CHAPITRE XIL
Des Zoophytes , ou de la neuvième classe des animaux .
Cette partie de la zoologie est la moins avancée ; on n’a que de très foibles notions sur les animaux qu’elle réunit, et sur leur organisation. Le plus grand nombre offrent dans leur organisation des ramifications régulières et constantes dans leur symétrie. Les uns sont libres, se meuvent, ou vivent suspendus dans les eaux ; d’autres sont fixés sur des- corps solides au milieu des liquides, où ils semblent végéter à la manière des plantes; enfin il en est qui sont attachés ou flottans dans l’intérieur du corps des animaux, aux dépens desquels ils se développent. C’est surtout d ’après le mode dont les parties de quelques uns s’accroissent en rayonnant, comme les pétales, les étamines et la plupart des organes externes des végétaux, qu’on a donné à ces êtres, ainsi réunis en une classe, le nom d’animaux-plantes, ou en un seul mot qui rend la même idée, les Zoophytes.
Ce n’est pour ainsi dire que par des privations d’organes que ces animaux se rapprochent, ou plutôt on ne les a séparés que parce qu’on ne leur a trouvé aucun des caractères qui avoient permis d’établir, d’une manière positive, les huit autres classes d’animaux. On ne peut cependant pas assurer qu’ils manquent de toutes les parties qu’on n’a pas observées en eux , parce qu’il en est dont le volume est si petit , et d’autres dont la texture est si molle , qu’on n’a pu encore développer entièrement leur structure. On sait qu’ils n’ont jamais de vertèbres; que la plupart n’ont pas de nerfs, au moins de cordons nerveux, isolés, distincts ; point d’organes particuliers
destinés aux sensations externes, à la circulation ou à la respiration; surtout pas de membres articulés : on sait enfin que plusieurs paroissent privés d’une cavité digestive, d’autres des organes de la génération , un très petit nombre de la faculté de se mouvoir, au moins en totalité.
Les zoophy tes étant, pour la plupart, des animaux très mous, présentent beaucoup de variations pour les formes; il en est même qui ont la faculté de s’allonger et de se contracter tellement , qu’ils occupent à volonté dix fois moins d’espace dans certains instans que dans d’autres. Tous habitent nécessairement dans des lieux humides, et tous ont besoin d’être plongés dans des liquides pour manifester l’action de la vie. On ne peut présenter aucunes considérations générales sur les fonctions vitales des zoophytes; leurs modes de nutrition, de reproduction , de mouvement et de sensations présentent trop de variations dans les divers groupes, qui sont tellement distincts, qu’on pourroit, avec autant de raison, les considérer plutôt comme des classes d’animaux , que comme des ordres bien déterminés.
Cependant, pour la commodité de l’étude, on peut partager cette branche de la zoologie en six grandes coupes qui proviennent de deux embranchemens. A l’un se rapportent les espèces libres, isolées, ou dont le corps paroît appartenir à un individu unique ; dans l’autre embranchement se trouvent rangées toutes les espèces qui vivent toujours réunies en grand nombre, ou dont la masse paroît formée par une très grande quantité d’individus qui se construisent une demeure commune, et qu’on dit agglomérés. Le Tableau qui suit donne l’idée de cette classification.
DÈS ZÔOPHYTES.
La première section comprend quatre famille s ou groupes principaux. Dans l’une, on a rangé tous les petits êtres qu’on ne peut voir qu’à l’aide d’un instrument qui rend les objets plus gros, et cet instrument étant appelé microscope , on les a nommés, microscopiques (699) ; comme on les observe le plus souvent dans des liqueurs qui ont tenu des matières animales
ou végétales en infusion, on les a encore appelés, infusoires ,
Tous les autres sont visibles à l’oeil nu. Il en est qui ne se développent que dans le corps des animaux vivans ; on les a nommés intestinaux ou helminthes (705)’; d’autres n’ont été remarqués que dans les eaux; parmi ceux-là, il en est qui ont une enveloppe rude et calcaire, appelés, à cause de cela, échinodçrmes ou radiaires ( 702) , et d’autres, dont le corps est mou, charnu ou gélatineux, qui sont désignés sous le nom de malacodermes ou acaléphes. (701)
La seconde section, ou celle des zoophytes agglomérés, comprend les derniers animaux, ceux qui ont les plus grands rapports avec les plantes. Ils sont fixés , ils sont attachés à un tronc ou à une demeure commune qu’on nomme polypier. Quand cette habitation est solide et pierreuse , elle prend le nom de lithophyte (697); lorsqu’elle est flexible, cartilagineuse ou semblable à de la corne, au moins dans quelques unes de ses parties, on l’appelle cératophyte.
