‹ Elémens des sciences naturelles (volume 3)Chapitre 19 sur 41 · OO · texte numérisé non relu

OO

Le dernier genre des orthoptères est nommé forficide , parce que les insectes qu’il renferme ont ordinairement le ventre terminé par deux crochets en forme de tenailles (PI. v, fig. i), ce qui leur a fait donner encore le nom de labidoures. Les forfieules n’ont point les ailes inférieures droites; elles sont pliées trois fois en travers, plissées ensuite en long pour être cachées sous des élytres très courts (Pl. 1, fig. 5); elles peuvent cependant développer cette aile tout à coup comme un éventail. Au reste, ces insectes sont agiles sous leurs trois états : ils se nourrissent de fruits. C’est à tort qu’on a cru qu’ils pouvoient

percer la membrane des oreilles , et par cela même rendre sourd. Ils font beaucoup de mal dans les jardins; voilà pourquoi on leur fait la chasse. La mère a un grand soin de ses œufs ; elle semble les couver, et elle n’abandonne ses petits que quand ils n’ont plus besoin de sa protection. On les nomme vulgairement perce-oreilles.

PREMIER ORDRE, insectes coléoptères.

Comme le nom de Coléoptères signifie ailes en étui, on rapporte à cet ordre tous les insectes qui ont quatre ailes, dont les supérieures , nommées élytres , sont ordinairement dures, épaisses, courtes, et servent de gaine, d’étui ou de fourreau aux inférieures , qui sont membraneuses , et se plient en travers (PL i, fig. 1 et 2). Tous ces insectes, sous l’état parfait , ont la bouche destinée à saisir et à diviser des ali— mens solides (Pl. m, fig. 7-8 ).

Cet ordre ou cette tribu des coléoptères est des plus nombreux et des plus naturels : il réunit des insectes qui ont entre eux les plus grands rapports, et qui diffèrent de tous les autres par un grand nombre de caractères ; tous proviennent d’œufs, à coque molle, fécondés avant la ponte. Il en sort une larve molle à tête cornée (Pl. v, fig. 8) , sans yeux distincts, avec des rudimens d’antennes, des mandibules et des mâchoires. Ces larves ont six pattes écailleuses, articulées; elles n’offrent pas de corselet. Leur abdomen est le plus souvent courbé, tronqué à l’extrémité, composé de douze anneaux ou sections , dont neuf au moins sont percés de trous ou de stigmates, orifices des trachées. Leurs nymphes sont immobiles, à membres visibles ou non enveloppés : toute la nymphe est recouverte d’une peau mince qui suit les contours de son corps , sans pénétrer dans ses articulations.

go5.

On a observé que les coléoptères différoient beaucoup entre eux par le nombre des articles qui terminent leurs pattes dans la partie qu’on appelle tarse, et qui correspondent aux doigts (PL 1, fig. 2, i, i ) , et alors on ne compte pas les crochets qui forment les ongles. C’est surtout dans les pattes de devant et sur celles de derrière que ce nombre varie; car les intermédiaires sont toujours semblables aux antérieures. On a obtenu

ainsi quatre grandes sections, savoir : i°, les pentamères , qui ont cinq articles aux tarses de derrière , et qui alors en ont cinq à tous les autres ; 20. les hétéromérés , qui ont cinq articles en devant, quatre derrière; 3°. les tètramérés , qui ont quatre articles à tous les tarses ; t\v. enfin , les trimères , qui ont trois articles à tous les tarses. Il faut toujours commencer par compter les articles des pattes postérieures; car lorsqu'il y en a cinq ou trois , on peut être assuré que les antérieures et les postérieures seront semblables ; mais lorsqu’il y en a quatre , il faut rechercher le nombre des articles aux tarses intermédiaires ou aux antérieurs.

On a remarqué dans chacune de ces grandes divisions ou de ces sous-ordres, plusieurs insectes qu’on pouvoit rapprocher d’après une certaine ressemblance de conformation et de mœurs, et on les a distribués ainsi par familles. Comme il seroit difficile d’entrer dans tous ces détails, nous ne ferons connoître que les plus intéressans , en suivant à peu près la marche des naturalistes.

Parmi les coléoptères Pentamères, ou ceux qui ont cinq articles à tous leurs tarses, il en est qui portent des élytres mous, et alors leurs antennes sont en forme de fil , leur corselet est plat, et ces animaux se nourrissent d’autres insectes vivans; tels sont les apalytres (927) : d’autres ont les élytres durs,

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peu flexibles, qui tantôt couvrent le ventre, et qui tantôt sont courts et ne le cachent pas. Les insectes dans lesquels on observe cette dernière conformation, ont les articles des antennes en forme de grains de chapelet; tels sont les brachélytres. (912)

