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SECONDE SOUS-CLASSE

POISSONS OSSEUX

On comprend dans la seconde sous-classe des poissons, toutes les espèces dont les vertèbres non flexibles sont vraiment osseuses ; c’est le seul caractère qu’on ait pu leur assigner. Nous avons vu ( 988 ) qu’on les a subdivisés à peu près de la même manière que les poissons cartilagineux , d'après la présence ou l’abseuce de l'opercule et de la membrane des branchies. L’existence et la position des nageoires ventrales ont ensuite servi à constituer les ordres.

Les pois.sons osseux , operculés cl à mem-

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branc branchiale , oa en un seul mot les Holobranches , ont été rangés dans quatre sous-ordres. Les uns-sout apodes (10Ü6) ou n’ont point de nageoires ventrales; tous les autres ont des nageoires ventrales, tantôt situées sous la gorge, et ils sont dits jugulaires (1009); tantôt placées sous les pectorales , ce sont les thoraciques {1011 ) : enfin il en est dont les nageoires sont placées un peu au-devant de l'anus, et qu’on appelle abdominaux {102^). Chacun de ces sous-ordres se subdivise ensuite en familles qui comprennent plusieurs genres.

Les holobranches apodes, quoique n’ayant pas de catopes ou de nageoires ventrales, peuvent tantôt manquer des autres , soit complètement, soit ën parties on les nomme alors PÉROPTÈHEà , tels sont les gymnotes , les leptocéphales, etc. , etc. ; tantôt ils ont toutes les autres nageoires impaires, et on les appelle Paktoptëres. On range dans cette dernière famille les murènes, les ammodjtes, les ophidies, les anarrhiques, etc.

Le nom de gymnote, ou mieux de gymnonote, indique d’avance que l'animal ainsi appelé n’a point de nageoires sur le dos : sa lèvre supérieure porte deux barbillons. Il ressemble un peu aux anguilles ; on n’a encore rencontré ces poissons que dans les fleuves des pays chauds. L’une des espèces, qu’on trouve à Surinam, est surtout remarquable par la faculté qu’elle a de produire un engourdissement subit dans les bras de celui qui la touche; commotion analogue à celle que fait ressentir la torpille. On désigne ce poisson sous les noms de trembleur ou à'anguille électrique.

Les murènes ou anguilles ont toutes les nageoires impaires réunies ; leur corps est arrondi, visqueux; leur peau, fort coriace, n’est recouverte que de très-petites écailles. Il y a beaucoup d’espèces dans ce genre ; leur couleur varie suivant le fond des rivières^ plusieurs vivent dans la mer ; elles ne sortent des trous qu’elles se pratiquent dans la vase, que pendant la nuit; elles se nourrissent de vers. Plusieurs font leurs petits vivans ; leur chair esttrès-estimée. On emploie la peau de ces poissons comme liens solides dans plusieurs arts. Le congre est une grosse

espèce d’anguille de mer. Ou désigne ions le nom à'ammodjte ou de lançon un petit poisson que les pêcheurs emploient pour amorcer les hameçons avec lesquels iis prennent les maquereaux. On le reconnoît à sa mâchoire inférieure , alongée , pointue. On le trouve ordinairement caché sous le sable des rivages de la mer, roulé en spirale sur lui-même; il se nourrit de vers marins.

Il n’y a qu'une seule famille dans le sousordre des holobranches jugulaires ; mais elle comprend une douzaine de genres, réunis sous le nom d'AccHÉNOPXÈREs. Les uns ont le corps ovale, très-comprimé; tels sont les chrysostromes et les kurtes, qui sont encore peu connus : les autres ont le corps alongé. Tantôt les trous des branchies sont sur la nuque comme dans les callionymes ; tantôt' sur les côtés du cou : soit avec les yeux verticaux, comme dans les uranoscopes et les batrachoïdes ; soit avec les yeux latéraux , comme dans les gades , les vires , les calliomores, etc.

