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QUATRIÈME ORDRE

INSECTES HVMÉNOPTÈRES.

Le nomd'HrMÉNOPTiREs, qui signifie ailes membraneuses, n’indique pas assez le caractère des insectes auxquels on l’applique.

Presque tous ont quatre ailes nues et étroites , sur lesquelles les nervures sont principalement en long ; les inférieures sont plus courtes , accrochées le plus souvent aux supérieures dont elles suivent les mouvemens :

tous ont des mandibules ; mais leurs mâchoires sont le plus oi'dinairement alongées en forme de langue (1); ils ont cinq articles aux

(1) La figure 13 delà Planche iv représente la Bonche grossie d'une grosse abeille Tiolette percebois. A, est la lèvre supérieure ; B, B, sont les mandibules vues sous deux sens ; G, C , sont des demigaînes formées par les mâchoires a, a, et par les

tarses ; la première pièce de leur corselet , qui forme une sorte de collier sur lequel sont articulées les pattes antérieures, paroit rarement du côté du dos; et la plupart ont l’abdomen terminé par une tarière ou par un aiguillon , au moins chez les femelles.

La forme extérieure et les mœurs ont conduit à partager ces insectes en deux grandes sections. La piemière comprend toutes les espèces qui ont l’abdomen sessile, ou le ventre immédiatement appliqtié contre le corselet, et dont la larve est une sorte de chenille , qui a toujours plus de seize pattes , qui change de lieu à volonté, et qui cherche elle-même sa nourriture. Elle forme une famille sous le nom à'uvopvistes (856). A la seconde section appartiennent les hyménoptères dont l’abdomen est uni au corselet par une partie étranglée, plus ou moins prolongée, qui^ert comme de pédicule. Tous proviennent d une larve sans pattes , qui a besoin de^ soins de scs païens; ceux-ci, ou la nourrissent avec une sorte de pâtée qp’ils se chargent de lui apporter , pour ainsi dire à la becquée, ou ils pourvoient d’avance à sa subsistance, soit en déposant l’œuf au milieu des alimens réunis antérieurement, soit en enveloppant la larve, soit en plaçant trèsprès de l'œuf qui la contient la quantité justement nécessaire des substances propres à son développement. Cette section est distribuée dans huit familles, savoir : 1°. les mellites (857); 2°. les ptérodiples (871); 3°. les chrysides (876 ) ; 4°. les anthophiles (872) ; 5°. les myrmèges (873) ; 6». les entomotilles {%!!)] 7o.les oryctères (879) ; 8^. enfin les néoUocryptes. (880.)

On a observé que toutes les femelles de la première section déposent leurs œufs sous l’écorce des arbres ou des plantes vivantes, dans une incision qu’elles pratiquent à l’aide d’une scie ou avec une tarière dont elles sont, armées (2); et c’est à cause de cela qu’on a donné le nom de sevricandes ou d’U-

palpes b, b. D, est la lèvre Inférieure prolongée en forme de langue ou de trompe \ c, c, est son prolongement tf, g, sont les palpes labiaux.

(2) La fîg. 44 de la Planche iv fait voir l’extrémité de l’abdomen d’un uropriste ; 6, b, sont des gaines dentelées qui servent en même temps de scie et de canal aux deux lames c, c, par lesquelles l’oeuf est conduit dans la plaie.

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üopRisTEs , et improprement de mouches à scie, aux insectes de cette famille, qu’on a partagés en plusieurs genres d’après la forme des antennes. Chez les tenthrèdes et les hfloiomes, dont la tête est presque carrée, et chez les urocères , dont la tête est arrondie , les antennes sont presque en fil ou en soie ; dans les sirèces, au contraire , qui ont la tête portée sur une sorte de cou , et dans les cy mbèces , qui l’ont sessile, les antennes vont en grossissant à l’extrémité. Les uropristes proviennent de larves (1) semblables à celles des lépidoptères , mais qui toutes ont plus de dix-huit pattes. Elles ressemblent tout-à-fait à des chenilles; elles se nourrissent de matières solides végétales, et elles se filent un double cocon dans lequel elles se transforment , mais sans avoir les membres réunis sous une même enveloppe, comme cela a lieu pour les lépidoptères.

