IX
Le touyou est un oiseau de l’Amérique méridionale , que l’on croit. maintenant être la même espèce que le jabiru (11 85). On dit qu’il marche sur trois doigts, et sur une callosité qui tient lieu de pouce. Il est presque aussi gros que l’autruche; sa couleur est grise en dessus et blanche sous le ventre. Il pond, dit-on , plus de cinquante œufs, qui pèsent chacun un kilogramme. Les plumes de ses ailes servent de panache; il 11’a point de queue. On ne connoît aussi que très peu le clronte . Il paroît qu’autrefois il étoit assez commun aux îles de France et de Bourbon. On ne l’y rencontre plus présentement; on le reconnoîtroit facilement à son bec allongé , fendu jusqu’au-delà des yeux, étranglé au milieu, avec deux rides transver-
sales (Pl. il, fig. 49)? et aux quatre doigts distincts et séparés sur lesquels il marche. On a également quelques raisons de douter de l’existence de cet oiseau, qui pourroit être un casoar mal décrit.
ll8o.
Les Échassiers , qu’on nomme aussi oiseaux de rivage , ont été ainsi désignés, parce qu’ils sont montés très haut sur jambes, et qu’ils vivent ordinairement sur le bord des eaux. Leur organisation est parfaitement en rapport avec leurs habitudes. La plupart ont la queue très courte , les doigts allongés, ainsi que les tarses: leurs plumes ne descendent point jusqu’au bas du genou. Ils peuvent se tenir des heures entières sur une seule patte , et marcher à gué sur les rivages. Dans le vol, leur cou très long contrebalance le poids des pattes. Tous se nourrissent de vers, de mollusques ou de la chair des autres animaux aquatiques : ils font leurs nids sur la terre, et les petits peuvent marcher en sortant de l’œuf, comme ceux des gallinacés, chez les espèces qui ne vivent point par paires.
Quoique tous les échassiers prennent à peu près les mêmes nourritures, les uns se trouvent forcés de ne manger que des animaux très mous, parce que leur bec trop foible ou trop long ne pourroit briser les coquilles dont la plupart des animaux aquatiques sont enveloppés ; d’autres, au contraire, ont des mâchoires courtes et robustes , avec lesquelles ils peuvent briser les tests les plus durs. On s’est servi de cette différence pour ranger les oiseaux de rivage dans quatre familles faciles à distinguer.
Les espèces qui ont le bec large, obtus, légèrement courbé et non cylindrique ou en pointe, ont reçu le nom de latirostres (1184). On a appelé térétirostres (1188), les échassiers dont le bec est faible, allongé, et arrondi à la base comme à
la pointe. Les deux autres familles comprennent les espèces qui ont le bec droit, pointu : ceux qui l’ont très long, avec les bords tranchans , sont dits cultrirostres (1 1 85), et les autres, qui ont le bec plus court et comme comprimé, sont nommés pressirostres (1187).
Sous le nom de Latirostr.es, qui signifie becs-larges, on a rapproché trois genres d’oiseaux étrangers à notre climat, et dont le bec a une conformation très remarquable. On les nomme flammant, spatule et savacou. Les Jlammahts , appelés aussi phénicoptères , parce que leurs ailes sont ordinairement de couleur rouge , se font reconnoître par la forme singulière de leur bec , qui est à peu près semblable à celui des canards, mais coudé au milieu (Pl. ni, fig. 64). On ne les trouve que dans les pays chauds ; ils cherchent leur nourriture dans la vase , en y promenant leur bec comme le soc d’une charrue , la mâchoire inférieure en dessus : ils font leur nid sur un petit tertre élevé, e,t y pondent deux œufs qu’ils couvent en se plaçant sur le nid à califourchon. Les flammants paroissent faire la transition des oiseaux échassiers avec les palmipèdes; car leurs trois doigts antérieurs sont réunis par des membranes jusqu’aux ongles. Ils ont le col des cygnes et le bec dentelé sur les bords. Les spatules ont reçu ce nom de la forme de leur bec allongé, aplati, dilaté et arrondi à l’extrémité, en forme de spatule d’apothicaire (Pl. 11, fig. 5o). Ce sont encore des oiseaux des pays chauds, ainsi que les savacous , dont le bec court et large ressemble un peu à la partie évasée d’une cuiller (Pl. 11, fig. 52). Ils se nourrissent, dit-on, de petits poissons et de crabes. On les trouve à la Guyane, à Cayenne.