Le nom à'uranoscope signifie qui regarde le ciel ; on l’a donné à un poisson dont la tête est grosse, comme coupée carrément, la bouche oblique ; les yeux très-rapprochés sont placés sur le sommet de la tète. L’espèce la plus eommune ne se rencontre guère que dans les eaux de la Méditerranée ; elle se nourrit de petits poissons et d’insectes aquatiques. On l’appelle raspeçon et tapeçon dans quelques ports du midi de la France.

On nomme vires ou trachines des poissons un peu comprimés, dont l’ouverture de la bouche est oblique, les yeux élevés très-iapprochés, l’anus près des nageoires pectorales, et qui ont le bord de l’opercule muni d’un fort aiguillon. On en trouve fort communément une espèce dans l'Océan. Sa chair est très-estimée. La première nageoire dorsale est armée de rayons tranchans dentelés en scie, avec lesquels l’animal produit des blessures dangereuses, même quand il est mort:

aussi les pêcheurs sont-ils dans l’usage de couper ou d’arracher cette nageoire avant de livrer ce poisson au commerce ; de sorte que presque tous les individus de ce genre, qu’on rencontre dans les marchés , sont ainsi mutilés.

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de la queue et entre celle-ci et l’anale ; telslesqucls on observe cependant des œufs sont les scombres, les trachinotes, etc. : d’au- prêts à être pondus.

très n'en ont pas , et tantôt leur nageoire dorsale est simple ou unique, comme dans les gastérostées . les centronotes , les cœ~ sîoras,etc.; tantôt celte nageoire est double, comme dans les caranx^les istiophores, Qlc,

Le corps lisse, agréablement coloré, et le grand nombre de petites nageoires placées au-dessus de la queue des scombres , les fait bientôt distinguer des autres poissons thoraciques, qui rarement ont, comme eux , la queue garnie de l’un et de l’autre côté d’une arête ou ligne saillante. Les deux espèces principales de ce genre sont le maquereau et le thon. Le premier a cinq fausses nageoires sur le dos : il vit en troupes innombrables et se rencontre dans toutes les mers : il approche des côtes au printemps à l’époque de la ponte. Il est extrêmement vorace. Son corps est brun, ondulé de bleu en dessus, d’un blanc argenté en dessous; il est phosphorescent pendant la nuit. Sa chair délicate le fait rechercher et servir sur les meilleures tables. Le thon a huit fausses nageoires ; il est beaucoup plus gros que le maquereau. On en a vu de près de trois mètres de long; mais le plus généralement ces poissons n’ont que trois à six décimètres :

ils sont très-voraces , ils voyagent par bataillons carrés. On en fait une très-grande pêche, surtout dans la Méditerranée et dans les parages de Venise. On les sale pour les envoyer dans toute l'Europe , où leur chair délicate est fort recherchée.

C’est parmi les gastérostéesj dont le nom signifie ventre osseux , que l’on peut observer les plus petits poissons de l’Europe. Ils ressemblent en miniature aux maquereaux pour la forme ; mais ils ont des épines sur le dos et une pièce osseuse entre les deux nageoires inférieures, qui sont en outre armées d’un aiguillon que ces animaux peuvent redresser et rendre inamovible à volonté; ce qui leur a fait donner aussi le nom à’épinoches. Plusieurs espèces vivent dans les eaux douces :>lles sont extrêmement voraces ; elles avalent des vers presque aussi gros que leur corps, et la digestion se fait dans leur œsophage. 11 en est qui n ont que deux centimètres de long, sur trois millimètres de largeur au milieu du corps, et dans

On ne trouve guère que dans les mers des pays chauds les poissons qui composent la famille des Léiopomes, nom qui signifie opercules lisses ou sans épines , à laquelle on rapporte les genres que les anciens auteurs nommoient labre et spare. Les uns , comme ceux de ce dernier genre, les diptèrodons et \es mulets, ont deux rangées de dents; les autres , comme les Labres, les trichopodeSf les osphromènes, etc., etc., n’ont qu’un seul rang de dents aux mâchoires.