Les hyménoptères dont l’abdomen n'est pas sessile sont en très-grand nombre, et composent beaucoup de genres dont l’histoire est fort curieuse à connoître. 11 y a d'abord les insectes qui recueillent un miel plus ou moins agréable, qui ont toujours des mâchoires et une lèvre inférieure prolongée eu une sorte de langue dont ils se servent pour lécher le suc des plantes. On nomme ceux-là Mellites ou apiaires, et c’est à cette famille qu’appartient le genre des abeilles , parmi lesquelles sont rangées celles qui donnent la cire et le miel.

Les abeilles qui produisent le miel sont bien connues. Ces insectes vivent en société, quelquefois au nombre de plus de vingt-cinq mille, dans une cavité qu’ils se sont choisie ou dans laquelle on les a introduits, et qu’on nomme ruche. II n’y a parmi ces individus, à l'instant où ils forment leur établissement, qu’une seule femelle ; tous les autres n’ont point de sexe, et sont appelés neutres, mulets ou ouvrières : on nomme cette réunion un essaim ou un jeton.

(l) (PI. V, fig. 18.) Ces larves, nommées fausses chenilles , n'ont jamais moins de dix-huit pattes, et pas plus de vingt-deux. Leur fêle (fig. 19) est formée de deux calottes séparées par une cannelure (d) : elles ont des yeux (a, a), des rnachoires (c, e), des lèvres et des antennes très-courtes (c, e).

Ordinairement, le lendemain du jour où ces insectes ont pris possession de leur demeure, on voit un grand nombre de neutres sortir dès le matin et revenir à la ruche, les deux pattes de derrière couvertes d’une matière grasse nommée propolis, que d'autres individus viennent leur enlever pour aller l’appliquer sur toutes les fentes et les issues, de manière à n’en laisser qu’une seule par laquelle les communications au-dehors doivent se faire.

Pendant qu’une partie des neutres est employée à cette opération, d’autres commencent à construire, avec le plus grand art, un édifice intérieur, destiné à recevoir les œufs que la femelle doit pondre, et les magasins de vivres nécessaires au besoin de tous. Les matériaux de cette bâtisse sont sécrétés par l’insecte lui même. Il paroît que le pollen des végétaux que l’abeille avale, fournit cette substance qui se dépose sous les écailles de son abdomen et que l’insecte recueille et pétrit ; c’est alors une matière grasse , ductile et flexible , que nous nommons cire.

Là manœuvre qu’emploie l’abeille est simple. Elle se roule dans une fleur ; la poussière s’attache à ses poils, et comme ses pattes de derrière sont garnies d’une sorte de brosses ou de cardes, elle la ramasse et la réunit en deux boules qu’elle fait entrer de suite dans deux petites corbeilles ou creux pratiqués sur le premier article de ses tarses postérieurs (PI. iv, fig. 39, 40). Ainsi chargée de butin, elle s’envole vers la ruche.

A peine arrivée dans la demeure commune, ses camarades la déchargent et mangent même sur ses pattes la matière recueillie avec tant de peine ; mais ce n’est qu’une sorte d’emprunt qui tourne au profit de tous. Après un certain temps, cette matière qui a servi à la nourriture , est employée également, comme on s’en est assuré, à la sécrétion de la cire. Celte matière grasse et ductile, solide et imperméable à l'humidité, se sépare dans de petites poches particulières, qu'on observe sous les quatre anneaux de l’abdomen qui suivent le premier. L'insecte

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prend avec la bouch^ cette cire , la malaxe et la prépare pour consü’uire le grand édifice, composé d’une infinité de petites loges, nommées alvéoles ou cellules, dont l’ensemble s'appelle gâteaux ou rayons.

C’est par le sommet de la ruche que commence ordinairement l’édifice. Les abeilles se rangent par files parallèles pour placer des lames de cire à une distance de trois centimètres à peu près. Ces lames sont verticales, et c’est sur elles que sont adossées les alvéoles de l’un et de l’autre côté. Il y a trois sortes de cellules : des petites en très-grand nombre j des moyennes à peu près au nombre de neuf cents ; et de très-grandes d une forme toute particulière, dont il n'y a ordinairement que deux ou trois.

Toutes les cellules sont destinées à recevoir d’aboril les œufs que doit pondre la femelle, qui ne travaille point, et par suite les provisions d’hiver ou le miel. Les petites et les moyennes sont des loges à six faces parfaitement égales ,*qui font toutes partie au-dehors des six cellules voisines. Les grandes alvéoles sont tout-à fait différentes, et ressemblent au calice d'un gland de chêne.

