Livre ni. fab
DES MAMMIFÈRES DIGITIGRADES. 347
noît un grand nombre d’espèces dans ce genre : telles sont la belette ordinaire, le furet , 1 e putois , la fouine, la marte, la zibeline , Y hermine. On recherche principalement, comme fourrures, les peaux de ces dernières espèces. Les moufettes ont les ongles très longs, le corps beaucoup plus large en arrière que du coté de la tète, la queue très velue. Elles portent une odeur fort désagréable. On les trouve en Amérique.
Le genre des chats est très nombreux en espèces. Leur face est arrondie; leurs mâchoires sont garnies de six dents incisives, entre deux grandes laniaires, et de trois molaires tranchantes, à plusieurs pointes de chaque côté (PL 1, fig. io). Tous sont très vifs, marchent en silence , grimpent aux arbres, s’accroupissent ou se couchent à moitié pour se reposer. Ils y voient de nuit, et moins bien dans la journée. Leur odorat est foible, et leur ouïe fine et délicate. Ils ne mâchent pas , ils déchirent avec les ongles , et lèchent les chairs avec la langue, qui est rude comme une râpe. Le mâle et la femelle ne vivent point ensemble. Les premiers sont, en général, plus gros et plus forts. O11 en trouve dans toutes les parties du monde.
Nous citerons seulement les cinq espèces les plus connues : i°. Notre chat domestique , qui paroît être le même que le sauvage, avec lequel il s’accouple. Il ne s’attache pas à l’homme comme le chien , et ne le suit guère que lorsqu’il a faim. On en connoît plusieurs variétés. 20. Le lion, qui est fauve , avec la queue terminée par une touffe de poils noirs et dont le mâle a une crinière. On le trouve entre l’Inde et la Perse , et en Arabie. 3°. La panthère et le léopard, qui sont fauves aussi.
« La dame au nez pointu Livre vu. fab. ib,
« L’animal à longue échine » iv 6.
348 DES MAMMIFÈRES DIGITIGRADES.
avec des taches noires arrondies. 4°* Le tigre royal , qui est jaunâtre, avec de grandes bandes transversales noires. On le trouve en Asie, et surtout au Bengale. 5°. Le lynx , qui est d’un fauve clair, avec des taches brunes et des pinceaux de poils à l’extrémité des oreilles. Il vit en Afrique.
Les civettes ont à peu près la forme des martes; mais leurs ongles et leur langue sont semblables à ceux des chats- Leur pelage est ordinairement tacheté. L’espèce qui donne le parfum, est grise, avec des taches et des bandes brunes. Cette matière, qu’on nomme aussi civette, est une sorte de pommade ou de graisse odorante , qui suinte dans une cavité où elle s’amasse pour être excrétée au besoin, par une fente qui s’ouvre auprès de l’anus. Elle vit en Abyssinie. Il paroît même qu’on l’y élève en captivité comme un objet de lucre, à cause de l’humeur qu’elle produit. Les genettes n’ont qu’un sillon sous le ventre, au lieu d’un follicule : on en trouve des espèces en Europe et en Asie. C’est aussi dans cette division qu’on a rangé les nems autrement dits ich ne limons , mangoustes ou rats de Pharaon , qui recherchent, dit-on, les œufs du crocodile, et qu’on élève en domesticité en Égypte, parce qu’ils détruisent les rats, les souris et les reptiles qui s’introduisent dans les habitations.
On connoît beaucoup d’espèces du genre chien; c’est là qu’on range les loups , les hyènes , les renards. Le chien domestique ne se trouve plus en état sauvage; quelques individus seulement se sont échappés, et vivent en liberté dans certaines parties de l’Amérique. Cet animal a suivi l’homme dans tous les climats où il a pénétré (i). Les principales espèces ou va-
(i) Linné a tracé l’histoire du chien en peu de mots. Nous tradui-
DES MAMMIFÈRES DIGITIGRADES. 3j9
riétés du chien domestique sont : i°. le chien de berger, qui a les oreilles droites, les poils roides, un peu plus touffus sous la queue. Les chiens d 'Islande , de Sibérie , le chien-loup , sont intermédiaires entre ces premiers et les suivans ; 20. les lévriers , qui ont le museau pointu , le corps allongé, très haut sur jambes; les levrettes; les chiens turcs, qui n’ont de poils, pour ainsi dire, que sur la face, et le chien marron de la Nouvelle- Hollande; 3°. les épagneuls à longs poils soyeux, surtout à la
sons ici un fragment de la description qu’il en a donnée, et qui est remarquable par son exactitude et son laconisme.