La forme des antennes (PL 11) donne ensuite un moyen très commode de séparer entre elles les espèce^ qui ont les élytres durs et longs; car dans les unes ces antennes sont terminées par une sorte de bouton ou de masse (fig. 1 à 10), tandis que dans les autres elles ont la forme d’un fil ou d’une soie (fig. 11 à a3). Les coléoptères à antennes en masse y offrent tantôt des feuillets, comme les pétalocères (91 3) ou les scarabées, les hannetons, et les priocères (91 5) ou les cerfs-volans (fig. 3,4)î tantôt des articles très rapprochés; tels sont les escarbots , les nécrophores , les dermcstes et beaucoup d’autres ( fig. 1 y 2 , 5 , 6 ) qu’on a désignés sous les noms d’hélocères (9 1 6) et de stéréocères (920). Ensuite ceux dont les antennes 11e sont pas en masse, ont tantôt le corps arrondi, allongé, presque cylindrique ; tels sont les insectes qui rongent le bois, comme les vriliettes, les ruine-bois, réunis sous le nom de téréctyles\ÿili)\ tantôt ils l’ont aplati, soit avec des antennes dentelées, comme les taupins , les richards (fig. 20), ou les sternoxes (921)? soit avec des antennes simples. Chez ces derniers, ou les pattes de derrière sont aplaties et propres à nager; tels sont les dytiques (Pl. iv, fig. 36, 37), appelés nectopodes (910) : ou, au contraire, elles ne sont destinées qu’à la course rapide; aussi tous cèüx-ci se nourrissent-ils d’autres insectes vivans , tels sont les carabes , les cieindèles et beaucoup d’autres, qu’on nomme créophages (907) (PL iv, fig. 29 t toi •'

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La famille des CiréopHAGÉs ou des insectes carnassiers est

DES INSECTES COLÉOPTÈRES. ifo

une des plus nombreuses du sous-ordre auquel elle appartient. L’abdomen de ces insectes est le plus souvent couvert par des élytres durs : souvent ils n’ont pas d’ailes membraneuses; leurs antennes ne sont jamais dentelées : leurs pattes sont propres à la marche. Leurs mâchoires sont le plus souvent garnies d’un second palpe (PL m, fig. 7, d). Les uns ont le corselet plus étroit que la tête, comme les cicindèles , les élaphres , les mande ores , etc. Les autres, comme les carabes , les s cardes , les calosomes , e te., ont la tète plus étroite que les élytres. Les larves de ces insectes se nourrissent aussi de petits animaux vivans. >

Les cicindèles ne sont point lumineuses, comme leur nom pourroit le faire croire ; la plupart brillent de couleurs métalliques. On les reconnoît à leur grosse tête, dont les yeux sont saillans, à leur corselet très étroit, arrondi, et à leur bouche hérissée de poils. Elles recherchent les lieux arides, couverts de sable , et elles y font une chasse très actiye aux mouches et aux autres insectes. On trouve leurs larves dans le sable ; elles y pratiquent des trous verticaux et placent leur large tête à l’ouverture, pour la baisser rapidement comme une bascule, lorsqu’un insecte vient à passer sur ce pont perfide , au-dessous duquel il trouve inévitablement la mort. Pour obtenir ces larves et les observer, il faut introduire un long fétu de graminée flexible dans le trou , le plus profondément qu’il est possible , et l’y laisser ; alors on creuse le sable le long de cette tige conductrice , et on trouve la larve blottie au fond du trou : ou bien, en sondant avec ce fétu, on le retire brusquement à l’instant où l’on sent que l’extrémité en a été saisie par la larve; et par ce moyen on la pêche pour ainsi dire en la lançant dans l’air; on la voit tomber sur le sable , où il est facile de la recueillir; car, étourdie par le choc, elle reste

i5o DES INSECTES COLÉOPTÈRES.

immobile ou n’a pas le temps de creuser la terre pour s’y enfoncer.

Les carabes ont le corselet aplati, ordinairement de la largeur des élytres , sous lesquels il n’y a souvent pas d’ailes membraneuses. On les a subdivisés en dix ou douze autres genres ; tels sont les calosomes , dont le corselet est arrondi et les élytres ordinairement très brillans; les anthies , qui ont le corselet rétréci en arrière, et les jambes de devant échangées; les cychres y qui ont la bouche prolongée en bec; les tachypes , qui n’ont pas d’ailes ni les jambes antérieures échangées; les brachyns , qui ont les élytres comme tronqués : quelques espèces de ce genre contiennent intérieurement un acide très caustique, qu’on voit se réduire en une vapeur blanchâtre, à la volonté de l’animal , surtout lorsqu’il se croit dans le danger. Souvent ce petit phénomène, produit par un seul brachyn pénétré d’une crainte salutaire, détermine tous les petits individus de la même société à en faire autant.

Les Nectopodes ou rêmitarses forment aussi une famille de coléoptères carnassiers aquatiques : leur corps est ovale -, moins convexe du côté du dos; leurs tarses aplatis en nageoires, et leurs antennes en soie ou en fil les font bientôt reconnoître. Tels sont les dytiques , qui ont les antennes longues et le corps très plat, le sternum pointu (PI. iv, fig. 20); les haliples , qui ont les hanches de derrière couvertes d’une lame ( Pl. iv, fig. 37); les hyphydres y dont le corps est épais et ové. Les gyrins ou tourniquets forment une seconde section de cette famille ; on les reconnoît à leurs antennes très courtes , dont le premier article reçoit les autres (Pl. 11, fig. 29).