C’est parmi les Cératophytes que sont placés les éponges , les alcyons y les corallines , les gorgones , les isis, les antipathes, les coraux, les /lustres, les escharres , les sertulaires et beaucoup d’autres genres qui sont toujours fixés ; ainsi que les pennatales ou plumes de mer, les ombellules , les vérétilles, dont le polypier est libre et peut voguer entre deux eaux ou à la surface.
Tout le monde connoît les éponges , ces substances flexibles, cornées, fibreuses, comme feutrées, inolles et poreuses, qui absorbent l’eau avec une très grande avidité, et dont nous nous servons pour humecter et pour nettoyer le corps, les ustensiles, etc. On les trouve dans la mer; elles sont alors recouvertes d’une sorte de matière muqueuse ou gélatineuse, dans laquelle on a cru remarquer quelques mouvemens. On les pêche principalement autour des îles de l’Archipel de la Grèce, ou elles sont adhérentes aux rochers; celles-là font l’objet d’un grand commerce. On en observe une petite espèce dans les eaux dormantes; mais quand celle-ci est séchée, la partie cornée se brise. On blanchit les éponges fines ou celles dont le tissu est le plus serré et le plus élastique , en les plongeant dans le chlore, étendu d’eau, après les avoir bien lavées et privées des petites coquilles et autres parties calcaires. Les alcyons sont des espèces d’éponges friables et roides. Les corallines ressemblent à des plantes dont la tige serait d’espace en espace recouverte d’une matière calcaire, comme articulée ; elles sont disposées par branches ou rameaux étalés en manière d’éventail et fixés sur des corps plongés dans l’eau de la mer. On emploie en médecine une espèce de ce genre contre les vers, c’est ce qu’on appelle la coralline officinale, dite de Corse ; mais on vend sous ce nom plusieurs substances
qui paraissent jouir des mêmes propriétés, et, entre autres, diverses espèces de varecs.
Le corail est entièrement pierreux; il n’a de substance cornée que dans son origine; on la voit alors au point où il est fixé sur les rochers. Lorsqu’il est dépouillé d’une croûte qui le revêt, il ressemble à un petit arbre privé de ses feuilles. La matière du corail est très dure , d’une couleur rouge plus ou moins foncée ; elle prend un beau poli ; on en fait des petits bijoux, des chapelets, des pendans d’oreilles qu’on vend principalement dans l’Orient. Beaucoup de pêcheurs et d’ouvriers de Marseille ne vivent que du produit de cette matière.
Les animaux qui construisent les Lithophytes ou les polypiers pierreux, ont encore été nommés saxigènes , parce que dans les mers du Sud, où ils sont très communs, ils produisent, par leur accumulation , des rochers souvent fort dangereux pour les vaisseaux qui naviguent dans ces parages. La demeure calcaire qu’ils construisent est souvent ramifiée, et ressemble à une plante pétrifiée , recouverte par une masse gélatineuse et vivante. Tous sont fixés. On ne connoît guère que la partie solide de ces animaux ou leurs habitations, qu’on a cependant subdivisées en genres, d’après leur apparence extérieure.
On a donné aux lithophytes différens noms, suivant le nombre et la forme des trous qu’on observe à leur surface. Ainsi il y a des madrépores , des millepores , des tabipores , des rétêpores , des nullipores , des fongipores ; ces derniers ressemblent à des champignons. On se sert de ces demeures d’animaux pour faire de la chaux, avec laquelle on compose un mortier très solide.
Les animaux appelés Microscopiques ont peut-être une organisation beaucoup plus compliquée que ceux dont nous venons de parler , car il faut avouer que leur structure intérieure est à peine connue et fort difficile à observer, à cause de leur petitesse et de leur transparence. La plupart ont étq trouvés dans les matières qui se corrompent, et dans les eaux où l’on met infuser des substances animales ou végétales. On en a fait deux sections; les uns sont fixés à quelques corps solides; les autres sont libres, et parmi ces derniers, il y en a qui paroissent avoir des organes extérieurs, et d’autres qui en sont privés; ceux-ci sont les plus simples. On a remarqué que les uns sont aplatis, tandis que les autres sont arrondis. Tels sont les protées , les volvoces , les monades, les vibrions. On trouve une espèce de vibrion dans le vinaigre , conservé depuis quelque temps; c’est ce qu’on nomme l’anguille du vinaigre; on l’aperçoit quelquefois à la vue simple, fl y en a une autre espèce dans l’eau acide des amidonniers, et dans la colle qui se pourrit. Les monades sont les plus petits de tous les animaux connus; on ne peut les observer qu’au microscope solaire ; la matière qui s’attache sur les dents en fait voir une très grande quantité , surtout lorsqu’elle est délayée dans l’eau ; leurs formes varient beaucoup. Les volvoces ont été ainsi nommés, parce qu’ils tournent continuellement sur eux-mêmes. Les protées ont reçu ce nom , à cause de la facilité avec laquelle, on les voit changer de forme, s’aplatir, s’arrondir en boule, s’allonger, s’élargir , s’échancrer, se subdiviser pour reprendre à l’instant d’autres configurations. „ v .