« Le chien se nourrit de chair, de charognes, de végétaux farineux, mais « non de légumes; digère les os; se purge en mangeant les feuilles de chien- « dent, qui le font vomir; dépose ses excrémens sur les pierres; boit en « lappant, pisse de coté, et souvent jusqu’à cent fois de suite; flaire l’anus « des autres chiens; a l’odorat excellent et le nez humide; court oblique- « ment; marche sur les doigts ; sue à peine; tire la langue lorsqu’il a chaud; a tourne autour du lieu où il veut se coucher; dort l’oreille au guet ; rêve. 11 « est cruel eu amour envers ses rivaux ; la femelle s’accouple successivement « avec plusieurs ; elle les mord; reste long-temps accouplée; porte soixante- « trois jours; fait quatre à huit petits; les mâles ressemblent au père, les fe- « ruelles à la mère. — C’est le plus fidèle de tous les animaux domestiques ; « il fait des caresses à son maître; il est sensible à ses châtimens; il le pré- « cède, se retourne lorsque le chemin se divise; docile , il cherche les choses « perdues , veille la nuit, annouce les étrangers, garde les marchandises, les « troupeaux, les rhennes , les bœufs, les brebis, les défend contre les lions et « les bêtes féroces, qu’il attaque; il reste près des canards; il rampe sous le « filet de la tirasse , se met en arrêt, rapporte au chasseur la proie qui a été « tuée, sans y toucher. En France , il tourne la broche; en Sibérie , on l’attelle « au traîneau ; lorsqu’on est à table, il demande à manger; quand il a volé , « il marche la queue entre les jambes , il mange en grognant; parmi les au- « très chiens , il est toujours le maître chez lui; il n’aime point les mendians; « il attaque sans provocation ceux qu’il ne connoît pas. Il soulage la goutte, « les chancres , en léchant les plaies ; il hurle aux sons de la musique ; il « mord la pierre qu’on lui jette; il pue dans les temps d’orage et lorsqu’il « est malade; il est sujet au tænia et à la rage, qu’il propage; il devient « aveugle sur scs vieux jours , etc. »
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queue, à oreilles pendantes. Ordinairement blancs, à taches noires ou brunes. Il y en a cependant de noirs, marqués de brun ou de jaune ferrugineux ; 4°. le barbet ou caniche , dont les poils sont crépus, frisés comme de la laine, et qui ont le museau court, arrondi ; le bichon , le chien lion ; 5°. le dogue , qui a le museau retroussé, les incisives saillantes, les lèvres pendantes , les paupières lâches ; le doguin ou carlin , dont le corps est presque carré et la face noire; le roquet ; 6°. le braque , le chien de chasse ou chien courant , qui a le museau pointu, de longues oreilles pendantes ; \e grand et le petit danois ; q° . enfin, les bassets , à jambes droites ou torses, qui ont un corps gros, allongé, porté sur de petites jambes; les oreilles pendantes et une face pointue. Toutes ces variétés, et beaucoup d’autres, forment autant de races qui se perpétuent constamment, quoiqu’elles se mêlent et se confondent par l’accouplement.
Les loups ressemblent beaucoup aux chiens ; mais ils sont plus forts que ceux des bergers , avec lesquels ils ont le plus de rapports : leur couleur varie ; ordinairement ils sont d’un brun jaunâtre. Il y en a de noirs; ils peuvent produire avec les chiens. Les hyènes vivent principalement en Afrique; elles n’ont que quatre ongles aux pattes : elles portent une crinière ; leur museau est noir, retroussé, et leurs poils gris, avec des taches et des bandes brunes; elles se nourrissent principalement de cadavres, même de ceux des hommes qu’elles vont déterrer dans les cimetières.