Le corps et la tête des mulets ou mules sont recouverts de grandes écailles lâches, peu adhérentes; l’opercule de leurs branchies est formé de trois pièces , et leur corps est presque cylindrique. On a rangé dans ce genre le rouget, si estimé chez les Romains, qu’on le vendait au poids de l’argent ; son corps est du plus bel écarlate pendant la vie. On le pêche dans l’Océan, à l’embouchure de la Garonne et de la Dordogne. On y trouve aussi le surmulet ou bnrberin , qui a quatre lignes dorées de chaque côté. On observe des labres dans toutes les mers ; c’est un genre très-nombreux ; il y en a plus de cent cinquante espèces décrites dans les auteurs. Tous n’ont qu’une nageoire du dos; mais celle de la queue est tantôt entière ( PI. 1 , 6 g. 5 , 6)5 arrondie ou tronquée, et tantôt échancrée ( fig. 4. )

Il n’y a que trois genres de poissons compris dans la famille des Ostéo.stomes ou à mâchoires dont les os sont tout-à-fait nus ; savoir , les ostorhinques , qui ont deux nageoires dorsales, et les scares , ainsi que les lèiagnalhes, qui n'en ont qu’une. Tousse nourrissent de crustacés et de mollusques, et non d’herbes, comme le pensoient les anciens (1). Les Lophionotes ont,ainsi que leur nom l’indique , la nageoire du dos trèslongue : ce sont des poissons fort agiles à la nage, et qui se nourissent d’autres espèces plus petites. On rapporte à cette famille les eoryphhnes, les tænianotes, les centrolophes, les chevaliers, etc., etc.

(l). Et soins pallentes ruminât kerba$.

Opp?an.

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La petite faraille des Ckphalotes comprend des poissons hideux et extraordinaires par la forme de leur tête , extrêmement volumineuse, en proportion du reste du corps.

La plupart nagent avec peine, et se mettent en embuscade sous la vase pour attendre leur proie , qu'ils avalent tout entière à l’aide de leur vaste gueule. Les uns, comme le.s cotles, les scorpèncs ou rascasses, les,g^ohiésoces , ont le corps couvert de petites écailles. Le chabot ou caborgne de nos rivières ap»partienl au premier genre ; les autres, eomme les aspidophores , ont le corps protégé par de larges écailles solides, ou par une sorte de bouclier osseux.

Les Dactyles sont des poissons d'une forme toute particulière ; leur tète est trèsgrosse , comme cuirassée, converte de rugosités; leurs yeux sont grands , protégés par des orbites osseuses ; leur dos est droit, sillonné sur sa longueur, et on observe des rayons libres , isolés, souvent sans membrane, près de chaque pectorale ; leur chair est très-eslimée. On a partagé cette famille en quatre genres : les dactjrloptères ou poissons volans, qui ont deux nageoires pectorales ; les trigies , les prionotes et les péristédions ou malarmals, dont les rayons pectoraux surnuméraires sont libres jusqu’à la base. On mange surtout en France \e grondin ou perlon , qui est rouge avec quelques taches blanches , et le jumeau ou bellicant , qui est brun avec de grandes écailles en croissant sur la ligne latérale.

Les Hétérosomes sont les seuls animaux vertébrés connus dont le corps ne soit pas parfaitement symétrique , ou qui ne puisse .être divisé en deu.x partie.s absolument paires et semblables dans la longueur. On les recounoît en ce c{u’ils ont toujours les yeux placés d’un seul et même côté ; que leur corps est comprimé, plat sur une face, convexe et plus coloré sur l’autre. Ils nagent de côté et par ondulations latérales , quoique alors leur corps soit placé horizontalement. Les uns ont les nageoires pectorales distinctes ; on les désigne sous le nom particulier de ;?Zeuro7îectes. Il n’y a pas.de ces nageoires dans les autres, qu’on appelle achires. Tous fournissent un aliment agréa¬

ble, sain et très-recherché. On les disting>ie très-bien par la forme de leur queue et par la disposition de leurs yeux. Ainsi les uns les ont à droite, comme la limande, \eflétan, la sole , la plie , \cflez , etc. La qijeue n’est échancrée que dans les deux premières espèces. Le turbot et le carrelet ont les deux yeux à gauche, et la nageoire de leur queue est entière.

Les opercules dentelés ou épineux sont le principal caractère des Acakthopomes.

