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CHAPITRE XI

De la classification des animaux , d apres leurs fonctions .

Il est constant que la présence des organes du mouvement et des sensations, caractérise suffisamment les animaux (24 2); or, plus les facultés de se mouvoir et de sentir seront développées chez eux , plus ils s’éloigneront des végétaux et réciproquement en sens inverse. C’est en considérant cette complication et ces perfectionnemens de l’animalité , qu’on est arrivé à la classification de ces êtres, comme nous allons le faire voir dans ce chapitre.

Supposons des êtres animés, doués de la faculté de se reproduire par germes, par boutures, par drageons, par marcottes, susceptibles de se dessécher, et de reproduire les phénomènes de la vie, ou de renaître en apparence par le contact de la lumière et de l’humidité; ne pouvant exister que dans les liquides , au milieu même de leur nourriture. Des animaux ainsi constitués doivent être très voisins des végétaux, car souvent ils sont fixés, adhérens dès leur naissance dans un point de l’espace; ils plongent dans leurs alimens, que plusieurs absorbent par des pores extérieurs; enfin ils ne développent que peu ou point de mouvement. Souvent leurs parties sont distribuées autour d’un axe et en rayons; on n’observe chez eux ni nerfs distincts, ni organes des sens, à l’exception du toucher passif; quelques uns n’ont pas de véritable tube alimentaire ou digestif, mais un simple sac à un ou à plusieurs orifices destinés tout à la fois à l’entrée et à l’issue des substances alimentaires. Jamais ils n’offrent d’organes distincts pour la circulation ni pour la respiration;

enfin , très souvent ils sont privés des organes du mouvement ; quand ils en produisent, c’est par la totalité de leur corps suspendu dans un liquide, parce que leurs formes et leur étendue peuvent changer. Ils constituent , pour les naturalistes, la dernière classe des animaux ; ceux qui se rapprochent le plus des plantes, aussi les nomme-t-on Zoophytes. Il faut avouer cependant que cette dernière classe des animaux en renferme beaucoup qui paraissent fort compliqués dans leur structure , mais qui se soustraient aux recherches anatomiques à cause de leur exiguité , de la mollesse et de la ténuité de leurs organes. (688)

Tiennent ensuite des animaux condamnés aussi pour la plupart à vivre dans l’eau, où les mouvemens qu’ils exécutent sont lents et souvent peu sensibles. Cette circonstance semble les avoir privés de plusieurs des organes des sens ; quoique munis de nerfs, ils les ont simples ou avec peu de renflemens. Le plus souvent leur corps est très mou, non symétrique, sans membres articulés, protégé par des coquilles plus ou moins solides ou par des croûtes solides d’une seule ou d’un petit nombre de pièces; ils sont toujours munis de vaisseaux, ayant par conséquent une circulation et des organes propres à la respiration, lesquels varient suivant qu’ilshabitent un milieu fluide, liquide ou gazeux. Us offrent tantôt un mode de génération semblable à celui des plantes , tantôt la triple complication d’un sexe distinct , individuel , ou des deux sexes réunis dans un même être , soit comme hermaphrodites , soit comme androgynes : tels sont les Mollusques. (710)

Les animaux qui appartiennent aux classes suivantes ne sont pas beaucoup plus parfaits que ces derniers. Condamnés aussi pour la plupart à vivre dans l’eau ou dans un milieu constamment humide et obscur, ils sont privés de presque tous les organes des sens; cependant ils ont des nerfs bien

distincts , noueux ou à renflemens , dont partent des filamens rayonnés qui se rendent aux organes, et qui s’y terminent. Leur corps porté sur une tige régulière et symétrique se divise, il est vrai, en anneaux, qui se prêtent facilement à la locomotion; mais il n’est pas muni de ces appendices articulés qui constituent des membres. Xeurs organes sexuels sont réciproquement nécessaires aux individus , et le plus souvent distincts et séparés sur deux êtres qui peuvent se rejoindre; tels sont les Vers articulés ou les Annelides. (743)