Les renards ont la queue touffue, cylindrique; les oreilles dressées, arrondies et velues. Ce sont des animaux nocturnes, ce qu’indique la forme de leur pupille, qui, au lieu d’être arrondie ou à peu près circulaire , comme dans les chiens , est allongée, et forme une sorte de fente verticale plus large au milieu, en se resserrant par l’effet de la lumière. On connoît
DES MAMMIFÈPÆS PLANTIGRADES. 35t
six ou sept espèces de renards, dont la fourrure est très recherchée. Parmi ceux de France, le renard ordinaire a l’extrémité de la queue blanche, tandis qu’elle est noire dans l’espèce qu’on appelle charbonnier. Le renard blanc ou isatis , le noir, le bleu, X argenté , sont d’autres espèces du Nord, dont les mœurs n’ont point encore été assez étudiées. Ceux de France vivent de rapines, de perdreaux, de levrauts, de lapereaux, de poules, de petits oiseaux , même de fruits. On dit qu’ils recherchent surtout le raisin.
Les Plantigrades sont ainsi nommés parce qu’en marchant ils appuient sur la terre la plante entière du pied (Pl. iv, fig. 10, b ); aussi cette partie est-elle toujours nue, privée de poils. Ces animaux sont moins carnassiers que les digitigrades : ils se nourrissent de vers, d’insectes et autres petits animaux. Les végétaux , et surtout les fruits sucrés, peuvent aussi leur servir d’alimens. Leur course est une sorte de trot; leur marche est lente : ils aiment presque tous l’obscurité, et ne sortent que la nuit. Dans les pays tempérés, ils s’engourdissent pendant l’hiver. On les a partagés en quatre genres principaux : les uns ont le corps couvert de poils roides en forme de piquans, on les a nommés hérissons ; les autres n’ont pas de piquans ; mais tantôt les dents laniaires sont plus courtes que les incisives, comme dans les musaraignes ; tantôt elles sont plus longues. Parmi ces dernières espèces on nomme taupes celles qui ont les mains très larges , aplaties en forme de pelle , et qui ont huit dents incisives à la mâchoire inférieure, tandis que les autres, dont les incisives sont au nombre de six, et les pattes de devant semblables à celles de derrière , sont appelées ours.
Le corps des hérissons est couvert de courts piquans qu’ils peuvent redresser : leur museau est allongé; leurs dents la-
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maires sont presque aussi courtes que les incisives ( Pl. i , fig. 6 ) : ils se nourrissent de fruits, de limaçons, de vers; ils se roulent en boule dans le danger, à l’aide d’une conformation particulière dans les muscles de la peau. L’hiver ils s’endorment dans les trous où on les trouve enveloppés d’une grande quantité d’herbes sèches qu’ils ont apportées sur les épines de leur dos. On trouve à Madagascar plusieurs animaux voisins des hérissons ; mais ils sont plus allongés, à épines plus flexibles , et à laniaires un peu plus longues que les incisives; ils n’ont point de queue du tout : on les nomme tenrcc et tendrac.
i5oo.
Le nom de musaraigne , qui signifie souris des sables, a été appliqué à de petits animaux qui ont en effet quelque ressemblance avec les souris par les poils et par les pattes , et qui vivent surtout dans les lieux arides et sous les terres faciles à remuer. Leur museau est prolongé en un groin comme celui des taupes; leurs yeux sont petits : elles y voient mal pendant le jour. L’espèce la plus commune en France est appelée vulgairement musette ; c’est le plus petit mammifère connu; il n’atteint guère que quatre centimètres; il porte une odeur qui déplaît aux chats, et voilà probablement pourquoi ceux-ci ne le mangent pas après l’avoir tué. Cet animal ne fait point périr les chevaux en entrant dans leur ventre, comme on le croit dans les campagnes. On trouve une autre espèce de musaraigne sur le bord des fontaines : elle plonge très bien; ses oreilles sont garnies d’un petit opercule, et ses doigts sont bordés de cils ou de poils roides comme les tarses de certains insectes qu’on nomme dytiques.