Le nom de dytique est grec ; il signifie plongeur. O11 trouve t*n effet ces insectes dans l’eau sous leurs deux états. Leur larve

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devient flasque et molle lorsqu’on la saisit ; elle cherche à dégoûter par cette flaccidité. Elle se nourrit de petits animaux aquatiques , qu’elle saisit en nageant. L’insecte parfait est un des plus favorisés par la nature, car il peut vivre dans l’eau, dans l’air et sur la terre , nager, plonger, marcher et voler. Ses pattes de derrière sont aplaties et bordées de cils ; il s’en sert comme de rames. Il introduit sous ses élytres une certaine quantité d’air, qui sert à sa respiration pendant qu’il plonge. Une liqueur huileuse, qui exsude de son corps, le graisse et le défend de l’action de l’eau. Les tourniquets sont de petits coléoptères qui ont reçu leur nom des mouvemens de tournoiement qu’ils exercent sur la surface des eaux tranquilles, ce qui dépend de la longueur excessive de leurs pattes de devant, comparées aux postérieures. Leurs yeux paroissent être au nombre de quatre; c’est un exemple unique parmi les insectes.

La petite famille des Brachélytres ou brévipennes est facile à reconnoître à cause de l’allongement de l’abdomen qui n’est par recouvert par les élytres; et par les antennes à articles arrondis , grenus (Pl. 11, fig. 10), dans presque toutes les espèces. On trouve ces coléoptères sur les cadavres, dans le fumier, les champignons , sous les deux états de larves et d’inseetes parfaits; les uns ont les yeux globuleux, ce sont les stènes ; d’autres ont les palpes très renflés, comme les pœdères et les oxypores ; enfin les staphylins n’ont aucun de ces caractères. Us relèvent ordinairement leur ventre quand ils sont inquiétés, et ils en font sortir deux vésicules, d’où s’exhale une vapeur très odorante , par laquelle ils cherchent probablement à écarter leurs ennemis.

Les lamellicornes ou Pétalocêres correspondent au genre scarabée de Liuné, mais on les a maintenant divisé ; en beaucoup

i5s des insectes coléoptères.

d’autres genres, comme les géotrupes, les bousiers, \esaphodies, les scarabées , les trox , les hannetons , les cétoines , etc. Ils vivent en général dans les fumiers et dans les amas de plantes qui se pourrissent. Ils proviennent d’une larve molle , nue , courbée sur elle-même, qui a beaucoup de peine à se traîner. Presque tous ces insectes fouillent la terre , et ont une très grande force dans les pattes de devant, dont les jambes sont toujours dentelées (PL iv, fig. a3 , 1 4 ? a 5). Il ya plusieurs espèces de pétalocères qui déposent chacun de leurs oeufs dans une petite masse de fumier qu’elles arrondissent et portent ensuite sous terre, afin que la larve qui en provient trouve en sûreté sa nourriture ; telles sont , entre autres, les espèces appelées bousier-araignée, pilulaire. On trouve en Égypte une espèce de bousier qu’on adoroit autrefois : elle y est figurée sur les monumens.

yi4.

Les hannetons , qu’on appelle aussi mélolonthes , et plusieurs autres espèces des genres voisins, proviennent de larves à peu près semblables à celles des scarabées; toutes se nourrissent de racines des plantes et des arbres. On les appelle mans ; elles sont quatre ans à se développer, et ne vivent que huit à dix jours sous leur dernier état; mais pendant ce temps elles occasionnent de très grands dégâts en rongeant les feuilles des arbres. Les hannetons ne volent guère que le soir, et ils paroissent voir très peu, car leur étourderie est passée en proverbe.

La forme de l’antenne (Pl. ii, fig. 3) des Priocêres ou serricornes , laquelle est en masse, feuilletée d’un seul côté et en dedans, suffit pour les faire reconnoître. Les insectes que comprend cette famille ont beaucoup d’analogie avec les précédera pour les mœurs. Comme eux, ils volent le soir, et se nourrissent de débris des végétaux. Tels sont les lucanes , les

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platycères , les passales et les synoclendres. Les mâles des cerfsvolans , ou mieux des lucanes , ont souvent les mandibules très allongées et comme branchues ; mais les femelles ne présentent pas cette disposition; aussi les a-t-on nommées des biches. On ignore la raison de cette conformation singulière. Ces insectes ont le meme genre de vie que les scarabées : ils ne volent que le soir. Leurs pattes sont terminées par quatre crochets ( PL iv, fig. 46); leurs larves se nourrissent dans le terreau des arbres morts.

Les Hélocères ou clavicornes ont, ainsi que leur nom l’indique , les antennes terminées par une masse souvent allongée, perfoliée (PL 11, fig. 5,6). Les douze genres rapportés jusqu’ici à cette famille se nourrissent de matières organisées, mais privées de la vie. Les principaux sont ceux des nécrophores , des silphes et des boucliers ; des derme stes ^ des nitidules et des pâmes ; et celui des hydrophiles .

On a donné ce nom de jiécrophore , qui veut dire porte-mort ou ensevelisseur, à des insectes qui ont l’habitude singulière d’enterrer les petits cadavres de taupes, de grenouilles, de souris, afin d’y déposer leurs œufs et les mettre en sûreté. On les reconnoît à leurs antennes globuleuses , dont la masse est formée de petites lames, comme percées par leur centre , et à leurs élytres tronqués à la pointe et plus courts que le ventre.

Les larves des dermestes vivent aux dépens des matières animales qu’on a desséchées pour les conserver; elles attaquent principalement les pelleteries; elles ont emprunté de là leur nom , qui, en grec, signifie mangeur de peau. Ces larves sont le plus souvent couvertes de poils ( PL v, fig. 8 très grossie) ; elles sont très vives quand elles 11e croient point être aperçues;

mais au moindre mouvement elles se blottissent, se roulent sur elles-mêmes , et se laissent précipiter, bien assurées de tomber sur leurs longs poils, qui les protégeront dans leur chute.