Ceux des genres compris dans cette famille qui n’ont que des dentelures sans piquans , sont les lutjans et les centropomes. ün a rangé parmi les autres les persècjues , les sciènes , les bodians , les hoLocentres, etc., etc. On reconnoît les perches ou persècjues aux aiguillons dont sont armés les bords des opercules, comme dans les vives , et par la position de l’anus , qui est beaucoup plus près de la queue que de la tête. Leur corps est couvert d’écaiües rugueuses et solides. On en connoit un grand nombre d’espèces dont la chair est délicate : la plus connue est celle d’eau douce. C'est un jol* poisson d’un brun vert-doré , avec des bandes transversales noires, larges et inégales. Les nageoires paires sont d’un fort beau rouge : les femelles sont très-fécondes ; elles pondent leurs œufs en chapelet, et on en a compté prè.s de 281,000 dans une seule ponte. Les mâles, ou les individus à laitance, sont beancoup plus rares que les femelles.

Les Leptosomes , ou les poissons bolobranches thoraciques dont le corps est trèsmince, à yeux latéraux, sont distribués dans dix-huit genres, auxquels on rapporte un grand nombre d'espèces, la plupart des mers du midi. Ils correspowdent à ceux des zees et des chétodons. Ces derniers ont été subdivisés d’après la forme des dents et la disposition des opercules et de la queue. Ceux qui n’ont pas de dents du tout sont les silènes , les chrysostoses et les capros ; ceux qui en ont de longues , minces et fines comme des crins , sont les chétodons, les acanthinions, \qs chétodiptères, etc. ; ceux dont les dents sont larges , non crénelées , sont les zées, les gais, etc.; elles sont crénelées dans les glyphisodons, les acanthures , les aspisures.

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On reconnoît les chétodons juix dents nombreuses qui garnissent leur petite bouche, placée au bout d’un long museau. Leur corps est en outre très-comprimé, presque aussi haut que longj la plupart sont ornés de lignes ou bandes transversales colorées , cçqui leur a fait donner le nom vulgaire de bandoulières. Ce sont de très-beaux poissons qu’on ne rencontre que dans les mers des pays chauds , principalement dans celles de l'Amérique méridionale et des Indes. Les espèces les plus remarquables sont, celles qu’on appelle soufflet et museau alongé , dont la bouche est portée sur un museau cylindrique. Pour les couleurs, on remarque les espèces de chétodons qu’on nomme cocher., peint, zèbre , œillé , et beaucoup d’autres. On dit que l’espèce de zée, nommé le rusé ou le filou, lance de l’eau par le tube de la bouche, comme avec une sarbacane , sur les insectes qui voltigent à la surface de l’eau , afin de les y faire tomber et de s’en saisir.

Les poissons osseux holobranches qui ont les nageoires inférieures sous le ventre , ou les abdominaux, renferment presque uniquement des espèces qui vivent dans les eaux douces ; ils nagent avec facilité, et souvent contre le cours de l'eau. On les a divisés en huit familles, savoir , parmi ceux qui ont le corps cylindrique : les siphonostomes , dont la bouche est placée à l'extrêuiité d’un long museau , et les cjlindrosomes (1029), qui n’ont pas la face prolongée, ni les lèvres très-extensibles : parmi ceux qui ont le corps conique ou comprimé, il en est qui ont des rayons libres, distincts, aux nageoires pectorales ; tels sont les oplophores (1031), qui n'en ont qu’un seul pointu^ roide et dentelé, et les c/ovicVèd/cs ( 1033 ), qui en ont plusieurs arrondis , isolés, flexibles : enfin ceux qui, ayant aussi le corps conique ou comprimé, offrent tantôt des opercules écailleux et la bouche sans dents , comme les Upidopomes (1033); tantôt des opercules lisses, soit avec l’une des mâchoires très-développée , comme les siagonotes (1038) ; soit avec les mâchoires simples et nne nageoire du dos sans rayons , tels que les dermoplères ( 1037 ) , ou avec des rayons o.sseux, comme les gjmnopomes ( 1034. )