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Tout le monde commît la forme des taupes ; leur corps trapu, couvert d’un poil court, soyeux, est supporté en devant par des pattes si courtes, qu’il traîne sur la terre; leur queue est aussi très courte; leurs yeux petits; leur museau
prolongé en groin (Pl. i, fig. 7). Ces animaux vivent sous terre; ils y creusent des mines et des galeries à l’aide de leurs pattes de devant, qui sont garnies d’ongles tranchans (Pl. iv, fig. 8, a); ils se nourrissent de lombrics, de larves d’insectes et de racines bulbeuses. Les taupes varient pour la couleur : il y en a de toutes blanches, de rousses; mais le plus ordinairement elles sont grises ou noires. La taupe est un animal très industrieux, et dont les mœurs sont très curieuses à étudier; on n’en connoît qu’un petit nombre d’espèces. Parmi les étrangères, la plus remarquable est la chrysochlore du Cap, dont les poils sont, pendant la vie de l’animal , d’un beau vert doré changeant, à reflets métalliques rougeâtres.
Le genre des ours comprend un si grand nombre d’espèces , qu’on a été obligé de le subdiviser en plusieurs groupes. Tous, à la vérité, ont à l’une et l’autre mâchoire six incisives, situées entre deux grandes laniaires , celles d’en bas se trouvant comme déplacées (Pl. m, fig. 12); mais les ours , proprement dits, ont une petite laniaire après la grosse, et ensuite un grand intervalle avant les dents molaires (Pl. 1, fig. 8). Chez tous les autres, les dents forment une série non interrompue : tantôt ils ont le corps très gros en arrière, avec une queue beaucoup plus courte ; tels sont les blaireaux : tantôt leur queue est presque aussi longue que le corps, alors on les nomme kinkajous , quand cette queue leur sert pour s’accrocher aux branches , et coatis ou ratons quand elle est comme tronquée ou non prenante.
Les ours sont des mammifères à corps gros, court, bas sur jambes, couvert d’un poil touffu et roide, de couleur uniforme, dont le nez se prolonge en une sorte de museau, et dont les larges pattes sont armées d’ongles longs et courbés (Pl. îv, fig. 10). Les trois principales espèces sont ; le brun.
qtti se trouve dans les Alpes et dans les Pyrénées ; il se nourrit de matières végétales, de miel, d’abeilles, de fourmis, et se sert davantage des pattes que des dents; le noir, qui vit au Canada et dans toute 1 Amérique du nord; sa peau, couverte de poils noirs, gros et lustrés, est fort recherchée comme fourrure grossière ; le blanc , qu’on nomme aussi ours polaire ou maritime , se trouve sur les glaces au Groënland et en Sibérie. Dans cette espèce le cou et la tête sont très allongés, le nez , les ongles et les paupières noirs, et toutes les autres parties d’une belle couleur blanche.
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Les blaireaux ou laissons ,3e creusent des terriers; ils ont
beaucoup de rapports avec les ours par leur manière de vivre;
ils se nourrissent principalement de scarabées et d’escargots.
La plupatt .portent une odeur désagréable : leurs poils, quoi-
que fort gros, sont flexibles, et s’usent difficilement; comme
ils ne se feutrent pas , on les recherche pour en faire des pinceaux , des brosses à barbe. Il n’y en a qu’une seule espèce en
France; elle est cendrée en dessus, brunâtre en dessous, avec
un bandeau brun. Le glouton du Nord et le rattel du cap de
Bonne-Espérance, appartiennent à ce même sous-genre.
