ORGANISATION COMPARÉE
en trouve des exemples dans tous les animaux ; ainsi plusieurs zoophytes , comme les actinies , laissent transsuder une humeur muqueuse de la surface de leur corps. Quelques insectes exhalent à volonté des odeurs désagréables; ils laissent suinter des humeurs âcres; ils éjaculent des acides. Il transsude du corps de plusieurs annelides , et entre autres de celui de l’arénicole , une matière muqueuse et colorante jaune. La seiche , la pourpre, et plusieurs autres mollusques, lâchent à volonté des humeurs colorées. Les animaux vertébrés sécrètent aussi plusieurs fluides analogues; mais tous spécialement, et eux seuls , ont des reins ou des organes destinés à séparer de leur sang une partie d’une humeur souvent plus fluide , et ordinairement moins colorée ; c’est X urine.
Nous avons trouvé parmi les zoophytes des espèces qui ne se propagent que par boutures; parmi les insectes, il en est qui n’ont point de sexe, et qui sont par là condamnés à la stérilité} enfin, parmi les mollusques , il y a des hermaphrodites, dont quelques uns, comme les huîtres, peuvent se féconder de la même manière que les plantes, dont les fleurs renferment en même temps des étamines et des pistils; il y a aussi des androgynes , comme les limaces, qui sont à la fois mâles et femelles, et qui ont cependant besoin, pour propager leur race , d’une double réunion. Chez les animaux à vertèbres qui n’ont point été mutilés ou domptés par l’homme, on ne cotmoît que des individus mâles ou femelles.
Il résulte de l’examen auquel nous venons de nous livrer, que les animaux à vertèbres ont les plus grands rapports entre eux par leur organisation, tandis que ceux, dits invertébrés, ne présentent point de caractères communs. Chez les premiers , il n’y a jamais plus de quatre membres; les os sont intérieurs et recouverts par des chairs ou des muscles : chez
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les seconds, les membres, quand ils existent, sont au moins au nombre de six; ils n’ont jamais d’os proprement dits, mais des étuis, des gaines, des tests, des croûtes, des coquilles toujours au-dehors. Les vertébrés ont une échine qui loge la moelle nerveuse dans leur dos : les invertébrés n’ont point cet étui; leur moelle nerveuse n’est pas située du côté du dos, mais sous leurs intestins. Le goût, l’odorat, la vue, l’ouïe , ont presque constamment leur siège sur la tête des premiers : il est impossible de reconnoître la présence de ces quatre sens à la fois sur la tête des seconds. Chez les uns, il n’y a jamais que deux mâchoires jouant verticalement : leur nombre est indéterminé chez les autres ; et quand ils en sont pourvus, elles sont ordinairement mobiles en travers. Tous les animaux vertébrés ont des organes circulatoires; les cavités de leur cœur ne sont jamais isolées : beaucoup d’invertébrés n’ont point d’organes propres à la circulation, et quand leur cœur a plusieurs cavités, elles sont toujours séparées.
Nous venons de voir que les animaux à vertèbres ont entre eux la plus grande analogie par leur organisation -, cependant, c’est encore dans les variétés de ces mêmes organes qu’on a trouvé les caractères les plus importans pour les diviser en quatre classes bien distinctes. Tous, par exemple, ont le sang rouge, et respirent; mais chez les uns ce sang, ou cette humeur, est toujours élevé à une température constante, quand ils jouissent librement de toutes leurs fonctions; aussi les nomme-t-on des animaux à sang chaud : les autres , au contraire, ont toujours leurs humeurs, et par conséquent la tota- * /
lité de leur corps, élevées à des degrés inconstans d’une chaleur à peu près semblable à celle du milieu dans lequel ils vivent librement et jouissent de toutes leurs facultés; on les a désignés assez improprement, à cause de cela , sous le nom
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d’ animaux a sang froid , car il eût mieux valu les caractériser par leur température variable.
Les modes de respiration et de circulation sont les mêmes dans les animaux à température constante ; leur sang , avant d’être chassé dans le corps par le gros tronc des artères qu’on nomme aorte, passe tout entier dans les poumons. Il revient de là dans une loge particulière du cœur ou dans une autre cavité ventriculaire. Leur circulation est donc complètement double; car la totalité de leur sang est chassée du cœur dans le poumon, et revient ensuite dans le cœur : c’est la circulation pulmonaire. Ce sang est ensuite chassé de nouveau du cœur par les artères dans le reste du corps pour revenir par les veines : c’est la circulation générale. Ces animaux sont toujours forcés de respirer pour faire entrer l’air dans leurs poumons et pour l’en expulser alternativement ; tels sont les mammifères et les oiseaux.
Il paroît que c’est à la combinaison de l’air avec le sang dans l’organe pulmonaire , que l’on peut attribuer la chaleur de cette humeur. Car lorsque la totalité de ce sang ne passe pas dans les poumons, ou quand les animaux ne respirent pas l’air lui-même , mais seulement la petite quantité de ce fluide qui peut se trouver combinée avec l’eau dans laquelle ils vivent, la température de leur corps reste généralement à un degré variable de chaleur ou de froid, comme celui du milieu dans lequel ils habitent. Leur cœur n’est souvent composé que d’une cavité ou d’un ventricule unique , et quand il y en a plusieurs , ces cavités communiquent entre elles.
C’est donc principalement par leur température que les animaux vertébrés diffèrent entre eux. Ceux qui ont le sang froid , ou plutôt dont la température est variable, peuvent se rappor-
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ter, à deux grandes classes d’après la manière dont s’opère leur respiration. La première comprend les reptiles qui ont des poumons ou des organes celluleux et vasculaires dans lesquels l’air pénètre. On a placé dans la seconde classe les poissons qui ont des branchies, et qui sont obligés de vivre constamment dans l’eau, (i)
(i) Voyez , pour le résumé de ce Chapitre, le tableau inséré au paragraphe 677.
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