On a regardé long-temps les hydrophiles comme voisins des dytiques. Ils en diffèrent cependant beaucoup par les mœurs \ car, dans l’état parfait, ces insectes se nourrissent de matières végétales, et principalement des feuilles qui tombent dans l’eau. On les reconnoît (Pl. iv, fig. 21) à leur corps ovale, à leurs pattes postérieures et intermédiaires , aplaties en nageoires. Les mâles ont le dernier article des pattes antérieures dilaté (Pl. iv, fig. 3o).

C’est dans les matières les plus dégoûtantes qu’on rencontre les escarbots , de la famille des solidicornes ou Stéréocères. Cependant. , quand ces insectes volent et qu’ils sont hors de ces ordures , leur corps est lisse , brillant et très propre. Leurs membres sont construits de manière à tenir le moins de place possible. C’est un chef-d’œuvre de mécanique que la disposition de toutes ces pièces, qui, pouvant se développer tout à coup, rentrent chacune dans une coulisse pratiquée sur la longueur de l’articulation qui précède. On a aussi rangé dans cette division les anthrènes ou amourettes , qui sont de jolis petits coléoptères couverts d’une poussière écailleuse colorée , et qu’on rencontre souvent sur les fleurs, comme l’indique leur nom ; mais leurs larves se repaissent de matières animales , et elles attaquent principalement les collections d’oiseaux et d’insectes.

Les thoraciques ou Sternoxes se nourrissent du bois des arbres vivans, dans le tronc desquels ils se pratiquent, sous leur état de larves , des galeries longues et étroites où ils sont en sûreté. On les reconnoît à leur corps allongé, aplati, à

leurs antennes filiformes, souvent dentelées (Pl. îi, fig. 20), et à leur corselet terminé par des pointes , ou à leur sternum saillant (Pl. iv, fig. 19 ) : tels sont les cébrions , les atopes , les trosques , les taupins , les richards , les trachydcs .

Tous les taupins sont remarquables par l’articulation singulière de leur corselet avec la poitrine , du côté du ventre. Il y a là une cavité dans laquelle entre une lame de corne , comme en forçant un ressort (Pl. iv, fig. 19). C’est à l’aide de ce mouvement que l’insecte se redresse lorsqu’il est couché sur le dos; deux pointes placées en arrière du corselet s’opposent à ce que le renversement soit trop considérable. On sait maintenant que ces insectes vivent sous les écorces , lorsqu’ils ont la forme de larves. Plusieurs espèces d’Amérique portent sur leur corselet des taches transparentes, au-dessous desquelles on voit briller une lumière phosphorique , dont on ignore la nature. L’une d’elles se nomme cucujo au Mexique.

On désigne par le nom de richard ou de bupreste , un genre d’insectes qui comprend des espèces dont la plupart brillent des couleurs les plus riches. Il y en a une, entre autres, qui vit à Chandernagor dans le Bengale , dont les élytres font l’effet agréable des plus belles pierres précieuses. Plusieurs espèces de France sont aussi très brillantes; telle est celle appelée rutilante, dont les étuis d’une belle teinte verte céladon dorée-mat, sont relevés par de petits points noirs et saillans et par une bordure d’or rougeâtre. Les larves de ces insectes vivent sous les écorces ; on les y trouve aussi sous l’état parfait. Le hêtre en nourrit plusieurs.

Les perce-bois ou Térédyles ont le corps arrondi, allongé ^ les antennes filiformes , et les élytres durs : souvent leurs antennes sont en mi simples ou pectinées (PL 11, fig. 21):

i56 DES INSECTES COLÉOPTÈRES.

tels sont les vrillettes , les ptines , les ly me xylons , les inélasis , les panaches et les tilles.

gaô.

Les vrillettes vivent dans le bois ; elles y font des trous cylindriques , qu’on pourroit croire produits par le fer d’une vrille , c’est ce qui leur a fait donner le nom qu’elles portent. A l’époque de l’accouplement, ces insectes présentent un manège assez curieux à suivre. La vrillette, cramponnée solidement par les pattes, communique à son corps un mouvement de va et vient très rapide ; elle fait frapper avec force sa tète contre le bois : si aucun insecte de son espèce ne vient à cet appel, elle va plus loin recommencer le même manège.

C’est un insecte très nuisible que le ruine-bois , autrement dit lymexylon ; on le trouve dans les chantiers des bois de construction , et souvent dans les forêts sur les plus gros troncs des arbres. La femelle introduit une très longue tarière dans les fentes que la sécheresse produit sur la tranche du bois. Elle y dépose des larves qui vivent trois ou quatre ans dans l’intérieur des troncs qu’elles rongent et réduisent en poussière. Ces insectes attaquent principalement les chênes et les sapins. Ils font beaucoup de tort aux vaisseaux et surtout aux mâts.

Les coléoptères à cinq articles aux tarses , qui ont les ély très mous, le corselet plat et les antennes filiformes, souvent dentelées, ont été nommés Apalytres ou mollipennes , et c’est parmi eux que sont rangés des insectes qui ne se nourrissent que de proie vivante. On ignore leurs métamorphoses. Tels sont les vers luisans, les malacliies , les téléphores , les omalises et beaucoup d’autres genres moins connus.