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Les coatis et les ratons sont des animaux d’Amérique : les premiers ont un museau excessivement prolongé et mobile ; les autres ont le nez plus court : ils ont à peu près les mêmes mœurs que les blaireaux; ils se nourrissent de crabes, d’insectes et de fruits. Quelques espèces ont la queue formée d’anneaux de poils diversement colorés (Pl. vi, fig. 2) ; quelques unes relèvent, le talon en marchant, et se rapprochent davantage des carnivores. Les kinhajous ressemblent beaucoup aux coatis; mais leur queue (fig. 1 ) est préhensile, et leur museau semblable à celui des ratons.
DES MAMMIFÈRES CHIROPTÈRES. 355
Les mains changées en ailes, telle est l’idée que fait naître la traduction du mot de Chiroptères. Les animaux compris dans ce sous-ordre ont tous les membres enveloppés dans une membrane qui les soutient dans l’air, et qui donne à la plupart la faculté de voler aussi bien que les oiseaux (Pl. iv, fig. 6).
Comme ils appuient sur la plante entière du pied, qui est ordinairement terminée par des ongles crochus ; qu’ils ont les trois sortes de dents; que leur langue est hérissée de pointes tranchantes ; enfin comme ils fuient la lumière; d’où il résulte qu’ils ont les plus grands rapports avec les autres carnassiers. Ils se nourrissent presque tous en effet d’insectes, qu’ils saisissent au vol comme les hirondelles. On les a divisés en six genres faciles à distinguer : les uns n’ont pas les mains allongées ( fig. 7 ) ; on les a nommés galéopithèques. Toutes les autres espèces ayant les doigts des mains excessivement longs , mais étendus sous une membrane, et non terminés par un ongle, à l’exception du pouce , on les a nommés en général chauvesouris. Ils ont les mamelles sur la poitrine , au nombre de deux seulement; leurs petits y sont suspendus, lorsqu’ils volent.
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On connoît maintenant un très grand nombre Ae chauvesouris. Pour en faciliter l’étude, on les a divisées en beaucoup de genres, d’après les particularités suivantes : les unes ont le nez, ou l’ouverture des narines, garni d’une membrane ou d’un repli de la peau, et tantôt les laniaires écartées, on les nomme rhinolophes (Pl. vi , fig, 20; et Pl. ni, fig. 7 )• tantôt ces laniaires sont rapprochées, on les appelle phyllostomes (PJ. vi, fig. 17, 18, 19; et Pl. m, fig. 8). Toutes les autres espèces 11’ont point de membranes ou de feuilles autour du nez. Chez les unes, comme dans les roussettes ou ptéropes , la membrane ne réunit pas les pattes de derrière, et il n’y a point de queue. Les deux autres genres ont une queue : dans
356 DES MAMMIFÈRES CHIROPTÈRES.
les noctilions , elle est libre à l’extrémité, et l’animal la tient redressée; dans les chauve-souris proprement dites, elle est enveloppée dans la membrane, et courbée en dessous.
Lé rhinolophe fer-h- cheval '(Pl. vi, fig. 20 ) est une espèce fort commune en France : de jour, ellé se retire dans les cavernes et dans les trous souterrains, où elle passe l’hiver. Dans
cette saison, on trouve ces chauve-souris éparses et non réunies, suspendues par les pattes postérieures, enveloppées dans
leurs ailes comme par un manteau : elles sont engourdies, mais non endormies ; le moindre sôuffîe les fait mouvoir. Quoiqu'elles ne fassent aucun bruit en volant, on s’est assuré que le moyen
de réveiller tous les individus de la même espèce , est d’en
exciter un seul. Lorsqu’il fait assez chaud, elles se remuent avec beaucoup de vivacité; elles grimpent à reculons, avancent en s’accrochant avec l’ongle du pouce. Leur voix est semblable à celle des oiseaux; elle est courte et rapide. Le moindre trou produit par un grain de plomb dans la membrane (lui recouvre leurs ailesf, les fait aussitôt tomber : elles cherchent alors moins à mordre qu’à se sauver et à se plaindre. Presque toutes les autres espèces ont des mœurs analogues. Parmi les chauve-souris proprement dites, celle qu’on nomme omiüard C$t > remarquable par la grandeur de ses oreilles, qui sont de la langueur du corps. L’animal entier ne pèse que trois grammes; cependant, quand il a les ailes étalées, il occupe un espace de près de deux décimètres.
