DES OISEAUX ÉCHASSIERS
sans barbules, ainsi qne toutes celles tlu dos. On en connwt deux espèces : l'une d’Asie, c’est Y émeu , dont la tète est recouverte d’une sorte de casque (PI. ii , fig. 48) j l'autre de la Nouvelle-Hollande. Elles se nourrissent <le matières végétales. Leurs œufs sont plus alougés et moins gros que ceux des autruches. Leur coquille est de couleur verte à la superficie, et d’un trèsbeau blanc d'ivoire en dessous. On profite de cette disposition pour y tracer divers dessins en camée.
Le touyou est un oiseau de l’Amérique méridionale, que l'on croit maintenant être la même e.spèce que le jabiru (1185.) On dit qu’il marche sur trois doigts , et sur une callosité qui tient lieu de pouce. 11 est presque aussi gros que l'autruche ; sa couleur est grise en dessus et blanche sous le ventre. Il pond , dit-on , plus de cinquante œufs, qui pèsent chacun un kilogramme. Les plumes de ses ailes servent de panache; il n’a point de queue. On ne connoît aussi que très-peu de dronte. 11 paroît qu’autrefois il étoit assez commun aux îles de France et de Bourbon. On ne l'y rencontre plus présentement ,• on le reconnoitroit facilement à son becalongé, fendu jusqu’au-delà des yeux , étranglé au milieu , avec deux rides transversales (PI. Il, fig. 49 ) , et aux quatre doigts distincts et sépares suy lesquels il marche. On a également quelques raisons de douter de l existence de cet oiseau , qui pourroit être un casoar mal décrit.
Les Échassiers, qu'on nomme aussi oiseaux de rivage , ,ont été ainsi désignés, parce qu’ils sont montes très-haut sur jambes , et qu’ils vivent ordinairement sur le bord des eaux. Leur organisation est parfaitement en rapport avec leurs habitudes.
La plupart ont la queue très-courte , les doigts alongés, ainsi que les tarses: leurs plumes ne descendent point jusqu'au bas du genou. Ils peuvent se tenir des heures entières sur une seule patte , et marcher à gué sur les rivages. Dans le vol , leur cou trèslong contrebalance le poids des pattes. Tous se nourrissent de vers , de mollusques ou de la chair des antres animaux aquatiques :
ils font leurs nids sur la terre, et les petits peuvent marcher en sortant de l’œuf.
comme ceux des gallinacés, chez les espèces qui ne vivent point par paires.
Quoique tous les échassiers prennent à peu près les mêmes nourritures , les uns se trouvent forcés de ne manger que des animaux très-mous , parce que leur bec trop foible ou trop'long ne pourroit briser les coquilles dont la plupart des animaux aquatiques sont enveloppés j d’autres , au contraire , ont des mâchoires courtes et robustes , avec lesquelles ils peuvent briser les tests les plus durs. On s'est servi de cette différence pour ranger les oiseaux de rivage dans quatre familles faciles à distinguer.
Les espèces qui ont le bec large, obtus , légèrement courbé et non cylindrique ou en pointe, ont reçu le nom àeLatirostres (l 184.) On a appelé térélirostres ( 1188) , les échassiers dont le bec est faible, alongé , et arrondi à la base comme à la pointe. Les deux autres familles comprennent les espèces qui ont le bec droit pointu : ceux qui l’ont très-long , avec les bords tranclians, sont dits c«/</irostres (1 185), et les autres , qui ont le bec plus court et comme comprimé, sont nommés pressirostres (1187.)
Sous le nom de Latirostres , qui signifie becs-larges , on a rapproché trois genres d'oiseaux étrangers à notre climat, et dont le bec a une conformation très-remarquable. On les nomme flaramant , spatule et savacou. Les Jla minants , appelés aussi phénicoptères , parce que leurs ailes sont ordinairement de couleur rouge, se font reconnoître par la forme singulière de leur bec, qui est à peu près semblable à celui des canards, mais coudé au milieu <P1. iii, fig. 64). On ne les trouve que dans les pays chauds; ils cherchent leur nourriture dans la vase, en y promenant leur bec comme le soc d’une charrue , la mâchoire inférieure en dessus :
ils font leur nid sur un petit tertre élevé, et y pondent deux œufs qu’ils couvent en se plaçant sur le nid à califourchon. Les flammants paroissent faire la tran-sifion des oiseaux échassiers avec les palmipèdes ; car leurs trois doigts antérieurs sont réunis par des membranes jusqu’aux ongles. Ils ont le col des cygnes et le bec dentelé sur les bords. Les spatules , ont reçu ce nom de la forme
DES OISEAUX
de leur bec alongé, aplati , dilaté et arrond à l’extrémité, en forme de spatule d’apothicaire , (PI. Il , fig. 50). Ce sont encore des oiseaux des pays chauds , ainsique les savacous , dont le bec court et large ressemble un peu à la partie évasée d une cuiller ( PI. Il, fig. 52). Ils se nourrissent , dit-on , de petits poissons et de crabes. On les trouve à la Guyane , à Cayenne.
Parmi les échassiers Coltrirostres, ceux qui ne peuvent pas rapprocher la partie moyenne du bec lorsqu’il est fermé , sont nommés hec-ouvert (PI. ni, fig. 76). On en connoît deux espèces : elles vivent dans les parties les plus chaudes des deux continens, et elles se nourrissent de poissons. La demoiselle de Numidie ^ ou l’oiseau bateleur, ainsi nommé par l’habitude qu’ont le male et la femelle de faire des mouvemens bizarres qui représentent une sorte de danse ou de waJse. oiseau-royal ou la grue couronnée , si remarquable par la huppe de plumes torses simulant une aigrette dont leur tête est ornée. Le marabou dont la démarche est si bizarre , dont le jabot pendant se remplit d’air comme une sorte de vessie, et dont les plumes fournissent un si beau duvet, appartiennent à cette famille. Les espèces qui ont le bec un peu courbé en dessus à la pointe ( PI .ii, fig. 51 ), sont appelées jabirus; elles sont ordinairement chauves sur le front et à la base du bec. Les hérons, les cigognes, les tantales et les grues , qui ont le bec long, fort, droit et pointu ( PI. ii, fig. 53) , sont encore rangés dans cette famille.
Les hérons (1) se distinguent des deux autres genres , parce que l’ongle de leur doigt du milieu est dentelé en dedans (PI. iv, fig. 7.) On ignore encore la raison de cette conformation. Ils se nourrissent de grenouilles et de poissons : leur chair n’est point agréable à manger. Les principales espèces de France sont le bihoreau , le héron ordinaire, Y aigrette d’Asie , qui a été observée dans le midi de la France ; son occiput est garni de deux longues plumes, qa’on recherche beaucoup comme ornement. Une autre espèce d'Amérique porte sur le dos
(1) Le héron au long brï emmanché d’un long cou. LAFONT.