Les hydres , les trichodes , les vorticelles ont été rangés dans la première section des microscopiques. Les hydres , qu’on a aussi nommés polypes a bras , s’aperçoivent quelquefois à l’œil nu; leur corps est transparent; ils ont près de la bouche
des appendices en forme de fit, ^ü’ils peuvent faire rentrer en dedans. On les trouve dans les eaux dormantes /attachés sur dés corps solides: on les a coupés en plusieurs parties, dont chacune est devenue un animal vivant; on les a retournés de
manière que leur estomac devînt leur peau extérieure, et réci-
proquement ; ils n’en ont pas moins continué de vivre. Les trichocerques ont des espèces de poils qui les soutiennent, et
qui les font mouvoir dans l’eau. Les vorticelles ont aussi des
poils, mais qui sont disposés en cercles; ils les font mouvoir
comme les rayons d’une roue. Il y a une espèce qu’on appelle le rotateur ou rotifère , qui se trouve dans Tes eaux croupissantes: il se meut avec une très grande rapidité; sa forme
change à chaque instant. On a observé que cet animal, après
être resté immobile et desséché pendant des années entières, s’est mû de nouveau aussitôt qu’il a été humecté.
La peau des Malacodérmes est molle et flexible, voilà pourquoi on leur a donné ce nom et celui de radiaires mollasses. On ne rencontre ces animaux que dans les eaüx delà mer. Les
uns sont libres^et flottans ; on les a appelés méduses, béroés,
porpites. Les autres adhèrent aux rochers ou aux plantes ; on les a nommés actinies. Les méduses sont des corps gélatineux, qui forment quelquefois de très grosses masses colorées en jaune, en rouge, en violet, ou en bleu, et qui flottent dans l’eau de mer, où l’on aperçoit très bien leurs mouvemèns
d’ondulation. La plupart ressemblent à des champignons. On leur donne des noms divers sur nos côtes; tantôt, d’après leur apparence, on les appelle bourbe de mer, gelée de mer, poumons marins; tantôt, d’après la propriété que plusieurs espèces ont de produire des éruptions sur la peau et une sensation analogue à celle des piqûres d’orties, on les a nommées acaléphes ou orties de mer; quelques espèces sont lumineuses ou phosphorescentes pendant la huit tant qu’elles sont vi~
vantes; d’autres, et probablement le plus grand nombre, le sont apres leur mort. Il y a des méduses qui o'nt un très grand • nombre de bouches, par lesquelles elles pompent leurs altmens , comme par des racines ; on les a appelées, rldzostfcmès. Les béroés ne diffèrent des méduses que parce qu’ils ont des côtes saillantes et garnies de cils ; les baleines des mers duNord se nourrissent principalement d’une espèce de ce genre, q.u’ elles refirent de l’eau de la mer, en la tamisant, pour ainsi dire, entre les fils qui garnissent leurs fanons. Les porpites, ont le corps très plat, marqué de cercles concentriques. Les cestes ressemblent à des rubans, qui souvent ont plus d’une aune de longueur, sur un pouce de haut, de l’épaisseur de quelques lignes. On les observe dans la Méditerranée. Quelques espèces se soutiennent dans l’eau à l’aide de cavités intérieures remplies d’air; tels sont les genres physsophore et physalie. Les actinies sont fixées sur les rochers; elles font sortir des bords de leur bouche des tentacules disposés en cercles ; e^ souvent colorés comme les pétales des fleurs; c’est a cause de cela qu’on a nommé plusieurs espèces zoanthes ou anénwnes de, mer. Ces animaux n’ont point d’anus, ils vomissent leurs excrémens. Quelques espèces paraissent pouvoir changer de place.