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On n’a encore observé les rgaléopithèqwes que dans les îles do l’Océan Indien ,- principalement aux MoluqUes : ils diffèrent beaucoup des chauve-souris ; car les membranes velues ne leu h servent' qxïe de parachute, comme dans les polatouéhes.:,Toi1s lëuès ‘doigts sont armés d’ongles crochus et traùchatts en forme de griffes ( PL iv, fig. 7); leur museau est
court et simple; les incisives de la mâchoire supérieure sont dentelées , au nombre de deux : il y en a six , divisées comme, un peigne à leur mâchoire inférieure ( Pi. ni , fig. 3 )r On n’en
connoit que deux espèces; Tune est rousse, et Fautre grise, avec des points blancs et noirs.
Les mammifères compris sous le nom général de Quadrumanes, qui signifie quatre mains, ont en effet quatre mains, car leurs pouces sont séparés aux pieds de derrière comine à ceux de devant (Pl. iv, fig. 2, 3,4? 5). Us ont avec l’homme une telle ressemblance dans la structure des membres et dans la charpente générale du corps, qu’ils semblent Fimiter dans tous ses mouvemens; ce n’est pas qu’ils le veuillent, mais ils ne peuvent agir autrement. Us forment un ordre très naturel ; on les a divisés en deux grandes sections : les singes , qui ont quatre dents incisives sans intervalles (Pl. ni , fig. 2 ); et les makis , qui ont plus ou moins de quatre dents incisives avec un intervalle (Pl. 1, fig. 4)-
i5ii.
Les makis ont été appelés encore singes à museau de renard , parce que tous ont le museau plus ou moins prolongé , et très souvent un ou plusieurs ongles crochus, tranchans et non aplatis comme ceux des singes : ce sont des animaux d’Afrique. On en connoît maintenant un grand nombre d’espèces qu’on a distribuées en cinq sous-genres , principalement d’après le nombre de leurs dents incisives. Ainsi , par exemple , on a nommé galagos celles qui ont en haut deux incisives très écartées et six en bas (Pl. 1, fig. 4 ) ; leur queue est longue et touffue. On les trouve au Sénégal ; ils ont les tarses allongés ( PL iv, fig. 5), les yeux très grands ; aussi sont-ils des animaux nocturnes ; ils se nourrissent d’insectes et de frui ts. Tous les autres ont quatre dents incisives en haut , mais ils diffèrent par le nombre des inférieures; ainsi les tarsiers n’en ont que deux en bas;
ces derniers ont reçu leur nom delà longueur excessive du tarse ou du pied de derrière ; ils ont les mêmes mœurs que les galagos; on n’en a encore observé que dans les îles de l’Archipel Indien. Les indris n’en ont que quatre en bas ; les loris et les makis en ont six, mais ces derniers ont une queue , tandis que les autres n’en ont pas. Tous ces animaux sont de Madagascar et des Indes orientales. Leurs poils sont touffus et laineux. On en transporte rarement en France des individus vivans. On a vu cependant des makis mococos gris , qui ont la queue annelée de noir et de blanc (Pl. vi, fig. 2), y faire des petits et les nourrir du lait de leurs mamelles.