Les êtres rangés dans les deux classes qui suivent, ont aussi le tronc composé de leviers distincts et articulés, mais de plus il est muni de membres ou d’appendices latéraux formés de pièces mobiles les unes sur les autres, et destinés à produire les mouvemens divers, nécessaires au transport de leur corps, suivant leur manière de vivre. Ceux qui habitent dans l’eau ont des organes respiratoires formés de feuillets ou de lames fibrillaires dans l’épaisseur desquelles se distribuent les vaisseaux : véritables branchies , faisant Foflice des poumons aquatiques. La plupart ont aussi des organes de la locomotion destinés à leur natation avec le corps immergé : ce sont les Crustacés. (762)

Chez les autres, qui respirent l’air en nature, ce fluide élastique pénètre dans les diverses parties du corps par des ouvertures nombreuses qui aboutissent à des tubes aérifères, qu’on nomme trachées. Quoique privés des organes de la circulation , à ce qu’il paroît , ils sont cependant plus animés que tous les êtres précédemment indiqués, car ils sont doués de la vue, de l’ouïe, de l’odorat, du goût et du toucher. Leur corps est composé d’une tige centrale à pièces mobiles. Ils jouissent de tous les modes de transport , dans l’eau et à sa surface , sur la terre et dans l’air, au moyen d’organes ap-

propriés à chacun de ces genres de locomotion ; et sous le rapport des instrumens de la vie destinés à la nutrition et à la

génération, ils sont aussi parfaits que les animaux d’un ordre plus élevé; tels sont les Insectes. (768)

On a réuni dans les quatre autres classes des animaux qui nous restent à caractériser, tous ceux que l’on désigne sous le nom de vertébrés et qui paroissent construits sur un même modèle. D’abord , parce que la moelle nerveuse à laquelle tous leurs nerfs aboutissent, ou dont ils semblent provenir, est renfermée dans un étui osseux formé de pièces ou d’anneaux solides, mais mobiles, dont les articulations déterminent la nature du mouvement du tronc en général et de chacune de ses régions. Cet ensemble d’os vertébraux forme une colonne centrale qu’on nomme une écldne . C’est une sorte de charpente uniforme située dans la partie moyenne et dans la longueur du corps, terminée en avant par une portion renflée qui renferme le cerveau et la plupart des organes des sens; c’est ce que l’on nomme la tête. En arrière cette échine prolongée forme des instrumens divers , souvent destinés à la progression ou à modifier la direction du transport; c’est ce qu’on appelle la queue. Au centre du tronc, ou vers la partie moyenne, se trouvent la poitrine et le bassin, protégés par des cerceaux osseux, sur lesquels s’appuient ou s’articulent les membres qui sont au plus au nombre de deux paires ; et on les distingue en thoraciques ou pectoraux , et en pelviens ou abdominaux. Ensuite, chez presque tous, la bouche présente une fente transversale, dont les mâchoires, en s’écartant , se meuvent verticalement, et correspondent à cette fente. Le tube intestinal se termine constamment après les os du bassin , quand ces pièces existent. Tous ont un foie, une rate, des reins , des testicules. On a observé chez tous des organes de la circulation et de la respiration qui présentent des variations,

suivant le milieu dans lequel ils sont appelés à vivre. Tous ont un sang rouge qui est mis en mouvement par un agent d’impulsion ou par un cœur dont les oreillettes et les ventricules, lorsqu’il y en a plusieurs, sont constamment rapprochés et accolés. Tels sont les poissons, les reptiles, les oiseaux et les mammifères.

Les Poissons sont les animaux vertébrés les plus simples ou les moins compliqués dans leur organisation. Leurs organes du mouvement ont cependant acquis un développement considérable; car souvent leurs os et leurs muscles forment, en poids ou en volume, presque les neuf dixièmes de la masse totale de leur corps. Toute leur structure est appropriée à leur vie aquatique : leur échine se termine , en général , par une queue comprimée et par des nageoires verticales , dont une plus développée, formée par des rayons solides qui s’écartent et se rapprochent comme les touches d’un éventail, la termine et sert de rame. Us respirent l’eau par des branchies cachées, et ils n’ont jamais que ce mode de respiration ; leur cœur se compose d’un seul ventricule et d’une seule oreillette ; la totalité de leur sang est obligée de se distribuer sur les branchies avant de parvenir au reste du corps. Ils n’ont pas de paupières, leur oreille n’a pas d’ouvertures à l’extérieur; leurs narines ne communiquent pas avec l’intérieur de leur bouche , et ne servent pas à transmettre le fluide destiné à la respiration. Le plus souvent ils pondent des œufs qui 11e sont fécondés qu’audehors : chez quelques uns , cependant , qui sont faussement dits vivipares ou ovovivipares, les germes sont vivifiés à l’inté-

rieur. (970)