Le miel., cette matière sucrée, on pourvoit même dire ce sucre liquide, qu’on trouve dans les alvéoles des abeilles, a été recueilli par les neutres. Ces insectes ramassent et boivent dans les fleurs les liquides sucrés qui y suintent ; mais ils les dégorgent dans l'intérieur de la ruche, privés de leur odeur, de leur viscosité, et propres à être conservés. C'est alors du miel. Ils le déposent dans une alvéole vide, qui est une sorte de petit vase imperméable, et ils en ferment hermétiquement l’ouverture avec une lame de cire qu’ils ne brisent que dans la disette.

La femelle dépose dans chaque cellule un ,œuf qui produit, deux ou trois jours après, une petite larve blanche et sans pattes, à laquelle des neutres s’empressent de présenter une liqueur qu'ils dégorgent près de sa bouche. Cette larve a acquis tout son développement au bout de cinq à six jours. Alors elle se file une coque pour se métamorphoser , et ses nourrices closent sa cellule avec

un petit couvercle de cire très-mince. Au bout de trois ou quatre jours, le berceau s ouvre, brise par l'abeille qui en sort tout humide : ses ailes se développent et se sèchent. Elle mange un peu de miel que ses camarades viennent dégorger sur sa langue, et bientôt elle va, comme elles, recueillir la cire et le miel, et participer aux travaux communs.

Les œufs qui doivent produire des mâles sont déposés dans les cellules de moyenne proportion, et se développent un peu plus lentement. On appelle ces mâles Aes frétons ou faux-bourdons- ils sont plus velus , sans aiguillons ; leur tête est plus grosse que celle des neutres : ils vont bien sur les fleurs avaler le sucre qui en découle; mais ils n’ont pas les organes propres à les recueillir : ils ne rapportent rien à la ruche. On croit qu'ils s’accouplent envolant. A la fin de l’automne, tous ces mâles sont tués par les neutres, quand ils ont fécondé la femelle, et on les trouve morts auprès de la ruche.

Nous avons déjà dit que les œufs qui doivent donner des femelles sont placés dans une cellule plus grande, arrondie, isolée, et dont les parois pèsent près de cent cinquante fois autant que celles d’une alvéole d’ouvrière. Ordinairement il n'y en a que deux ou trois dans chaque ruche. Les neutrôs en prennent un soin particulier, et iis nourrissent les larves qui en proviennent avec une liqueur qui paroît plus succulente et en plus grande quantité. Aussitôt qu'une femelle est née, elle se hâte d'aller détruire les nymphes de son sexe. Si deux femelles éclosent en même temps, elles se livrent un combat opiniâtre, qui ne finit que par la mort ou l'expulsion de l'une d’elles. Cette femelle, qu’on nomme aussi improprement reine^ est, avant sa fécondation , de la grosseur des mâles ; mais sa tête n’est pas arrondie , elle est armée d’un aiguillon ; ses pattes de derrière ne sont pas garnies de brosses. Elle ne sort de la ruche que dans le temps de l’accouplement, et ordinairement elle n’est guère plus d’une heure absente.

On a acquis la preuve, par des expériences directes, que les abeilles neutres sont des femelles privées des organes de la généra-

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lion , ou chez lesquelles ces parties ne sont pas développées, par défaut de nourriture dans l’état de larve. Condamnées à une stérilité absolue par le défaut des organes qui peuvent reproduire leurs semblables , elles ont encore le sentiment de l’amour maternel ; et c’est pour satisfaire à ce besoin qu’elles s’attachent à la femelle fécondée; elles la suivent partout où elle va, et ne paroissent avoir d'autre volonté que la sienne. Elles se chargent de tous les détails domestiques, et ne semblent exister que pour donner leurs soins aux petits qu’elle produira.

Elles en deviennent les nourrices , les protectrices; elles obéissent, par un instinct admirable , à des lois dictées par la nature , et toute leur organisation semble modifiée par les circonstances de leurs mœurs, de leurs besoins actuels ou futurs. Elles semblent vivre comme des amazones sous un gouvernement gynocratique. C’est un exemple trèssingulier dans l’économie de la nature.

Les autres abeilles ne vivent pas en sociétés aussi nombreuses ; quelquefois les mâles s’occupent de l’éducation des larves, surtout parmi les espèces chez lesquelles il n’y a point de neutres. On a établi beaucoup de genres dans cette famille des mellites; tous ont des larves sans pattes, qui ne peuvent changer de lieu, et qui sont, en conséquence, nourries par leurs parens ; sous l’état parfait, leur bouche est munie d’une langue alonge'e.