Lampyre est le véritable nom du genre des vers luisans : il

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est facile de les reconnoître à la forme de leur corselet , qui avance comme un bouclier au-dessus de la tête. Les femelles de plusieurs espèces n’ont point d’ailes; voilà probablement pourquoi on les a appelées des vers. Elles ont du côté du ventre, ainsi que certains mâles, deux ou trois anneaux transparens, au-dessous desquels on voit, pendant la nuit, une lumière pâle , verdâtre ou blanchâtre, qui brille d’un éclat que l’insecte peut à volonté augmenter et diminuer. On les trouve dans les lieux humides : les mâles volent très bien, on les prend le soir dans les maisons de campagne , où ils sont attirés par la lumière ; ils se nourrissent, à ce qu’on croit, d’insectes sous leurs deux états.

Les téléphores ressemblent un peu aux lampyres, mais leurs antennes ne sont point dentelées. On a vu quelquefois les larves de ces insectes emportées par quelque ouragan, tomber de l’air avec la neige; leur nom, qui signifie apporté de loin, indique cette particularité. Ces insectes sont fort communs au premier printemps ; ils se nourrissent de petits animaux , surtout de mouches. Quelques espèces ont la faculté de faire sortir des appendices charnus et mous des bords du corselet et de la poitrine ; on les nomme malachies.

Les coléoptères Hétéromérés , ou ceux qui n’ont que quatre articles aux tarses de derrière , et cinq à ceux de devant, ont été partagés en six familles; tantôt ils ont les élytres mous, flexibles, comme les épispastiques (93 1); tantôt leurs élytres sont durs , et alors leurs antennes sont ou en forme de fil, soit avec les élytres larges, comme les ornéphiles (984), soit avec des élytres rétrécis, comme les sténoptères (q33) , ou les articulations de leurs antennes sont semblables à des grains de chapelet. Ces derniers fuient la lumière, et vivent des plantes qui se corrompent. Parmi ceux-là il en est qui ont les élytres

soudés, comme les photophyges (936); les autres ont des ailes et des antennes en masse, tantôt allongée, comme les lygophiles (935), tantôt arrondie, comme les mycétobies. (937)

La famille des vésicans ou Épispastiques comprend des insectes qui ont beaucoup de rapports avec les derniers de l’ordre précédent. On connoît très peu les moeurs de leurs larves. Sous l’état parfait, ces insectes sont herbivores. Le corps de la plupart des espèces produit des inflammations vives, lorsqu’on l’applique sur la peau. On rapporte ici les genres dasytc , lagrie , notoxe , méloë , cantharide , cérocome , mrlabre . etc.

Les cantharides jouissent surtout, et à un très haut degré, de la singulière propriété de faire lever l’épiderme de la peau de l’homme et des animaux , quand elles restent quelque temps en contact sur cet organe : elles produisent l’effet d’une brûlure ; il s’amasse alors sous l’épiderme une humeur qui le soulève comme une petite vessie. On trouve , au mois de juin , ces insectes sur le frêne, les jasmins, les lilas; ils vivent en familles, et se décèlent par leur odeur; ils font beaucoup de tort aux arbres , qu’ils dépouillent de leurs feuilles. On ignore

où vivent leurs larves : on croit qu’elles se développent sous terre. Les méloës sont beaucoup plus gros : ils se traînent sur la terre; ils n’ont pas d’ailes, et ils laissent sortir une humeur jaunâtre de leurs articulations, lorsqu’on vient à les toucher. Les mylabres sont des insectes des pays chauds, qui ont les antennes en masse; ils paroissent être les cantharides des anciens. O11 les emploie encore à la Chine comme un puissant vésicatoire ; leurs élytres sont d’un jaune rougeâtre, avec des bandes noires ondulées. On en trouve en France.

La forme singulière des élytres rétrécis en arrière fait recon-

DES INSECTES COLÉOPTÈRES. ,5y

tloître aisément les coléoptères cingiistipennes ou Sténoptères. On connoît peu les mœurs des larves. Les uns ont la suture des élytres séparée ; telles sont les sitarides à antennes filiformes, qu’on trouve en automne dans les murs d’argile; et les œde mères, qui ont reçu ce nom de la grosseur excessive des cuisses de derrière et dont les antennes sont en soie. Les autres genres ont la suture des élytres contiguë. Les uns n’ont pas d’écusson, comme les anaspes à antennes en masse , et les rhipiphores à antennes en éventail ; les autres offrent un écusson très distinct , comme les mordelles qui ont les antennes en scie, et les nécydales qui les ont en fil.

Le nom de sylvicoles ou d’ORNÉPHiLES indique seulement que les insectes réunis dans cette famille aiment les bois. Ils n’ont pas de caractères bien tranchés , cependant on ne peut les rapporter à aucune des autres familles de l’ordre. Toutes les espèces se trouvent dans le tronc des arbres. Tels sont les hélops , les serropalpes et les cistèles , dont le corselet n’est pas arrondi : tels sont encore les calopes , les pyrochres et les hories , dont le caractère est opposé.

Les ténébricoles ou Lygopkiles ont les antennes grenues en masse allongée, les élytres durs, non soudés, et des ailes. C’est dans cette famille qu’on a placé les upides , les téné brions , les opatres , les pédines , les sarrotries. On a nommé ténébrions des insectes qui fuient la lumière; on trouve très communément Tune des espèces de ce genre chez les boulangers. Sa larve se nourrit de farine; elle est jaune, allongée et couverte d’une peau très dure. Les rossignols en sont très friands, aussi l’emploie-t-on comme appât dans les pièges qu’on tend à ces oiseaux.