Les Reptiles respirent l’air en nature par des poumons, comme tous les animaux des deux classes suivantes ; mais la totalité de leur sang n’est pas forcée de se mettre çn rapport

avec l’air, de sorte que leur température n’est pas constante.; car elle varie beaucoup suivant l’état de l’atmosphère dans laquelle ils sont plongés. Leur respiration est ainsi arbitraire : ils peuvent ou en suspendre ou en accélérer l’action, et vivre ainsi long-temps sous l’eau ou dans un air vicié. Leurs organes du mouvement varient beaucoup. Il en est qui sont constamment privés de membres ou d’appendices articulés; il en est qui n’ont que des pattes de devant ou de derrière, ou; qui en ont à la fois deux paires. Tantôt ces pattes forment des nageoires en palettes ou des rames , à l’aide de membranes flexibles, étalées entre leurs doigts ; tantôt les doigts sont tout-à-fait distincts, et permettent alors les différentes sortes de progressions, suivant les mœurs de l’animal et ses habitudes, déterminées par son organisation. Cette classe d’animaux présente un très grand nombre de particularités dépendantes du milieu dans lequel ils vivent, ou constamment pendant toute la durée de leur existence, ou momentanément dans leurs différens âges; car alors ils subissent des transformations ou des métamorphoses dans leur configuration extérieure et dans toute leur organisation. Le mode meme de leur fécondation est en rapport ou en subordination avec la nature du milieu dans lequel leurs petits doivent se développer. (1042)

Les Oiseaux forment une classe d’animaux très faciles à distinguer de tous les autres vertébrés, par leur conformation , par leurs enveloppes et par leur organisation, qui présente un haut degré de perfection. Leur squelette est beaucoup plus solide , plus développé, plus compliqué que dans les classes précédentes : la région du cou et celles des membres thoraciques destinés au vol ou au transport de l’animal dans l’air sont, en général, les plus développées, ainsi que la partie osseuse et moyenne de leur poitrine, nommée sternum, sur lequel s’insèrent les muscles destinés à faire mouvoir leurs ailes. Leur

peau est recouverte déplumés, sortes de tiges de corne, garnies de barbes serrées et enchevêtrées, très légères et très résistantes, qui protègent leur corps et qui servent soit à leur transport , soit à la direction de leurs mouvemens dans l’air. La forme et la longueur de leurs membres postérieurs , ou de leurs pattes, varient suivant les ordres et les familles. Leur bouche, sans dents, forme un bec de corne, sans lèvres charnues, dont la forme est appropriée à leur genre de vie et à la nature de leurs alimens. La totalité de leur sang passe par les poumons et y est chassée par l’un des deux ventricules du cœur, qui est distinct de celui qui pousse ensuite ce sang dans le reste du corps. D’après ce mode de respiration, qui est obligé, leur température paroît à peu près constamment la même dans une atmosphère plus ou moins chaude. Tous pondent des œufs revêtus d’une coque calcaire , qui ont besoin de recevoir, soit naturellement, soit par l’incubation de leurs parens, une chaleur prolongée au moins de 3o degrés du thermomètre de Réaumur (40 centigrades), pour que le germe qu’ils contiennent puisse se développer et éclore.