Tels sont les bourdons^ reconnoissables à leur corselet bossu, très-velu et beaucoup plus large que la tête ; les xjrlocopes ou abeilles menuisières, qui ont de grandes mandibules, la tête plus large que le corselet et une langue courte; les eucères, dont les antennes très-longues ne sont pas brisées ; les nomades, qui ont le corps brillant et sans duvet, la tête arrondie, plus large que le corselet, et le front comme renflé; les andrènes, dont le corps est velu, les antennes courtes et le front plat; les bembèces, dont la lèvre supérieure, prolongée en forme de bec, recouvre entièrement la bouche.

Tous les autres hyménoptères ont la langue courte : il en est dont le ventre est concave en dessous, se roulant en boule sur tout le corps, ce qui les a fait désigner sous le nom de Sjstrogaslres, et, comme le corps est le plus souvent métallique, on les a encore ap¬

pelés Chrtsides. Ils sont rapportés à trois genres , les chrysldes ou guêpes dorées , les ornules et les parnopès. Les femelles sont remarquables parce qu’elles ont la faculté de faire saillir leur oviducte, qui est produit par des parties analogues à celles qui forment raiguillon dans les autres espèces (PI. iv,fig. 45), Quelques hyménoptères ont, dans le repos, les ailes supérieures pliées dans toute leur longueur, et comme doublées , voilà pourquoi ou les a nommes du~ plipennes ou Pteuodiples ; telles sont les guêpes et les inasai-es. Ces insectes vivent à peu près comme les abeilles ; il y a parmi eux des individus neutres, des mâles et des femelles, ils construisent des rayons, mais d’une forme toute particulière , et avec une sorte de papier , dont ils ramassent les matériaux sur l’écorce des végétaux , ou qu’ils forment de toutes pièces, en broyant des particules de bois , et en les collant entre elles avec un suc visqueux dont ils les pénètrent.

La famille des Akthophiles ou florilèges réunit des hyménoptères qu'on trouve sur les fleurs , mais qui font leur nid dans la terre , pour y déposer leurs larves, qu’ils nourrissent avec d’autres insectes , dont iis emportent les corps après les avoir grièvement blessés ou rais à mort. On les l'econnoît à leur abdomen pédicule, arrondi, conique , et à leurs' antennes qui ne sont pas brisées. Tels sont les phi/anthes et les scolies dont les antennes sont renflées ; les premiers ont le corps sans poils, les secondes l’ont trèsvelu ; tels sont encore les crabrons et les mellines dont les antennes sont en fil. Les premiers ont en outre le front comme argenté ou doré.

On trouve aussi des neutres, ou des femelles san,s sexe, parmi les fourmis, les mutilles et les doryles , qui composent la petite famille des formiaires ou des Mtrmèges. Les fourmis vivent en société ; on les reconnoît facilement au pédicule de leur ventre , qui est toujours étranglé, ou qui supporte une écaille. Les neutres n’ont pas d’ailes. Quelques fourmis vivent sous terre, elles s’y creusent des habitations commodes ; d'autres se construisent des demeures dans le tronc des arbres, ou tout-à-fait au-dehors et à l’air libre, avec une quantité de débris de vége-

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taux, qu’elles ramassent de foufes parts, et qui leur servent de tente. Les mulets seuls travaillent : ils sont ehargés, comme les abeilles neutres, de tous les soins domestiques , et sont doués de la force, de l’adresse et de l'agilité ; les femelles restent dans I habitatiou,et ne sortent que pour s’accoupler.

C'est ordinairement vers le soir et dans l'air que se fait cet accouplement. Les larves sont nourries par les neutres ; mais elles ne sont point renfermées dans des cellules. Les fourmis s’engourdissent quand il fait froid ; elles ne mangent point, aussi ne font-elles point de provision, et les amas de petits morceaux de bois qu’on nomme les magasins des fourmis, ne sont que des pièces de leurs édifices. Toutes se réunissent pour se construire des habitations, où elles vivent en commun sous des sortes de lois convenables à leur genre de vie, et à la conservation de la progéniture de la république. Elles se fout des guerres de peuplades ou d’espèces à espèces ; elles retiennent captives et tout-à-fail en esclavage les prisonnières qu elles ont faites, et les soumettent aux travaux forcés intérieurs. Elles élèventet nourrissent convenablement, dans des sortes d’étables, d’autres espèces d’insectes , et surtout des pucerons, qu’elles soignent pour les traire, et pour en obtenir un aliment assuré dans les temps de disette, comme nous tenons en domesticité nos vaches , nos chèvres, nos brebis. Ces mulets nourrissent eux-mêmes toutes les larves, celles des mâles, des femelles et des neutres ; ils les protègent aussi sous la forme de nymphes, et pendant tout le temps que ces individus peuvent être utiles et nécessaires à la société. Enfin ils constituent, comme nous l’avons dit, de véritables républiques, où tout est mis en commun, propriétés, familles, nourriture et bestiaux.