Parmi les échassiers Cultrirostres , ceux qui ne peuvent pas. rapprocher la partie moyenne du bec lorsqu’il est fermé, sont nommés bec-ouvert (Pl. ui,fig. 76). On en connoît deux espèces:
elles vivent clans les parties les plus chaudes des deux contitiens, et elles se nourrissent de poissons. La demoiselle de Numidie ou l’diseau bateleur, ainsi nommé par l’habitude qu’ont le mâle et la femelle de faire des mouvemens bizarres qui représentent une sorte de danse ou de walse. U oiseau-royal ou la grue couronnée, si remarquable par la huppe de plumes torses simulant une aigrette dont leur tète est ornée. Le marabou dont la démarche est si bizarre, dont le jabot pendant se remplit d’air comme une sorte de vessie, et dont les plumes fournissent un si beau duvet, appartiennent à cette famille. Les espèces qui ont le bec un peu courbé en dessus à la pointe (PI. n, fig. 5i) , sont appelées jabirus; elles sont ordinairement chauves sur le front et à la base du bec. Les hérons, les cigognes, les tantales et les grues, qui ont le bec long , fort, droit et pointu (Pl. ii, fig. 53), sont encore rangés dans cette famille.
Il86.
Les hérons ( 1) se distinguent des deux autres genres, parce que l’ongle de leur doigt du milieu est dentelé en dedans (Pl. iv, fig. 7 ). On ignore encore la raison de cette conformation. Us se nourrissent de grenouilles et de poissons : leur chair 11’est point agréable à manger. Les principales espèces de France sont le bihoreau , le héron ordinaire, X aigrette d’Asie, qui a été observée dans le midi de la France; son occiput est garni de deux longues plumes, qu’on recherche beaucoup comme ornement. Une autre espèce d’Amérique porte sur le dos des plumes à barbules très lâches, que les plumassiers désignent en France sous le nom d'esprit . Les cigognes ressemblent beaucoup aux hérofis; mais leur ongle du milieu n’est pas dentelé. L’espèce la plus commune est blanche , avec le bec et les pattes routes : son cou est très long. Elle vit dans les lieux maréca-
(1) Le héron au long bec emmanché d’un long cou. LàfOjvt.
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geux du nord de l’Europe, où elle se nourrit de crapauds, de grenouilles, de serpens et autres reptiles; en automne, elle émigre vers FÉgypte et la Barbarie. Enfin, les grues et les tantales ne diffèrent des oiseaux des deux genres préeédens, que parce que leur tête est presque chauve. On distingue les tantales d’avec les cigognes et les grues , parce que le bec est plus arrondi, et plus arqué vers la pointe.
Quatre genres, peu nombreux en espèces, composent la famille des échassiers Pressirostres : ce sont d’abord les foulques et les jacanas, qui ont la base du bec dénuée de plumes, et ensuite les raies et les huîtriers, qui sont dans le cas contraire. Les jacanas et les kamichis , qu’on en rapproche, sont des oiseaux d’Amérique et des Indes , dont le bec est garni à sa base de caroncules charnues (PL 11, fig. 67) ; ils ont les ailes armées d’épines ou d’éperons , avec lesquels ils se battent ; l’ongle de leur pouce est excessivement allongé (PI. iv, fig. 9) : on les nomme vulgairement chirurgiens. Les foulques , qu’on appelle aussi poules d eau , n’ont point de caroncules; leur bec (Pl. 111, fig. 60) se prolonge sur le front en une sorte de plaque, et un peu plus mince au milieu. On en voit plusieurs espèces en France: elles vivent dans les lieux aquatiques; les trois doigts antérieurs de leurs pattes sont lobés (PL iv et v , fig. 11 et 14), et elles s’en servent pour grimper sur les tiges des roseaux. Leur plumage est noir, et leur bec blanchâtre ou rougeâtre. On estime beaucoup leur chair, quoiqu’elles aient à peu près la même manière de vivre que les hérons. On regarde comme appartenant à un genre voisin , les porphyrions ou poules-sultanes. Uhuitrier se reconnoît facilement, parce qu’il n’a point de pouce du tout: son bec (PL 11, fig. 58) et ses pattes sont rouges, son corps est couvert de plumes noires et blanches. Il se nourrit de testacés qu’il recueille sur les bords de la mer. Enfin, les râles ont un pouce très
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court, îaqueuc à peine distincte, et le corps comme comprimé : leurs plumes sont lisses et serrées. On en connoît plusieurs espèces : leur chair est un manger très délicat. Celui qu’on nomme râle de genêt ou roi des cailles , est brun avec les ailes rousses ; le râle d'eau est gris, tacheté de blanc. Ces oiseaux volent mal , avec les pattes pendantes , mais ils courent très vite ; leur chair est coriace et dure.