Les SiPHONO-sTOMEs sont pour la plupart

des poissons exotiques : les uns n’ont qu une nageoire du dos précédée d’aiguillons ; ce sont les aulostomes , ou sans aiguillons, c’est ce qu’on observe dans la Jistulaire; les autres ont deux nageoires du dos : on les nomme solénostomes. Les Cïlikdrosomfs sont en plus grand nombre, et la plupart vivent dans nos lacs ou nos rivières. On range dans cette famille lescolubrines et les dmpolks, qui n’ont pas de nageoire du dos ; les triptéronotes , qui en ont trois; tous les autres n’en ont qu’une. Mais chez \escobites, anableps, etc., la bouche est garnie de barbillons, tandis qu'il n’y en a pas dans les bafj-rins et les fondules.

Les cobites ont le corps arrondi , gluant, avec une seule nageoire sur le dos; leur bouche est garnie de barbillons , et n’a pas de dents; leurs yeux sont très-élevés. On remarque principalement dans ce genre la loche , qui est un petit poisson d’eau douce, grisâtre , dont la chair est très-recherchée , et le misgurne ou poisson de vase, dont la couleur brune est relevée par deux lignes longitudinales de couleur aurore : il se cache dans la vase , et trouble l’eau dans les temps d’orage; aussi le désigne-t-on sous le nom de baromètre vivant. JSanablcps est un poisson de mer qu'on pèche surtout à Surinam , et dont les yeux offrent l’exemple unique, parmi les animaux vertébrés , d'un organe double de chaque côté, dont chacun quoique n’ayant qu’un cristallin et un nerf optique, présente cependant deux cornées , deux chambre antérieures, deux iris et deux prunelles. Ces poissons sont ovovivipares.

Les Oplophores ont reçu ce nom , qui signifie armés pour leur défense , parce qu’en effet leur principal caractère réside dans le premier rayon de la nageoire pectorale , qui peut , après s’êlie écarté du corps et s’èlre porté à angle droit, devenir fixe et immobile , de manière à protéger l'animal , et non pour servir à attaquer. C’est une division qui comprend plus de quinze genres.

Les uns ont la bouche sous le museau , et le corps protégé par une sorte de cuirasse ; tels sont les loncaires et les hypostomes ; les autres ont la bouche à l’extrémité du museau, et tantôt une seule nageoire au dos, comme dans les silures, les malaptérures, etc. ; tantôt cette nageoire est double , tels sont

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les doras, les pimèiodes , les cataphractes, etc., etc.

On trouve la plupart des silures dans les eaux douces des pays chauds. Chez le plus grand nombre la tête est uue , aplatie, le corps sans écailles bien distinctes , les premiers rayons des nageoires pectorales et de la doreale osseux, épineux , pouvant se redresser et rester inamovibles à la volonté de l'animal ; ce qui lui sert de moyen de défense. Le mal ou le glanis est un des plus gros silures d'eau douce , puisqu'on en a vu du poids de quinze myriagrammes. Ce poisson est d’un brun verdâtre, avec des lâches plus foncées ; il est Ldancbàtre en dessous.

Ou ne l'a Irouvé eu France que dans le Ithin J sa chair est eslimée. Le malaptérute électrique habite les fleuves de l'Afrique ; mais il ne pèse guère quecinq kilogrammes.

Lorsqu'on le louche pendant sa vie, on éprouve une conimotion analogue à celle que fait ressentir la torpille. Le cataphracte ou callichte vit dans les eaux courantes der Indes et de l’Amérique. Ses flancs sont garnis de deux rangées de larges plaques , propres à le défendre comme une cuirasse.

On prétend que ce poisson perce la terre, et qu'il s’échappe ainsi des viviers où on veut le retenir.

Les poissons osseux, abdominaux et holobrîmcbes , dont les nageoires pectorales off'reat des rayons libres , isolés, sont nommés Dimérèdes , ils ressemblent aux dactylés. On a ainsi rapproché les cirrliiiesy les polynèmcSy les polyd.tctyles , etc., qui sont tous exotiques. Les Lépidopomes n'ont point de dents du tout, et leurs opercules sont couverts d’écailles entoilées. On rapporte à cette famille les poissons votons ou exocets, dont les nageoires ventrales sont très-alongées et atteignent la nageoire de la queue j et les muges, qui ont les pectorales simples, et deux nageoires du dos. Les espèces semblables aux muges, mais avec une seule dorsale, forment trois autres petits genres.

