DES OISEAUX GRIMPEURS
On nomme Grimpeurs, tous les oiseaux dont les pieds ont quatre doigts disposés de manière que deux sont situés en devant et deux derrière (Pl. iv, lig. 1). Cette disposition, qui leur donne une grande facilité pour s’accrocher aux branches des arbres , les gêne beaucoup pour marcher sur un terrain uni. On les a partagés en deux familles, d’après la forme de leur bec. On a nommé cunéirostres , les genres qui ont un bec plus étroit que la tête, non dentelé (Pl. 1, fîg. 20, 21, 22); et lévirostres , ceux qui ont un bec dentelé ou dont la base est aussi grosse que la tête (Pl. m, lig. 74; et PL 1, lig. 16, 5 , 6).
Deux sections divisent la famille des Cunéirostres : ceux qui ont le bec droit, et ceux qui Pont arqué. C’est parmi ces derniers qu’on a rangé les coucous et les unis. Les pics , les torcols et les jacamars forment la seconde division.
Les coucous sont ainsi nommés à cause de leur chant, qui est composé des mêmes syllabes cou-cou ; leur bec est grêle , un peu arqué, arrondi en dessus (PL 1, lig. 19): on n’en connoît qu’une espèce en Europe, mais toutes ont à peu près les mêmes mœurs. Notre coucou est d’un gris ardoisé, avec des lignes transversales brunes en dessous; son bec, ses paupières et ses pattes sont jaunes. Les coucous se nourrissent d’insectes et de petits oiseaux; ils 11e construisent pas de nid. La femelle est trop maigre , et ne pourroit pas couver ; elle pond un ou deux œufs, et l’on pense qu’elle les prend dans son bec pour les porter successivement dans les nids des passereaux, principalement dans ceux des motacilles. Celles-ci les couvent, et nourrissent les petits qui en éclosent, comme si c’étoit leur progéniture. On dit aussi que le jeune coucou éclos parvient à jeter hors du nid les petits oiseaux avec lesquels il avoit été couvé. Les unis ou crotophages , c’est-à-dire
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mangeurs de tiques ou de ricins , n’habitent que l’Amérique on les reconnoît à leur bec comprimé en carène (PL 1, fig. 8 ). Les femelles, dit-on, se réunissent au nombre d’une cinquantaine pour faire un très grand nid , où elles couvent en commun, rangées à côté les unes des autres. Ces oiseaux, qu’on nomme aussi dans le pays bout de petun , se nourrissent de grillons et d’insectes, principalement de tiques et de larves d’oestres, qu’ils vont rechercher sur la peau des bœufs, qui les souffrent complaisamment sur leur dos; ce qui les a fait aussi appeler pique-bœufs.
Les trois autres genres ont le bec droit, allongé (PI. 1, fig. 20, 21); ils se nourrissent aussi d’insectes. Les pics et les torcols ont une langue cylindrique très longue, visqueuse, terminée par des pointes recourbées en arrière, avec laquelle ils vont saisir les insectes sous l’écorce des arbres. Il n’y a qu’une seule espèce de torcol en France; elle est grise, tachetée de noir et de roux ; on la reconnoît à sa queue allongée, coupée carrément, et composée de dix pennes flexibles. On a donné à cet oiseau le nom de torcol , parce qu’il a l’habitude de tourner singulièrement la tête, et qu’il paroît se tordre le cou lorsqu’il regarde autour de lui. Les pics ont la queue comme étagée, formée de dix pennes roides , ébarbées , avec lesquelles l’oiseau s’appuie sur le tronc des arbres lorsqu’il est occupé à saisir sa nourriture. Leur voix est très désagréable ; mais leur plumage est orné des couleurs les plus vives. On en trouve communément deux espèces dans nos bois : I e pic-vert , dont la tète est rouge, et Yépeiche, qui est tacheté de noir et de blanc, avec l’occiput écarlate. Les jacamars sont des oiseaux d’Amérique, qui ont le bec des pics (Pl. 1, fig. 22), la langue courte, et la queue comme les torcols. Leur plumage est comme doré ; ils se nourrissent