Les Mammifères ou Mammaux , qu’on a aussi nommés improprement quadrupèdes vivipares , parce qu’ils n’ont pas tous quatre membres, et parce que tous ne s’en servent pas comme de pieds, offrent, dans leur nom de mammifères, le caractère qui les distingue, c’est-à-dire leurs mamelles , qui sont des organes destinés à sécréter, chez les femelles , une sorte d’humeur nommée le lait , qui fournit la première nourriture à leurs petits. Ceux-ci naissent toujours vivans après s’être développés, pendant un certain temps, dans un organe particulier de leur mère, nommé par cela même matrice , et à l’aide de son sang, qu’ils puisent en parasites, dans un placenta ou un lacis de vaisseaux qui y pompent leurs sucs.

Les mâles même portent les traces de l’existence de ces mamelles. Leur squelette est très complet et disposé , ainsi que les muscles, aux différens genres de mouvemens que ces animaux doivent exécuter sur la terre , dans l’air et dans l’eau , ou à sa surface, suivant leur manière de vivre. Leur bouche est le plus souvent garnie de dents et recouverte de lèvres charnues. Leurs poumons et leur cœur sont renfermés dans une cavité particulière, fermée, du côté de l’abdomen, par une cloison charnue qu’on nomme diaphragme. D’ailleurs, l’organisation du cœur, le mode de circulation et de respiration sont analogues à ce qui a lieu dans les oiseaux. (1202)

Telles sont les neuf classes d’animaux établies d’après le résultat essentiel de l’ensemble de leur organisation 5 car si l’on considéroit chacune de leurs fonctions en particulier, cet ordre seroit interverti, comme nous l’indiquerons dans la suite de ce chapitre. Nous présentons, dans le tableau suivant, l’indication des caractères essentiels des classes d’animaux dans la série suivant laquelle nous nous proposons de nous livrer ensuite à l’étude de chacune d’elles, en commençant par les moins compliqués.

afi DE LA. CLASSIFICATION DES ANIMAUX,

En donnant une idée de la vie, et en exposant les différences qui existent entre les végétaux et les animaux (229), nous avons indiqué comment les organes de la nutrition avoient dû être modifiés par la faculté locomotile ; leur mode de reproduction est également en rapport avec leurs fonctions animales, qui ont permis beaucoup de moyens qui ne se rencontrent pas dans les plantes. Ainsi, comme l’aniipal peut aller trouver ou recevoir l’individu fécondant, et que le rapprochement peut être intime ou immédiat, les hermaphrodites, parmi les animaux, n’ont été observés que parmi les moins motiles; la vivification des germes s’opère par une liqueur, et les organes persistent après la fécondation, comme les individus» Dans les végétaux, au contraire, les deux sexes, lorsqu’ils sont séparés , 11e se transportent pas d’eux-mêmes l’un vers l’autre par leur propre volonté ; la matière fécondante du mâle, le pollen, renfermé dans des globules ou utricules solides , est transporté par l’atmosphère comme par une sorte de véhicule, et l’organe qui sert à la reproduction est détruit complètement, après l’acte qui a multiplié l’espèce; il se flétrit, se fane en partie ; enfin il se détache et tombe tout entier avec la semence qu’il contient, lorsque celle-ci est parvenue à son point de maturité.

La motilité et la sensibilité n’exercent pas une moindre influence l’une sur l’autre; ou, ce qui est un fait réel, les organes qui permettent ces deux facultés sont liés par tant de rapports, que les modifications de l’une, entraînent forcément des changemens dans l’autre. D’abord il répugne à la pensée d’isoler ou de séparer ces deux facultés animales. Cette supposition ne seroit pas d’accord avec la prévoyance infinie qui a réglé tous les faits de la nature. Quand on conçoit qu’un mouvement produit est volontaire , on doit croire qu’il y a eu de la part

de l’animal une perception, une détermination opérée par une sensation agréable ou pénible ; car toute sensation qui lui convient ou qui lui nuit appelle bientôt de sa part l’acte ou le mouvement qui l’éloigne ou celui qui le rapproche de l’objet dont il est affecté. C’est ainsi que le milieu dans lequel l’animal est appelé à vivre, par cela meme qu’il semble avoir nécessité des modifications dans le mouvement, a dû entraîner de plus grandes différences dans les organes des sens.