Les doryles sont des insectes d’Afrique dont les mœurs sont encore peu connues :

leur ventre, presque sessile, déprimé, courbé en faucille, est porté par une première articulation prismatique. Les mutilles ont beaucoup de rapport avec les fourmis, mais elles n’ont ni nœud, ni étranglement, ni écaille sur le pétiole de leur abdomen. Les imilels n’ont pas d’ailes j les femelles perdent les leurs après l’accouplement ou dans le danger; elles s’en débarrassent même alors pour courir plus facilement. Elles ont

un aiguillon dont la piqûre oecasione une vive douleur.

Les trois autres familles de.s insectes du même ordre nous présentent des singularités tres-curieuses dans la manière dont leurs larves se nourrissent. Tantôt, comme dans la famille Aes néotiocryptes, l’œuf déposé par sa mère, sous l’écorce d'une plante ou d’un arbre , y fait naître une véritable maladie, une tumeur contre nature, au milieu de laquelle le petit insecte se développe; tantôt, comme parmi les entomotilles, c’est dans le corps d’un autre insecte que la larve doit vivre. Son germe est introduit par la mère sous la peau de la victime, qui en sera dévorée, sans avoir aucun moyen de s’en défendre. D’autres espèces déposent, auprès de leurs œufs, une certaine quantité d’insectes, auxquels ils ont enlevé les organes du mouvement , ou qu'ils ont estropiés de manière qu’ils ne puissent échapper à la larve qui doit s'en nourrir. Tebs sont les oiycières.

Parmi les Néottocrtptes onahdilolarves, on nomme cynips et diplolkpes qutdques-uns dés insectes qui produisent les galles des plantes , telles que ces sortes de végétations moussues et monstrueuses qu’on voit souvent sur le rosier églantier, et qu'on appelle hcdeguards ; telles sont encore les tumeurs du lierre terrestre , et surtout la galLe des boutiques y ou noix de galle ( 295), qui sert en teinture, et qui entre dans la composition de l’encre à écrire. Ces dernières se développent sur un chêne de l'Asie-Mineure.

On en recueille beaucoup aux environs d’Alep. Elles font Fobjet d'un grand commerce :

on préfère les galles qui contiennent encore l’insecte sous forme de nympbe. La femelle de ces animaux fait l’incision, dans laquelle elle dépose ses œufs , à l’aide d’une tarière, roulée en spirale, dont son anus est armé.

Tous ces insectes ont l’abdomen pédiculé , aplati ou renflé ; les antennes non brisées , composées de treize articles au plus ; les cuisses souvent renflées. Les uns ont les antennes droites, en fi!, comme les chalcides, dont l'abdomen est arrondi, et les diplolepes, qui ont le ventre comprimé. D’autres ont les antennes renflées, tantôt du sommet à la base, comme les leucopsides, tantôt à la pointe seulement; tels sont les cynips, dont la tête est sessile, et les diapries, qui ont

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une sorte de cou. Enfin les eidophes sont faciles à reconnoître parce que leurs antennes sont branchues ou en peignes.

On pourroit appeler encore insectirodes , ou rongeurs d’insectes , les Eistomotilles , qui déposent leurs œufs dans les larves. Ils sont rangés dans plusieurs genres, parmi lesquels sont les ichneumons f ainsi nommés parce que ces insectes sont continuellement en mouvement, et qu’ils ont l’air d’être toujours en quête. Ce sont des hyménoptères à antennes longues.non brisées, de dix-sept à trente articles, toujours agitées, dont le ventre très-alongé se termine dans les femelles par une tarière droite. On les a divisés en plusieurs autres genres ; tels que les fœnes et les évunies ^ qui ont les antennes filiformes; les ophions et les hanches, qui ont le ventre comprimé.