La famille des htcifuges ou Photophyges réunit toutes les-

i6o DES INSECTES COLEOPTERES.

espèces de coléoptères liétéromérés cpù ont les élytres durs* soudés et sans ailes. La plupart sont exotiques. Ils se rencontrent principalement dans les pays de sables ; ils se nourrissent des débris de végétaux et d’animaux , et ne sortent guère que le soir. Les uns ont les pattes de devant renflées, comme les érodies , les sca ures ; d’autres ont le corps anguleux, comme les eurychores , les akides , les sépidies ; enfin il en est qui ont le corps lisse , comme les blaps , les pimélies , etc. Ces deux derniers genres se trouvent principalement en France. Les blaps sont de gros coléoptères de couleur noire, qui marchent très lentement et qu’on trouve sous les plantes pourries et dans les maisons, principalement dans les caves. Ils répandent, lorsqu’on les saisit, une odeur fort désagréable.

La dernière famille de cet ordre , celle des fongivores ou Mycétobies , comprend de petits coléoptères à élytres durs , non soudés, à antennes grenues dont la masse est arrondie. On les a observés, ainsi que leurs larves, dans les champignons. On les rapporte à beaucoup de genres , que le nombre des articles de la masse des antennes fait aisément distinguer. Les agathidies en ont trois; les tétratomes et les cossyphes , quatre ; les cinisotomes , cinq ; les cnodalons , six ; les bolétophages et les hypoplilées , sept; enfin les diapères, huit.

Tous les insectes à quatre articles aux tarses, ou les Tétramérés, se nourrissent de substances végétales; on a établi parmi eux plusieurs familles très naturelles, telles que les rhinocéros (939) , dont les antennes sont toujours portées sur un prolongement de la tête, appelé bec; les xylophages (94$),

dont les antennes ont la forme d’une soie de cochon, et dont

les larves vivent toutes dans le bois ; les phytophages (947)? qui ont les antennes cylindriques en forme de fil, et qui se nourrissent de feuilles sous leurs deux états. Il y a en outre

deux petites familles qu’on a distinguées d’après la forme arrondie ou aplatie des insectes parfaits : ce sont les oma loïdes (943) et les cylindroïdes (g44)*

On avoit d’abord nommé charansons tous les insectes qui portent leurs antennes sur une sorte de bec; mais depuis on les a divisés en plusieurs autres genres , principalement d’après îa forme des antennes et du bec. De là leur nom de rostricornes ou de Rhinocères. Ils proviennent de larves molles qui se nourrissent de semences des végétaux ou de feuilles. On les a divisés en deux sections : i°. les genres qui ont les antennes en masse; i°. ceux qui les ont en fil. Les insectes de la première section ont tantôt les antennes droites , comme les anthribes, les attëlabes , les brachycères > les oxystomes, tantôt brisées, comme les charansons , les ramphes , les rynchènes . Les genres qui n’ont pas les antennes en masse sont les becmares t les brentes et les bruches.

Le charanson du blé est aussi nommé calandre ; il n’est malheureusement que trop connu dans certains pays; sa couleur est brune et son corselet allongé; il détruit quelquefois des magasins immenses de blé, dont il ne laisse que le son. C’est la larve qui produit tout ce dégât; elle mange la farine sans attaquer l’écorce, et se métamorphose dans le grain sans qu’il y paroisse au-dehors. On a calculé qu’une paire de ces insectes peut, dans l’espace de cinq mois, avoir donné naissance à six mille quarante-cinq petits.

Le petit ver blanc et sans pattes, qu’on trouve dans les noisettes, est la larve d’un charanson gris, qui a une trompe grêle , presque aussi longue que son corps. Quand le fruit est tombé, la larve, qui a acquis tout son développement , fait un trou à la noisette, et en sort pour subir sa métamorphose sous

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la fcbrre, où elle s’enfonce. On observe souvent sur une plante qui se trouve principalement dans les lieux aquatiques , et qu’on appelle la scrophulaire, une petite larve toujours humide et gluante , qui est collée sous les feuilles qu’elle ronge. Lorsqu’elle est sur le point de se métamorphoser, cette matière gluante forme autour de son corps une sorte de petite vessie, au travers de laquelle on distingue la nymphe de l’insecte, qu’on prendrait au premier aspect pour la graine de la plante, et qui devient un rynchène. Une des plus belles espèces de cette famille, on pourroit même dire de tous les coléoptères, est le charanson qu’on trouve aux Indes et au Pérou. Ses élytres sont d’un beau vert céladon doré mat, avec des lignes obliques d’or rougeâtre si brillantes, qu’on a monté cet insecte en bague comme une pierre précieuse. C’est probablement à cause de la richesse de sa parure qu’on l’a désigné sous le nom de royal.