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Les Échitîodermes, qu’on a aussi nommés radiaires , offrent pour la plupart à la surface de la croûte Calcaire ou coriace qui les enveloppe, des rangées de trous nommés amhulacres, par lesquels sortent des tentacules rétractiles qui servent :çle moyens de transport et de préhension à ces animaux; La plupart ont la bouche garnie der pièces calcaires articulées et mobiles, qui tiennent lieu de dents et de mâchoires. C’est à cette famille qu’on rapporte les oursins subdivisés en plusieurs autres genres, ainsi que les astéries et les. holothuries, j
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Les oursins sont arrondis , réguliers ; leur peau est ime croûte
calcaire solide, hérissée d’épines ou de lames mobiles, formée de pièces régulières comme articulées, et percée de trous disposés par lignes qui partent d’un centre, et qui laissent sor- * tir des appendices ou tentacules appelés improprement des pieds, qui sont quelquefois au nombre de quinze cents. Les oursins ont l’anus distinct de la bouche , tantôt situé au-dessus, comme dans les oursins proprement dits, les galériies et les cassidules ; tantô^en dessous, comme dans les spatangues , les ctypéastres et les ëchinomes. On mange plusieurs espèces, et on les appelle vulgairement châtaignes ou hérissons de mer.
Les astéries ou étoiles de mer n’ont qu’une seule ouverture pour l’entrée et la sortie des aîimens. Leur corps est ordinairement partagé en plusieurs rayons qui partent comme d’un centre, et qui se reproduisent quand ils ont été enlevés par quelque accident. On trouve dans le corps des échinodermes, autour de l’estomac, un appareil très compliqué de lames calcaires qui supportent les dents, et qu’on nomme lanterne d'Aristote. On a distingué parmi les astéries, les espèces dont les rayons sont subdivisés, comme dans celle nommée tète de Méduse, et l’on en a fait un genre sous le nom à' ophiure. Les holothuries différent des deux grands genres précédens, parla forme de leur corps, qui est allongé, cylindrique, à l’une des extrémités duquel on voit la bouche garnie de pièces calcaires, et munie de palpes ou d'appendices branchus. A l’autre extrémité se trouve un orifice commun à la respiration et à la déjection du résidu des alimens.
L’organisation des animaux appelés Vers intestinaux ou helminthes , est encore peu connue. La plupart sont allongés, et leur corps est régulier ou symétrique; leur peau est molle. Dans l’état de vie, ils sont presque tous translucides, de couleur blanche ou étiolée, parce qu’ils ne sont jamais en
contact avec la lumière. Quand ils sont colorés, leur teinte dépend de la nature des humeurs qu’ils ont absorbées ou de celles des tissus dansjesquels ils vivoient. Leur tête est rarement distincte du reste du corps, cependant leur partie antérieure est souvent plus grêle que le reste de l’animal. Ils sont • privés de tentacules et de la plupart des organes des sens : cependant plusieurs ont des nerfs distincts; quelques uns ressemblent aux annelides, parce que leur corps est composé de cerceaux ou de segmens placés à la suite les uns des autres ; mais jamais ils n’offrent d’appendices roides ou soyeux destinés à faciliter leurs mouvemens. Ils n’ont pas tous un canal intestinal à double issue, l’une pour l’entrée et l’autre peur la sortie des humeurs dont ils se nourrissent et qui doivent être toujours liquides. Cette cavité digestive a constamment ses parois liées au tissu de la peau , et dans quelques genres chacun des anneaux paroîtroit avoir un pore ou une bouche qui aboutit à un canal ramifié : on ne connoît pas dans les helminthes les organes de la circulation , ni par conséquent ceux de la respiration qui s’opère probablement par la peau. On a vu des œufs en très grand nombre dans le corps de quelques uns; mais on croit que leurs germes ne peuvent se développer que dans l’intérieur des autres animaux. On en trouve dans toutes les parties du corps; on les distingue en vers aplatis, comme les douves , les tœnias , les ligules, les linguatules ; en vers arrondis, qui sont en beaucoup plus grand nombre, comme les ascarides , les strongles , les crinons , les échinorinques , les filaires, etc. ; enfin en vésiculeux ou sacciformes, tels que les cysticerques et les hrdatides.
Vo6.
Les douves ou fascioles appartiennent à la première section , ainsi que les ligules et les linguatules ; on les trouve dans le foie des poissons , dans les poumons des oiseaux et des mammifères. Tels sont encore les tœnias ou vers solitaires ; mais
ceux-là vivent dans les intestins, surtout dans ceux de l’homme et des chiens. Le nom de tœnia sisrnille bandelette.
