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petits oiseaux ne sont couvés par leurs parens que pendant onze ou dix-sept jours au plus. Le mâle ne couve ordinairement que depuis midi jusqu’à trois heures; les femelles, pendant ce temps, prennent leur nourriture. Les mâles des espèces qui ont plusieurs femelles ne couvent que très rarement : ils ne prennent aucun soin des petits. C’est ce que nous voyons parmi les coqs , les cailles , les canards, les dindons.
Deux points de la conformation des oiseaux peuvent conduire à une méthode avantageuse d’étude. Les lieux où ils vivent, et la manière dont ils marchent, sont, pour ainsi dire, indiqués d’avance par la disposition des pattes; ensuite la nature des alimens dont ils se nourrissent peut être, en quelque sorte, soupçonnée par la forme de leur bec. C’est en effet d’après la forme, la longueur des pattes et la disposition des doigts , qu’on a divisé les oiseaux en six ordres , et c’est ensuite la configuration particulière du bec qui a conduit à les partager en vingt-trois familles.
On a observé que les oiseaux qui nagent très bien ont les pattes courtes et tous les doigts réunis entre eux, presque jusqu’aux ongles, par de larges membranes (Pl. v, fig. 12 et 17). Ces oiseaux vivent nécessairement dans les lieux aquatiques : on les a nommés Palmipèdes ou Nageurs (1190). Chez tous les autres oiseaux, les doigts sont plus ou moins séparés. Tantôt ces doigts sont libres , et sans aucunes membranes, comme on le voit dans les Râpages (i ï25) ou Accipitres , dont les doigts dirigés , trois en devant , un en arrière, sont armés d’ongles crochus, formant une serre, et chez lesquels le bec supérieur est toujours avancé et courbé en crochet. Dans les Grimpeurs (ii55), qui constituent un ordre bien distinct, ces doigts sont libres aussi; mais disposés de manière qu’ils forment une pince, parce que deux sont portés en avant
et deux sont dirigés en arrière (Pî. iv, fig. 1 ) : tantôt, comme dans les trois autres ordres, les doigts sont réunis en partie ou à leur base seulement, par de courtes membranes : dans ce cas, le nombre des doigts varie. Le plus ordinairement on en compte quatre , et jamais il n’y en a qu’un seul en arrière. Les uns ont une courte membrane entre chacun des doigts (Pl. iv, fig. 4), et leur jambe est couverte de plumes jusqu’au haut du tarse; on les nomme Gallinacés (1164) : chez les autres, on n’aperçoit de membrane qu’entre les deux doigts externes. O11 a partagé ces derniers en deux ordres : les espèces qui ont les tarses très élevés et nus, ainsi que le bas des jambes (Pl. iv, fig. 7 ) , ont été nommées Échassiers (i 180) ou oiseaux de rivage, parce qu’ils vivent en effet dans les marais et sur le bord des eaux, et on a appelé les autres Passereaux (i i33). Ceux-ci ont les tarses courts et foibles (Pl. iv, fig. 2 et 5 ); ils se nourrissent principalement d’insectes et de graines ; la plupart voyagent des climats tempérés vers des régions plus chaudes : voilà pourquoi on les a désignés sous le nom d’oiseaux de passage ou, en un mot, passereaux.
En analysant cette classification, on pourroit obtenir le tableau synoptique que nous allons tracer, et dans lequel la suite de numéros ramène à l’ordre méthodique que les divisions systématiques ont interrompu.