Les bruches rongent les semences, comme leur nom l’indique. Mais c’est surtout sous l’état de larves , qu’elles attaquent les graines de la plupart des légumineuses. Ainsi la bruche des pois et des lentilles provient d’un œuf déposé par la mère dans la gousse ou le légume qui contient la semence encore molle. La larve 11e tarde pas à éclore; à peine née, elle s’introduit par un trou imperceptible dans l’intérieur des cotylédons ; en se développant, elle les détruit presqu’en entier, et ce qu’il y a de singulier c’est que beaucoup de ces graines conservent encore la propriété de germer. Au printemps, ou vers la fin de l’hiver, lorsqu’elles ont acquis toute leur croissance , ces larves se changent en nymphes après avoir cependant pris la précaution de se pratiquer une issue pour sortir de la semence, lorsqu’elles auront subi leur métamorphose. Cette issue est disposée de manière, qu’elle forme comme une sorte de porte à un seul battant; l’insecte ayant creusé en dedans un sillon presque circulaire qui ne tient que par un seul point

faisant l’office de charnière, de sorte que l’insecte parfait n’a qu’à soulever cette trappe qui retombe d’elle- meme, et ferme l’ouverture; mais cette écaille est si mince, qu’au moindre frottement elle se réduit en poussière, et laisse à découvert le ravage fait par ce petit animal.

Les planiformes ou Omaloïdes sont de petits coléoptères à corps déprimé ou excessivement aplati , à antennes en massue , qui se nourrissent de substances végétales , et qui recherchent en général les lieux humides. Les uns ont le corps allongé comme les lyctes et les colydies ; on les trouve sous les écorces humides. Les autres ont le corps arrondi ou ovale, tantôt avec le corselet plat, comme les trogosites et les cucujes ; tantôt avec le corselet convexe, comme les hétérocères , les ips et les mrcétophages.

Les coléoptères rangés dans la famille des cylindrif ormes ou Cylindroïdes, à cause de la forme de leur corps, ont aussi les antennes en masse. On les trouve dans les boiseries et dans les troncs d’arbres qu’ils perforent. Les uns, comme les clairons et tes corynètes, ont le corselet rétréci en arrière ; les autres ne l’ont pas rétréci, mais très voûté , comme les apates , les bostriches , les scolytes. Les deux premiers genres semblent s’éloigner un peu des autres par leurs mœurs carnassières. L’une des espèces du genre clairon est appelée apivore , parce que sous sa première forme elle se nourrit de larves d’abeilles , au milieu de la ruche. L’insecte parfait est de couleur bleue avec de grandes bandes rouges sur les élytres. On le trouve sur les fleurs , principalement sur celles des ombellifères.

On a partagé les Xylophages ou lignivores , qui composent la nombreuse famille des coléoptères à quatre articles à tous les tarses, et à antennes plus grêles à l’extrémité, d’après la

figure des élytres: on a placé dans quelques genres voisins des leptwres , comme ceux des rhagies et des molorques , les espèces dont les élytres sont plus étroits à la pointe. Les autres xylophages ont les élytres à peu près d’égale largeur; on a nommé capricornes , priones et lamies ceux dont le corselet est armé d’une ou de plusieurs épines, tandis qu’on a appelé sapercles et callidies ceux dont le corselet est lisse. Tous ces insectes vivent dans le bois, sous la forme de larves; alors leur corps est allongé , presque à quatre faces , garni de mamelons, et un peu plus gros du côté de la tête , qui est armée de fortes mandibules. Plusieurs attaquent les branches même vivantes, mais le plus ordinairement ils se nourrissent sous les écorces , et se pratiquent de langues galeries, dans lesquelles ils grimpent à la manière des ramoneurs.

Presque tous ces insectes sont ornés de belles couleurs, et meuvent avec vivacité leurs longues antennes; ils font entendre, lorsqu’on les saisit ou qu’ils sont captifs, un son monotone, qui en petit présente quelques rapports avec le braiement de l’âne; ils le produisent en faisant frotter leur corselet contre la poitrine. Il y a une espèce de capricorne de couleur de cuivre bronzé qui vit dans les saules , et qui porte une odeur analogue à celle de la rose. Ces petits insectes d’un beau rouge satiné, qui sont si communs au printemps dans les bûchers, sont du genre des callidies , nom qui signifie belle forme.

La famille des herbivores ou des Phytophages est une des plus nombreuses parmi les coléoptères; cependant elle est bien naturelle, car tous ces insectes ont le corps bombé, des antennes en forme de fil , à articles arrondis , et l’avant-dernière pièce de leur tarse est comme partagée en deux lobes. On a divisé cette famille en beaucoup de genres. Les uns ont les an-

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ternies en fil , et tantôt leur corselet est rebordé , soit aplati , comme dans les lupères , les altises , les galéniques ; soit convexe, comme dans les clytres , les gribouris ; tantôt le corselet est sans rebords, comme dans les hispes , les criocères , les doua des y les alurnes. Les autres n’ont pas les antennes en fil, mais grossissant insensiblement, comme les chrysomèles , les hélodes , les cassides ; ou en massue allongée, aplatie, comme les érotyles. Nous ne traiterons que de quelques uns de ces genres.