Les Térétirostres, dont il nous reste à parler, ont le bec à peu près cylindrique dans toute son étendue : les uns l’ont arqué et trois fois plus long que la tête au moins; ce sont les courlis et les avocettes : chez d’autres, il est droit, deux fois plus long que la tête au moins ; ce sont les bécasses : les vanneaux et les pluviers qui viennent ensuite , ont un bec qui n’est guère plus long que leur tête.
Tous ces oiseaux ont à peu près la même manière de vivre : ils recherchent les vers des bords des eaux ou des terrains humides. On reconnoît les avocettes à leur bec pointu , allongé , recourbé en dessus (PL m, fig. 61 ); celui des courlis est mousse, courbé en bas (Pl. 11 , fig. 54) ; dans les bécasses , il est droit, mousse, et leur pouce ou doigt de derrière est assez allongé pour poser sur la terre ; c’est près de ce genre qu’on range les barges , les bécassines et les ibis qui en sont très voisins, mais qui en sont cependant distincts parce qu’ils ont une grande partie du cou et de la tête privée de plumes. Tel est l’ibis sacré des Égyptiens. Les pluviers ont un bec pointu et court, en proportion des autres échassiers, et n’ont point du tout de pouce (Pl. iv, fig. 10). Enfin, les vanneaux ont un pouce très court qui n’atteint pas le sol lorsque l’oiseau marche. On trouve en France des espèces de chacun de ces genres: on estime beaucoup leur chair. On rapproche encore de ce genre les combattons , les phalaropes et les bécasseaux .
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On nomme oiseaux nageurs ou Palmipèdes des espèces qui se font aisément reconnoître par la configuration générale du corps, et surtout par l’organisation des pattes, qui sont courtes et à doigts réunis par de larges membranes. Cet ordre rapproche des animaux qui ont entre eux la plus grande analogie. Presque tous marchent mal, parce que leurs pieds sont peu élevés , et placés très en arrière du corps. Cette disposition est très avantageuse pour l’action du nager. Leur corps est ordinairement allongé, ainsi que leur cou : il est couvert déplumés molles et serrées, que l’animal lustre et graisse avec une huile sécrétée par une glande située au-dessus du croupion. L’oiseau s’en frotte le bec pour la porter ensuite sur les autres parties de son corps. Ordinairement les mâles ont plusieurs femelles: celles-ci pondent un petit nombre d’œufs qu’elles couvent seules , et les petits qui en sortent cherchent eux-mêmes leur nourriture aussitôt qu’ils sont nés, à peu près comme ceux des gallinacés.
ligi.
Quatre familles ou groupes principaux partagent assez naturellement cet ordre. On a rapproché, sous le nom de pinnipèdes ou de podoptères , les genres qui ont pour caractères les quatre doigts réunis dans une seule membrane, et dirigés en avant (Pl. v, fig. 19) : les autres n’ont que trois doigts antérieurement. Parmi ceux-là, on a nommé serrirostres ceux qui ont le bec dentelé sur les bords (fig. 68) : ceux dont le bec est simple se partagent en deux familles. On les nomme ma croptères , quand ils ont les ailes très longues, et uropodes , lorsqu’ils les ont très courtes, ce qui fait que la plupart ne peuvent voler.
La famille des Podoptères réunit des oiseaux qui vivent ordinairement sur les bords de la mer, et qui se nourrissent de petits poissons ou de cadavres d’animaux marins. Us for-
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ment six genres qu’on a partagés en deux sections : ceux qui ont la base du bec dénuée de plumes, qu’on nomme pélican, cormoran, frégate et fou , et ceux dont la base du bec est emplumée, qu’on appelle phaéton et anhinga.
Les pélicans sont des oiseaux plus gros que les cygnes : leur bec est long, aplati, garni en dessous d’une membrane extensible en forme de sac (PL ni, lig. 71), dans lequel l’animal peut mettre en réserve plus de treize kilogrammes d’eau, ou un volume égal de poissons qu’il pêche en plongeant. Les pélicans font leurs nids dans les îles désertes : ils nourrissent leurs petits des poissons qu’ils leur apportent tout vivans. On élève cet oiseau en domesticité à la Chine, et on l’emploie pour pêcher le poisson , qu’il rapporte à son maître. On appelle cormoran une espèce voisine, mais qui n’a point de sac sous la gorge, et dont la queue est arrondie. Celle-là se trouve très communément sur les côtes de l’Océan. Elle fait son nid dans les falaises. Les frégates ont la queue fourchue; elles 11e se voient que sur les mers du Midi, principalement entre les tropiques. Elles s’élèvent dans les airs à perte de vue. Leur nourriture consiste en dorades, en poissons volans, exocets et trigîes. Enfin, les fous se font connoître à leur bec presque droit, non crochu et sans sac. Us se nourrissent principalement de dupées, dont ils annoncent l’arrivée dans certains parages, surtout celle des bandes de harengs et d’anchois.
