séparés; ils sont dits unisexiiels , et ils forment les trois avant-dernières classes. Tantôt les étamines et les pistils sont situés dans des

fleurs différentes, mais sur un meme pied; c’est le cas

de la vingt-unième classe , qu’on nomme monoécie. Nous en

avons des exemples dans le blé de Turquie, la citrouille, le

noyer, etc. Tantôt les fleurs mâles sont situées sur un pied de

plante différent de celui qui porte les femelles; cette dispo- «

sition constitue la classe de la dloêcie , le chanvre , le houblon , le saule , etc. , sont dans ce cas ; ou enfin l’on observe sur un même végétal des fleurs mâles, d’autres femelles, et quelques unes qui ont tout à la fois des étamines et des pistils. Tel est le caractère de la vingt-troisième classe , qu’on désigne sous le nom de polygamie , et dont la pariétaire, l’arroche, le frêne , etc. , peuvent être cités comme exemples.

Quatre considérations principales ont fait ensuite ranger les plantes à flenrs h^‘rmnpliroclii:#>e dans Ipq vingt premières i classes; savoir, i®. d’après le nombre des étamines, quand . elles sont isolées , à peu près de même longueur, et qu’il n’y en a pas plus de douze, ce qui forme les onze premières classes; 2°. quand il y a plus de douze étamines, on recherche le lieu de leur insertion, si on les enlève avec le calice ou non, ce qui constitue les deux classes suivantes ; 3°. s’il y a quatre ou deux étamines, dont deux plus longues ou de proportion inégale, cette particularité détermine les quatorzième et quinzième classes; 4°- si les étamines ont quelque connexion , soit entre elles, soit avec le pistil, ces plantes constituent les cinq autres classes.

Linné a composé , pour chacune de ces classes , des noms qui tous indiquent le caractère essentiel ; ainsi , pour les treize premières classes , il a donné aux mots grecs qui expriment les nombres , la désinence andrie , qui signifie mâle ou étamine ; de sorte que monandrie (voyez PL vi, fig. 1) veut dire une étamine; diandrie , deux ( fig, 2); triandrie , trois (fig. 3);

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tétrandrie, quatre (fig. 4) ; pentandrie, cinq ( %. 5) ; hexandrie, six (fig. 6) ; hcptandne, sept (fig. 7 ); octandrie , huit (fig. 8) ; ennéandrie , neuf (fig. 9); décandrie , dix (fig. ïo); dodécandrie, douze (fig. 11); icosandrie , vingt (fig. 12); et polyandrie (fig. i3), beaucoup d’étamines. Mais ces deux dernières classes sont plutôt distinguées par l’insertion des étamines que par leur nombre précis. En effet, le caractère de la douzième classe réside dans cette particularité, qu’on ne peut pas enlever le calice de la fleur, sans arracher en même temps les étamines, qui sont quelquefois au nombre de vingt. Le caractère opposé, ou la non^adhérence des étamines au calice , est le propre des plantes polyandres de Ifinné. Le nombre est donc peu important , quand il excède celui de douze.

Les quatorzième et quinzième classes ont pris la terminaison dynamie, qui signifie puissance, parce qu’il y a alors deux ou quatre étamines plus longues : ainsi l’une s’appelle didynamie ( fig. 1 4 ) > comme l’ortie blanche ; l’autre tétradynamie ( fig. 1 5 ) , comme le chou , la giroflée. Les trois classes suivantes ont aussi reçu des noms de nombre, auxquels Linné a joint le mot adelphie , qui signifie parenté ou venant d’une même tige. La seizième classe s’appelle donc monadelphie (fig. 16) , telles sont les mauves : la dix-septième, diadelphie (fig. 18), comme les pois; et la dix-huitième, polyadelphie (fig. 19) , dont l’oranger, le millepertuis sont des exemples.

La dix-neuvième classe se nomme syngénésie (fig. 20, 21), ce qui signifie génération simultanée, parce qu’en effet toutes les anthères des étamines sont réunies et s’ouvrent ensemble , ce qui a encore fait appeler cette classe la synanthérie. Telles sont les plantes composées, comme le pissenlit, le bluet, etc. Enfin par le mot gynandrie (fig. 22, 24 ) , qui signifie femelle

et mâle, Linné désigne la vingtième classée, dans laquelle les anthères des étamines sont portées par le pistil, comme dans les orchidées , la fleur de la passion ou grenadille.

Linné a lui-même dressé un tableau du système sexuel : en voici à peu près la traduction en français; c’est ce qu’il nomme la clef de la botanique.

CS

({ unique.

double .

triple au moins . . .

f pistils

fsnr un même pied

sur deux plantes

avec des fleurs à deux sexes . .

Vabsence ou leur invisibilité'.

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