Les donacies vivent sur les plantes aquatiques, et principalement sur les roseaux, comme leur nom l’indique. Leur couleur est ordinairement métallique, leur corps allongé, et leurs antennes dirigées en avant. On a beaucoup de peine à leur faire quitter les roseaux, dont l’écorce est cependant fort lisse. /

Les criocères sont de petits coléoptères, dont le corps est lisse et comme verni , le corselet étroit , et les antennes à articles courts. Ils font entendre, lorsqu’on les saisit, un petit murmure fort singulier, produit par le frottement de leur corselet. On trouve une très jolie espèce de ce genre sur les lis; elle est d’une belle couleur rouge de cire à cacheter; sa larve a la singulière habitude de se couvrir de ses excrémens, comme pour dégoûter les oiseaux ; elle en est toujours enveloppée : aussi a-t-on désigné cette espèce sous le nom latin de merdigera ,

Les chrysomèles sont presque rondes; elles marchent lentement, Quelques espèces, lorsqu’elles se croient en danger, exsudent une humeur colorée par toutes leurs articulations ; une des plus jolies se trouve sur les blés ; elle est d’une belle couleur verte dorée, avec des lignes bleues en longueur, ce qui !’a

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fait nommer le grand vertu-bleu. On trouve souvent dans les bois, sur les feuilles des jeunes peupliers , des chrysomèles à corselet bleu , métallique , dont les élytres sont d’un rouge très brillant. Elles proviennent de larves qui vivent en société sur les mêmes arbres, et qui, lorsqu’on les touche, font sortir de huit à neuf tubercules qu’on voit sur leur dos, des gouttelettes d’une couleur limpide et très odorante. Aussitôt qu’elles croient le danger passé, elles résorbent cette humeur, et on peut leur faire répéter ce manège plus de dix fois de suite.

Le nom de casside, qui signifie casque, convient assez bien aux insectes auxquels on l’a donné, car leur corselet et leurs élytres s’avancent au-delà du ‘corps ; l’insecte qu’ils recouvrent, y vit d’autant mieux à l’abri du danger , qu’ordinairement la couleur de ces parties est analogue à celle des tiges sur lesquelles on le rencontre. Les larves de ces insectes, dont on observe assez souvent une espèce sur tif chardon , ont le ventre terminé par une sorte de fourche , sur laquelle elles accumulent leurs excrémens.'Tant qu’elles sont Occupées à paître tranquillement, elles traînent après elles ces ordures; mais au moindre danger, elles relèvent la fourche , et se cachent sous ce to'it protecteur, mais qui peut dégoûter les oiseaux. La nymphe des cassides s’accroche et reste ainsi immobile sur les tiges des végétaux qui ont servi à son développement ; comme , à cette époque de son existence, elle est privée de tout moyen de défense, la nature lui a donné le masque d’une graine de plante épineuse , rude, terminée par deux cornes sèches et pointues p que les

oiseaux doivent craindre d’avaler.

Le quatrième et dernier sous-ordre des insectes coléoptères, comprend, sous le nom de iridactyles ou deTfiiMÉRÉs, les espèces qui n’ont que trois articles à tous les tarses. Comme les genres qu’on y rapporte sont en petit nombre, on ne les a

point divisés en familles. Les uns ont les antennes plus longues que le corselet, tantôt en massue comme les dasycères et les eumorplies ; tantôt presqu’en fil , comme les endomyques. Ces insectes se trouvent dans les lieux humides, sous les écorces et dans les champignons. Les autres ont les antennes plus courtes que le corselet, qui est tantôt accolé auxélytres, comme dans les scymnes ; et qui tantôt en est distingué par une sorte d’échancrure , comme dans les coccinelles . Ces deux derniers genres sont le plus connus dans cette famille, et ils ont entre eux les plus grands rapports.

Les coccinelles sont de petits insectes qui ont la forme de la moitié d’une petite boule. Leur corps est lisse et brillant, et leurs belles couleurs les font surtout remarquer des enfans. On les appelle vulgairement vaches ou bêtes a Dieu. La plupart, lorsqu’on les saisit, ou quand on leur fait quitter le plan sur lequel elles marchoient, retirent les membres vers la partie moyenne du corps et en appliquent tellement les articulations les unes contre les autres, qu’elles paroissent absolument privées de pattes. Quand on touche les coccinelles, elles font sortir aussitôt de leur corselet une gouttelette d’une humeur jaunâtre, amère et très fétide. Ce moyen d-e défense n’empêche pas qu’elles ne soient souvent la proie des hirondelles. Elles sont carnassières sous les deux états de larves et d’insectes parfaits. Elles se nourrissent principalement de pucerons. Les larves sont hérissées d’épines ou de tubercules, et leur extrémité postérieure se termine par une sorte de mamelon visqueux que l’animal emploie comme une septième patte pour s’accrocher, se suspendre ou s’arc-bouter, quand il se sert des pattes antérieures pour porter à la bouche les pucerons qu’il dévore. Ces larves se transforment ordinairement à l’air libre et dans une sorte de coque qui ressemble à une fleur desséchée. On les observe souvent ainsi sur les corps solides auxquels elles sont

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fixées. L’insecte parfait qui en provient est mou d’abord et ses élytres sont incolores ; mais ceux-ci ne tardent pas à prendre de la consistance et une couleur vive et brillante, à cause du poli et des taches arrondies et symétriques dont ils sont ornés. Ce genre comprend un grand nombre d’espèces qu’on distingue principalement par les couleurs, ainsique par l’arrangement, la forme et le nombre des taches. Les naturalistes ont employé ces considérations pour diviser les coccinelles en tribus et pour les désigner par des noms triviaux , commodes et caractéristiques. D’ailleurs l’existence des coccinelles paroît liée à l’économie générale de la nature, car leur race est appelée à délivrer les plantes d’une énorme quantité de pucerons qui sucent leur sève et parmi lesquels il est rare de ne pas trouver en même temps et les larves de ces coléoptères occupées à les détruire , et l’insecte lui-même dans son état de perfection.

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