Les animaux les plus simples ont dû se trouver dans l’eau; car cette eau portant vers eux la nourriture , la nature a permis que plusieurs fussent peu motiles, qu’ils fussent privés d’un ou de plusieurs des organes des sens, qu’ils eussent un grand nombre de bouches, que l’orifice de leur tube digestif ne fût muni d’aucun instrument, enfin qu’ils pussent se reproduire à la manière des plantes par gemmes, par herrqaphroditisme ou par androgynie.

Oôl-

Les organes du mouvement, au contraire, et ceux des sensations ont été excessivement et simultanément développés dans ceux des animaux terrestres qui avoient besoin de saisir une proie qui les fuit et qui leur échappe s’ils ne la poursuivent , ne l’atteignent et ne la détruisent après l'avoir découverte à l’aide de la perspicacité de quelques uns de leurs sens, éminemment exaltés dans ce but; ou s’ils ne sont armés de quelques moyens qui puissent paralyser subitement leurs victimes.

En considérant les principales modifications que les animaux éprouvent dans leurs fonctions ou dans les organes qui sont destinés à les remplir, voici un aperçu rapide de la série suivant laquelle les animaux se placeroient, si l’on faisoit abstraction de cette subordination que nous avons cru reconnoître

a8 DE LA CLASSIFICATION DES ANIMAUX,

dans les articles qui précèdent. Sous le rapport des facultés communes ou réparatrices des individus ou de leur race, nous étudierons d’abord les fonctions nutritives ou la digestion , la circulation , la respiration et les sécrétions ; secondement , la faculté reproductrice et les appareils générateurs ; troisièmement, nous rappellerons les principales modifications des organes de la vie active ou animale , comme ceiix de la motilité et de la sensibilité, qui ont servi de base à la classification que nous adoptons , et dont l’analyse se trouve exprimée dans le Tableau synoptique qui précède. (677)

Les principaux modes de la digestion dans les différentes classes, sont d’abord une simple absorption de liquides au-dehors par un grand nombre de pores analogues à ceux des racines des plantes, comme dans les rhizostomes parmi les zoophytes ; tantôt par un seul orifice destiné à l’entrée et à la sortie, telles sont les actinies; tantôt, et c’est le cas le plus général , le canal digestif reçoit les alimens par l’une de ses extrémités , qui est la bouche, et laisse échapper par l’autre le résidu des matières

qui ont été digérées. La bouche elle-même est armée de dents

de formes variables, comme dans les mammifères, les reptiles, les poissons; tantôt elle est munie d’un bec corné, comme dans les oiseaux, les tortues, les têtards des grenouilles, les sèches; le tube digestif lui-même est tantôt dilaté pour former un estomac et d’autres renflemens qui ont reçu des noms divers ; tantôt il est simple ou sans dilatation dans la longueur. Comme annexes des organes digestifs , l’absence oü la présence de certains sucs qui s’unissent aux alimens, et qui sont sécrétés par des organes particuliers, tels que la salive , la bile, le suc pancréatique. Enfin, il est des exemples d’animaux qui offrent de grandes différences, sous ce rapport, dans les diverses époques de leur vie, sans cesser d’êtrfe les mêmes êtres, tels que les hydrophiles, parmi les insectes, qui deviennent herbivores,

cîe carnassiers qu’ils étoient sous la forme de larves; et les têtards des grenouilles et des crapauds , parmi les reptiles , qui sont carnassiers sous l’état parfait, après s’être uniquement nourris de végétaux dans leur premier âge , ou sous leur première forme.

On ne connoît point les organes de la circulation dans les zoophytes et les insectes, et tout porte à croire que la nutrition des parties s’opère chez eux par simple imbibition. Cette circulation est simple dans les vers , les crustacés et les poissons; elle est partielle, ou la totalité du sang ne passe pas dans les poumons, chez les reptiles et les mollusques; elle est double dans les mammifères et les oiseaux. De même la respiration se fait au-dehors ou à la surface dans les zoophytes comme dans les plantes : elle a lieu par des branchies dans les poissons, les crustacés et les mollusques; elle se fait par des trachées qui portent l’air dans toutes les parties du corps chez les insectes. Enfin elle s’opère par des poumons plus ou moins compliqués dans les reptiles , les oiseaux , les mammifères. Les organes des sécrétions ne sont pas encore assez connus dans les modifications générales qu’ils peuvent offrir, pour que nous les exposions ici.