On observe quelquefois, sur les murs des jardins potagers , des flocons d’une soie blanche ou jaune qui, examinés avec soin , font voir l’assemblage de petites coques de , même couleur ; elles renferment chacune une nymphe. Au printemps suivant, il sort de chacun de ces cocons un petit ichneumon noir , avec les pattes jaunes ou rouges. Ces insectes s’accouplent, et bientôt après on voit les femelles occupées à faire la recherche des chenilles qui vivent sur le chou, dans l’intérieur desquelles elles doivent déposer leurs œufs. Après en avoir aperçu une, elles fondent dessus, sy accrochent, et, malgré les mouvemens que la chenille se donne, elles lui percent la peau avec leur tarière à plus de quarante reprises, et dans des endroits difFérens ; à chaque piqûre , elles inti’oduisent un œuf sous la peau. Bientôt cet œuf se développe, il en sort une petite larve sans pattes , qui devient un ver rongeur, et qui dévore la graisse que la chenille avoit formée pour son développement parfait.

Mais cet animal parasite a grand soin de ménager les organes de la nutrition ; quand il a mangé autant qu’il le pouvoit, il perce, ainsi que ses autres frères, la peau de la malheureuse chenille, qui périt bientôt après.

Tous se rapprochent, et filent leurs cocons comme nous l’avons dit plus haut. Quelquefois il n’y a qu’une seule lai-ve déposée dans le corps de la chenilie, et l’époque à laquelle elle s'y trouve placée varie suivant les es- DoMÉRie.

pèces. Il semble que chaque ichneumon soit attaché particulièrement à l’existence de telle ou telle espèce d'insecte, de chenille ou de larve. Souvent l'ichneumon ne se développe que dans l’intérieur de la chrysalide ou de la nymphe, d’où il sort sous l’état parfait.

On a nommé les insectes de la dernière famille de l’ordre qui nous occupe, les Orxctèkes ou les fouisseurs, parce qu’ils creusent ordinairement des trous dans le sable pour y placer leurs œufs. Les sp/ièges et quelques autres genres appartiennent à cette division: tels sont les larves, les pompiles, les tiphies, dont les femelles ont un aiguillon caché, et dont les antennes , composées de quatorze à dix-sept articles, sont aussi continuellement en mouvement.

On peut observer principalement une de ces espèces, dans les lieux sablonneux et exposés au midi ; elle est noire, à duvet cendré ; son ventre,porté sur un long pédicule, est marqué de deux taches rousses : cet insecte est très-agile. On le surprend souvent s’abattant rapidement sur un sable mobile ; là, les ailes agitées et portées un peu en triangle sur le corps , on le voit courir sur ses longues pattes en bondissant par sauts, cherchant le lieu qui lui conviendra le mieux pour y creuser une sorte de fosse ou de nid qu’il destine à sa progéniture' Si le terrain est trop résistant, l’insecte saisit les graviers les plus pesans avec ses mandibules pour les transporter à quelque distance ou pour les pousser avec les pattes. Si le sable est facile à mouvoir, alors il travaille avec une activité et une telle prestesse que la poussière est lancée comme un jet continu, pour s'y creuser une galerie à l’extrémité de laquelle , et dans une sorte de caveau voûté, l’insecte dépose un œuf. Puis il va à la recherche de quelques chenilles, de quelques larves, de certaines araignées que l’insecte mutile eu leur coupant les pattes, ou qu’il a probablement piquées de son aiguillon , puisqu’il les rapporte absolument immobiles; il répète ce manège un grand nombre de fois, car on trouve huit, dix et même douze chenilles d’une même espèce ou de larves semblables dans chaque nid ou caveau. De cet œuf de sphège, naît une larve sans pattes qui n’a d’autre peine à prendre que de sucer et de

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dévorer successivement les provisions que sa mère a pris la précaution de déposer, justement dans la quantité et proportion que devoit comporter le développement ultérieur de cette larve, pour se métamorphoser en nymphe et ensuite en sphège. Les espèces qui ensevelissent ainsi des araignées vont les attaquer de vive force au milieu de leur toile ; et c’est un spectacle fort curieux que celte sorte de combat, dont on peut être souvent témoin pendant l'été, quand on connoît le fait que nous venons d'exposer. Il paroit que dans l’instant où le sphège attaque I insecte , il le pique de son aiguillon pour introduire, par cette plaie,une molécule d'un liquide vénéneux qui le paralyse; il est probable que dans sa sagesse, la nature a aouIu que cet être mutilé ou paralysé fût en même temps privé de la sensibilité, puisqu’il est destine à être une provision de chair vivante et qu’il doit être rangé et pressé auprès d’autres individus de sa race appelés à devenir successivement la pâture de la larve du sphège.

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