Les singes ont en général toutes les dents disposées à peu près comme celles de l’homme ; mais leurs laniaires sont beaucoup plus longues (Pl. ni, fig. 2 ; Pl. 1, fig. 2,3); leurs yeux sont dirigés en avant, et séparés par le nez, dont la cloison varie pour la largeur. Quelques espèces ont dans la bouche des sacs ou poches particulières , qu’on nomme abajoues. Leur face est plus ou moins verticale, suivant les espèces ; aucune cependant n’a de menton. Leur bassin est toujours très étroit , par rapport à la poitrine. Rarement ils ont des fesses; plusieurs ont des callosités , places dénuées de poils et rugueuses, sur lesquelles ils s’asseoient, et qui souvent se joignent et entourent le siège (Pl. ri, fig. 7 ); jamais leurs jambes ne sont garnies de mollets : leurs cuisses sont courtes , et leur talon n’appuie pas entièrement sur la terre, ni même toute la plante du pied à la fois, car ils marchent principalement sur le bord extérieur. Dans le plus grand nombre les bras et les doigts sont très allongés, et les pouces sont fort courts en proportion ; quelques espèces n’ont point de queue du tout; d’autres en ont une tantôt courte^ tantôt longue , et quelquefois préhensile ou propre à s’accrocher (Pl. vi, fig. 1 ).
DES MAMMIFÈRES QÜADRUMANES. 35q
Ces animaux se trouvent principalement dans les climats voisins de la zone torride des deux continens, au Brésil, à Cayenne, à Surinam, au Bengale, au Sénégal, etc. Ils ne sont féconds que dans les pays chauds ; ils portent leurs petits , et les nourrissent à peu près comme les négresses. Leur pétulance et leur vivacité semblent dépendre du climat ; car ils sont lents, tristes et engourdis dans les régions tempérées. Plus leur face est allongée , plus , en général , ils sont féroces et cruels ; ils sont colères, passionnés; ils trépignent dans l’impatience. Dans l’état sauvage, ils se réunissent en troupes pour faire des expéditions. Ils se défendent courageusement avec des bâtons, et lancent adroitement des pierres; quand ils sont blessés, ils se pansent, lavent leurs plaies, et y appliquent des médicamens. Ils se nourrissent principalement de fruits et de petits animaux, surtout d’insectes. On n’est point encore parvenu à apprivoiser les singes; on les dompte, on les subjugue, mais ils restent captifs et non domestiques. Dans cet état, on les voit toujours indociles, fourbes, rusés, gourmands, vindicatifs et brutaux. Ils ne sont sensibles qu’aux châtimens; battus, ils soupirent, gémissent et sanglottent; ils cèdent, mais seulement quand ils se sentent les plus foibles. On en a vu faire la roue, attiser le feu, rincer des gobelets, verser a boire, tourner la broche, danser sur la corde, etc.; en général, ils sont très adroits dans les exercices du corps.
On a partagé les espèces de singes en six groupes principaux. On a d’abord observé que toutes celles d’Amérique avoient une large cloison des narines, douze molaires, et une queue très longue, souvent préhensile ( Pl. vi , fig. 1 ). On a nommé sapajous les espèces qui ont le museau court, la tète plate, et on les a distinguées en coaitas , sajous, sakis , sagouins, ouistitis ; on a nommé singes hurleurs ou a loua tes , celles
36o DES MAMMIFÈRES QUADRUMANES.
dont le museau est allongé et la tête élevée en pyramide. Toutes
les autres espèces sont de l'ancien continent ; la cloison de leur
nez est mince; elles n’ont que dix molaires; celles dont le museau est extrêmement allongé (PI. i, fig. 3 ) , et la queue courte (Pl. vi, fig. 7), sont nommées cynocéphales, mandrills, papions ou babouins ; celles qui suivent ont le museau court, et diffèrent par la forme de la tête : celles qui l’ont plate sont des guenons , quand leur queue est longue ; et des macaques lorsqu’elle est courte ou nulle. Le callitriche , le mone , le mangabey, ainsi que le douo , le nasique et Yentelle sont des guenons; tandis que les magots , le bonnet chinois et le rhésus sont des macaques. Il reste enfin quelques espèces dont la tête est arrondie comme celle de l’homme, le museau court (Pl. 1, fig. 2 ) , à face presque droite , parce que leur nez est plat et ne fait pas de saillie , et qui n’ont ni callosités aux fesses, ni queue , ni abajoues : ce sont les orangs. On rapporte à cette division Y orang-outang , le chimpanse , qui ont les bras très longs ; les gibbons sont dans le même cas, mais ils ont les fesses calleuses.
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