Les organes de la reproduction paroissent ne pas exister chez certains animaux qui propagent leur race par la séparation qui s’opère de quelques parties de leur corps, sur lesquelles les portions qui manquent se développent, comme dans les boutures, les drageons des végétaux; tels sont les polypes parmi les zoophytes. Chez d’autres, comme les helminthes, les modes de génération sont encore ignorés. Les autres, et c’est le plus grand nombre, ont des organes mâles et femelles, ou des sexes tantôt réunis dans un même individu, comme on l’observe dans les mollusques, dont les uns, qui sont les gastropodes en particulier,

3o DE LA CLASSIFICATION DES ANIMAUX,

ont un besoin réciproque d’accouplement et sont hermaphrodites, et les autres, privés pour la plupart des moyens de locomotion, se fécondent eux-mêmes , et sont dits alors androgynes , comme les acéphales. De même aussi les animaux considérés sous ce point de vue de la génération, se séparent de leurs germes sous forme d’œufs, et sont dits ovipares, soit que ces œufs soient fécondés avant ou après qu’ils ont été pondus : ce dernier cas est celui des poissons , et des batraciens parmi les reptiles. Les oiseaux, la plupart des autres reptiles, les crustacés, presque tous les insectes, les mollusques, les vers sont dans la première catégorie. Un petit nombre d’animaux de diverses classes sont faussement vivipares ou ovovivipares , c’est-à-dire que leurs œufs , fécondés dans leur intérieur, y éclosent , tandis que la seule classe des mammifères nous offre un exemple de véritables vivipares, dont les petits ne se séparent de leur mère qu’avec la forme qu’ils doivent conserver.

Nous avons déjà vu que, sous le rapport des organes du mouvement , les animaux pouvoient être distingués en vertébrés, tels que les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les poissons, et en invertébrés. Tantôt ceux-ci ont le tronc articulé, soit avec des membres ou des pattes à plusieurs jointures, comme les crustacés et les insectes, soit sans appendices latéraux, formés de pièces mobiles les unes sur les autres, Oomme les vers; tantôt leur tronc n’est pas articulé; tels sont les mollusques et les zoophytes. Le nombre des membres varie beaucoup : les vertébrés n’en ont que quatre, presque tous les insectes n’en ont que six, les aranéïdes huit, les crustacés dix ou plus, les myriapodes quelquefois jusqu’à cent et au-delà. La forme et les usages de ces membres ou de ces pattes varient, et déterminent chez les animaux toutes les sortes de

mouvemens pour marcher, courir, sauter, nager, voler, ram-

per, grimper, saisir, étreindre, écarter, porter, etc., enfin

D’APRÈS LEURS FONCTIONS. 3i

pour toutes les actions extérieures de leur vie animale, actions qui varient excessivement; ainsi les animaux sont terrestres , aériens, aquatiques : ils marchent, volent, nagent ou plongent. Mais parmi ceux qui volent, comme les oiseaux et les insectes, on trouveroit les chiroptères, les dragons, les exocets, de classes très distinctes; ainsi encore parmi ceux qui nagent ou plongent, on placeroit les cétacés, les plongeons, les tritons, les crustacés, les mollusques; parmi ceux qui sautent, le gerboises, les kanguroos, les pies, les podures, les puces, etc.

Enfin les organes de la sensibilité sont toujours en rapport avec la faculté de se mouvoir, et d’autant plus développés que les êtres sont plus animés. Les organes des sens surtout sont modifiés par les milieux dans lesquels les animaux sont appelés à vivre. La vue manque chez tous ceux qui vivent dans des lieux où la lumière ne doit pas parvenir; l’odorat n’est plus le même dans les animaux qui ne respirent pas l’air; le goût, le toucher, l’ouïe sont toujours relatifs à la nécessité dans laquelle les animaux se sont trouvés, tantôt d’avaler leur proie sans la mâcher, tantôt d’être mis à l’abri de toute attaque extérieure et à distance.

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