La famille des Gtmnopomes comprend un très-grand nombre de genres qui correspondent à ceux des cyprins et dés dupées.

Les uns ont le dessous du ventre arrondi , comme les cjrprins, les stolépkores, les af'-

genttnes , les /lydrargyres . etc. ; d'aulre* ont le ventre très-comprimé , formant une sorte de carène , tantôt presque droite , comme dans les dupées , les clupanoJons , les mj sies ; tantôt convexe, comme dans les mènes , les serpes , les dorsuaires , etc.

Les dupes ou dupées n'ont qu'une seule nageoire dorsale ; mais tout leur corps est comprimé, et principalement leur tête ; ce sont des poissons très-recherchés. Les principales espèces sont d'abord les harengs , dont le corps est argenté , la mâchoire alongée et la queue fourchue. Ils vivent en troupes innombrables dans l’Océan et dans la mer Atlantique; ils ne s'approchent des rivages que pour y déposer leurs œufs ; ils font l'objet d'un grand commerce. Les Hollandais ont mis en mer plus de 3,000 barques , et ont employé pour cette pêche jusqu'à 450,000 hommes. C'est un pêcheur de Biervliet, que les uns nomment Guillaume Deukeîzoon , d'autres Beukelins , qui inventa, dans le treizième siècle , un procédé pour saler les harengs eu caque, et c’est à Dieppe qu'on trouva le moyen de les fumer et de les saurir. Il y a des années où l'on prend une si grande quantité de harengs, qu’on se contente d'en extraire l’huile pour la brûler dans les lampes , et pour préparer les cuirs. Ou range encore avec les dupes les sprates ou sardines, ainsi nommées parce qu'on les pèche beaucoup sur les côtes de Sardaigne; les anc/tois , qu'on mange crus après les avoir salés , lorsqu'ils sont privés de la tête ; enfin les aloses , qui remontent dans les fleuves , et qui atteignent jusqu'à un mètre de longueur.

On rèconnoit les cjprins à leur corps écailleux, dont le dos n'est garni que d'une nageoire; à leur bouche sans dents, dont les lèvres sont protractiîes. Les uns ont des barbillons; d’autres en sont privés. C’est pai-mi les premiers qu’on range la carpe , qui a la nageoire caudale fourchue et le troisième rayon de celles du dos et de l'anus dentelé. Ces pÔissons d'eau douce atteignent très - rarement quatre mètres; ils peuvent vivre deux cents ans, et peser jusqu'à un myriagramme. On a compte dans une femelle pesant un kilogramme , 237,000 œufs , et 621,600 dans une autre du poids d'à peu près cinq kilogrammes, Ounoarritles carpes

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dans les viviers avec du pain et des matières végétales. Le barbeau a aussi des barbillons , ainsi que le goujon et la tanche ; mais on n’en voit point au cyprin doré. Ce joli poisson , dont la couleur rouge est mêlée d'or et d’argent, est originaire des fleuves de la Chine et du Japon. On l’élève dans les appartemens à cause de sa couleur et de la vivacité de ses mouvemens. On en connoît plus de cent variétés. Lorsque ce poisson est jeune, sa couleur est brune. C'est dans cette même division qu’il faut ranger le véron , la vandoise , la rose , la brème , la bordelière, la vimbe y ainsique Yablette, à laquelle on enlève la matière argentée dont son corps est revêtu , pour en enduire l’intérieur des bulles de verre avec lesquelles on fait les fausses perles. Cette matière blanche , comme métallique, se vend sous le nom à’essence d Orient ; on la conserve dans l’ammoniaque, et pour l'employer, on l’étend dans une dissolution de colle de 'poisson.