Cet animal est en effet aplati comme un ruban; il est composé d’un grand nombre d’articulations , qui paroissent avoir chacune des organes particuliers, et vivre isolément; on en a vu. de plus de deux mètres de longueur. On trouve d’autres genres analogues dans les poumons du lièvre, dans les reins des chiens, des oiseaux, dans la rate des mammifères, etc.
Parmi les animaux de la même famille qui ont la forme ronde, on distingue, avons-nous dit, i°. les ascarides , qui ressemblent à des vers de terre; les uns se développent dans les intestins de l’homme, et d’autres dans ceux des chevaux; ces derniers paroissent avoir deux cordons nerveux ; enfin il en est qui sont très petits et très courts, et qui attaquent surtout les enfans : 20. les strongles ; l’espèce qu’on trouve dans les intestins du cheval a la queue terminée par une épine, à l’aide de laquelle cet animal change de place : 3°. les dragoneaux ; ceux-ci ressemblent à un crin ; ils se trouvent dans les poumons des dauphins et des autres cétacés: une espèce voisine de ce genre produit, dit-on, en Guinée, une maladie fort dangereuse, en s’insinuant sous la peau des jambes et des pieds: 4°. les filaircs > dont le corps, ainsi que le nom l’indique, est fort allongé, arrondi et de même grosseur dans toute son étendue; ils se développent dans le tissu cellulaire des animaux vertébrés et dans le corps des insectes; 5°. enfin beaucoup d’autres qui sont moins connus.
On a partagé en plusieurs genres les vers , dont le corps ressemble à une petite vessie remplie d’eau, qu’on avoit d’abord nommés hytjiatides. Ils se trouvent dans plusieurs parties du corps des animaux, et y produisent des maladies très singulières. Il s’en développe une espèce, par exemple, dans la $uh
stance même du cerveau des moutons: ces animatx marchent alors tête baissée, tournent sur eux-mêmes et nuiirent dans
une sorte de folie, qu’on nomme le Vertige ou le tmrnis. On l’a nommé cœnurus. Les lièvres et les lapins qui ont vern d’herbes trop humides, et qui meurent enflés, ont presque oujours un grand nombre de cfsticerques dans le ventre. Les hmimes hydropiques en présentent très souvent sous le péritoine, dans leur abdomen, et même au milieu de leurs muscles. On tn a trouvé dans le foie de l’homme , dans celui des cochons, et dans beaucoup d’organes des autres animaux. On les regarde comme autant d’espèces appartenant à des genres différens.
D’après M. Bremser, les principales espèces de vers intestinaux observés chez l’homme sont au nombre de douze : on en a reconnu cinq dans le canal digestif, et sept autres dans les diverses parties du corps. Nous allons les indiquer d’une manière générale, savoir: i°. le trichocéphale ou ascaride à tête en fil, improprement appelé trichuride ; il n’a que deux pouces de long au plus; on l’a observé dans le premier des gros intestins : 2°. Y oxyure, vulgairement ascaride vermiculaire , qui n’a que cinq à six lignes ; il se développe plus fréquemment dans les enfans, chez lesquels il produit beaucoup de démangeaison vers la partie où se termine le gros intestin : 39. X ascaride lombricoïde ou lombrical , qui atteint quelquefois à un pied et plus de longueur; il n’a pas les extrémités en pointe; il offre des deux côtés du corps un sillon longitudinal. Ces trois vers sont arrondis; les deux suivans sont aplatis, et on les désigne sous le nom de tœnias ou vers solitaires : 4°. le botriocéphale ou tœnia large, qui est très plat et qui atteint jusqu’à vingt pieds de longueur; ses anneaux sont plus larges que longs : 5°. le tœnia solium ou cucurbitain , à articulations à peu près carrées qui offrent des pores alternativement d’un bord à l’autre. Les autres vers qui n’ont pas été observés dans le canal
intestinal sent : 6°. le dragonneau (707) , autrement dit le ver de Médine .ou la jîlaire de Guinée ; 70. Yhamulaire , observé dans les brmehes ; 8°. le strongle géant , dans les reins ; 90. la douve ou dstome , du foie et de la vésicule du fiel; io°. la linguatule ou polystome , de la graisse; 110. 1 e, cy Stic er que ou hydatide du tissu cellulaire ; 1 1°. enfin Y éc.hinoccoque, qu’on a aussi nommé polycéphale parce que sur une même vésicule on a cru observer plusieurs bouches garnies de crochets disposés en cercles; l’une des espèces a été trouvée dans le foie d’un homme.