Les anhingas et les phaétons forment la seconde section de la famille des podoptères. On reconnoît les espèces du dernier genre aux deux longues plumes rétrécies et intermédiaires qui ornent leur queue; aussi les a-t-on nommées paille-enqueue. On ne les voit que dans les navigations sur les mers du Sud. Les marins croient qu’ils présagent l’approche de la terre. Les anhingas se trouvent aussi dans les mêmes parages; ils
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ressemblent un peu aux hérons, mais leurs pattes sont entièrement palmées; ils se nourrissent de poissons qu’ils saisissent en volant et en plongeant leur long cou dans l’eau avec une adresse et une rapidité inconcevables.
ligS.
Nous avons déjà vu qu’on a réuni dans une famille particulière les palmipèdes, qui ont le pouce libre, le bec non dentelé, les ailes très longues, et qu’on les a nommés à cause de cela Macroptères ; les uns ont le bec droit, et tantôt le supérieur est plus court (PL ni, fig. 66), comme dans le rhin-é cope ou bec-en-ciseaux ; tantôt les deux mâchoires sont égales, comme dans les sternes ou hirondelles de nier . Les autres ont le bec un peu courbé vers l’extrémité (Pi ni, fig. 69). Ou nomme mauves , goélands ou mouettes , ceux qui ont le bec inférieur anguleux, et un pouce très court aux pattes (Pî. ni, fig, 67; et Pi. v, fig. 17 ) j pétrels y ceux dont l’extrémité du bec (PL ni, fig. 6 9) est crochue et comme ajoutée au reste de la mandibule sur le milieu de laquelle les narines se prolongent en un tube; leurs ailes sont très longues : ils portent au talon un ongle au lieu de pouce; et enfin albatros , les espèces qui 11’ont ni ongle ni pouce (PJ. v, fig. 12 ).
Tous ces oiseaux vivent à la surface des eaux de la mer ou îles lacs salés. On ne trouve le bec-en~ciseaux qu’aux environs des îles des mers du Sud : son bec est forme de deux mâchoires étroites, placées verticalement l’une sur l’autre. L’oiseau l’enfonce dans l’eau en rasant sa surface pour saisir les petits poissons dont il se nourrit. Les hirondelles de mer ou sternes ont la queue fourchue et les ailes très longues; on en observe dans tontes les mers. Les pétrels ou oiseaux de tempête nagent à la surface de l’eau sans s’y enfoncer : ces oiseaux volent parfaitement bien; ils s’éloignent à plus de deux cents myriamètres de toute terre. Lorsqu’une tempête menace, ils se rassemblent en troupe; ils suivent les navires, se posent
sur les vergues, et c’est alors un très mauvais présage pour les matelots. Les albatros sont des oiseaux plus gros que les oies; ils se nourrissent principalement de poissons (Pl. ni, fig. 63, bec). Les habitaos du Kamtschatka et du Groënland se servent des os de ces oiseaux pour faire des tuyaux de pipe, des étuis et autres petits instrumens , comme des aiguilles, des navettes, etc.
Quoique les Serrirostres dont nous allons parler aient en apparence le bec plus robuste que ceux dont nous venons d’indiquer l’histoire, ils sont cependant condamnés à ne se nourrir que de graines, d’herbes ou de petits animaux. Ce bec est en effet très mou ; souvent il n’est couvert que d’une simple membrane, et la mâchoire supérieure s’élève quand l’inférieure s’abaisse. Les crénelures qu’on remarque sur les bords de ce bec, et qui lui ont fait donner le nom de serrirostre , paroissent destinées à produire, par leur rapprochement, l’effet d’un crible ou d’un tamis par lequel l’oiseau, à l’aide d’une langue charnue comme frangée ou garnie d’un effilé sur ses bords, fait passer l’eau et la vase dans laquelle il barbotte, afin d’en extraire toutes les molécules qui peuvent être employées à sa nourriture. Quoiqu’on connoisse plus de cent espèces différentes d’oiseaux de cette famille, on n’a établi parmi eux que deux genres. On nomme canards ceux qui ont le bec trois fois plus long que large au plus ; et harles , ceux dont le bec est au moins cinq fois plus long qu’il n’est large.