On distingue les Debmoptères par la dernière nageoire de leur dos, qui n’est pas soutenue, comme les autres , par des rayons osseux ; leur corps est en outre couvert d'écailles , et jamais ils n’ont d’aiguillons. C’est une famille qui comprend beaucoup de genres et d’espèces , dont la chair délicate est fort recherjchée. On les a partagés d’après la forme des dents , leur disposition et la situation relative des nageoires du dos, en une douzaine de genres. Ou y distingue le saumon , qui vit en sociétés dans l'Océan, mais qui remonte les fleuves. Il en est de plus de deux mètres de long, qui pèsent jusqu’à trois myriagrammes. Les truites, qui portent des taches œillées , et qu'on rencontre principalement dans les eaux vives j Véperlan, qui est une espèce d’os/wè/ e ; la murène , Y ombre ou le thymale, qui sont des corégones; Yable et le vimbe sonl encore des poissons analogues aux salmones.

La dernière famille des poissons osseux et abdominaux est celle des ^iagowotes.

Elle comprend huit genres. Les uns ont la nageoire dorsale double au moins, car on en compte quelquefois seize à dix - huit, comme dans les polyptères ; sejit , dont six petites , dans les scombrésoces, et deux seulement dans les sphyrènes. Les ésoces, les Düméril.

synodons, lesélopes, etc., n'en ont qu'une.

Les ésoces, qu’on nomme aussi brochets, ont la tête plate et la bouche garnie d'un grand nombre de dents aiguës , recourbées en arrière. L’espèce la plus connue est un poisson d’eau douce , dont la couleur varie:

son museau est plat, arrondi. On en a vu du poids de deux myriagrammes , et on dit qu'il vit et grossit pendant plus de deux cent cinquante ans. Le brochet se nourrit d'animaux vivans, de poissons, de grenouilles , de rats d’eau, de petits canards. On prétend que ses œufs avalés par les oiseaux aquatiques, sont encore féconds lorsqu’ils ont été rendus non digérés. L'orphie, qui vit dans l'Océan, et dont le museau est prolongé en pointe aiguë, appartient à ce genre. Les arêtes de ce poisson sont vertes, et de la couleur des turquoises.

On ne connoît encore, et même fort imparfaitement , qu’un seul poisson osseux , operculé et sans membrane branchiale ; il n’a point du tout de nageoires ventrales, et on le désigne sous le nom de sternoptyx, terme qui indique le prolongement de la partie inférieure de la poitrine ; il a été mal observé , décrit et figuré. On l'a trouvé à la Jamaïque.

Il n'y a parmi les poissons osseux sans opercules, et avec une membrane des branchies, que deux genres décrits par les auteurs ; on les nomme Crtptobrakches. Ils comprennent des espèces des pays chauds.

L’un de ces poissons est apode , et a été pêché entre les îles de Cuba et de la Martinique. On l'a nommé styléphore , parce que sa queue est terminée par un long filet. Les autres sont des abdominaux qu’on trouve principalement en Égypte ; on les désigne sous le nom demoi myres; leur bouche, dont l’ouverture est généralement petite, semble portée sur un museau ; elle est garnie de dents échancrées. Il est maintenant bien décidé qu’ils ont des opercules 5 mais ils sont cachés par une peau épaisse, ce qui avait fait croire qu'ils en étoieot privés.

On a rangé dans l'ordre des Ophichthes tous les poissons sans opercules et sans membranes branchiales, parce qu’aucune espèce n’a de nageoires ventrales. Les uns ont

DES REPTILES EN GÉNÉRAL

lea ouvertures des branctiies placées sur les côtés du cou J on les nomme gj^mnomurènes et murénophis ; les autres présentent ce trou sous la gorge, et tantôt U est unique, comme dans les unibmnchapertures ; tantôt double, comme dans les sphagebranches. Presque tous ces poissons sont des mers des Indes , à l'exception de la murénophis hélène, qu'on trouve sur les côtes de la Grèce et de la

Sardaigne. Ce poisson ressemble h une anguille : il mord vivement quand on le saisit. C'étoit la murène des Romains ; on la nourrissoit dans des piscines , et on sait que quelques maîtres inhumains ont plusieurs fois condamné des esclaves a la mort, en les faisant jeter viyans dans ces réservoirs , pour devenir la pâture de ces poissons.

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