CHAPITRE XVII
Des Animaux a vertèbres en général , et de leur organisation comparée avec celle des non-vertèbres.
Dans les deux premiers chapitres de ce volume nous avons vu, en traitant des animaux en général, que l’examen de leurs organes du mouvement donnoit la facilité de les rapporter à deux grandes séries. Nous avons étudié d’abord tous les animaux qui sont privés de vertèbres ; ceux que nous allons maintenant considérer ont à l’intérieur une charpente solide qui détermine leurs formes générales et celles de leurs organes. Au reste, ce n’est pas uniquement à cause de la présence de l’échine qu’on a cru devoir rapprocher ces êtres ; il semble que pour eux il y ait eu un plan unique de construction , un type primitif, dont la nature ne s’est écartée qu’à regret. Aussi nous sera-t-il plus facile d’étudier ici l’organisation générale, puisque les instrumens sont essentiellement les mêmes, et n’éprouvent que des modifications légères.
Afin de mettre plus d’ordre dans cette étude de la structure des animaux à vertèbres, nous ferons connoître successivement leurs organes du mouvement, des sensations, de la nutrition, de la circulation , de la respiration et de la voix , des sécrétions et de la génération; et nous les comparerons, d’une manière sommaire , avec ceux qui leur correspondent parmi les animaux sans vertèbres.
Nous avons eu occasion de reconnoître, en étudiant les animaux non vertébrés , que les parties solides , destinées au mouvement du corps, sont toujours situées extérieurement,
i?o ORGANISATION COMPARÉE
et que , quand ils ont des membres , ces parties sont au moins au nombre de trois paires; tels sont les crustacés, les insectes : souvent meme leurs croûtes, leurs coquilles, sont des sortes de demeures destinées seulement à les protéger, comme dans les échinodermes , les mollusques gastropodes et acéphales. Dans les animaux à vertèbres, au contraire , les tortues et quelques poissons exceptés, tous les os x ou les parties solides propres au mouvement, sont cachés sous les chairs; ils sont articulés en dedans sous la peau , et le nombre de leurs membres n’est jamais au-delà de plus de deux paires.
Il n’y a point de nerfs distincts dans les zoophytes; les insectes, les crustacés et les annelides, nous ont présenté une moelle nerveuse , renflée d’espace en espace, une suite de ganglions
sans cerveau ou centre unique et principal ; nous avons appris qu’il existoit dans les mollusques un cerveau et des nerfs libres , c’est-à-dire non renfermés dans des cavités osseuses. Enfin, les animaux vertébrés ont tous, sans exception, un cerveau contenu dans leur crâne ou dans une cavité de leur tête. Le faisceau commun des ueifs qui en proviennent, est toujours renfermé dans l’étui ou dans le canal que forment les vertèbres, et placé au-dessus et dans une autre cavité que les viscères.
On ne peut pas assurer que les organes des sens manquent dans les animaux sans vertèbres; nous avons dît cependant que chez les zoophytes on ne connoissoit que celui du toucher; que la plupart des insectes offroient de plus l’organe de la vue ; qu’on retrouvoit et lui de l’ouïe dans les crustacés et dans les mollusques céphalopodes; qu’on présumoit enfin l’existence des sens de l’odorat et du goût chez la plupart, à l’entrée des organes de la respiration et de la digestion. Dans les animaux vertébrés , les sens sont presque constamment au nombre de cinq, situés dans les mêmes points du corps, et le plus sou-