On a divisé les canards en deux sous-genres, suivant que les espèces ont une cire ou un renflement charnu à la base du bec supérieur, ou que cette base est à peu près lisse. On rapporte à ce genre nombreux les cygnes , les tadornes , les macreuses, Voie commune, la bernache , le cravant , le pilet , le canard sif fleur, le soucliet , le morillon, les sarcelles , le millouinan , les canards ; les tadornes ont la tète et le haut du col
d’un noir verdâtre, puis un grand collier blanc et la poitrine d’un jaune roux, les ailes et la queue sont noires, tachetées de blanc ; les macreuses ont le bec plus large qu’épais et comme bossu, leur col est court, leur couleur est sombre; et Veider ou Voie du Nord, qui fournit l’édredon ou ce duvet précieux dont on fait des vêtemens légers et très chauds. Ces derniers oiseaux se rencontrent principalement sur les côtes du Groenland , de l’Islande, du Danemarck et de l’Écosse; ils font leurs nids dans les rochers. La femelle arrache le duvet qui garnit le dessous de son ventre pour en couvrir ses œufs ; c’est ce duvet qu’on va chercher au péril de la vie dans les fentes des rochers : chaque nid en contient à peu près deux hectogrammes , mais il faut l’éplucher avec soin. Deux kilogrammes et demi de ce duvet, bien serré et ramassé en une boule qui n’est guère plus grosse que les deux poings, peuvent, lorsqu’on les laisse libres dans un four ou dans une étuve bien échauffée , occuper un espace deux mille fois plus grand , ou remplir le matelas d’un lit de près de deux mètres de long sur un mètre et demi de large.
Les harles ont à peu près la même manière de vivre que les canards; mais leur bec est plus fort et les dentelures en sont plus pointues (Pl. m, fig. 68) : ils se nourrissent principalement de petits poissons et d’œufs des grosses espèces, comme ceux de carpes, de brochets; aussi font- ils beaucoup de tort dans les viviers. On n’en élève aucune espèce en domesticité. Leur chair n’est point estimée; on nomme piettes les petitesespèces; leur voix est extrêmement forte et désagréable, et leur larynx inférieur, ou le bas de leur trachée, présente une conformation très curieuse à connoître, à cause de sa dilatation.
Les oiseaux à pattes palmées, qu’on appelle Uropodes , ont les ailes très courtes, les pattes articulées, tout-à-fait en arrière du corps, de sorte que, pour marcher sur la terre, ils
mjS DES OISEAUX PALMIPÈDES.
sont forcés de se tenir le corps dressé presque verticalement; leur bec n’est point dentelé, et leur pouce n’est jamais libre quand il existe. On les trouve ordinairement sur les eaux de la mer : ils se nourrissent de mollusques, de vers et de crustacés. On lès a partagés en trois genres: i°. les manchots ou apténodytes , dont les ailes sont courtes et sans pennes, et qui n’ont qu’un ongle à la place du pouce; 2°. les algues ou pingouins , dont le bec est sillonné en travers ( Pl. iii , (ig. 65 ) , qui ont une queue et point de pouce ( Pl. v, fig. 12 ); 3°. enfin les plongeons ou grèbes, dont les pattes sont presque lobées avec le pouce bien visible (Pl. v, fig. i3 ), et qui n’ont point de queue.
Les plongeons courent sur la surface de l’eau; ils nagent et plongent parfaitement; mais ils marchent très mal sur la terre. Les plumes de leur corps sont extrêmement serrées ; celles du ventre sont comme satinées. Les grèbes , qui appartiennent à ce genre, ne sont point rares en France; on les observe dans les marais : ils font un nid en forme de barque à la surface de l’eau et au milieu des plantes aquatiques. Les pingouins et les macareux , dont le bec ( Pl. vu , n° 65 ) , très aplati de droite à gauche et sillonné en travers, offre une très grande hauteur verticale relativement à sa longueur, sont des oiseaux de la mer du Nord; ils placent leurs nids sous terre. On croit qu’ils ne pondent qu’un seul œuf très gros. En général, ils sont noirs ou bruns en dessus et blancs en dessous ; ils se nourrissent de petits crustacés, de mollusques. Les manchots paroissent avoir reçu leur nom de la disposition de leurs ailes, qui ne peuvent pas du tout servir au vol, et qui ressemblent à des nageoires, puisqu’elles n’ont pas de pennes, et que les tectrices sont aplaties en forme d’écailles et placées en recouvrement les unes sur les autres. On n’a encore observé ces oiseaux que dans les mers du Sud.
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